L’accroissement des infrastructures universitaires au Burkina Faso devient, au fil du temps, une réalité. Considérée pendant longtemps comme l’un des nœuds gordiens de l’enseignement supérieur, la question du manque de salles de classe et autres infrastructures connexes du système universitaire relèvera, bientôt, d’un vieux souvenir. Alors que la construction d’infrastructures se poursuit à un rythme soutenu, dans l’ensemble des Centres universitaires, un grand pas a été réalisé à l’Université Nazi-Boni, au grand bonheur des étudiants.
Il s’agit d’un nouvel amphithéâtre de 1 200 places, déjà opérationnel dans la ville de Sya. Cette acquisition, il faut le dire tout de go, illustre à suffisance une dynamique plus large engagée pour renforcer les capacités de l’enseignement supérieur et offrir à la jeunesse des conditions d’études en phase avec les ambitions du moment. Cette réalisation s’inscrit également dans une vision globale de modernisation des universités publiques, fondée à la fois sur l’amélioration des infrastructures et sur la régularisation du fonctionnement académique.
C’est connu de tous, pendant de nombreuses années, les universités publiques ont été confrontées à d’importants retards, à des chevauchements d’années et à des calendriers académiques irréguliers. Cette situation n’a pas été sans conséquences sur la formation des étudiants. C’est ainsi que depuis 2023, une nouvelle dynamique a été engagée, afin
de résorber progressivement ces difficultés. La mobilisation de la communauté universitaire, la réorganisation du travail, la réduction de certaines périodes de vacances, le recrutement d’enseignants-chercheurs, mais aussi la construction d’infrastructures figurent parmi les leviers mobilisés pour l’atteinte des objectifs.
Aux résultats, l’on est parvenu à la normalisation des filières qui est passée, selon le ministère en charge de l’enseignement supérieur, de 81,31 % en octobre 2024 à 92,52 % en octobre 2025, avant d’atteindre 98,44 % en juillet 2026 et 99,69 % à la fin du mois d’août. Ce serait une lapalissade de le dire. Cette progression remarquable aura un fort impact sur les investissements réalisés dans les infrastructures universitaires. Cela, d’autant plus que la normalisation des calendriers ne peut être durable que si elle ne s’appuie sur des capacités d’accueil adaptées à la croissance des effectifs.
C’est dans cette dynamique qu’il est prévu la réalisation de 40 amphithéâtres ainsi que des blocs pédagogiques, des laboratoires et des cités universitaires, dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ). Dans un contexte marqué par la nécessité de mieux accueillir des effectifs croissants, chaque salle de cours supplémentaire contribue à améliorer l’environnement pédagogique. D’autres projets engagés à travers le pays, confirment cette orientation. De Ouagadougou, à Ouahigouya, Manga, en passant par Kaya, de nombreuses infrastructures sont en réalisation.
Il s’agit, à travers toutes ces actions, de créer les conditions d’un fonctionnement universitaire plus régulier, plus efficace et plus performant. Et au-delà de ces acquis, c’est clair que l’enjeu est de transformer les performances enregistrées en matière de normalisation académique en une nouvelle culture universitaire. Toutefois, il appartient à l’ensemble des acteurs concernés à travailler pour que ces nouvelles capacités permettent véritablement aux étudiants de commencer et d’achever leurs formations dans les délais.
Dorénavant, sans risque de se tromper, l’on peut dire que de Bobo-Dioulasso aux autres pôles universitaires du pays, l’enseignement supérieur occupe une place stratégique dans les ambitions nationales. Pour ce qui est de l’université Nazi-Boni de Bobo Dioulasso, c’est une nouvelle étape qui est franchie, susceptible de préparer les étudiants face aux défis du développement national. Au total, l’investissement massif et soutenu dans la qualité de l’éducation sonne donc comme la concrétisation d’une vision stratégique pour transformer la jeunesse estudiantine en un puissant levier de développement durable et de paix résiliente au service de la souveraineté nationale.
Soumaïla BONKOUNGOU






