Enseignement supérieur: le centre universitaire de Gaoua devient l’Université Faustin-Sié-Sib

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, a présidé, le lundi 18 mai 2026, la cérémonie de baptême Université Faustin-Sié-Sib de Gaoua (UF2S) de Gaoua.

Le Centre universitaire de Gaoua est officiellement devenu une université de plein exercice à l’issue du Conseil des ministres du jeudi 5 février 2026. Désormais baptisée Université Faustin-Sié -Sib de Gaoua (UF2S), l’institution a été officiellement inaugurée, le lundi 18 mai 2026, sur son site à Gaoua, au cours d’une cérémonie marquée par l’installation de son tout premier président, le Pr Nâg-Tiéro Roland Meda.

Placée sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Adjima Thiombiano, il a indiqué que cette transformation du Centre universitaire de Gaoua en université s’inscrit dans la vision du gouvernement et du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, visant à rapprocher les structures universitaires des populations et à offrir davantage d’opportunités d’accès à l’enseignement supérieur aux jeunes Burkinabè. « Nous ne sommes pas réunis ici pour accomplir une simple formalité.

C’est un acte historique très important que nous sommes en train de poser », a déclaré le ministre, soulignant qu’au-delà du baptême de l’université, il s’agit désormais d’une responsabilité collective pour tous les acteurs impliqués dans le développement de l’institution. Le choix du nom « Faustin Sié Sib», a également été présenté comme un hommage à une figure intellectuelle de renommée nationale et internationale. Pour le ministre, cette dénomination constitue une interpellation adressée à l’ensemble des responsables universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants et populations afin de faire de l’université un véritable pôle d’excellence.

Selon le Pr Adjima Thiombiano, l’université se positionne déjà dans des domaines stratégiques tels que les sciences agronomiques, le tourisme, les mines et les carrières. Il a également annoncé la poursuite des investissements de l’Etat à travers la construction de bâtiments pédagogiques, d’une cité universitaire, de forages ainsi que l’aménagement des voies d’accès. Le ministre a, par ailleurs, salué la mobilisation des populations locales qui ont accepté de céder leurs terres pour permettre l’implantation de l’université sur son propre site. « C’est une véritable leçon de patriotisme », a-t-il affirmé.

Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, cette contribution des communautés constitue un exemple pour les autres localités aspirant à accueillir des infrastructures universitaires. La cérémonie a été parrainée par le ministre chargé des Sports, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara et co-parrainée par l’évêque de Diébougou, Mgr Der Raphael Kussiélé Dabiré. Prenant la parole à la cérémonie au nom des parrains, la marraine Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, a souligné que l’Université Faustin-Sié-Sib devra être non seulement un cadre de transmission des connaissances, mais aussi un espace de formation civique et patriotique.

Selon elle, l’université doit promouvoir l’innovation, l’esprit entrepreneurial, le sens de l’effort ainsi que la culture de l’excellence afin de former une jeunesse consciente de ses responsabilités et capable de contribuer au développement du Burkina Faso. La marraine a également invité les responsables universitaires à accorder une attention particulière au sport universitaire, à la vie associative et à l’entrepreneuriat pour garantir une formation complète des étudiants sur les plans intellectuel, moral et physique.

S’adressant aux étudiants, elle les a exhortés à faire de cette institution un cadre de discipline, d’innovation et de dépassement de soi. « Le Burkina Faso compte sur votre engagement, votre patriotisme et votre sens des responsabilités pour relever les défis de notre temps », a-t-elle lancé aux étudiants. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, de sa famille, des autorités administratives, coutumières, universitaires ainsi que des étudiants venus assister à cet événement qualifié d’historique.

Boudayinga J-M THIENON


 

Qui était le Pr Faustin Sié Sib?

Né en 1939 à Kampti, dans la région du Djoro, et décédé le 6 septembre 2019 à Ouagadougou, le Professeur Faustin Sié Sib fait partie des grandes figures fondatrices de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique au Burkina Faso. Son parcours illustre la contribution des premières générations d’intellectuels burkinabè à la structuration de l’université nationale après les indépendances. Après ses études secondaires à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou, il poursuit son cursus universitaire en France, à l’Université Paris VI. Il y obtient en 1974 un doctorat d’Etat en sciences physiques, consacrant un parcours académique d’excellence.

De retour au pays en 1975, il intègre l’Université de Ouagadougou, alors en pleine phase de construction institutionnelle. Enseignant-chercheur en sciences physiques et en chimie organique, il est nommé professeur titulaire en 1986. Il s’illustre rapidement dans la structuration des enseignements scientifiques, notamment par la mise en place du troisième cycle de chimie, qui contribue à former plusieurs générations de chercheurs et d’enseignants. Il participe également à la création de l’Institut de mathématiques et de sciences physiques (IMP), structure clé dans le développement de la recherche scientifique au Burkina Faso. Au sein de l’université, il occupe aussi des responsabilités administratives, notamment en tant que doyen de la Faculté des sciences et techniques.

Au niveau national, le Professeur Sib Sié Faustin a été ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique entre 1980 et 1982, période au cours de laquelle il contribue à la structuration des politiques publiques d’enseignement supérieur. Son influence dépasse les frontières nationales. Il devient le premier président de la Société ouest-africaine de chimie (SOACHIM), renforçant la coopération scientifique dans la sous-région et la promotion de la recherche en chimie. Engagé dès sa jeunesse, il avait déjà occupé en 1954 le poste de premier secrétaire général national de la Jeunesse étudiante catholique (JEC), témoignant d’un engagement précoce pour la formation, la discipline et la responsabilité sociale. Reconnu pour sa rigueur et sa discrétion, il demeure une référence majeure de l’histoire universitaire burkinabè et un bâtisseur de l’enseignement scientifique.

B J-M T

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.