Orpaillage à Dassa: l’or ne brille pas pour tout le monde

A Dassa, chaque jour, des dizaines de jeunes désertent les champs familiaux pour rejoindre les sites d’orpaillage, attirés par l’espoir d’un enrichissement rapide. Si cette activité a permis à de nombreuses familles de construire des maisons, d’investir dans le commerce et d’améliorer leurs conditions de vie, elle bouleverse également les équilibres sociaux, économiques et environnementaux de la commune. Conséquences : agriculture fragilisée, hausse du coût de la vie, abandon scolaire, dégradation des terres et dépendance croissante à une ressource épuisable. Reportage à Dassa, dans la province du Sanguié, région de Nando ou la course à l’or menace la survie du village.

A Nébia et Divolet, villages situés à quelques kilomètres du chef-lieu de la commune de Dassa, le calme des champs cède progres-sivement au vacarme des marteaux, des motopompes et des concasseurs. Mardi 14 juillet 2026, le soleil est déjà dans sa course ap-parente, mais n’était pas encore au zénith sur les sites d’orpaillage. A Dassa, les sites aurifères s’imposent comme de nouveaux pôles d’attraction de la jeunesse. Dans les villages de Divolet, Nébia et plusieurs autres localités, les jeunes affluent vers les puits aurifères avec un rêve commun : “trouver la pierre précieuse qui changera leur vie”.

Le responsable communal de l’agriculture Naba Kambiré : « aujourd’hui, l’agriculture est devenue presqu’une affaire de femmes ».

Sur le site aurifère de Divolet, Rachide Bado, ressortissant d’un village voisin, incarne cette nouvelle génération séduite par l’or. Employé auprès d’un patron, il raconte que ce dernier extrait régulièrement entre 10 et 20 grammes d’or. Le gramme est vendu entre 50 000 et 80 000 F CFA. Son ambition est claire : « Je veux construire des maisons, acheter des motos et des taxis », affirme le jeune orpailleur. Comme lui, des centaines de jeunes suivent désormais les filons aurifères dans d’autres régions minières du Burkina, mais aussi jusqu’au Mali et en Guinée. « Nous suivons les traces de l’or. Là où il y a de l’or, nous irons », soutient l’orpailleur Idrissa Ouédraogo, arrivé récemment à Nébia après avoir entendu parler d’un nouveau filon promet-teur. Même s’il n’a encore gagné que quelques dizaines de milliers de francs CFA, il reste convaincu que « le trou promet».

Les champs perdent leurs bras valides

Mais pendant que les sites se remplissent, les champs, eux, se vident. Le constat est partagé par plusieurs acteurs locaux. Le responsable communal de l’agriculture, Naba Kambiré, observe une baisse continue de la présence des jeunes dans les activités agricoles.
« Aujourd’hui, l’agriculture est devenue presque une affaire de femmes. Les jeunes hommes préfèrent les gains immédiats de l’orpaillage », explique l’agent d’agriculture. Pour lui, les bras valides indispensables aux travaux agricoles sont désormais absorbés par les sites aurifères. Même les projets d’aménagement agricole souffrent de cette pénurie de main-d’œuvre. « Nous voulions aménager certains bas-fonds, mais, il était difficile de mobiliser suffisamment de jeunes pour les travaux », laisse-t-il entendre avec mécontente-ment. Pourtant, l’orpaillage et l’agriculture ne sont pas nécessairement incom-patibles, selon Yacouba Bakouan, président de l’association des orpailleurs de Dassa.

« Nous avons commencé la recherche de l’or depuis 2004. Nous n’exploitons pas seulement l’or. Pendant l’hivernage, nous pratiquons également l’agriculture », révèle-t-il. Selon lui, opposer agri-culture et orpaillage serait une erreur. Il estime que les deux activités peuvent

Le chef du CEB de Dassa, Piboué Bationo : « la moyenne des effectifs dans les petites classes, est entre 85 élèves à 90 élèves mais, surtout au CM2 la moyenne est d’environ 50 élèves ».

coexister, même si les revenus qu’elles procurent sont incomparables. Le président de l’association rappelle également que les orpailleurs participent au développement local. Les exploitants cotisent notam-ment pour offrir une ambulance flambant neuve à la commune, à la demande du chef du village. Son coût dépasse 45 millions de F CFA. A ce jour, plus de 30 millions auraient déjà été mobilisés.

La contre-saison agricole “fragilisée”

Pourtant, Dassa était autrefois une fierté pour la province du Sanguié dans les cultures maraîchères. Traditionnellement, la contre-saison permettait aux exploitants de valoriser les bas-fonds et les points d’eau à travers la culture de légumes, de maïs, d’oignons, de choux, d’aubergines ou encore de tomates. Ces activités constituaient une importante source de revenus pour les ménages pendant la saison sèche, tout en renforçant la sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, l’expansion des sites d’orpaillage fait craindre un recul de cette activité agricole. Pour le directeur régional de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques de la région de Nando, Antoine Zorma, il est possible de restaurer certains sols, mais uniquement si les anciens sites bénéficient d’un accompagnement technique. « Le sol renferme les éléments organiques et les minéraux indispensables à la croissance des plantes. Lorsqu’il est profondément retourné ou dégradé, sa fertilité peut être fortement affectée », explique-t-il. La restauration de ces terres nécessite, selon lui, un accompagnement technique afin de mettre en œuvre des pratiques agricoles adaptées et de favoriser leur ré-habilitation.

Dans le cas contraire, il serait difficile de réaliser une bonne production agricole sur les sites d’orpaillage abandonnés. Sur la question environ-nementale, à Nébia, le président du CVD, Balima Bazié, fait un constat beaucoup plus amer. « Ici, il y avait beaucoup d’arbres. Aujourd’hui, la nature a été détruite », affirme le président du CVD Bazié. Il soutient que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites. Pour le préfet et Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, les risques environnementaux sont incontestables. « Les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval », déplore le PDS de Dassa. Il signale également que la coupe intensive du bois frais alimente les activités minières.

L’inquiétude des acteurs de l’éducation

Le président du CVD de Nébia, Balima Bazié, indique que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites d’orpaillage.

Les conséquences de la ruée vers l’or ne se limitent pas aux champs. Elles touchent également le milieu scolaire. L’inspecteur de l’enseigne-ment du premier degré, chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Dassa, Piboué Bationo, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences scolaires. « Les effectifs dans les petites classes, la moyenne est au minimum 85 à 90 élèves mais, quand on se retrouve dans les grandes classes, surtout au CM2, la moyenne est d’environ cinquante. Où sont passés les autres ? », s’interroge l’inspecteur Bationo. Il précise que le phénomène, à visage masculin, affecte davantage les classes de CM. A l’examen du CEP de l’année scolaire 2025-2026, sur les 466 candidats présents, il n’y avait que 164 garçons contre 302 filles, constate le chef de la CEB de Dassa. Plusieurs enfants quittent progressivement l’école, convaincus que les études offrent moins de perspectives financières que les puits aurifères.

L’inflation s’installe

L’orpaillage ne produit pas uniquement des effets négatifs. Dans plusieurs familles, les revenus tirés de l’exploitation aurifère contribuent à améliorer les conditions de vie. Moumouni Bado, père de plusieurs jeunes orpailleurs, reconnaît que ses fils l’aidaient auparavant aux champs. Aujourd’hui, certains travail-lent sur les sites de Dassa tandis que d’autres sont partis dans les pays voisins. « Ils m’envoient de l’argent pour financer les travaux agricoles et payer la scolarité des plus jeunes », confie-t-il. Faute d’alterna-tives, il dit préférer bénir ses enfants plutôt que de s’opposer à leur choix. Cette solidarité familiale explique en partie pourquoi de nombreux parents acceptent désormais le départ de leurs enfants vers les sites miniers. A Divolet, le président du Conseil villageois de dévelop-pement (CVD), Kouarbié Bado, reconnaît également que l’or a profondément modernisé le village.

« Avant, ici, c’était la brousse mais aujourd’hui, la zone est bien animée et on trouve tout ce qu’on veut sur place. Beaucoup de villas ont été construites et de nombreuses familles dorment dans des maisons solides », affirme le président du CVD. Selon lui, les revenus de l’or ont favorisé l’émergence de commerces et d’activités économiques jusque-là inexistantes. La prospérité générée par l’orpaillage a également son revers. Kouarbié Bado reconnaît que les sites attirent de nombreux étrangers. « Cela peut créer des problèmes d’insécurité

Le PDS de Dassa, Ali Zerbo : « les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval ».

», reconnaît-il. Un autre phénomène est l’inflation alimentée par l’or. Le représentant du chef de Dassa, Boureima Bacye, partage ce constat. Il indique que l’arrivée massive de liquidités issues de l’orpail-lage a provoqué une hausse généralisée des prix des produits, notamment le pain, l’eau, la viande et les vivres. « Avant, une baguette de pain coûtait 150 francs CFA. Aujourd’hui, il est vendu à 200 F CFA », regrette Boureima Bacye. Le représentant du chef du village soutient également qu’un coq se vend désormais entre 10 000 et 12 500 F CFA.

Préparer l’après or

Même les produits alimen-taires les plus courants deviennent difficilement accessibles aux familles qui ne bénéficient pas directe-ment des revenus de l’or. Cette inflation accentue les inégalités entre les ménages impliqués dans l’orpaillage et ceux qui vivent uniquement de l’agriculture.
Malgré l’euphorie actuelle, plusieurs responsables mettent en garde contre une dépendance excessive à cette ressource. Le responsable de l’agriculture, Naba Kambiré, rappelle que l’or est une richesse non renouvelable. « Les jeunes doivent investir leurs revenus dans l’agriculture et l’élevage, car l’or finira un jour », conseille-t-il.

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, l’a reconnu dans son discours prononcé à Ouahigouya : il faut organiser le secteur afin d’amorcer une gestion efficiente et profitable à tous. Pour le Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, le véritable défi pour Dassa ne réside donc pas dans le choix entre l’or et l’agriculture. Il consiste plutôt à transformer les revenus de l’orpaillage en investissements capables de préparer l’après or. Sans cette transition, les pépites qui font aujourd’hui la ‘’fortune’’ de certains pourraient demain laisser place à des terres dégradées, des champs abandonnés et une jeunesse privée de perspectives durables.

