Le nouvel ordre mondial

Tout comme le sommet de Yalta au lendemain de la seconde Guerre mondiale avait marqué l’avènement de l’URSS sur la scène internationale (Staline avait « convoqué » Roosevelt et Churchill au bord de la Mer noire pour discuter des affaires du monde), le récent tête-à-tête entre Donald Trump et Xi Jipeng à Pékin prouve si besoin était, que la Chine est devenue le « navire amiral » du monde, entraînant les autres pays dans son sillage et leur imposant sa volonté chaque fois que de besoin.

C’est vrai que cette rencontre au sommet était inscrite dans l’agenda des deux hommes depuis belle lurette, mais la crise au Moyen-Orient et la tournure qu’elle a prise ont modifié profondément la donne si tant est que l’Amérique en est sortie très affaiblie. C’est donc un Donald Trump dans la peau de leader d’un Occident vaincu (quoiqu’en disent les médias occidentaux) qui s’est présenté à Pékin face au vainqueur de ce conflit, la Chine ayant apporté un appui discret et efficace à Téhéran face à l’armada militaire déployée par Israël et les USA durant cette guerre. Vaincue dans les mers eurasiennes, l’Amérique ne peut plus peser conséquemment en mer de Chine méridionale où la question de Taiwan constitue le principal point d’achoppement entre les deux géants mondiaux. Xi Jipeng a ainsi clairement indiqué à Trump que ce dossier était « non négociable », entendez par là, que Pékin envisageait dans un terme plus ou moins long de faire revenir l’île dans son giron, « au nom de l’histoire et de la géographie ».

Trump n’a pas pipé mot, espérant en retour des compensations économiques, mais, là aussi, il aura été payé en monnaie de singe. Au lieu des 500 Boeing qu’il voulait vendre à Pékin, il n’aura obtenu qu’un contrat portant sur une deux-centaine de ceux-ci. Idem sur la question des semi-conducteurs américains que la Chine a refusé catégoriquement d’acheter, le pays de Mao ayant fait un bond qualitatif dans ce domaine depuis que le même Trump, sur un coup de tête dont lui seul a le secret, avait décrété un embargo vis-à-vis de la Chine dans ce domaine sensible. Et, comme la vengeance surtout chinoise est un plat qui se mange froid, le voilà désormais gros jean comme devant. Dans le domaine agricole, le bilan est tout aussi peu reluisant, la Chine n’ayant pas là aussi acheté le tonnage d’orge escompté par Washington.

Il ne reste plus à la Chine qu’à précipiter la chute des USA au plan économique avec la création d’un système financier et économique de concert avec la Russie qui ne tournera plus autour du « dieu dollar ». Une aubaine pour les Etats souverainistes du Sahel qui en profiteront pour lancer leur monnaie au change flottant, arrimée au Yuan et au rouble russe. Plus généralement c’est tout le Sud global qui profitera de cette nouvelle donne pour s’émanciper de la tutelle de l’Occident. Le nouvel ordre mondial se dessine progressivement sous nos yeux et avec lui, l’espoir d’un réel développement de nos pays. Comme quoi, l’or ne se purifie qu’à l’épreuve du feu.

Boubakar SY

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