Où sont les Burkinabè qui jetaient la pierre à l’idée même de l’immersion patriotique en 2025 ? Où sont-ils ceux qui criaient au loup en pointant du doigt des méfaits cousus de toutes pièces ? Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu, vu et lu sur les réseaux sociaux, dans les gargotes et autres couloirs de nos services ? Des Burkinabè ont versé dans l’excès de jugement hâtif, dans le déni et le mensonge. Dès la sortie de la première cuvée, ils sont restés bouche bée face aux acquis du coup d’essai.
Cette année, l’immersion patriotique a porté des galons avec une organisation plus améliorée. De l’engagement des parents à l’enthousiasme des enfants, c’est une véritable « bombe » générationnelle que la Révolution progressiste populaire est en train de larguer dans le futur proche de notre pays. Ces enfants sont entrés dans un camp initiatique, au cœur de l’amour de la patrie. Il suffit de voir les images de ces jeunes exécuter à l’unisson et presqu’à la perfection les bonnes pratiques citoyennes pour se rendre compte que la pépinière se porte bien.
Ils ont même bravé et défié la pluie et le vent pour assister de bout en bout à la cérémonie de clôture. Ils sont restés stoïques sous cette pluie sans broncher, le regard vif et conquérant. Ils ont même chanté et danser sous cette pluie battante au son de tam-tam dont le cuir mouillé résonnait de force, au rythme des cœurs emballés.
L’immersion patriotique, en deux éditions, est en train de susciter l’espoir escompté et il appartiendra à chaque Burkinabè de travailler à la prolonger dans sa famille. Chaque parent devra prendre le relais d’arroser la graine patriotique semée en son rejeton.
Chaque immergé devra être la flamme du renouveau en transmettant aux autres les bonnes pratiques acquises. Quand tout le monde fera son baptême patriotique, nous serons fiers de proclamer notre intégrité comme on brandit un trophée. Mais hélas, pendant que nos enfants sont en train d’apprendre à être dignes dans les camps d’immersion, certains parents ou adultes continuent de « bruler » les feux tricolores en ville.
Malgré les caméras au regards hagards, d’autres continuent leur course folle aux allures d’un rallye suicidaire. Pendant que ces enfants sont en train d’apprendre à aimer leur pays, des bambins de leur âge sont catapultés sur les pistes sinueuses du mal avec la casquette de guetteur terroriste. Pendant que l’immersion patriotique bat son plein, il y en a qui se battent pour faire le plein de leur poche entre surenchère et concussion sur le dos du citoyen lambda ou de l’Etat en combat.
Pendant que ces jeunes sont en immersion, certains séniors sont capables de détourner ce qui est à César pour remplir leurs poches de tocards et sortir entonner l’hymne national sous le drapeau national. Il paraît que tout ce qui brille n’est pas de l’or !
Nous pouvons tous vivre l’immersion patriotique en nous efforçant d’être à la hauteur de nos défis civiques au quotidien. Travaillons à changer nos propres tares en qualités qui honorent le sens de notre révolution.
Nous pouvons tous être des patriotes pour peu que nous sacrifiions les caprices de notre égo. De toute façon, nul ne peut ruser avec le changement, parce que la dynamique enclenchée est irréversible. Les résultats sont là et même ceux qui souffraient de cécité dans leur appréciation finissent progressivement par se rendre à l’évidence ; cette révolution avance comme un rouleau compresseur sur un chantier au délai pressant.
Elle n’a le choix que de réussir, parce que les grandes transformations s’opèrent parfois dans la douleur et les grandes victoires se bâtissent sur le marbre de la détermination. Il n’y a pas de spectateurs de la révolution ; chacun doit jouer son rôle dans la lutte et poser des actes concrets au quotidien. Parce que, c’est parfois dans la discrétion que
l’efficacité génère les résultats les plus éloquents.
Arrêtons donc de nous plaindre au pied du mur des lamentations, oublions le passé sans gloire et les réflexes de victimes sempiternelles. Mettons-nous au travail jusqu’à ce que les fruits mûrs de nos labeurs nous tombent sur la tête. Et laissons ceux dont le travail est de vendre vainement du vent à contre courant de nos souffles de titans enragés. Quand le Burkina s’éveillera… !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