Hubert BADO


 

L’urgence d’un retour des jeunes sur les bancs de l’école

Dans la commune de Dassa, plus largement dans la province du Sanguié, l’essor de l’orpaillage artisanal favorise un phénomène préoccupant : l’abandon scolaire. Attirés par la perspective de gains rapides, de nombreux élèves délaissent les salles de classe pour rejoindre les sites d’exploitation aurifère, persuadés que l’or offre davantage d’opportunités que les longues années d’études. « L’école est lente et incertaine », selon certains miniers. Cette perception est alimentée par le manque de débouchés professionnels de certains. Sur certains sites d’orpaillage, des titulaires de diplômes universitaires exercent comme « peintres » ou prestataires de services auprès des orpailleurs. Une réalité qui renforce le scepticisme de nombreux jeunes quant à l’utilité des diplômes. Les témoignages recueillis illustrent ce changement de mentalité. Un orpailleur raconte avoir déconseillé à son petit frère, admis au concours de l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP), de poursuivre sa formation. Pour les responsables de l’éducation, cette vision à court terme est lourde de conséquences. L’abandon des études prive les jeunes de compétences durables et les expose à une activité précaire, risquée et dépendante d’une ressource épuisable. Face à cette situation, plusieurs acteurs appellent à renforcer les mesures de maintien des élèves à l’école, à créer davantage de débouchés pour les diplômés et à mieux encadrer l’orpaillage afin que la quête de l’or ne compromette pas l’avenir de toute une génération dans le Sanguié.

H.B.

 

Harmonisation des curricula de formation: les ministres de l’enseignement supérieur de l’AES signent un accord

Les ministres chargés de l’Enseignement supérieur et de la recherche des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont signé un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Cet accord vise à harmoniser les curricula de formation.

Les Trois Etats de la Confédération des Etats du Sahel (AES) que sont le Burkina, le Mali et le Niger entendent harmoniser leurs curricula de formation dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette volonté s’est concrétisée par la signature d’un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.

En effet, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano et ses homologues du Mali, Bourèma Kansaye et du Niger, Mamadou Saïdou, ont signé un accord visant à harmoniser et endogénéiser les curricula de formation au sein des Institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR). La cérémonie s’est tenue en marge de la 2e conférence des responsables des IESR.
Pour Adjima Thiombiano, la nécessité d’harmoniser les curricula de formation est justifiée par le fait que l’enseignement supérieur doit mieux répondre aux réalités et besoins des populations. Il a souligné l’importance d’intégrer des savoirs endogènes africains dans la formation universitaire.

« Aujourd’hui, nous voulons que ces IESR s’imprègnent parfaitement des besoins des populations afin que chaque citoyen de l’AES puisse s’identifier à eux, à travers les thématiques qui sont abordées dans ces différentes structures », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a expliqué que la recherche scientifique devrait davantage être mise au service du développement.

« Aujourd’hui, on a d’excellents chercheurs, d’excellents enseignants-chercheurs qui font des travaux formidables et qui ont des carrières internationales sans reproche. Mais la question que nous devons nous poser : qu’est-ce que le citoyen de l’AES tire de cette performance des chercheurs et des enseignants-chercheurs ?

En quoi l’étudiant peut-il être directement utile à notre société ? », s’est-t-il interrogé. Adjima Thiombiano a également estimé que l’accord de coopération permettra aux trois Etats de parler le même langage et d’éradiquer les défis qui se présentent à eux. Toutefois, le chef du département en charge de l’enseignement supérieur a souligné que l’harmonisation et l’endogénéisation des formations ne signifient pas uniformisation totale des systèmes éducatifs. Chaque pays devra préserver ses spécificités et sa diversité culturelle.

Galedie Kétoura SIMPORE

Cour d’appel de Fada N’Gourma : 53 personnes à la barre, des audiences foraines délocalisées à Tenkodogo

Du 12 au 16 octobre 2026, la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N’Gourma tient des audiences foraines au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. 22 dossiers impliquant 53 mis en cause sont au programme.

53 personnes impliquées dans 22 dossiers sont à la barre de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, délocalisée au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. Ces audiences foraines ouvertes, le lundi 12 octobre 2026, se déroulent jusqu’au 16 octobre prochain. Au cours de cette session, la cour va examiner des affaires déjà jugées en première instance par le
Tribunal de grande instance de Tenkodogo, mais dont les décisions ont été contestées en appel. Pour le ministère public, la délocalisation de ces audiences répond à un double but. « L’objectif est de rapprocher la justice du justiciable ; accélérer le traitement des procédures judiciaires », a expliqué le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, Amidou Banhoro.
Les faits, qui sont réexaminés par cette juridiction de second degré suivant les règles de procédures, sont variés et portent notamment sur des infractions contre des personnes, comme les coups et blessures volontaires ou les menaces de mort. La Cour va aussi examiner des atteintes aux biens, en l’occurrence des destructions volontaires de biens mobiliers ou immobiliers. Des infractions contre des biens publiques, dont le faux et l’usage de faux, figurent également au programme.

Un procès équitable

Le substitut du procureur a expliqué qu’au-delà du nombre de dossiers, les audiences doivent garantir les droits de toutes les parties. « Chacun doit pouvoir présenter ses arguments, répondre aux faits qui lui sont reprochés ou contester la décision rendue en première instance », a-t-il déclaré. Pour lui, un procès équitable repose notamment sur la possibilité de s’exprimer et d’être assisté par un avocat. « L’équité, c’est le droit donné à chaque acteur, poursuivant comme poursuivi, de se faire assister par des professionnels du droit qu’on appelle les avocats », a-t-il souligné. Selon l’homme de droit, l’accès à un avocat ne doit pas dépendre uniquement des moyens financiers. C’est pourquoi, Amidou Banhoro a rappelé l’existence de l’assistance judiciaire qui permet aux personnes qui remplissent les conditions requises de bénéficier d’un avocat, pris en charge par l’’Etat. Le substitut du procureur général a soutenu que cette garantie est essentielle pour les justiciables qui ne peuvent pas financer leur défense en ce sens qu’elle contribue à rendre effectifs les droits de la défense et les garanties d’un procès équitable. Amidou Banhoro a également ajouté que le caractère public des audiences permet aux populations de mieux comprendre le fonctionnement de la justice, dans les limites prévues par la loi. Pour lui, l’examen en appel ne signifie toutefois pas que les personnes mises en cause sont reconnues coupables. « La Cour doit se prononcer après les débats, sur la base des éléments du dossier et conformément à la loi. Les décisions rendues pourront, si les textes le permettent, faire l’objet d’autres recours jusqu’au vendredi 16 octobre 2026 », a-t-il précisé.

Anselme KAMBIRE

Commande publique: l’ARCOP remet son rapport annuel 2025 au Premier ministre

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Le camarade Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), conduite par le président de son Conseil de régulation, le camarade Abdallah Youssef Chahine Traoré. A cette occasion, la délégation lui a officiellement remis le rapport annuel d’activités 2025 de l’institution.

Le document présente les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les recommandations formulées pour améliorer la gouvernance de la commande publique au Burkina Faso. Il rend notamment compte de la mise en œuvre de la réforme adoptée en 2024, du renforcement des capacités des acteurs et du règlement des différends. Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Conseil de régulation et l’a encouragé à poursuivre sa mission en plaçant l’intérêt suprême des citoyens au cœur de son action. Il a appelé à renforcer la formation pour surmonter les difficultés qui entravent le processus de la commande publique. Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’intensifier la communication afin de rassurer les acteurs, de lever leurs appréhensions et de favoriser une plus grande célérité des procédures. Sur le plan statistique, le rapport fait état de 5 316 contrats conclus en 2025, pour un montant global de 574,75 milliards francs CFA, par les 35 structures centrales couvertes.

Sur ce périmètre, le nombre de contrats a progressé de 18 % par rapport à 2024, tandis que leur valeur globale a diminué de 7 %. Ces données concernent uniquement les structures recensées et ne constituent donc pas un total national. Concernant la mise en œuvre de la réforme de la commande publique, le Conseil de régulation a tenu six sessions, dont quatre extraordinaires. L’ARCOP a procédé à la relecture de neuf arrêtés, élaboré trois nouveaux arrêtés et émis un avis favorable sur cinq projets de textes. La révision des dossiers standards nationaux d’acquisition a également permis d’adapter les outils de gestion au nouveau cadre réglementaire. Pour accompagner l’application de ce cadre, l’ARCOP a renforcé les capacités des acteurs, notamment par la constitution d’un vivier d’une cinquantaine d’auditeurs de la commande publique. Les formations organisées par l’institution ont concerné 1 520 participants, dont 488 dans le cadre de
formations certifiantes. Elle a également engagé l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption dans les marchés publics.

En matière de règlement des différends, l’ARCOP a traité 1 149 recours en 2025, contre 988 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Ce total comprend 746 plaintes, 177 conciliations et 226 dossiers disciplinaires. Selon le président du Conseil de régulation, cette évolution ne traduit pas nécessairement une aggravation des difficultés, mais pourrait témoigner d’une participation accrue
des acteurs au fonctionnement du système. Au-delà du traitement des recours, le suivi de l’application des décisions demeure un enjeu. Sur 197 décisions suivies, 119 ont été exécutées, soit un taux de 60,41 %. Ce constat souligne la nécessité de renforcer le suivi afin de mieux apprécier l’application effective des décisions de régulation.

Au regard de ce bilan, l’ARCOP recommande de poursuivre la formation et la sensibilisation des différents intervenants pour assurer une meilleure application des textes. Elle préconise également le renforcement de ses ressources humaines afin d’accroître ses capacités opérationnelles. A travers ce rapport, l’ARCOP rend compte de l’exercice de sa mission de régulation de la commande publique. Après sa remise au Premier ministre, le document sera diffusé auprès du grand public. Cette démarche d’information contribue à la transparence de l’action du régulateur et donne tout son sens à son devoir de redevabilité.

