Mise en œuvre du projet « entreprendre au féminin »: des leaders coutumiers et religieux s’engagent pour l’accès des femmes à la terre

Dans le cadre de la campagne nationale de communication sur le sous -projet « entreprendre au féminin », des plaidoyers sur l’entrepreneuriat féminin et l’accès des femmes à la terre et à la propriété foncière ont été menés dans les communes concernées de Koudougou, Kokologho et Réo, du 12 au 14 Octobre 2026, à l’endroit des chefs coutumiers et religieux pour sa mise en œuvre réussie.

« Faciliter une meil-leure communication sur l’entre- prenariat et l’auto- nomisation des femmes dans les communautés, faciliter et garantir l’accès des femmes à la terre et à la propriété foncière en milieu rural, promouvoir et protéger les droits fonciers des femmes dans le respect des lois nationales et des valeurs coutumières évolutives, sensibiliser et mobiliser les communautés afin de lever les obstacles culturels et sociaux qui freinent l’égalité d’accès à la terre et à la propriété foncière par les femmes et créer des cas de dialogue participatif et inclusif pour l’accès à la terre et l’entreprenariat féminin ,etc. ».

Ces engagements ont été pris par l’Union des religieux et des coutumiers du Burkina pour la promotion de la santé et le développement (URCB/SD) à l’issue des plaidoyers menés, du 12 au 14 octobre à Koudougou, Kokologho et Réo. Selon la cheffe du projet « entreprendre au féminin », Apolline Kalga, l’objectif du plaidoyer est de sensibiliser la communauté et convaincre les leaders sur l’importance et le bien- fondé de la contribution de la femme dans l’économie formelle. « Si les femmes ont un espace formel pour entreprendre, et mener des activités génératives de revenus en toute sécurité, cela va se ressentir sur l’économie du Burkina Faso. Déjà, elles s’investissent à 80 % dans l’agriculture pourtant, et moins de 10 % d’entre elles ont des espaces sécurisés », a-t-elle relevé. Sans le titre foncier ou l’Attestation de possession foncière rurale (APFR), a poursuivi Apolline Kalge, il est difficile d’investir ainsi
que d’avoir des financements conséquents et des formations.

Vivement des terres sécurisées pour les femmes

Selon le Naaba Baongo du quartier Bourkina de Koudougou, les coutumiers mettent en pratique les engagements pris.

« C’est donc un frein à l’entrepreneuriat féminin. C’est pourquoi nous plaidons pour que l’accès à la terre soit une réalité. Nous sommes satisfaits, parce que le message est passé. Les participants ont pris l’engagement de transmettre l’information et de sensibiliser dans leurs lieux de travail, de culte et dans la communauté », a précisé la cheffe de projet. Pour elle, le fait que l’information soit passée est déjà une victoire. Nous allons faire le suivi et voir jusqu’où les engagements vont aboutir » a-t-elle dit. A cela, la « Napoko » du canton de Kokologho a trouvé l’initiative inédite, parce qu’elle a toujours espéré avoir l’opportunité de rencontrer des structures qui œuvrent dans ce sens, exprimer son engagement à contribuer au développement du pays. « L’espoir est permis.

En termes de disponibilisation des terres pour permettre aux femmes d’investir, il y a de la ressource. Tant qu’elles ont un soutien, elles sont suffisamment engagées pour donner le meilleur d’elles-mêmes. On a bon espoir, car, de plus en plus, les hommes essaient de mettre les femmes au centre de certaines activités pour être sûrs qu’il y aura un impact pour la famille, la communauté, et le pays » a-t-elle ajouté. Et le Naaba Baongo du quartier Bourkina de Koudougou de rassurer que des actions seront menées pour accompagner l’accès des femmes à la terre et à une propriété foncière dans la région. A la suite des plaidoyers, la caravane a animé des causeries débats avec les femmes en vue de leurs informer et sensibiliser sur la nécessité d’entreprendre sur une terre sécurisée.

