
L’année 2025 a été marquée par la disparition de personnalités publiques burkinabè. Il s’agit notamment de l’activiste, Alino Faso, du colonel Abdoul Salam Kaboré, figure de la Révolution d’août 1983, de l’Emir de Djibo, Boubacari Dicko, du grand imam de Dédougou, El hadj Almâmy Famanta Traoré, l’ex- coordonnateur national du Millennium Challenge Account, Joseph Sirima Bissiri et le journaliste Paul Ismaël Ouédraogo
Si l’année 2025 a été riche en évènements, elle a malheureusement aussi été marquée par des pages sombres avec la disparition de personnalités publiques. Ce sont, entre autres, l’activiste, Alino Faso, le Colonel Abdoul Salam Kaboré, figure de la Révolution d’août 1983, l’Émir de Djibo, Boubacari Dicko, le grand imam de Dédougou, El hadj Almâmy Famanta Traoré, l’ex- coordonnateur national du Millennium Challenge Account, Bissiri Joseph Sirima, le journaliste Paul Ismaël Ouédraogo…
L’activiste burkinabè, Alain Christophe Traoré dit Alino Faso est décédé, le 24 juillet 2025 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans des circonstances controversées. En effet, la justice ivoirienne évoque un suicide de l’activiste par pendaison. Cette hypothèse est réfutée par le gouvernement burkinabè qui a exigé une enquête. Les autorités ivoiriennes avaient annoncé que des enquêtes sont en cours afin d’élucider les circonstances du drame. Alino Faso était en détention depuis le 10 janvier 2025. La deuxième personnalité décédée en 2025 est le grand imam de Dédougou, El hadj Almâmy Famanta Traoré.

Il a tiré sa révérence le lundi 3 novembre à Ouagadougou, à l’âge de 63 ans. C’est une figure spirituelle influente connue pour son humanisme et son rôle de rassembleur. La grande faucheuse a aussi eu raison de l’Emir de Djibo, Boubacari Dicko, le mercredi 19 novembre 2025 à Ouagadougou, des suites de maladie. Figure emblématique du Sahel, il a régné près de 40 ans, après la succession à son père en 1987. Le chef traditionnel a été député à l’Assemblée nationale, où il représentait la province du Soum. Il a œuvré pour la cohésion sociale, le dialogue communautaire et la préservation des traditions dans une région éprouvée par les défis sécuritaires et humanitaires.
Son engagement pour la paix, sa sagesse et son sens élevé de la responsabilité lui avaient valu l’estime des populations et le respect des autorités administratives comme coutumières.
L’autre personnalité connue du public décédée est l’homme politique Bissiri Joseph Sirima. Il a rendu l’âme dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 décembre 2025 au CHU de Bogodogo, des suites d’une longue maladie. Né en janvier 1953 à Niangoloko, dans la région des Cascades, il effectue ses études en économie et finance à Nice, en France, avant de rentrer au Burkina en 1983. Il entame alors une carrière au service de l’Etat, notamment comme directeur de la prévision au ministère de l’Économie et des Finances, ministre délégué chargé des Réformes économiques, puis dirige le Programme d’ajustement structurel (PAS) pendant onze ans.
Le père de l’opération « vaccination commando »

De 2006 à 2014, il est coordonnateur national du Millennium challenge account (MCA), un programme américain d’aide au développement. Ancien député à l’Assemblée nationale. Il est également connu pour son engagement au sein du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dans la région des Cascades et pour son rôle de conseiller spécial du président du Faso.
La personnalité publique qui a passé l’arme à gauche est le colonel Abdoul Salam Kaboré, figure majeure de la Révolution du 4-août 83. Il a tiré sa révérence, le 24 décembre 2025. Le colonel Abdoul Salam Kaboré fut ministre de la Santé sous le Conseil national de la révolution (CNR). C’est à la tête du mi-nistère de la Santé qu’il lança l’opération « vaccination commando », une grande campagne nationale de vaccination qui permit d’immuniser des millions d’enfants contre des maladies telles que la rougeole, la polio et la méningite.
Pharmacien de formation, compagnon fidèle du capitaine Thomas Sankara, le défunt a marqué de son empreinte, l’action sanitaire et sociale du pays dans la période du CNR. Militaire et pharmacien diplômé de l’Ecole de santé navale en France, Abdoul Salam Kaboré fut un des piliers de la Révolution d’août 1983 qui porta Sankara au pouvoir. Le journaliste
Paul Ismaël Ouédraogo a définitivement rangé sa plume. Il est décédé, le dimanche 28 décembre 2025 à l’âge de 81 ans.

Personnalité majeure de la vie politique burkinabè sous le régime de Sangoulé Lamizana et la IIIe République, Paul Ismaël Ouédraogo est né le 12 avril 1946 à Ouagadougou.
Il a été ainsi un des premiers journalistes professionnels voltaïques. Après avoir collaboré avec la Radio-télévision voltaïque (RTV), il en sera le patron en 1972 puis le directeur général de l’information en 1976, activité menée en parallèle avec celle de directeur de cabinet du ministre de l’Information, des Postes et des Télécommunications. Le 13 janvier 1977, il entre dans le gouvernement formé par le général Lamizana au poste de ministre des Postes et Télécommunications.
Aux dernières heures de 2025, le grand imam de Ouagadougou, El hadj Aboubacar Kassim Sana, nous a quitté aussi. Le 30 décembre, il a tiré sa réverance à l’âge de 75 ans.
Abdoulaye BALBONE