DCRP/Primature

Renversement d’alliances

Le récent bombardement de l’aéroport international de Riyadh par les forces Houthis yéménites avec une dizaine de morts à la clé traduit une vérité implacable que le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, n’a de cesse d’affirmer, à savoir que « les faibles vont disparaitre ». Si nous n’en sommes pas encore à cette extrémité, s’agissant de l’Arabie saoudite, il faut dire que la trajectoire géopolitique et militaire du royaume des Seoud le prédisposait à la situation délicate dans laquelle il se trouve aujourd’hui et qui illustre le renversement des alliances qui est en train de s’opérer au Proche et Moyen-Orient après le conflit tripartite Iran-Israel-Etats-Unis qui a plus ou moins confirmé l’émergence de l’Iran comme force politique et militaire dominante dans cette région tourmentée.

On a vu qu’en dépit du déluge de feu qui s’est abattu sur lui et la quasi décapitation de sa direction politique et militaire, l’Iran, loin de s’effondrer a opposé une résistance farouche à ses deux ennemis au point d’apparaître comme le vainqueur moral de la guerre avec le contrôle du détroit d’Ormuz qui lui permet de contrôler et réguler près du tiers des flux pétroliers mondiaux. Une position de force qui en fait un interlocuteur de poids dans la fixation des prix du baril selon qu’il ferme où ouvre le « robinet » par le biais de ce détroit stratégique.
Outre cet atout majeur dans sa manche, Téhéran dispose d’un autre « as de pique par le biais de ses alliés yéménites qui ont la mainmise sur le détroit de Bab El Mandeb, autre passage clé du commerce international.

Cet axe de la résistance qui n’a jamais fait mystère de sa volonté d’en finir avec la dynastie des Seoud soupçonnée d’apostasie depuis qu’elle a autorisé l’ouverture de débits de boissons en terre sainte de l’Islam veut donc terminer le travail, avec cette fois-ci la « bénédiction » des USA pour deux raisons principales. La première c’est que Trump n’a pas trop apprécié la tiédeur de l’engagement de Riyadh dans le récent conflit moyen-oriental, le pays étant resté sur la défensive, malgré les injonctions de Washington. La deuxième raison et la plus importante réside dans le fait que l’effondrement de l’Arabie saoudite permettrait aux Occidentaux de reprendre directement la main sur ses immenses ressources pétrolières et se tailler ainsi un matelas de sécurité sur cette ressource stratégique. Devenu le « ventre mou » régional, l’Arabie saoudite retrouvera donc sa vocation première, à savoir une « éponge de pétrole ».

Un nouveau grand jeu à l’envers, dans la mesure où à la fin du 19e siècle, il s’agissait d’en faire un Etat fort face à la menace turco-perse. Les Etats, c’est connu, n’ont que des intérêts et le Prince héritier Omar Ben Salman le découvre à ses dépens. Sa survie réside dans la « vassalisation » du royaume et dans le ravalement de sa vocation de puissance régionale. Le rapprochement observé entre Moscou et Washington ces derniers jours, ne présage rien de
bon pour lui, pas plus que pour le Président ukrainien Zelensky dont la tête est
elle aussi sur le billeau pour permettre au gaz russe de couler vers un Occident en voie de réfrigération avancée. Qui a dit que les faibles vont disparaitre ?

Boubakar SY

Opération de sécurisation : le CEMGA Diallo galvanise les troupes de la région de Yaadga

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Dans le cadre de son séjour dans la région de Yaadga, le chef d’état-major général des armées, le général de division Moussa Diallo, s’est rendu, mardi 13 octobre 2026 au 12e régiment d’infanterie commando de Ouahigouya.

Dans la dynamique de la reconquête totale du territoire national en cours au Burkina Faso, le commandement militaire poursuit ses actions de proxi- mité auprès des forces combattantes. C’est dans cette perspective que le chef d’état-major général des armées, le général de division Moussa Diallo, s’est rendu le 13 octobre 2026 au 12e Régiment d’infanterie commando (RIC), stationné dans la région de Yaadga. Face aux hommes et aux femmes engagés sur le terrain, il a salué les efforts consentis. Il les a appelés à maintenir la mobilisation jusqu’à la victoire totale sur l’ennemi. « Cette visite témoigne de l’importance accordée à l’engagement des unités opérationnelles dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

Elle est également une occasion pour le haut commandement militaire de réaffirmer son soutien aux combattants qui participent aux opérations de sécurisation et de reconquête totale du territoire national », a déclaré le général Moussa Diallo.
Il a rappelé aux forces combattantes que la forte cohésion entre les différentes composantes de l’armée est une nécessité. Par conséquent, il a invité les FDS et les VDP à poursuivre leurs efforts jusqu’à la victoire
totale sur l’ennemi. « Nous avons demandé aux forces combattantes de travailler main dans la main avec les populations afin de parvenir à chasser les terroristes hors de notre territoire », a ajouté le CEMGA.
Pour le chef de corps du 12e RIC, le capitaine Noufé Bèbè, cette visite représente une occasion de réaffirmer la disponibilité et la détermination des hommes placés sous son commandement.

Des combattants réaffirment leur détermination

« La présence du chef d’état-major général des armées à nos côtés est un message d’encouragement pour les hommes engagés dans la reconquête totale du territoire. Les encouragements du CEMGA, nous motivent à rester déterminés pour accomplir notre mission et à mettre en œuvre les orientations du commandement pour contribuer à la reconquête totale du territoire national », a-t-il affirmé.
Pour le commandant du groupement de la gendarmerie de Ouahigouya, Albert Sandwidi, cette visite constitue un signe de considération pour les efforts fournis par les Hommes en uniforme. « Nous sommes très contents de recevoir le CEMGA à Ouahigouya. Il est venu nous transmettre les félicitations du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Il nous a demandé de rester toujours mobilisés, de garder toujours la même dynamique et surtout la discipline et la cohésion entre FDS et VDP afin que la paix revienne au Burkina Faso. Le fait de recevoir les encouragements de notre hiérarchie nous réconforte. Cela nous rappelle l’importance de notre mission et nous encourage à rester
mobilisés pour défendre notre pays. Nous leur réaffirmons notre engagement jusqu’à la victoire totale », a-t-il confié.

Bassirou BADINI

FESPACO 2027 : c’est parti pour la souscription aux prix spéciaux

L’appel à souscription aux prix spéciaux de la 30ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), prévue du 20 au 27 mars 2027, à Ouagadougou est lancé. L’information parvenue à Kantigui est de la direction générale de l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA). Il a été dit à Kantigui que les prix spéciaux constituent un cadre de partenariat entre le FESPACO et les donateurs désireux d’accompagner, de promouvoir et de valoriser le cinéma africain et de la diaspora. Les prix spéciaux, selon les informations de Kantigui, sont institués pour récompenser des films africains de la Compétition officielle et de la Section panorama. Ils permettent à tout donateur d’exprimer sa vision et ses valeurs à travers un prix spécifique, attribué selon des critères librement définis, dans le respect du règlement régissant les prix spéciaux.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com

Flash

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Un complexe scolaire primaire public, réalisé dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), a été inauguré en début de semaine à Ouagadougou. Cet établissement qui comprend un bâtiment pédagogique en R+3 avec 16 salles de classe ainsi que des blocs sanitaires adaptés aux personnes à mobilité réduite vise à répondre aux besoins éducatifs d’une zone en pleine croissance. La construction de cet édifice, saluée de tous, concrétise la volonté du gouvernement de doter le Burkina Faso d’infrastructures modernes et adaptées aux besoins des populations. Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique, l’érection de ce type d’infrastructures va permettre d’accroitre l’accès à une formation de qualité pour les futurs cadres de demain.

Soumaïla BONKOUNGOU

Enseignement supérieur: 4 095 diplômés de l’IST et UBS seront célébrés le 18 octobre prochain

Le Groupe Umanis, à travers l‘Institut Supérieur de Technologies (IST) et Umanis Business School (UBS), a annoncé la sortie de sa promotion 2025-2026, prévue le 18 octobre prochain.

 4 095 étudiants issus des différents campus de l’Institut Supérieur de Technologies (IST) et de l’Umanis Business School (UBS), ont soutenu avec succès leursDiplômes de Technicien Supérieur (DTS), Licence et Master au titre de l’année académique 2025-2026. Cette information a été donnée par le fondateur et PDG du Groupe Umanis, Pr. Issa Compaoré, au cours d’une conférence de presse le mardi 13 octobre 2026 à Ouagadougou.

Le fondateur et PDG du Groupe Umanis, Pr. Issa Compaoré : « c’est une promotion exceptionnelle avec 4 095 diplômés ».

Cette promotion 2025-2026 sera célébrée, lors d’une cérémonie officielle prévue le dimanche 18 octobre 2026 à 15 heures au Palais des Sports de Ouaga 2000. Elle sera placée sous le parrainage de LassinaDiawara, figure du monde des affaires. Selon le fondateur du groupe, ce chiffre de 4095 diplômés est exceptionnel. « D’habitude, nous produisons autour de 1 000 à 1 300 diplômés. Cette année, nous en avons 4 095 », s’est-il réjoui. Il a précisé que les cursus sont de deux ans pour le DTS, trois ans pour la Licence et cinq ans pour le Master. « Il n’y a pas de retard académique chez nous. Les étudiants suivent les cours, composent et finissent à date », a-t-il assuré.

Le Groupe Umanis entend poursuivre son développement à travers un plan stratégique 2026-2030, avec des investissements dans les infrastructures, les équipements, les ressources humaines, le numérique et l’intelligence artificielle. « Nous développons des coopérations avec des établissements étrangers pour élargir les perspectives offertes à nos étudiants et à nos enseignants », a indiqué le fondateur.

Interrogés sur l’insertion des diplômés, les responsables ont rappelé que chaque étudiant bénéficie d’un stage obligatoire pour sa soutenance. « Aucun étudiant qui sollicite un stage ne peut ne pas en avoir. Nous avons des accords de partenariat avec de nombreuses entreprises », a assuré la direction. Le groupe a également mis en place des dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat, notamment pour les filières agroalimentaires. « Plusieurs de nos étudiants sont promoteurs de marques dans ce domaine », a-t-on précisé.

