La ferme forestière mécanisée de Saihanba est située dans la région de Bashang, au nord du comté autonome mandchou et mongol de Weichang, à Chengde, dans la province de Hebei. Jadis désert, elle est aujourd’hui la plus grande forêt artificielle du monde. À la découverte d’un chef d’œuvre écologique !
Selon un proverbe chinois, « C’est dans l’harmonie que vivent tous les êtres, c’est grâce à la générosité de la nature qu’ils prospèrent. » La civilisation chinoise a toujours souligné l’importance du respect de la nature. La ferme forestière mécanisée de Saihanba, la plus grande forêt artificielle du monde en est un exemple.
Située dans la région de Bashang, au nord du comté autonome mandchou et mongol de Weichang, à Chengde. Elle se trouve à la lisière sud du massif sableux de Hunshandake, en Mongolie-Intérieure, à la jonction entre le plateau de Mongolie-Intérieure, les contreforts du Grand Khingan et ceux du massif de Yinshan. Elle constitue une partie importante du célèbre enclos de chasse impérial des Qing, le « Mulan Weichang ».

Créée en 1962 par l’ancien ministère des Forêts, cette vaste forêt domaniale est directement rattachée au Bureau provincial des forêts et des prairies du Hebei. Elle est également une réserve naturelle nationale et couvre une superficie totale de 1,4 million de mu (environ 93 333 hectares).
La ferme de Saihanba se trouve dans une zone de transition forêt-prairie, à une altitude comprise entre 1 010 et 1 939,9 m. La température annuelle moyenne y est de -1,3 °C, l’enneigement dure en moyenne 7 mois par an, la période sans gel est de 64 jours en moyenne et les précipitations annuelles atteignent environ 479 mm. Les essences principales sont le mélèze, le pin sylvestre, l’épicéa et le bouleau blanc. La faune compte 261 espèces de vertébrés terrestres, 32 espèces de poissons, 660 espèces d’insectes, 179 espèces de champignons supérieurs, et la flore recense 625 espèces végétales.

Historiquement, Saihanba était un jardin naturel réputé, aux eaux abondantes et aux forêts denses, et faisait partie intégrante du domaine de chasse impérial des Qing. Mais à la fin de la dynastie des Qing, en raison de l’ouverture des terres au défrichement, des guerres successives et des incendies de forêt, l’écosystème originel a été gravement dégradé. À la veille de la fondation de la Nouvelle Chine, la forêt primitive avait complètement disparu, laissant place à une vaste lande dénudée, balayée par les tempêtes de sable et dépourvue de végétation.

Pendant plus d’un demi-siècle, trois générations de travailleurs de Saihanba ont œuvré dans des conditions difficiles, poursuivant sans relâche leurs efforts, et ont réussi à créer la plus grande plantation forestière artificielle du monde, réalisant le miracle de transformer une terre stérile en une mer de verdure.
« Les eaux limpides et les montagnes luxuriantes sont des atouts inestimables »

La superficie boisée est passée de 240 000 mu (environ 16 000 hectares) à 1,151 million de mu (environ 76 733 hectares), le taux de couverture forestière est passé de 11,4 % à 82 % et le volume sur pied de 330 000 m³ à 10,368 millions de m³. La forêt comprend également 103 000 mu (environ 6 867 hectares) de zones humides. Elle est une source d’eau importante pour les bassins des rivières Luan et Liao, assurant chaque année une régulation hydrique de 284 millions de m³, fixant 860 300 tonnes de dioxyde de carbone et en même temps libérant 598 400 tonnes d’oxygène. La valeur totale des actifs forestiers est estimée à 23,12 milliards de yuans, et les services écosystémiques fournis annuellement atteignent 15,59 milliards de yuans, constituant ainsi une solide barrière écologique verte pour la région de Pékin-Tianjin-Hebei.

Les dirigeants ont fait valoir, à maintes reprises, une approche de développement respectueuse de l’environnement car, comme l’a souligné le président chinois Xi Jinping : « Les eaux limpides et les montagnes luxuriantes sont des atouts inestimables. »
Le président Xi a accordé une grande attention à l’adoption d’une approche scientifique remarquable en matière d’écologisation des terres en Chine, et a appelé plusieurs fois à déployer davantage d’efforts dans la promotion du boisement et de la protection des ressources forestières.

Le 23 août 2021, lors d’une tournée d’inspection dans la ferme au Hebei, dans le nord de la Chine, il s’est renseigné sur la gestion et la protection de la ferme forestière de Saihanba, ainsi que sur les efforts coordonnés du Hebei dans la conservation de ses montagnes, rivières, forêts, terres agricoles, lacs et prairies et le contrôle de la désertification.
En 2017 et 2021, la ferme a reçu respectivement le prix « Champions de la Terre », la plus haute distinction environnementale des Nations Unies, et le prix « Land for Life », la plus haute récompense dans le domaine de la lutte contre la désertification.

La forêt de Saihanba doit son existence à des bâtisseurs qui ont travaillé dans un environnement hostile avec une température annuelle moyenne de -1,3° pour transformer un désert de sable en une mer forestière. Ils ont su forger l’« Esprit de Saihanba : Se souvenir de la mission, entreprendre avec acharnement, développement vert ». L’« Esprit de Saihanba » est devenu un important repère spirituel pour la construction de la civilisation écologique dans la nouvelle ère.
Saihanba constitue un exemple vivant d’une civilisation respectueuse de l’environnement. Il est cité aujourd’hui parmi les plus grandes réussites mondiales et constitue un véritable cas d’école en matière de restauration des écosystèmes.
Nadège YAMEOGO






