Forum politique de haut niveau sur le développement durable: le Burkina Faso porte la voix de la souveraineté et de la résilience

Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo : « notre pays demeure convaincu que les défis de notre époque ne seront surmontés ni par l'isolement, ni par la dépendance, ils le seront par la solidarité internationale renouvelée, respectueuse de la souveraineté des Etats… ».

Le Burkina a présenté son troisième rapport national volontaire sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) sur la période 2016-2025, le 10 juillet 2026, à New York, au cours du forum politique de haut niveau sur le développement durable. Ce rapport synthétise une décennie de progrès socioéconomiques d’un pays ayant fait le choix de la souveraineté économique et du développement dans un contexte d’adversités sans précédent.

« 10 années de progrès, mais aussi d’épreuves. 10 années au cours desquelles, le Burkina a dû apprendre à poursuivre son développement dans l’adversité, à transformer les crises en défis, à se relever et à compter davantage sur ses propres forces ». Telle est la situation d’une décennie d’évolution du pays des Hommes intègres, résumée dans son troisième rapport national volontaire sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), et présenté par le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, le 10 juillet 2026, à New York, au forum politique de haut niveau sur le développement durable, organisé par le Conseil économique et social des Nations unies.

Indicateurs de performances économiques et sociales à l’appui, il a montré que malgré les attaques terroristes, les effets de changement climatique, de la Covid-19, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les tensions géopolitiques, la baisse des financements extérieurs, le Burkina tient débout. Mieux, avance vers le progrès et le bonheur de son peuple. « Peu de pays auraient traversé autant d’épreuves sans voir leur ambition de développement profondément ébranlée », a martelé le ministre Nacanabo.

Et la preuve de sa forte capacité de résilience, le Burkina a enregistré une croissance moyenne de  4,8% sur la décennie 2016-2025, avec une production céréalière qui atteint 7,15 millions de tonnes, soit 126% de couverture des besoins nationaux. Ces performances dans le domaine de l’agriculture, sont la résultante d’une volonté politique matérialisée par des investissements structurants dans ledit secteur, a-t-il fait savoir. A cela s’ajoute des avancées au niveau des secteurs sociaux de base. Dans le domaine de la santé par exemple, les indicateurs connaissent une amélioration continue, comme l’illustre la réduction de 30% du taux d’incidence du paludisme entre 2024 et 2025.

Au niveau de l’éducation, grâce aux efforts de reconquête du territoire national, marquée par une amélioration progressive de la situation sécuritaire, 1 473 établissements scolaires ont été ouverts entre 2024 et 2025, suite au retour des populations dans leurs localités. « Derrière ce chiffre, ce sont des milliers d’enfants qui retrouvent le chemin de l’école. Ce sont des communautés qui reprennent vie. C’est l’Etat qui revient et c’est l’espérance qui renaît », a souligné le ministre. Dans le domaine de la protection sociale, le Burkina totalise 1,84 millions de personnes vulnérables désormais enregistrées dans les régimes sociaux uniques, avec 20% enroulés à l’assurance maladie universelle. Engagé sur la voie de la souveraineté financière pour une meilleure prise en main de son développement, le Burkina a plus que doublé ses ressources propres sur la décennie. Elles ont atteint 3 309,7 milliards F CFA en 2025.

Progrès du Burkina dans les ODD

Dans sa présentation du 3e rapport national volontaire proprement dit, Aboubakar Nacanabo a mis en évidence les acquis engrangés par son pays dans la mise en œuvre des cinq ODD retenus pour l’évaluation 2026. En effet, au niveau de l’ODD 6, le taux d’accès à l’eau potable s’est établi à 78,9 % en 2025, alors qu’il était de 72,4 % en 2016. En ce qui concerne l’assainissement, le taux est passé de 19,8% à 28,8%. L’approche communautaire de l’assainissement total, les investissements publics dans les forages, le système d’addiction d’eau potable et la gestion intégrée des ressources en eau expliquent ces progrès dans ces deux secteurs.

S’agissant de l’ODD 7, convaincu qu’il ne peut y avoir d’industrialisation, de transformation économique sans énergie, de véritable souveraineté économique sans souveraineté énergétique, le pays s’est résolument engagé à assurer aux populations un accès à une énergie suffisante, fiable, sécurisée et durable. Cette volonté politique, accompagnée d’importants investissements a permis de faire passer le taux d’électrification national de 20,07% en 2016 à 34,2% en 2024 et de doubler la part des énergies renouvelables dans la production nationale, qui est passée de 14,3% à 29,7%, grâce aux investissements réalisés dans les centrales solaires.