Développer la coopération académique au sein de l’AES

Le Groupe Umanis compte onze campus, dont six à Ouagadougou, un à Tenkodogo, deux à Bobo-Dioulasso et deux en ligne. L’IST propose des formations en génie minier, biomédical, électrique, énergétique, civil, industriel, en réseaux et systèmes informatiques, ainsi qu’en

Les journalistes se sont intéressés à l’insertion professionnelle des 4 095 diplômés.

agroalimentaire et nutrition humaine appliquée. L’UBS forme dans les domaines de l’assistanat de direction bilingue, la communication d’entreprise, la logistique, la banque et microfinance, la finance-comptabilité, le marketing, la gestion des ressources humaines et la gestion des projets.

« Notre ambition est de former non seulement des diplômés, mais des femmes et des hommes capables de prendre des initiatives, de porter des projets et de créer des entreprises », a déclaré Pr. Issa Compaoré. Les diplômes de l’IST et de l’UBS sont reconnus par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), a-t-il ajouté.

La conférence de presse s’est tenue au moment même où s’ouvraient à Ouagadougou les travaux de la deuxième Conférence des responsables des Institutions d’enseignement supérieur et de recherche de la Confédération des États du Sahel (AES). Le fondateur du groupe a confié que la souveraineté des pays del’AES se construit aussi dans les amphithéâtres, les laboratoires et les centres de recherche, par la formation de compétences capables de concevoir et de porter nos propres solutions. Il a formulé le vœu que cette rencontre permette de faire progresser les coopérations académiques et scientifiques entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Leila Sylvia SAWADOGO

Deborah Bénédicte YAMEOGO

(Stagiaire)

 

Institut national de santé publique : l’établissement se dévoile au public du 14 au 16 octobre 2026

L’institut national de santé publique a tenu une conférence de presse, le lundi 12 octobre 2026, à Ouagadougou pour annoncer la tenue de ses premières journées portes ouvertes et la 1re session du conseil scientifique prévues du 14 au 16 octobre prochain.

Les premières Journées portes ouvertes (JPO) couplées à la première session du conseil scientifique et technique de l’Institut national de santé publique (INSP), va se tenir du 14 au 16 octobre 2026. C’est ce qui est ressorti de la conférence de presse organisée par la direction de l’INSP, lundi 12 octobre 2026 à Ouagadougou. Selon le directeur général de l’INSP, Seydou Barro, cette double initiative vise à mieux faire connaitre les missions de l’établissement, présenter les résultats de ses laboratoires et renforcer la contribution de la science aux décisions publiques en matière de santé publique. « Ces journées seront une vitrine pour nos missions, compétences et résultats.

Elles vont permettre également de présenter ce que nous faisons d’habitude et nos laboratoires au grand public », a affirmé Seydou Barro. Il a ajouté que les JPO vont constituer un cadre de dialogue entre professionnels de santé, décideurs, chercheurs, étudiants et partenaires.
Au-delà de la présentation de ses activités, l’INSP va offrir des prestations sanitaires gratuites notamment le dépistage des hépatites B et C, du diabète, des diagnostics du paludisme et de la dengue au Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP), selon Seydou Barro. Il a également confié qu’il est prévu l’inauguration du laboratoire de biologie clinique du CNRFP et la présentation du plan stratégique 2026-2030. En sus, le DG de l’INSP a fait savoir que le comité veut profiter de ces journées pour présenter officiellement le certificat d’accréditation aux normes ISO 15189 version 2022, du laboratoire de biologie clinique du centre mirage.

La 1re session du conseil scientifique et technique vise à examiner les questions scientifiques et techniques, relevant des missions de l’INSP, évaluer la pertinence et la qualité des activités menées et formuler des recommandations. « Cette session va donner également l’occasion de mettre en perspective les acquis présentés lors des journées, dégager les engagements à retenir et mieux orienter les priorités futures de la recherche d’expertise et de renforcement des capacités. Elle traduit notre volonté d’inscrire l’action de l’INSP dans une démarche d’amélioration continue », a poursuivi Seydou Barro.

Au cours de ses JPO, l’institut a prévu de faire une contribution pour la construction du Mémorial Thomas-Sankara, un don à l’Agence Faso Mêbo et d’organiser une opération de don de sang, a indiqué le directeur général Seydou Barro.

Galedie Kétoura SIMPORE

𝐄𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 : 𝐥𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐀𝐄𝐒 𝐞𝐭 𝐝𝐮 𝐓𝐨𝐠𝐨

Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, les ministres en charge de l’Enseignement supérieur des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et du Togo. Cette audience s’inscrit dans le cadre de la deuxième Conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR) de l’AES, qui se tient les 13 et 14 octobre dans la capitale burkinabè.
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‎La délégation comprenait le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique du Niger, le Pr Mamadou Saidou ; le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Mali, le Pr Bouréma Kansaye ; le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Burkina Faso, le Pr Adjima Thiombiano ; ainsi que le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la République togolaise, le Pr Gado Tchangbedji.
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‎Placée sous le thème « Harmonisation et endogénéisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation pour des ressources humaines compétentes et un développement harmonieux des pays de l’AES », cette conférence vise à consolider la coopération en matière de formation, de recherche et d’innovation. Le Togo y participe en qualité de pays invité.
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‎Au cours de l’audience, le Camarade Premier ministre a salué la dynamique engagée et invité les ministres à faire de leurs échanges un levier de renforcement de l’AES. Tout en reconnaissant l’ampleur des défis, il a affirmé que le chemin emprunté est le bon. « L’envahisseur est parti, mais dans bien des domaines, c’est malheureusement nous-mêmes qui prolongeons sa présence. Il nous revient de prendre conscience pour apporter des solutions endogènes à nos difficultés », a déclaré le Chef du Gouvernement.
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‎Dans cette perspective, le Camarade Premier ministre a appelé à l’endogénéisation des formations, afin de mieux répondre aux réalités et aux besoins des populations. Il a également salué la présence du Togo, qu’il a jugée légitime et souhaitable, soulignant que le savoir ne saurait être confiné à des frontières artificielles.
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‎À l’issue de l’audience, le Pr Mamadou Saidou a indiqué que la délégation était venue présenter ses civilités au Chef du Gouvernement et lui faire le point sur les travaux de la conférence. Il a rappelé que cette deuxième édition prolonge les engagements pris à Bamako, en juin 2025, conformément à la volonté des trois chefs d’État de l’AES. Le ministre nigérien a salué la qualité des échanges ainsi que l’attention portée par le Camarade Premier ministre aux préoccupations des différents systèmes d’enseignement supérieur.
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‎Pour sa part, le Pr Gado Tchangbedji a remercié les pays de l’AES pour l’invitation adressée au Togo. Il a souligné que cette initiative rejoint les orientations de son pays en matière d’intégration régionale et de développement commun. « Nous sommes fiers d’être présents à ces travaux parce qu’au-delà de l’intégration régionale, cela correspond à notre vision », a-t-il déclaré.
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‎Évoquant l’expérience de certains pays asiatiques, le ministre togolais a insisté sur la nécessité, pour les États africains, de renforcer leurs capacités de formation et de recherche afin de mieux maîtriser leur développement. Cette ambition rejoint, a-t-il précisé, la nouvelle feuille de route du Togo, qui prévoit notamment le développement d’un capital humain productif et d’une recherche adaptée aux besoins nationaux.
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‎La rencontre de Ouagadougou contribue à structurer la coopération entre les institutions d’enseignement supérieur et de recherche de l’AES. À travers cette concertation, les pays de la Confédération prennent à bras-le-corps un enjeu essentiel de leur souveraineté : former les compétences et produire les savoirs nécessaires pour maîtriser leur développement, en accord avec leurs valeurs et les aspirations de leurs peuples.
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‎𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

NEEMBA Burkina :« Environ 99 % de nos collaborateurs sont burkinabè », Emir SANOH, Directeur Pays de Neemba Burkina

 

Partenaire de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) couplé à la 1ère Semaine de l’Energies des Mines et de l’Hydrocarbure de l’AES (SEMH AES), Neemba Burkina, filiale du Groupe NEEMBA, a pris part à l’édition 2026 afin de présenter ses solutions aux acteurs du secteur minier. Dans cette interview accordée à Sidwaya le vendredi 18 septembre 2026, son Directeur Pays, Emir SANOH, présente l’implantation de Neemba Burkina dans le pays et son rôle dans l’accompagnement des grands projets miniers, industriels, énergétiques et d’infrastructures.

 

Sidwaya (S.) :  Pouvez-vous présenter brièvement NEEMBA Burkina et ses principales activités dans le pays ?

Emir SANOH (E.S.) : NEEMBA Burkina est une filiale du groupe NEEMBA, qui est le concessionnaire officiel de Caterpillar dans onze pays d’Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau et la Gambie.

Le groupe bénéficie de plus de 90 ans d’expérience et intervient principalement dans les secteurs des mines, de l’énergie, de la construction et des infrastructures, ainsi que dans l’industrie.

Notre rôle va toutefois bien au-delà de la simple distribution d’équipements. Nous nous positionnons comme un véritable apporteur de solutions. Cela signifie que nous accompagnons nos clients depuis le choix et la fourniture de leurs équipements jusqu’à leur maintenance et leur suivi tout au long de leur durée de vie.

L’objectif est de pouvoir accompagner nos clients sur l’ensemble du cycle de leurs projets et de leur apporter des solutions adaptées à leurs besoins, au-delà de la seule fourniture de machines.

 

(S.) : Pourquoi Neemba a-t-elle choisi d’être partenaire de cette édition de la SAMAO, et que représente cet engagement pour le Groupe ?

 

(E.S.) : Nous accompagnons la SAMAO depuis plusieurs années, et souhaitons naturellement inscrire cette participation dans la continuité de cet accompagnement.

La SAMAO nous permet de rencontrer les différents acteurs du secteur minier et les institutions, d’échanger avec eux et de mieux comprendre leurs projets, leurs enjeux et leurs besoins. Cela nous permet ensuite de mobiliser efficacement l’ensemble des capacités et des expertises dont nous disposons au Burkina Faso.

C’est donc pour nous un véritable lieu de rencontres et d’échanges, où nous pouvons à la fois écouter, présenter notre savoir-faire, partager notre expérience et surtout travailler ensemble. C’est une réelle fierté pour nous de pouvoir participer à cet événement, et nous avons l’ambition de poursuivre cet accompagnement encore longtemps.

 

(S.) : Quels sont aujourd’hui les principaux besoins des acteurs du secteur minier au Burkina Faso et comment NEEMBA y répond-elle ?

