Pari gagné !

Les rideaux sont tombés, le samedi 2 mai 2026, sur la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC). Placée sur le thème : « Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales », cette édition de la biennale a tenu toutes ses promesses, confirmant une fois de plus que la culture demeure l’âme de la Nation et l’un des leviers stratégiques de son développement.

Le lancement officiel, le 25 avril 2026, par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a donné le ton d’une édition marquée par un engagement politique renouvelé en faveur du secteur culturel. Ce geste symbolique traduisait toute l’importance que la Révolution progressiste populaire (RPP) accorde au « réarmement culturel » du Burkina Faso afin de faire de ce secteur, un moteur de la souveraineté nationale et internationale.

Durant une semaine, Bobo-Dioulasso s’est transformée en une scène à ciel ouvert, rythmée non seulement par des compétitions artistiques en arts culinaires, en lutte traditionnelle et en tir à l’arc, mais aussi par des expositions, des conférences, des dédicaces, une foire commerciale, un marché des arts, l’animation du Village des communautés et des spectacles géants. Cette édition avait la particularité d’être couplée à la IIe édition de la Semaine de la fraternité de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), renforçant ainsi les liens historiques, culturels et fraternels entre les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Au bilan à chaud, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au Grand Prix national des arts et des lettres (GPNAL), 128 troupes et ensembles artistiques dans les arts du spectacle, 28 en arts plastiques, 48 en arts culinaires, 112 écrivains en littérature, 431 sportifs en lutte traditionnelle et en tir à l’arc et 70 artistes de la diaspora (Mali, Niger et Côte d’Ivoire) ont rivalisé de talent. Avec 1 000 stands, la foire commerciale a, elle aussi, battu tous les records, sans toutefois suffire à satisfaire la demande. Le Village des communautés a réuni 52 communautés nationales et étrangères, illustrant le caractère inclusif et fédérateur de cette fête de la culture, dont le Ghana était le pays invité d’honneur.

A cela s’ajoute la digitalisation de plusieurs services, notamment la réservation des chambres d’hôtel, l’acquisition de badges et la location de stands qui a sensiblement amélioré l’expérience des festivaliers ainsi que l’efficacité de l’organisation.Mais le succès de Bobo 2026 se mesure surtout à l’aune de la mobilisation populaire pour les plateaux-off et le site de la foire qui a parfois refusé du monde, obligeant le comité d’organisation à suspendre temporairement la vente de tickets pour des impératifs de sécurité.L’organisation réussie de la SNC honore, à bien des titres, les organisateurs, les artistes, les partenaires, les forces de défense et de sécurité intérieure, ainsi que les populations hospitalières de Bobo-Dioulasso.

L’heure est désormais à la capitalisation des recommandations et des leçons tirées de cette édition afin de faire davantage de la culture une force de transformation, un instrument de cohésion, un moteur économique et un pilier de la souveraineté. Car, comme l’a souligné le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, lors de la clôture, la SNC demeure un impératif stratégique pour la sauvegarde du patrimoine, la cohésion sociale et le rayonnement international du Burkina Faso.

Rendez-vous est donc pris pour les prochains chantiers culturels, et surtout pour la 23e édition de la SNC.

Par Assetou BADOH

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