Dématérialisation des actes de justice: le Niger à l’école du Burkina Faso

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération dans le domaine de la transformation numérique de la justice.

Le ministère de la Justice a accueilli une délégation nigérienne venue découvrir les innovations numériques développées dans le secteur judiciaire du 22 au 24 juillet 2026, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso confirme son rôle de référence sous régionale dans la modernisation de la justice. Afin de s’inspirer de cette expérience, une délégation du ministère de la Justice du Niger a séjourné à Ouagadougou depuis le 22 juillet 2026 dans le cadre d’un voyage d’études consacré au processus de digitalisation des services judiciaires burkinabè. A la fin de l’immersion, la délégation a organisé un atelier de restitution de leurs travaux, vendredi 24 juillet 2026. L’objectif de cette visite était de mieux comprendre les mécanismes qui ont permis au Burkina Faso de dématérialiser plusieurs services judiciaires, notamment la délivrance du certificat de nationalité, le e-casier judiciaire le e-permis de communiquer le e-permis de visite et le e-plainte.

A cet effet, la délégation nigérienne a pris part à une série de rencontres techniques, de séances de travail et de visites de terrain. Le directeur des systèmes d’information du ministère de la Justice, Moussa Zango, a expliqué que les travaux se sont déroulés sur trois journées. Il a informé que les parti-cipants ont été entretenus sur le cadre juridique encadrant la dématérialisation des actes judiciaires, avant de découvrir les différentes initiatives de digitalisation engagées par le ministère de la Justice.

« La plateforme du e-certificat de nationalité, pièce maîtresse de cette transformation numérique, a ensuite été présentée en détail aux visiteurs nigériens », a-t-il ajouté. Moussa Zango a poursuivi qu’au Tribunal de grande instance de Ouaga, la délégation a pu suivre toutes les étapes de délivrance d’un e-certificat de nationalité en situation réelle.

Au cœur de la digitalisation de la justice burkinabè

La mission s’est ensuite rendue à l’Agence nationale de promotion des techno-logies de l’information et de la communication (ANPTIC), où elle a découvert des infrastructures numériques qui soutiennent les projets de digitalisation de l’administration burkinabè.

Les membres de la délégation nigérienne ont visité aussi les centres de données, ainsi que les dispositifs de supervision des réseaux et des serveurs, considérés comme des maillons essentiels dans la sécurisation des services numériques. Le secrétaire général du ministère de la Justice, Harouna Kadio, a salué l’esprit d’ouverture ayant animé cette mission d’études.

Pour lui, cette initiative illustre la volonté des dirigeants de l’AES de bâtir une intégration fondée sur des actions concrètes. Il a rassuré la délégation nigérienne que le ministère de la Justice restera ouvert à toute solli-citation visant à partager son expertise pour accélérer la modernisation des administrations publi-ques dans l’espace AES. Le directeur des Affaires civiles, coutumières et sociales au ministère de la Justice du Niger, Sani Aboulkadri Issoufou, a dressé un bilan positif de cette immersion.

Selon lui, les objectifs de la mission ont été pleinement atteints. « Nous sommes venus nous imprégner de l’expérience du Burkina Faso, parce que nous savons qu’il est largement en avance dans la digitalisation du certificat de nationalité », a-t-il déclaré. Le magistrat nigérien a particulièrement apprécié la démonstration pratique réalisée au Tribunal de grande instance de Ouaga I. Pour lui, cette immersion a permis aux techniciens et aux informaticiens de comprendre les aspects techniques de la plateforme et d’envisager leur adaptation au contexte nigérien.

Pour le responsable de la délégation nigérienne, la digita-lisation constitue désormais une nécessité pour les administrations judiciaires, car permettant de réduire les déplacements des usagers, de simplifier les procédures administratives et d’améliorer la qualité du service public. « Il faut évoluer avec notre temps. Demain, le justiciable doit pouvoir obtenir certains actes sans être obligé de se déplacer », a-t-il expliqué. Sani Aboulkadri Issoufou a également annoncé que les connaissances acquises au Burkina Faso feront l’objet d’une restitution auprès des services compétents du ministère nigérien de la Justice. Au terme de cette mission, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération dans le domaine de la transformation numérique de la justice.

Soumaïla BONKOUNGOU

Gloria Innocentia BEOGO (Stagiaire)

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