 

(E.S.) : Les principaux besoins des acteurs miniers au Burkina et on le retrouve dans les autres pays de l’AES, sont principalement la disponibilité de leurs équipements, qui est leur outil de production. Cette disponibilité est importante pour leur permettre de maîtriser leur planification et de réaliser leurs projets. Un autre enjeu important est la maîtrise des coûts. Ce n’est pas uniquement le prix des équipements, mais l’ensemble des composantes à savoir la consommation, la productivité, la valeur de revente des machines en question. Il existe également un besoin de flexibilité dans les solutions proposées. C’est précisément sur ces différents enjeux que nous intervenons. Cela passe notamment par le développement d’infrastructures locales qui nous permettent d’assurer la disponibilité des machines dans la durée.

Nous avons aussi un centre de reconditionnement de composants qui permet de donner une deuxième, voire une troisième vie aux matériels et des ateliers disponibles un peu partout dans le pays comme à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et bientôt à Banfora. Cela permet aux clients d’avoir un service de proximité.

 

(S.) : Comment NEEMBA contribue-t-elle au développement du contenu local et à la création de valeur au Burkina Faso ?

 

(E.S.) :  Notre contribution au contenu local passe d’abord par l’emploi. Chez NEEMBA Burkina, environ 99 % de nos effectifs sont burkinabè : sur 502 collaborateurs, 497 sont des Burkinabè, employés sur nos deux sites de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Nous prévoyons également d’ouvrir prochainement un troisième site à Banfora, afin de pouvoir mieux mailler l’ensemble du territoire.

Notre contribution au développement du contenu local passe également par la formation de nos équipes techniques, pour leur permettre d’appréhender et de piloter notre outil industriel. Ce sont ainsi près de 175 techniciens qui sont formés. À cela s’ajoute la création de valeur locale, notamment à travers la reconstruction des équipements, puisque nous avons aujourd’hui récupéré un maillon de la chaîne de valeur qui nous manquait.

Avant, lorsqu’il y avait des défaillances, nous avions l’habitude d’importer de nouveaux équipements ou composants. Une grande partie des opérations peut désormais être réalisée localement conformément aux spécifications du constructeur, ce qui réduit les délais logistiques et l’immobilisation des équipements.

 

(S.) : Quelles actions mène le Groupe NEEMBA pour renforcer les compétences techniques et former les jeunes aux métiers des mines, de l’industrie et des infrastructures ?

 

(E.S.) : La formation fait véritablement partie de l’ADN de NEEMBA. Chaque année, nous consacrons des moyens importants à la formation de nos effectifs, aussi bien pour les techniciens que pour les non-techniciens. Cela représente plus de 10 000 heures de formation par an. Ce n’est pas négligeable, parce que nous sommes convaincus que c’est par la formation que nous pouvons faire grandir nos équipes et, avec elles, faire grandir notre groupe, sans compter l’impact que cela peut avoir sur le pays et sa population.

Au-delà de cela, les jeunes occupent également une place importante dans cette démarche. Nous avons un centre de formation sur lequel nous misons tout particulièrement, puisque nous avons recruté près de 70 jeunes depuis 2023. Et nous avons pour ambition de poursuivre sur cette lancée, dans une dynamique de développement d’un personnel local, qualifié et bien formé.

Les femmes ne sont pas en reste. Elles restent encore sous-représentées dans les métiers techniques. NEEMBA a donc décidé d’octroyer des bourses à de jeunes filles engagées dans des filières techniques. Environ une cinquantaine de bourses ont ainsi été attribuées depuis 2022. Nous poursuivons cette initiative et avons pour ambition d’augmenter progressivement cette dotation afin de permettre à davantage de jeunes filles d’accéder à ces métiers.

Interview réalisée par Fleur BIRBA

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 : 𝐥’𝐀𝐑𝐂𝐎𝐏 𝐫𝐞𝐦𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐚𝐧𝐧𝐮𝐞𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟓 𝐚𝐮 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞

Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026 à Ouagadougou, une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), conduite par le président de son Conseil de régulation, le Camarade Abdallah Youssef Chahine Traoré. À cette occasion, la délégation lui a officiellement remis le rapport annuel d’activités 2025 de l’institution.
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‎Le document présente les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les recommandations formulées pour améliorer la gouvernance de la commande publique au Burkina Faso. Il rend notamment compte de la mise en œuvre de la réforme adoptée en 2024, du renforcement des capacités des acteurs et du règlement des différends.
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‎Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Conseil de régulation et l’a encouragé à poursuivre sa mission en plaçant l’intérêt suprême des citoyens au cœur de son action. Il a appelé à renforcer la formation pour surmonter les difficultés qui entravent le processus de la commande publique. Le Chef du Gouvernement a également insisté sur la nécessité d’intensifier la communication afin de rassurer les acteurs, de lever leurs appréhensions et de favoriser une plus grande célérité des procédures.
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‎Sur le plan statistique, le rapport fait état de 5 316 contrats conclus en 2025, pour un montant global de 574,75 milliards de francs CFA, par les 35 structures centrales couvertes. Sur ce périmètre, le nombre de contrats a progressé de 18 % par rapport à 2024, tandis que leur valeur globale a diminué de 7 %. Ces données concernent uniquement les structures recensées et ne constituent donc pas un total national.
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‎Concernant la mise en œuvre de la réforme de la commande publique, le Conseil de régulation a tenu six sessions, dont quatre extraordinaires. L’ARCOP a procédé à la relecture de neuf arrêtés, élaboré trois nouveaux arrêtés et émis un avis favorable sur cinq projets de textes. La révision des dossiers standards nationaux d’acquisition a également permis d’adapter les outils de gestion au nouveau cadre réglementaire.
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‎Pour accompagner l’application de ce cadre, l’ARCOP a renforcé les capacités des acteurs, notamment par la constitution d’un vivier d’une cinquantaine d’auditeurs de la commande publique. Les formations organisées par l’institution ont concerné 1 520 participants, dont 488 dans le cadre de formations certifiantes. Elle a également engagé l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption dans les marchés publics.
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‎En matière de règlement des différends, l’ARCOP a traité 1 149 recours en 2025, contre 988 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Ce total comprend 746 plaintes, 177 conciliations et 226 dossiers disciplinaires. Selon le président du Conseil de régulation, cette évolution ne traduit pas nécessairement une aggravation des difficultés, mais pourrait témoigner d’une participation accrue des acteurs au fonctionnement du système.
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‎Au-delà du traitement des recours, le suivi de l’application des décisions demeure un enjeu. Sur 197 décisions suivies, 119 ont été exécutées, soit un taux de 60,41 %. Ce constat souligne la nécessité de renforcer le suivi afin de mieux apprécier l’application effective des décisions de régulation.
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‎Au regard de ce bilan, l’ARCOP recommande de poursuivre la formation et la sensibilisation des différents intervenants pour assurer une meilleure application des textes. Elle préconise également le renforcement de ses ressources humaines afin d’accroître ses capacités opérationnelles.
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‎À travers ce rapport, l’ARCOP rend compte de l’exercice de sa mission de régulation de la commande publique. Après sa remise au Premier ministre, le document sera diffusé auprès du grand public. Cette démarche d’information contribue à la transparence de l’action du régulateur et donne tout son sens à son devoir de redevabilité.
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‎𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

Archidiocèse de Ouagadougou: La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces ouvre officiellement

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La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin a ouvert ses portes, dimanche 11 octobre 2026, à Ouagadougou. A l’occasion, le premier curé de la paroisse a été installé.   

 L’église de kamboinsin a été transformée en paroisse en juin 2026.  Dénommée paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin, elle s’inscrit dans la dynamique de la célébration des 125 ans de l’évangélisation à Ouagadougou. La paroisse a ouvert officiellement ses portes, dimanche 11 octobre 2026, au cours d’une célébration solennelle présidée par l’archevêque métropolitain de Ouagadougou, Mgr Prosper Kontiébo. A cette occasion, l’abbé François de Sales Naré a été installé comme premier curé. « C’est Dieu qui se rend visible, proche de son peuple. A travers cette ouverture, les fidèles de cette portion de l’Église peuvent recevoir facilement les sacrements de l’Eucharistie et les confessions », a expliqué Mgr Prosper Kontiébo. Il a rappelé que depuis sa visite pastorale les fidèles de Kamboinsin lui avaient exprimé leur désir de devenir une paroisse. Il les a ainsi invités à travailler aux côtés du curé et du vicaire pour que cette paroisse puisse se consolider dans la foi, dans l’espérance et dans la charité. « Ce qui est important, c’est bâtir une communauté d’amour, fraternelle où chacun se sent en famille», a-t-il insisté.

Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer, avec diligence et une préoccupation pastorale les biens ecclésiastiques de la paroisse conformément au droit canonique, aux normes particulières et aux coutumes légitimes du diocèse, sans partialité ni faveur.

Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer les biens ecclésiastiques de la paroisse avec honnêteté, loyauté et responsabilité, conformément au droit canonique et aux normes de l’Église.

