
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une alerte sanitaire internationale face à une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, dimanche 17 mai 2026. La maladie est vraisemblablement causée par la souche Bundibugyo. Il n’existe aucun vaccin ni traitement contre ce variant dont le taux de létalité peut atteindre 50 %.
La République démocratique du Congo (RDC) est encore dans l’œil du cyclone. En effet, pour la 17e fois, ce pays fait face à une épidémie de maladie à virus Ebola depuis que la maladie a été identifiée en 1976. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché, le dimanche 17 mai 2026, une alerte sanitaire internationale face à une épidémie de la maladie en RDC. La maladie à virus Ebola se caractérise par de fortes fièvres et des hémorragies souvent mortelles pour l’être humain. Le taux de létalité moyen de la maladie est d’environ 50%.
Le virus Ebola a été découvert en 1976 lors de deux épidémies au Soudan et en République démocratique du Congo. Il tire son nom de la rivière Ebola située à proximité du premier foyer identifié de la maladie. Depuis, plusieurs flambées épidémiques se sont produites notamment en 2013-2016 puis en 2018-2020. Ces dernières années, des progrès significatifs ont été réalisés en matière de prévention, notamment avec la mise au point de vaccins. La souche du virus responsable de l’épidémie actuelle est appelée Bundibugyo (BDBV), l’une des six espèces d’Ebolavirus connues. Le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba, a annoncé 91 décès causés par le virus, le dimanche 17 mai 2026. Environ 350 cas suspects ont été signalés au cours de cette épidémie.
La majorité des personnes affectées par la maladie, qui provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, ont entre 20 et 39 ans. Plus de 60 % sont des femmes. L’Agence sanitaire de l’Union africaine a fait état de 88 décès vraisemblablement liés au virus sur 336 cas suspects, dans un rapport publié le 17 mai. Située au Nord-Est du pays et frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, la province d’Ituri, foyer de l’épidémie, est difficilement accessible. Les divers bilans s’appuient principalement sur des cas de suspicion. Dans son communiqué, l’OMS précise qu’il subsiste d’importantes incertitudes quant au nombre réel de personnes infectées et à la propagation géographique de la maladie. L’Ouganda voisin de cette province a aussi recensé ses premiers malades.
L’OMS craint un risque élevé de propagation en raison de la mobilité des populations, des échanges commerciaux et des voyages, ainsi que des incertitudes épidémiologiques persistantes entre les deux Etats. A cet effet, elle appelle à une coordination et une coopération internationale afin de comprendre l’ampleur de l’épidémie, de conjuguer les efforts de surveillance de prévention et de riposte, d’intensifier et de renforcer les opérations et de garantir la capacité de mettre en œuvre des mesures de contrôle. Pour assurer cette prévention contre la souche Bundibugyo qui semble être résistante aux traitements et aux vaccins, l’OMS demande la mise en place de centres ou unités de traitement spécialisés pour isoler et prendre en charge les patients infectés.
Toutefois, elle a précisé que pour l’heure, la situation ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique. Néanmoins, la vigilance reste de mise au regard du caractère contagieux de la maladie Ebola. En effet, de 2013 à 2016 en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, environ 29 000 cas dont au moins 11 300 morts ont été déclarés. Il s’agit de la plus importante épidémie de maladie à virus Ebola connue à ce jour.
Abdoulaye BALBONE