Fleur BIRBA

Thomas Sankara, l’incarnation d’une vision souveraine

Le 15 octobre 2026, le Burkina Faso commémore l’assassinat du capitaine Thomas Sankara au mémorial qui porte son nom, à Ouagadougou. 39 ans après sa disparition tragique, la mémoire de celui qui a profondément marqué l’histoire politique du Burkina Faso et du continent africain demeure toujours vivace. Mais, au-delà du devoir de mémoire, cette commémoration constitue une occasion de revisiter son combat, ses idéaux et sa vision d’un Burkina Faso souverain, digne et résolument engagé sur la voie du développement endogène. Elle offre, en effet, l’occasion de revisiter l’héritage de l’homme, dans un contexte où les aspirations à l’indépendance véritable et à la maîtrise des ressources nationales occupent une place centrale.

Ce n’est pas trop de le dire, Thomas Sankara incarne une ambition de transformation profonde de la société burkinabè voire de l’Afrique toute entière. A travers la Révolution démocratique et populaire, engagée en 1983, il a porté un projet fondé sur la souveraineté nationale, la justice sociale, l’intégrité dans la gestion des affaires publiques et la valorisation des ressources locales. Pour lui, l’indépendance politique ne pouvait avoir de sens sans une autonomie économique réelle, une rupture avec les réflexes de dépendance et une mobilisation consciente des populations autour des objectifs de développement. Ainsi, son appel à consommer burkinabè, à produire localement et à compter d’abord sur ses propres forces traduisait la conviction qu’un peuple ne peut véritablement maîtriser son destin s’il demeure dépendant de l’extérieur pour satisfaire ses besoins essentiels.

Cette vision reposait sur des orientations concrètes en faveur de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’assainissement et de l’amélioration des conditions de vie des populations. Son combat contre la corruption, les privilèges indus et le gaspillage des ressources publiques demeure, à cet égard, une exigence fondamentale pour toute politique de développement durable. Aujourd’hui, sous la conduite du capitaine Ibrahim Traoré, plusieurs de ces idéaux sont mis au goût du jour. La promotion de la souveraineté nationale, la valorisation des ressources endogènes, le développement de la production locale et la recherche d’une plus grande autonomie économique s’inscrivent dans cette dynamique. Les initiatives engagées dans les secteurs agricole, industriel et énergétique, ainsi que l’affirmation d’une diplomatie davantage tournée vers la défense des intérêts nationaux, traduisent cette volonté de reprendre en main les leviers du développement.

Par ailleurs, l’engagement de Thomas Sankara en faveur de l’unité africaine, son rejet de la domination impéria-liste et son plaidoyer pour un ordre économique international plus juste ont fait de lui une figure emblématique du panafricanisme. Son exemple rappelle que la souveraineté se construit par le travail, la discipline, l’intégrité, la solidarité et la capacité à faire des intérêts des peuples une priorité. Il enseigne également que le développement ne peut être durable sans une mobilisation populaire, une vision politique cohérente et une confiance assumée dans les capacités nationales et africaines. En définitive, la commémoration du 15 octobre ravive l’engagement collectif en faveur d’un Burkina Faso maître de ses choix et d’une Afrique capable de prendre toute sa place dans le concert des nations. C’est vrai que Thomas Sankara a disparu, mais son idéal encore demeure dans les esprits. A l’heure où le Burkina Faso affirme sa volonté de reconquérir sa souveraineté, cet hommage au capitaine Sankara doit inciter chaque Burkinabè, épris de développement, à poursuivre avec lucidité et détermination, le combat pour lequel il a consacré sa vie pour la dignité et l’émancipation des peuples africains.

Soumaïla BONKOUNGOU

Mois du consommons local : le ministère de l’Economie célèbre le « made in Burkina Faso »

Le ministère de l’Economie et des Finances organise, du 14 au 16 octobre 2026, à Ouagadougou, une série d’activités de promotion des produits locaux. La célébration du mois du consommons local a débuté par la montée des couleurs nationales et un don au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale.