Il a également promis de respecter la confidentialité des délibérations et des décisions du conseil pour les affaires économiques. Il s’est en outre engagé à respecter les obligations liées à sa fonction conformément aux prescriptions du livre V du Code de droit canonique et à agir dans les limites des pouvoirs qui lui sont confiés. À l’issue de la célébration, l’abbé François de Sales Naré a exprimé sa joie et rendu grâce à Dieu pour cette nouvelle mission.  Pour le fidèle catholique Abel Lompo, cette nouvelle paroisse vient couronner plusieurs années d’attente. Selon lui, elle est une source de joie pour l’ensemble des chrétiens. Il a rendu grâce à Dieu et témoigné sa reconnaissance à Mgr Prosper Kontiébo pour avoir donné suite à leur demande. Pour terminer, il a assuré la  disponibilité des fidèles à accompagner le curé dans sa mission pastorale et à accomplir les tâches qui leur seront confiées.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Crédit photo : Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Initiative présidentielle pour la Relève et la Promotion de l’Élite sportive : Nouvelles mesures fortes pour le sport burkinabè: thérapie de choc pour un grand corps malade

Le Président du Faso, Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ a rencontré, le lundi 12 octobre dans la matinée, les Gouverneurs de région et les responsables sportifs afin de leur donner des orientations sur l’organisation de la Ligue de la Souveraineté.
Le Président du Faso, Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a instruit les Gouverneurs à s’impliquer dans l’organisation du championnat, la Ligue de la souveraineté
Le Président du Faso, Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a instruit les Gouverneurs à s’impliquer dans l’organisation du championnat, la Ligue de la souveraineté
La Ligue de la Souveraineté est née de la volonté du Camarade Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ de refonder le milieu du sport burkinabè. L’objectif est d’assurer une meilleure répartition géographique de l’offre sportive sur l’ensemble du territoire national.
Ce championnat qui voit ainsi le jour repose en partie sur les régions, d’où la tenue de cette rencontre avec les Gouverneurs de région, en présence de la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Camarade Annick Lydie Djouma PIKBOUGOUM/ZINGUÉ OUATTARA, de la Ministre déléguée chargée du Budget, Camarade Fatoumata BAKO/TRAORÉ, du président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce et d’industrie, Camarade Roland Achille SOW, d’un représentant du Patronat burkinabè, Camarade Alassane SIENOU et des anciens internationaux Charles KABORÉ, ambassadeur pour le sport, Sibiri Alain TRAORÉ et Adama GUIRA.
« Il faut impliquer les régions parce que nous avons décidé de donner de l’identité à notre sport. Et la compétition se crée aussi ainsi. S’il n’y a pas d’identité, ce à quoi il faut s’attacher pour supporter un athlète, une équipe, ce sera difficile », a soutenu le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
« Votre responsabilité première est engagée. Ce sera à vous de coordonner pour pouvoir recruter les entraineurs, d’effectuer les championnats au niveau régional pour pouvoir faire la sélection des jeunes joueurs qui feront partie de l’équipe », a indiqué le Président du Faso.
Près de 1000 emplois créés pour un salaire minimum de 200 000 fcfa/mois
Il a également annoncé la mise en place d’un dispositif de médiatisation du championnat, tout en mettant en garde contre « les faux deals ». Chaque athlète sélectionné aura une retribution minimale de 200 000 fcfa avec des avantages connexes. Près de 1000 emplois seront ainsi créés.

Contribution volontaire mais obligatoire du secteur privé.
Outre les Gouverneurs, le Président du Faso a invité les opérateurs économiques à apporter un soutien au fonctionnement. « Ce sera une contribution volontaire mais obligatoire au niveau de chaque région pour soutenir le sport » a déclaré le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
À travers la Ligue de la Souveraineté, le Chef de l’État entend offrir un cadre d’expression aux jeunes dans plusieurs disciplines sportives et du même coup lutter contre certains fléaux comme la consommation de la drogue et de l’alcool. « On ne peut pas construire une Nation avec une jeunesse qui est malade, avec une jeunesse qui n’est pas consciente.
La Révolution veut refonder notre Patrie en se basant sur nos ressources. Et les ressources que nous avons sous la main c’est la jeunesse », a dit le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
Pour valoriser cette richesse que sont les jeunes, le Président du Faso mise également sur le sport pour « les modeler, les garder sains de corps, pour avoir un esprit sain ».
Direction de la communication de la Présidence du Faso

Pr Christian Napon, neurologue, neurophysiologiste au CHU de Bogodogo : « Face à un AVC, il ne faut surtout pas attendre »

L’Accident vasculaire cérébral (AVC) constitue une urgence médicale dont chaque minute peut peser sur le devenir du patient. Au Burkina Faso, les données nationales restent parcellaires, mais les services de neurologie enregistrent une forte proportion de patients hospitalisés pour cette pathologie, qui demeure une cause majeure de décès et de handicap. Dans cet entretien, le Pr Christian Napon, neurologue et neurophysiologiste au CHU de Bogodogo, explique les signes d’alerte, les facteurs de risques, l’importance d’une prise en charge précoce, mais aussi les difficultés liées au coût des soins et au suivi des patients après l’hospitalisation.

Sidwaya (S.) : Un AVC survient toutes les minutes dans le monde. A-t-on une estimation de l’ampleur du phénomène ici au Burkina Faso, où les données restent encore parcellaires ?

Christian Napon (C.N.) : Pour avoir une idée précise de l’ampleur du phénomène, il faudrait disposer d’un registre national exhaustif enregistrant tous les cas d’AVC. Pour le moment, nous ne l’avons pas. Ce dont nous
disposons, ce sont des données hospitalières provenant des différents services de neurologie, qui montrent qu’environ 70 à 80 % des patients hospitalisés le sont pour des cas d’AVC, qu’ils soient ischémiques ou hémorragiques. C’est une cause majeure de décès et la première cause de handicap, entraînant des dépenses lourdes pour les familles en matière de prise en charge.

S. : Qu’est-ce qu’un AVC exactement, en des termes simples pour le lecteur ?

C.N. : Un AVC (Accident vasculaire cérébral) survient lorsqu’une partie du cerveau manque d’oxygène. C’est le sang qui apporte l’oxygène au cerveau. S’il y a un obstacle au passage du sang dans une région cérébrale, les cellules en aval souffrent et peuvent mourir, ce qui entraîne une paralysie, des troubles du langage ou de la vision. L’AVC se manifeste donc soit par un obstacle (artère bouchée), soit par une rupture de vaisseau. On distingue ainsi l’AVC ischémique (obstacle empêchant le sang de bien irriguer) et l’AVC hémorragique (rupture d’une artère provoquant un saignement dans le cerveau).

S. : Y a-t-il une tranche d’âge particulièrement touchée ? Observe-t-on un rajeunissement des patients ?

C.N. : Les statistiques montrent que les personnes les plus exposées ont dépassé 45 ans chez les hommes et 50 ans chez les femmes, la survenue étant plus fréquente surtout après la ménopause. Cependant, il n’y a pas d’âge absolu : par exemple, les patients drépanocytaires (formes SS ou SC) peuvent faire des AVC dès l’enfance ou dans leur jeunesse. On constate effectivement un rajeunissement des patients, principalement en raison de l’exposition à des facteurs de risque tels que le tabagisme et l’utilisation de substances psychoactives ou de produits prohibés pour stimuler la performance au travail (comme dans les sites d’orpaillage).

S. : Quels sont les principaux facteurs de risque, qu’ils soient généraux ou spécifiques au contexte burkinabè ?

C.N. : Il existe d’une part des facteurs non modifiables : l’âge, l’appartenance à la race noire, le sexe masculin et des antécédents familiaux d’AVC.
D’autre part, il existe des facteurs modifiables : l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol, l’obésité, la sédentarité, la prise de contraceptifs oestro-progestatifs chez la femme, le stress et, de plus en plus, la pollution atmosphérique. Dans notre contexte, les habitudes de consommation riche en sel augmentent particulièrement cette vulnérabilité.

S. : Vous soulignez que les hommes et les personnes noires sont plus exposés au risque d’AVC. Qu’est-ce qui explique cette vulnérabilité ?

C.N. : Comme nous l’avons vu à propos des facteurs de risque, le stress joue un rôle important. Les hommes, en tant que chefs de famille, sont très sollicités, ce qui les expose davantage.
Ensuite, la femme en âge de procréer est protégée par ses hormones. C’est pourquoi l’homme est considéré comme exposé dès 45 ans, alors que la femme ne rejoint son niveau de risque qu’à partir de 50 ans, c’est-à-dire à la ménopause.
Concernant les personnes noires, on a constaté qu’elles éliminent moins bien le sel que les personnes blanches. Or le sel est associé à l’hypertension artérielle, et dans nos sociétés, la consommation de sel est souvent élevée : beaucoup d’aliments se conservent grâce au sel. Tout cela fait que, sur le plan génétique, nous sommes plus exposés que les personnes blanches.

S. : Quels sont les tout premiers signes qui doivent alerter pour soi-même ou pour un proche ?

C.N. : Pour le grand public, on utilise l’acronyme « VITE » : Visage (déformation de la bouche) ; Incapacité (incapacité soudaine à lever ou bouger un bras, engourdissement d’un membre) ; Trouble du langage (difficulté soudaine à s’exprimer) ; Extrême urgence.
D’autres signes brutaux peuvent également alerter, comme la perte de la
vision d’un œil ou des vertiges
accompagnés de chutes. Devant ces signes d’apparition brutale, il ne faut surtout pas faire de massages ni de traitements à la maison, mais se rendre directement aux urgences.

S. : Mais à ce sujet, une rumeur circule : on entend dire que certaines personnes font rouler le patient. Qu’en est-il ?

C.N. : Non, c’est faux. L’AVC est un phénomène qui se produit à l’intérieur du cerveau. Ces manipulations ne peuvent en aucun cas en modifier l’évolution.

S. : Existe-t-il un moyen simple ou un test à retenir pour reconnaître rapidement un AVC dans l’urgence ?

C.N. : Oui, c’est précisément l’acronyme « VITE » (Visage déformé, Incapacité à lever le bras, Trouble de la parole, Extrême urgence). Face à l’un de ces signes, il faut amener immédiatement le patient à l’hôpital.

S. : On dit souvent que chaque minute compte, au point de parler de « temps cerveau ». Qu’est que cela signifie-t-il concrètement pour le patient ?

C.N. : C’est une situation d’urgence absolue, car, plus on tarde, plus les cellules en souffrance dans le cerveau meurent. Si le patient arrive à l’hôpital dans un délai de 4h30, on peut pratiquer une « thrombolyse intraveineuse » (technique pour dissoudre le caillot). Dans les 6 heures, on peut parfois réaliser une « thrombectomie mécanique ». Cela permet de sauver de grandes zones cérébrales et de permettre au patient de récupérer de sa paralysie ou de ses troubles du langage. Plus la lésion est étendue, moins la récupération est bonne.

S. : Ces derniers temps, on constate de personnes retrouvées mortes dans leur douche. Comment l’expliquer ? Pourquoi ces décès surviennent-ils si souvent à ce moment-là ?

C.N. : Il ne faut pas conclure trop vite à un AVC : il peut s’agir d’autre chose, et c’est la cause du décès qu’il faut rechercher. Il peut s’agir d’un problème cardiaque, ou d’une anoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène. C’est pourquoi il faut éviter de rester longtemps dans un espace totalement clos et mal aéré.
Il peut aussi s’agir d’un phénomène réflexe : lorsqu’on se sent mal à l’aise dans un environnement, cela peut perturber le système nerveux végétatif, ce qui peut également entraîner la mort.

