Le 4 août 1983, le destin du Burkina Faso, appelée Haute-Volta à l’époque, a changé à jamais, quand le capitaine Thomas Sankara a accédé au pouvoir. Le fringant et jeune officier a instauré la Révolution démocratique et populaire (RDP) qui a transformé sensiblement les mentalités des Burkinabè. Conquérir la souveraineté nationale en brisant les liens de la dépendance économique et politique vis-à-vis de l’extérieur et promouvoir le développement endogène, voilà ce à quoi le capitaine Sankara a travaillé pendant quatre ans.
A ce titre, l’instigateur de la RDP a œuvré, entre autres, à combattre l’impérialisme sous toutes ses formes, à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, à la promotion du consommons local, à la lutte contre l’injustice et les privilèges des classes conservatrices, et à garantir l’accès à la santé, à l’éducation et au logement. Si elle a eu ses limites, la RDP était partie pour changer fondamentalement la trajectoire du pays et lui assurer un avenir plus digne et radieux. Malheureusement, les forces impérialistes et leurs valets locaux ont réussi à briser l’élan de la RDP en assassinat, son leader, Thomas Sankara, le 15 octobre 1987.
Les espoirs d’une transformation qualitative du Burkina Faso s’étaient ainsi envolés, laissant la place au Front populaire (FP) de Blaise Compaoré, qui est passé de la « rectification » de la RDP à la démocratisation du pays. En 27 ans de pouvoir, le régime de l’enfant de Ziniaré n’est pas parvenu à éteindre les idéaux de Thomas Sankara, qui sont restés gravés dans les esprits. « Tuer Sankara et des milliers de Sankara naitront », avait prévenu le guide de la RDP, avec forte conviction. L’histoire lui a entièrement donné raison. L’insurrection populaire de 2014 qui a « balayé » le pouvoir de Blaise Compaoré et les soubresauts politiques qui s’en sont suivis jusqu’à nos jours sont caractéristiques d’une volonté de retour au « sankarisme ».
Quarante-trois (43) ans après l’instauration de la RDP, le Burkina vit une autre révolution, sous la conduite du capitaine Ibrahim Traoré, dans un contexte particulier de lutte contre le terrorisme, une forme de néocolonialisme. Aux commandes du pays depuis 2022, cet officier, dont le patriotisme et le courage inspirent, a décidé de marcher sur les pas de son devancier Sankara, en lançant la Révolution progressiste populaire (RPP). Le capitaine Traoré partage la vision et le combat de la RDP, dont il assure avec fierté et détermination le prolongement avec la RPP. Si elle intervient dans un contexte où le Burkina mène une guerre sans merci contre les groupes armés terroristes, la RPP est en train de changer profondément l’ordre politique et social établi.
En dehors de la rupture des relations diplomatiques avec l’ancienne puissance, la France et la diversification des partenariats, la RPP a permis d’opérer des réformes dans tous les secteurs d’activités (sécurité, défense, finances publiques, santé, économie, agriculture, éducation…). Des actions ont été entreprises pour acquérir plus d’équipements militaires et assurer un meilleur maillage du territoire national face aux agresseurs du pays. Des initiatives ont été développées pour booster l’agriculture et atteindre l’autosuffisance alimentaire, améliorer la qualité de l’éducation et des soins de santé. Plusieurs autres actions sont également à prendre en compte, dont entre autres, l’institution d’une immersion et d’un fonds de soutien patriotiques, d’une politique de financement endogène des projets structurants par l’actionnariat populaire.
Les lignes bougent à tous les niveaux, sous l’impulsion du capitaine Traoré. La RPP est dans une grande lancée, en vue de réussir là où les ennemis de la Nation avaient fait échouer la RDP. La dynamique est bel et bien en marche et tous les Burkinabè doivent s’engager à gagner le combat pour la souveraineté et le développement endogène, comme ne cesse de le répéter le capitaine Traoré. Dans son message à l’occasion de la journée de commémoration et de recueillement du 4 août 2026, le chef de l’Etat a été on ne peut clair une fois de plus.
« Notre devoir et notre engagement sont de consolider les bases de cette vision pour l’avènement d’une Nation fière, souveraine, forte et résolument tournée vers un développement endogène au profit de ses filles et fils. J’invite les Burkinabè à s’engager sans réserve dans la guerre de libération que nous menons », a-t-il mentionné. Cet appel ne doit pas tomber dans les oreilles de sourds. L’heure n’est plus à l’attentisme, mais à la mobilisation de tous pour assurer un succès éclatant à la RPP.
Kader Patrick KARANTAO






