Dans le cadre du programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC), les participants francophones ont assisté à une conférence très instructive sur les opportunités qu’offrent la modernisation au développement de l’Afrique.
« La Chine et l’Afrique représentent ensemble près d’un tiers de la population mondiale. Sans la modernisation de la Chine et de l’Afrique, il ne saurait y avoir de véritable modernisation mondiale ». Cette phrase du président chinois Xi Jinping résume la volonté de la Chine de réaliser un développement commun avec les pays africains. La Chine qui se considère comme un pays du Sud global n’aspire pas à atteindre seule le développement mais intègre l’Afrique comme un partenaire de croissance. Cette volonté tiens tellement à cœur les autorités chinoises que l’année 2035, considérée comme un agenda politique important pour la Chine (l’étape clé pour poser les fondations pour la réalisation du deuxième objectif centenaire qui vise l’édification d’ici 2049, date marquant le centenaire de la fondation de la République populaire de Chine, d’un pays socialiste moderne, prospère, fort, démocratique, culturellement avancé, harmonieux et beau) s’est transformé lors de la 8ème conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) tenue en 2021 à Dakar au Sénégal en un repère de développement commun entre la Chine et l’Afrique (2035 constitue également une date repère pour l’Union africaine car se situant à seulement deux années après la fin du deuxième Plan décennal 2024-2033 dont l’objectif est d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 à travers l’industrialisation, l’intégration économique et la transformation structurelle du continent).

Et pour concrétiser ce projet de développement conjoint, un plan d’actions triennal est mis en place à chaque sommet du FOCAC. L’actuel plan dénommé « Les 10 actions de partenariat pour la modernisation Chine -Afrique 2025-2035 » a été annoncé par la président chinois Xi Jinping le 5 septembre 2024 lors du 9ème sommet du FOCAC tenu à Pékin en Chine.
Mais quelles sont les opportunités concrètes qu’offrent la modernisation chinoise à l’Afrique dans le cadre d’un développement de haute qualité ? Ce thème a fait l’objet d’une conférence animé par Wang Botao, Vice-directeur de CGTN-Français au profit des journalistes francophones participant au programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC).
L’aérospatial, un domaine de coopération stratégique
Pour répondre à cette question, Wang Botao, Journaliste et responsable de la gestion d’un réseau de correspondants répartis dans plus de 27 pays dont 23 en Afrique, a centré son intervention sur deux productions majeures récemment réalisées sous sa direction. Il s’agit du grand documentaire intitulé « Chine-Afrique 2035 : redéfinir le futur » et la série de reportages « Le Poids du Zéro ».
Ces deux productions mettent en avant divers secteurs de coopération stratégique entre la Chine et l’Afrique dont l’aérospatial.
Aux dires du journaliste de CGTN, grâce à l’accompagnement de la Chine, des pays africains comme l’Egypte et l’Algérie ont développé des projets de satellites. « La Chine aide aussi les pays africains à construire des récepteurs sur sol à l’image de la Mozambique qui a installé des stations de réception destinées aux satellites météorologiques », a-t-il indiqué.

Poursuivant, il a noté que le troisième volet de collaboration entre la Chine et l’Afrique dans le domaine de l’aérospatial concerne les indications de télédétection satellitaire. La Chine disposant d’un réseau important de satellites partage les images avec les pays africains pour les aider à mieux développer des secteurs comme l’agriculture et parer à des catastrophes naturelles. De ce qu’il a dit, la coopération sino-africaine dans le domaine de l’aérospatial prend également en compte la formation de jeunes talents.
Il s’est dit optimiste quant à de futures percées de l’Afrique dans ce domaine. Le développement durable constitue également un axe de coopération majeur entre la Chine et l’Afrique. Les productions réalisées par CGTN ont laissé entrevoir plusieurs projets de protection de forêts naturelles développés dans des pays africains comme l’Ouganda grâce à des initiatives locales et chinoises.
Le tarif douanier zéro, une grande opportunité

Le documentaire intitulé « l’Avenir en vert » dont un extrait a été projeté à l’endroit des journalistes africains montre comment l’accompagnement de la Chine a permis aux populations ougandaises de considérer l’utilisation du charbon de bambou comme alternative au chardon-bois contribuant ainsi à la lutte contre la déforestation. Toujours dans la série des documentaires, la production intitulée « aux frontières du numérique » met en évidence le numérique comme levier essentiel de développement de l’Afrique à l’image de la Chine qui en a fait un atout essentiel pour son développement. « Aujourd’hui en Chine, tout est numérisé et tout se fait pratiquement en ligne. Et cela facilite la vie de la population », a indiqué le conférencier.

Les échanges commerciaux constituent également un pilier important de coopération pour la « Chine-Afrique 2035 ». L’une des grandes opportunités offertes par la Chine à l’Afrique dans ce domaine est l’adoption du tarif douanier zéro qui va contribuer à l’industrialisation africaine et à la réduction de la pauvreté. « En important des produits à valeur ajoutée, la Chine encourage l’Afrique à transformer localement au lieu d’exporter brut. Et plus il y a d’exportations, plus il y a de revenus et d’emplois pour les populations.
L’un des reportages projetés lors de la conférence fait cas d’excellents échanges commerciaux entre des entreprises chinoises et africaines autour de produits tels que les champignons utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise et le caoutchouc fortement demandé sur le marché chinois notamment dans le domaine du pneumatique.
Grâce au renforcement de la coopération sino-africaine dans ces domaines stratégiques de développement, Wang Botao s’est montré confiant quant au développement de l’Afrique. « Aujourd’hui, la Chine poursuit son propre chemin de développement mais sans oublier l’Afrique. Ici, on dit toujours que c’est grâce aux frères africains que la Chine est retournée à l’ONU et nous leurs seront toujours reconnaissants. Notre objectif est donc de permettre aux pays africains de profiter des opportunités offertes par le développement de haute qualité de la Chine », a indiqué M. Wang.
Nadège YAMEOGO