S. : Quel est le délai critique au-delà duquel les chances de récupération diminuent fortement ?

L’AVC survient lorsque la circulation sanguine est interrompue dans une partie du cerveau, provoquant des lésions parfois irréversibles.

C.N. : Les délais sont utiles lorsque tous les moyens sont réunis. Dans les pays dotés de systèmes performants, on peut pratiquer la thrombolyse
intraveineuse et la thrombectomie, dans une fenêtre de 4 h 30 à 6 heures. Mais le délai compte moins que
l’étendue des dégâts.
Lorsqu’une grosse artère est bouchée, une large partie du cerveau peut être touchée. Plus la lésion est étendue, plus les paralysies sont importantes, parfois associées à des troubles du langage, et moins la récupération est bonne. A l’inverse, lorsqu’un petit vaisseau, qui irrigue un petit territoire du cerveau, est bouché, les paralysies et les manifestations cliniques sont moindres, et la récupération est plus facile.
Il faut donc retenir que les chances de récupération dépendent de l’étendue des lésions : plus elles sont importantes, moins les chances sont grandes.

S. : Concrètement, comment prend-on en charge un patient victime d’AVC ?

C N : Cela dépend du type d’AVC. Il existe aussi une forme qui se résorbe en quelques minutes, l’accident ischémique transitoire. C’est un signal d’alarme : si la personne récupère mais ne consulte pas, il peut annoncer un AVC constitué par la suite.
Dans un premier temps, on stabilise le patient en contrôlant sa conscience, sa tension artérielle et ses paramètres sanguins. On recherche ensuite la cause de l’AVC, qui peut venir du cœur, des vaisseaux ou du sang, puis on
propose un traitement adapté. Selon le déficit, on prescrit de la rééducation en cas de paralysie, ou de l’orthophonie en cas de perte du langage.Dans les structures très bien équipées, on peut pratiquer une thrombolyse intraveineuse ou une thrombectomie si le patient est vu assez tôt, entre 4 h 30 et 6 heures.

Le diagnostic repose d’abord sur le scanner, qui permet de distinguer une hémorragie d’une ischémie, et tout part de là. On ne peut donc pas parler d’AVC sans imagerie cérébrale : le scanner est le minimum, l’IRM étant l’autre option.
Dans les cas transitoires (AIT), où les signes disparaissent rapidement, une prise en charge urgente reste indispensable pour éviter la survenue d’un AVC constitué dans les 30 jours.

S. : Pouvez vous nous dire ce qu’est l’ischémie ?

C.N. : L’ischémie survient lorsqu’un caillot bloque un vaisseau dans le cerveau. En aval de l’obstacle, le sang ne passe plus, et les régions du cerveau concernées souffrent. Si rien n’est fait, elles finissent par se nécroser.

S. : Peut-on assimiler l’AVC silencieux à l’accident ischémique transitoire dont vous venez de parler ?

C.N. : Non, ce sont deux choses différentes. Un AVC silencieux ne s’accompagne d’aucun signe. Il est découvert par hasard, le plus souvent après coup : à l’occasion d’un scanner ou d’une IRM réalisée pour une autre raison, on constate que la personne a eu une lésion.
Dans l’accident ischémique transitoire, au contraire, il y a des signes : perte de la parole, perte de la vision, paralysie, voire chute. Ces symptômes durent moins d’une heure, puis tout revient à la normale.
Mais c’est un signal d’alarme. Si rien n’est fait, un AVC constitué peut
survenir dans les 30 jours qui suivent, et cette fois, les séquelles ne seront pas transitoires : elles vont s’installer.

S. : Vous avez évoqué le coût de l’AVC. Combien coûte-t-il réellement au patient et à sa famille ?

C.N. : Le coût de l’AVC est difficile à estimer, car, il comprend de nombreux postes. Il y a d’abord le transport jusqu’à l’hôpital, puis les urgences et les examens prescrits. Le scanner coûte au moins 25 000 à 50 000 francs, et l’IRM entre 50 000 et un peu plus de 100 000 francs. A cela s’ajoutent les frais d’hospitalisation et d’autres examens : examens cardiaques (échographie, électrocardiogramme) et analyses de sang pour rechercher les facteurs de risque vasculaires.
Il faut aussi compter la rééducation : une séance coûte environ 5 000 francs, et l’on en demande au minimum 30. Au total, la facture se chiffre en centaines de milliers de francs. Elle peut atteindre plusieurs millions si l’on envisage une thrombolyse, qui coûte autour d’un million de francs. Nous sommes en train de mettre ce traitement en place, mais il faudrait qu’il soit subventionné, car, le coût est vraiment considérable. Tout dépend du type d’AVC et des moyens de traitement adaptés à chaque patient.

S. : Qu’est-ce qui est prévu pour accompagner ces patients ? Quand on sait que la prise en charge dure longtemps. Et souvent, on a l’impression qu’ils sont abandonnés, oubliés. Que fait-on concrètement pour eux ?

C.N : Normalement, le séjour hospitalier après un AVC sert à identifier le problème et sa cause, puis à initier les premiers traitements. Ensuite, le traitement se poursuit au long cours. La récupération n’est pas immédiate : certains patients récupèrent vite, mais le plus souvent cela prend plusieurs mois, parfois plusieurs années, et la rééducation peut durer plus d’un an, voire plus de deux ans.
Nous donnons donc des rendez-vous de suivi : dans les deux semaines qui suivent la sortie, puis chaque mois, puis tous les trois ou six mois si la récupération s’annonce longue.

Mais à la longue, les patients négligent souvent le suivi, voire l’abandonnent. Certains se disent : « A quoi bon ? », surtout lorsque les moyens manquent. La rééducation est épuisante, certains médicaments, comme ceux qui aident l’attention, coûtent très cher, et un traitement anticoagulant est parfois nécessaire. Les accompagnants aussi peuvent s’épuiser, surtout s’il n’y a pas de système pour se relayer auprès du patient. Ceux qui sont très paralysés doivent être transportés en fauteuil roulant. Le coût est à la fois financier, humain et social, ce qui explique qu’à la longue, patients et accompagnants se relâchent.

S. : Quels conseils donneriez-vous pour assurer le suivi de ces patients ?

C. N. : D’abord, il faut que nous, praticiens, expliquions ce qu’est l’AVC. L’AVC survient brutalement, mais sa prise en charge s’étend sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Il faut le comprendre et savoir se mettre à la place du patient.
Si l’on a les moyens, on peut organiser la prise en charge à domicile :
un soignant qui passe vérifier que le patient prend bien ses médicaments, une rééducation à domicile. Cela permet de faire durer la prise en charge, car, c’est au bout de ce long parcours que le patient peut récupérer et retrouver un peu d’autonomie.

S. : Certains patients mettent plusieurs mois à retrouver la parole ou l’usage de leurs mains, ce qui décourage souvent la famille. Comment vivent-ils cette situation ?

C. N. : Quand l’expression est perdue mais que la compréhension est préservée, une communication reste possible. Mais certains ont perdu les deux : ils ne comprennent plus ce qu’on leur dit et ne peuvent plus parler. C’est un vrai problème. Le patient est irritable, il ne parvient pas à se faire comprendre, et c’est très difficile à vivre, pour lui comme pour son entourage.
Je pense à une patiente qui a perdu l’usage de la parole : lorsqu’elle est heureuse, elle se met souvent à pleurer. Ce n’est pas simple.
Il faut aussi savoir que la dépression touche environ 40 % des patients victimes d’AVC. Du jour au lendemain, ils se sentent inutiles : ceux qui travaillaient ne peuvent plus le faire ni apporter de l’argent à la famille, et ont le sentiment d’être une charge. Cela engendre un découragement profond.

S. : Pourquoi les praticiens n’organisent-ils pas de visites à domicile, comme c’est le cas pour le SIDA, afin d’encourager les patients ?

C N : Je pense que c’est une dynamique qui peut se mettre en place et qui aiderait vraiment les patients. Cela dépendra aussi de l’augmentation du nombre de praticiens : pour le moment, nous ne sommes pas très nombreux, et la charge de travail dans le domaine de la santé est déjà importante.

S. : Quels sont les principaux défis dans le suivi à long terme de ces patients, et quels conseils donner ?

C.N. : La rééducation s’étale souvent sur plusieurs mois, voire années, ce qui conduit parfois à l’épuisement des patients et des accompagnants, ainsi qu’à l’abandon des soins par manque de moyens financiers. De plus, près de 40 % des patients développent une dépression liée à la perte soudaine de leur autonomie et de leur rôle socio-économique. Il est donc essentiel de maintenir un suivi régulier, de sensibiliser l’entourage, d’accompagner le plan psychologique et, idéalement, de développer à l’avenir des structures de soins et de visites à domicile pour soutenir les familles.

Entretien réalisé par
Wamini Micheline OUEDRAOGO

Appui aux populations vulnérables à Dédougou : des initiatives pour reconstruire des vies et renforcer l’autonomie

Les services techniques régionaux de Bankui du ministère de la Famille et de la Solidarité, ont visité le Centre d’accueil et de formation Notre-Dame de la Visitation, l’atelier du tapissier en situation de handicap, Mamadou Ilboudo et le champ collectif des femmes déplacées internes et hôtes de Moundasso, le mardi 6 octobre 2026, à Dédougou. Ces structures bénéficient d’initiatives visant à renforcer l’autonomisation et la résilience des populations vulnérables.

Dans la cour du Centre d’accueil et de formation des jeunes filles Notre-Dame de la Visitation, situé aux abords du stade régional de Dédougou, des voix d’adolescentes se mêlent aux grincements des machines à coudre et à tisser. Certaines ont trouvé refuge dans ce centre après avoir fui un mariage précoce ou forcé. D’autres sont des filles-mères célibataires issues de familles démunies ou des rangs des personnes déplacées internes (PDI). Des personnes vivant avec un handicap, on y trouve également. Créé en 2004, le centre a progressivement élargi ses missions. D’espace d’accueil et d’accompagnement, il est devenu aujourd’hui un cadre de formation et de reconstruction personnelle. Pour l’année scolaire 2025-2026, au moins 292 filles y ont été accompagnées. « Nos cibles, ce sont les filles en situation de difficulté », explique la responsable du centre, Nathalie Dakio.

