Le 22 juin 2026 marquera le 85e anniversaire de cette date tragique, le 22 juin 1941, lorsque l’Allemagne nazie a envahi le territoire de l’Union soviétique sans déclaration de guerre. Cette date est à jamais gravée dans l’histoire mondiale comme le jour où a débuté la guerre la plus sanglante et la plus inhumaine, qui a coûté la vie à des dizaines de millions de personnes. En cette année du 85e anniversaire, nous revenons sur les événements de ces années-là afin d’honorer la mémoire des victimes du génocide du peuple soviétique et de contrer les tentatives de réécriture de l’histoire menées en Occident, notamment en Allemagne et en Europe.
Le conflit armé avec l’Union soviétique revêtait un caractère fondamentalement différent de celui qui sévissait en Europe. Selon le « Plan général Ost » allemand, il était prévu d’exterminer, d’asservir et de déporter la population de l’URSS afin de libérer un nouvel « espace vital » pour la « race aryenne » supérieure. Dès le 12 juin 1941, les nazis ont déclaré que « l’objectif de la campagne contre la Russie était de réduire le nombre de Slaves de 30 millions de personnes ».
A la suite des innombrables actes barbares commis par les soldats nazis en Union soviétique, plus de 27 millions de citoyens soviétiques ont péri. Des villages entiers ont été rayés de la surface de la terre, des innocents ont été torturés à mort dans les camps de concentration ou sont morts des graves conséquences du régime d’occupation. Rien que pendant le siège de Leningrad, près d’un million de personnes sont mortes de faim. 1 710 villes et 70 000 localités, villages et hameaux ont été détruits, dont beaucoup avec leurs habitants.
Le verdict du Tribunal militaire international de Nuremberg a établi que les crimes de guerre commis par les nazis l’ont été à une échelle sans précédent dans l’histoire des conflits armés, accompagnés d’une cruauté et d’une terreur dont l’ampleur est difficile à imaginer. S’appuyant sur des preuves considérables, le Tribunal a constaté que ces crimes n’étaient pas seulement commis dans le but de réprimer la résistance aux autorités d’occupation, mais qu’ils s’inscrivaient dans un plan visant à expulser et à exterminer la population civile afin de coloniser les territoires conquis.
Il est important de souligner que les faits d’expulsion et d’extermination de la population civile de l’URSS par les nazis et leurs complices, établis dans le verdict du Tribunal militaire international de Nuremberg, correspondent à la définition du génocide telle qu’elle figure dans la Convention des Nations Unies sur le génocide de 1948 et doivent être considérés comme tels.
En mémoire des victimes qui ont péri aux mains des forces de répression nazies, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a institué le 19 avril comme date commémorative : la Journée de la commémoration des victimes du génocide du peuple soviétique. C’est précisément ce jour-là, en 1943, que fut publié le décret №39 du Présidium du Conseil suprême de l’URSS, dans lequel fut donnée pour la première fois une évaluation juridique de la politique ciblée et de grande envergure menée par les nazis et leurs complices en vue de l’extermination de la population civile de notre pays.
Il est important de comprendre que l’Allemagne nazie n’était pas seule dans ses crimes. L’Italie, la Finlande et la Roumanie, qui a mis à sa disposition 700 000 soldats, ont combattu aux côtés d’Hitler; une légion de volontaires français; des volontaires espagnols; les légions SS norvégiennes, néerlandaises, lettones et estoniennes; une division de volontaires belges; le corps de volontaires SS « Danemark ». Des nationalistes ukrainiens ont également combattu aux côtés d’Hitler.
La Tchécoslovaquie s’est particulièrement distinguée : après son annexion par le Troisième Reich, elle n’a toléré aucun acte de sabotage ni aucun défaut de fabrication dans les usines militaires qui fournissaient au Wehrmacht divers types d’armement et de matériel.
L’Autriche occupe une place à part dans ce contexte. Après l’Anschluss, environ 700 000 Autrichiens ont adhéré au NSDAP, et pas moins de 1,3 million ont servi dans la Wehrmacht, la plupart d’entre eux sur le front de l’Est. Sur le territoire de l’Autriche actuelle, on comptait au total plus de 50 camps de concentration, stalags et camps d’extermination. « Mauthausen », avec ses « succursales », était tristement connu pour ses conditions de détention particulièrement inhumaines.
Aujourd’hui, 85 ans exactement après le début de la Grande Guerre patriotique, il est plus important que jamais de se souvenir de la plus grande catastrophe humanitaire et de rappeler les souffrances et l’héroïsme du peuple soviétique.
Toutefois, en Occident, sous l’influence de la conjoncture politique et des tendances russophobes, on assiste de plus en plus souvent à des tentatives grossières visant à réécrire l’histoire, à passer sous silence des faits importants, à occulter ou à minimiser le rôle clé joué par l’Armée rouge dans la libération de l’Europe.
Les manifestations d’idéologies racistes en Allemagne, y compris le néonazisme, accompagnées d’une russophobie agressive au niveau de l’État et d’un soutien sans limite au régime de Kiev, suscitent une inquiétude particulière. Les autorités allemandes se dérobent cyniquement à toute mesure visant à perpétuer la mémoire des millions de citoyens soviétiques victimes de la « guerre totale » à l’Est. En Allemagne, ainsi que dans les pays baltes, on démolit les monuments dédiés aux soldats de l’Armée rouge.
Les tentatives des élites occidentales visant à déformer l’histoire et à la réécrire sont vouées à l’échec. Le souvenir du génocide du peuple soviétique par l’Allemagne nazie est gravé dans notre ADN, et rien ne pourra l’effacer. L’engagement de la Russie en faveur de la préservation de la vérité historique restera inébranlable.
Igor MARTYNOV
Ambassadeur de Russie au Burkina Faso