En ce qui concerne l’ODD 9, consacré à l’industrie, l’innovation et les infrastructures, le ministre Nacanabo a fait savoir que la contribution du secteur industriel au Produit intérieur brut (PIB) passée de 24,4% à 32,9%, tandis que la part du secteur minier dans le PIB en 2025 s’élève à 19,3%.  Et, l’expansion massive de la fibre optique, qui a été multipliée par six depuis 2016, a permis au taux de pénétration de l’Internet mobile de progresser pour s’établir à 83%. Au niveau de l’ODD 1, « construction des villes répondant aux aspirations des populations, le programme présidentiel Burkina Faso « Ndeenw Ka Soow » visant à construire 50 000 logements concourt à sa réalisation. L’ambition du Burkina est d’ériger des villes plus inclusives, plus résilientes et mieux planifiées.

Au niveau de l’établissement des partenariats pour le développement, siège de l’ODD 17, l’approche du pays des Hommes intègres porte sur trois leviers complémentaires, à savoir le renforcement de la mobilisation des ressources internes, le développement des mécanismes innovants de financement national, notamment l’actionnariat populaire, la consolidation des partenariats internationaux ainsi que la mobilisation des contributions de la diaspora. A titre illustratif, en matière de financements participatifs, l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) a mobilisé et investi plus de 18 milliards F CFA sur la période 2023-2025 dans des projets industriels structurants.

Plaidoyer pour un autre monde

Sans oublier que les Burkinabè ont financé la sécurité et de la reconquête du territoire à hauteur de 500 milliards F CFA entre 2023-2025, par l’entremise de Fonds de soutien patriotique (FSP). Dans le même temps, les transferts de la Diaspora burkinabè, sont estimés à environ 350 milliards F CFA en 2025. Pour le ministre, la vision du gouvernement est de mobiliser d’abord ses propres forces pour mieux construire des partenariats avec les autres, car, le partenariat véritable ne se construit ni dans la dépendance ni dans la soumission, il se construit dans la responsabilité, la confiance et le respect mutuel. Et tous ces acquis, a-t-il poursuivi, confortent notre conviction que même dans l’adversité, le développement reste possible lorsque la volonté politique, la mobilisation nationale et la confiance dans nos propres capacités se rejoignent. L’adoption de son nouveau Plan national du développement, Relance 2026-2030, s’inscrit dans le même élan.

Outre la présentation des avancées du Burkina sur la période 2016-2025, le ministre Nacanabo a adressé quatre messages clés de son pays à la communauté internationale, et qui découlent de ses ambitions et convictions, « forgées par l’épreuve et portées par l’espérance ». Ils portent sur le courage des Burkinabè qui, refusent, devant la diversité des adversités, de plier l’échine et de se soumettre au diktat des autres où la résilience, devenue une force collective face aux dures épreuves, l’espérance fondée sur la foi des Burkinabè en développement durable, en la capacité des peuples à transformer leur destin en dépit des crises, des incertitudes et des fractures du monde.

Il s’agit et surtout d’un message de souveraineté, qui n’est autre que l’engagement du peuple burkinabè à opérer ses choix de développement ancrés dans les priorités nationales, ses réalités et aspirations profondes. « La souveraineté ne signifie pas l’isolement. Elle signifie la capacité de choisir, de décider, de mobiliser ses propres ressources et la capacité de coopérer librement avec les autres », a-t-il soutenu. La conviction du Burkina est claire : les défis de notre époque ne seront surmontés ni par l’isolement, ni par la dépendance mais par la solidarité internationale renouvelée, respectueuse de la souveraineté des Etats, capable d’accompagner les priorités définies par le peuple eux-mêmes, a clarifié Dr Aboubakar Nacanabo.

Faisant l’état global de la mise en œuvre des ODD, il a été on ne peut plus clair. « Le monde n’est pas aujourd’hui sur la trajectoire permettant d’atteindre les ODD d’ici à 2030. Le déficit de financement continue de se creuser, les inégalités persistent, le changement climatique s’intensifie et les conflits se multiplient. A moins de quatre années de l’échéance 2030, le temps des constats doit désormais laisser place au temps de l’accélération. Nous devons aller plus vite, plus fort. Et surtout, nous devons agir autrement », a-t-il indiqué.  C’est pourquoi, il a appelé à une réforme profonde des mécanismes de financement du développement, à un meilleur accès aux technologies, à un renforcement réel des capacités nationales, à des partenariats fondés, non sur la dépendance, mais sur le respect mutuel, la confiance et la responsabilité partagée.

Synthèse de Mahamadi SEBOGO

Wwindmad76@gmail.com

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