Deux internats permettent de prendre en charge les pensionnaires selon leurs situations. L’un accueille les filles-mères célibataires ou enceintes, tandis que l’autre est destiné aux jeunes filles en difficulté qui ont besoin de protection et d’accompagnement. Au-delà de l’hébergement, le centre entend surtout donner aux pensionnaires les moyens de subvenir à leurs besoins. La coupe-couture, la teinture et le tissage, la coiffure-esthétique, la transformation des produits locaux et le secrétariat-bureautique figurent parmi les filières proposées. « Pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome », résume Nathalie Dakio. Les bénéficiaires reconnaissent que leur passage dans ce centre ouvre une nouvelle page de leur vie. Elles apprennent un métier, acquièrent des compétences et retrouvent progressivement confiance en elles. Le centre leur donne les moyens de construire leur avenir et de saisir de nouvelles opportunités. L’établissement s’investit également dans le maintien des filles à l’école.

« Beaucoup abandonnent leur cursus scolaire par manque de moyens financiers, malgré leur volonté de poursuivre leurs études », déplore la responsable. Une trentaine de jeunes filles ont bénéficié donc d’un soutien scolaire au cours de l’année écoulée. Une dizaine a obtenu des diplômes, dont trois au baccalauréat et sept au Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Le centre bénéficie de l’appui de la direction provinciale de la Famille et de la Solidarité du Mouhoun, notamment à travers la mise à disposition d’un agent d’accompagnement.
« Pour avoir étudié la situation des groupes vulnérables, il sait comment s’y prendre et nous donne des conseils avisés », apprécie dame Dakio. Le Fonds national de solidarité et d’assistance sociale contribue également à la prise en charge des pensionnaires en fournissant des vivres. Ces soutiens participent à la prévention de la marginalisation et à la reconstruction de personnes victimes de Violences basées sur le genre (VBG), en leur donnant des moyens d’envisager l’avenir avec
espoir, poursuit-elle.

Le handicap n’est pas une fatalité

Les pensionnaires du centre Notre-Dame de la Visitation apprennent
à tisser…

Après ce centre, cap sur l’atelier de Mamadou Ilboudo, artisan tapissier vivant avec un handicap moteur. En cette période hivernale, le calme contraste avec l’animation habituelle du lieu. Les commandes se font rares. Pour le propriétaire, cette accalmie n’est que temporaire, car, il espère que les activités vont reprendre plus intensément dans les prochains mois. Depuis 1999, il exerce son métier et confectionne des fauteuils, des sièges de véhicules et des selles de motos. Il s’est également essayé à la menuiserie. Appuyé sur ses béquilles, il évoque son parcours avec sérénité et détermination. Pour lui, le handicap ne constitue pas une fatalité.

« J’arrive à maîtriser mon handicap. Mon travail et mon handicap vont ensemble », affirme-t-il. Il déplore cependant les préjugés auxquels les personnes handicapées sont confrontées dans le milieu professionnel. « Quand tu te présentes devant un partenaire avec des béquilles, il y a un rejet qui ne dit pas son nom », regrette-t-il. L’artisan dit répondre à ces préjugés par la qualité de son travail. La police, la gendarmerie et le Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou figurent parmi ses clients. « Ces structures apprécient positivement la qualité de mes œuvres », soutient-il. Son activité lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, d’assurer la scolarité de ses enfants, de faire face aux dépenses de santé et de couvrir les charges courantes.

Mais Mamadou Ilboudo voit plus loin que sa propre réussite. Il a déjà formé deux personnes vivant avec un handicap, qui se sont installées à leur compte et gagnent désormais leur vie. Président et coordonnateur provincial des personnes handicapées du Mouhoun, il encourage

La responsable du centre d’accueil, Nathalie Dakio, estime que pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome.

régulièrement ses pairs à apprendre un métier. « Cela permet de garder sa dignité », martèle-t-il. En collaboration avec la direction provinciale, lui et ses camarades bénéficient d’appuis financiers et techniques. Ils souhaitent toutefois que des formations et de moyens soient consacrés aux personnes handicapées afin de leur permettre de développer des Activités génératrices de revenus (AGR).

A Moundasso, le « champ de la paix » renforce la solidarité

Le périple se poursuit à Moundasso, un quartier périphérique situé à la sortie Est de Dédougou. Là-bas, la solidarité prend la forme d’une exploitation agricole collective. Sur le « champ de la paix », des femmes déplacées internes et des femmes issues des communautés hôtes cultivent ensemble du haricot, de l’arachide et surtout de l’oseille. Le choix de ces spéculations répond à une préoccupation quotidienne qui est d’améliorer l’alimentation des ménages. La coordonnatrice des femmes productrices, Clotilde Sawadogo, rappelle que les participantes éprouvaient des difficultés à se procurer les condiments.

Près de 80 femmes prenaient part à l’initiative au départ. Elles sont aujourd’hui une quarantaine, la plupart des autres ayant regagné leurs

…et à faire beaucoup d’autres métiers comme la coiffure et la coupe-couture.

localités d’origine grâce aux efforts de reconquête du territoire national. Celles qui sont restées poursuivent l’exploitation du champ. D’autres parcelles exploitées par ces communautés sont consacrées à la production du mil, du sorgho et du maïs. Les légumineuses occupent également une place importante dans la stratégie agricole des productrices. La direction provinciale de la Famille et de la Solidarité est leur principal partenaire technique. Des semences améliorées de niébé leur ont été gratuitement fournies et des agents leur prodiguent régulièrement des conseils.

« Au début de l’hivernage, des vivres ont également été distribués aux femmes. Pour cultiver, il faut manger », foi de Clotilde Sawadogo. Pour elle, sans cet appui, certaines auraient été contraintes de multiplier les petits travaux pour assurer leur alimentation quotidienne, au risque de compromettre leurs activités agricoles. Bien plus qu’un espace de production, le « champ de la paix » est devenu un lieu de rencontre entre femmes déplacées et populations hôtes. Les différences liées à leurs parcours s’effacent progressivement au profit d’un objectif commun qui est de produire et reconstruire ensemble.

Des équipements pour favoriser l’autonomie

Le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, a confié que ces initiatives visent à soutenir le relèvement des communautés vulnérables et leur réinsertion socioéconomique.

Pour le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, l’initiative de Moundasso s’inscrit dans une approche plus large d’accompagnement des personnes déplacées internes vers le retour et la réinsertion socioéconomique. Dans cette dynamique, plusieurs équipements ont été mis à la disposition de groupes bénéficiaires, notamment des motopompes, des charrettes et des moulins. Il rassure que du matériel, dont un tracteur, était en cours d’acheminement vers la commune rurale de Di, dans la région du Sourou, au profit d’une coopérative regroupant des femmes déplacées réinstallées. En juin et juillet 2026, plusieurs communes ayant bénéficié de moulins avaient déjà fait l’objet de visites de suivi, précise-t-il.

Ces équipements contribuent à alléger les tâches quotidiennes des bénéficiaires, en particulier celles des femmes. L’objectif, selon Gaston Nassouri, est de créer les conditions favorables à l’autonomie des bénéficiaires. A travers ses structures techniques déconcentrées, le ministère de la Famille et de la Solidarité apporte une assistance alimentaire, des appuis financiers et met à la disposition des personnes vulnérables, des semences et des équipements. Dans la ville de Dédougou comme à Moundasso, la solidarité se traduit ainsi par des actions concrètes. Elle se manifeste à travers une jeune fille qui retrouve le chemin de l’école et apprend un métier, un artisan qui refuse de laisser son handicap limiter ses ambitions ou encore des femmes qui cultivent la terre pour nourrir leurs familles. Des parcours différents, mais une même aspiration. Il s’agit de préserver la dignité et participer pleinement à la reconstruction de la communauté.

Yacouba BELEM

 

Coopération Burkina Faso-AGRA : la nouvelle directrice-Pays de AGRA se présente au ministre des Affaires étrangères

Le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné de la camarade ministre déléguée, Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré, a reçu en audience, le lundi 12 octobre 2026, une délégation de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA), conduite par la nouvelle directrice-Pays, Dr Asseta Diallo.

Nouvellement désignée à la tête de cette organisation, la Directrice-Pays dit être venue se présenter officiellement au chef de la diplomatie burkinabè. Elle dit avoir saisi l’occasion offerte pour échanger avec le ministre des Affaires étrangères, sur les actions menées par AGRA au Burkina Faso, conformément aux priorités définies par les autorités nationales à travers notamment le ministère chargé de l’agriculture et le bureau national des grands projets. De ces actions au Burkina Faso, on peut retenir notamment le développement et la promotion de l’agriculture, depuis la formation des sélectionneurs des semences à la distribution des intrants de qualité, en passant
par l’accompagnement des semenciers, selon Dr Asseta Diallo.

« Nous avons travaillé avec l’INERA pour développer des engrais spécifiques et développer des spéculations comme le riz et le maïs, qui portent fruit sur le terrain et c’est vraiment apprécié par les producteurs », a-t-elle soutenu.
Les engagements de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique au Burkina, vise aussi à renforcer l’employabilité des jeunes à travers la création d’emplois décents, dans les domaines de la maraicher culture et de l’élevage de la volaille, selon la directrice exécutive. Le camarade ministre des Affaires étrangères a félicité la nouvelle équipe Pays de AGRA, et l’a encouragée à tirer leçon de ce qui n’a pas marché dans le passé dans la collaboration entre cette institution et les acteurs étatiques, et à œuvrer dans un esprit d’ouverture et de dialogue régulier avec les autorités compétentes du Burkina Faso, pour des actions concrètes et impactantes dans la durée, sur la vie des populations bénéficiaires. Il a rassuré que les services du ministère des Affaires étrangères joueront leur partition, pour créer les conditions d’un partenariat fructueux entre le Burkina Faso et AGRA, au regard de l’importance du pilier dans lequel cette structure intervient, à savoir l’agriculture, l’un des secteurs prioritaires pour les autorités burkinabè. Crée en 2006, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est une organisation panafricaine, avec pour mission la transformation de l’agriculture de substance en une activité économique viable et durable pour les petits exploitants.

DCRP/MAE