Les activités du « mois d’octobre, mois du consommons local » au sein du ministère de l’Economie et des Finances ont été lancées, le mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou, par une montée des couleurs nationales et la visite des stands d’exposition de produits locaux. Cette exposition se poursuit jusqu’au 16 octobre dans l’enceinte du ministère. En marge de cette célébration, le
ministère de l’Economie et des Finances a fait un don de 3 000 pagnes tissés, 10 tonnes de maïs et 10 tonnes de riz au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale. « Il suffit parfois d’un grain de mil, d’un morceau de tissu ou d’un objet façonné par la main d’un
artisan pour raconter toute l’histoire d’un peuple », a déclaré la ministre déléguée chargée du budget, Fatoumata Bako.

Pour elle, derrière chaque produit local se trouvent le travail des producteurs, le savoir-faire des artisans, la création d’emplois et des opportunités de développement pour les entreprises nationales. « Produire est un acte de création. Transformer est un acte de valorisation, mais consommer local est un acte qui donne à la production nationale sa raison d’être et son avenir », a-t-elle soutenu. Le thème pour cette septième édition du mois de consommer local à l’échelle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est : « consommer local, facteur d’intégration régionale et de solidarité et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial ». Il est une invite à repenser les habitudes d’achat et la place des productions nationales dans l’économie.

Faire du consommer local une réalité

Pour Fatoumata Bako, la multiplicité des chocs internationaux, notamment les tensions géopolitiques, les fluctuations des prix de l’énergie et les changements climatiques, montrent la nécessité pour les pays africains de renforcer leur capacité à produire et à transformer localement. « La souveraineté économique ne signifie pas que nous devons fermer nos portes au monde. Elle signifie que nous devons être capables de choisir nos dépendances, de maîtriser nos priorités et de mobiliser nos propres ressources pour construire notre avenir », a-t-elle expliqué.

Pour la ministre déléguée chargé du budget, le consommer local doit ainsi dépasser le stade des discours pour devenir une pratique quoti-
dienne. Il doit s’inscrire dans les habitudes des ménages, des entreprises, des administrations, des cantines et des différentes structures du pays. Cette dynamique s’inscrit également dans le mot d’ordre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne à savoir « produisons burkinabè, consommons burkinabè ».

La ministre a invité les Burkinabè à faire de leurs choix de consommation un véritable acte de souveraineté économique. « Chaque fois que nous choisissons un produit burkinabè de qualité, nous contribuons à maintenir une activité, à soutenir un revenu, à préserver un savoir-faire et à préparer une nouvelle possibilité de création de richesse », a-t-elle insisté.

La ministre de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a exprimé sa reconnaissance au ministère pour le geste de solidarité. Elle a notamment salué la portée symbolique de la montée des couleurs nationales, qui a permis, selon elle, de réaffirmer l’attachement à la Patrie et de rendre hommage à ceux qui sont tombés pour la défense de la Patrie. Elle a également relevé le caractère particulier du don, composé exclusivement de produits locaux.

« Le camarade président du Faso l’a si bien souligné : lorsque nous achetons un produit local, c’est notre souveraineté que nous réaffirmons. J’ajoute que c’est également un acte de dignité parce que nous prenons notre vie en main et que nous maîtrisons ce que nous
consommons », a-t-elle notifié. Elle a en outre, précisé que les produits reçus vont permettre d’améliorer les conditions des populations qui ont repris le chemin de leur village, tout en saluant les efforts des Forces de défense et de sécurité.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Campagne agricole humide: l’espoir renait sur la ferme fruitière de Yendéré

Le Secrétaire général (SG) du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Gaoussou Sanou, a visité la ferme fruitière de Yendéré, dans la province de la Comoé, région des Tannounyan, le lundi 12 octobre 2026. Accompagné de ses techniciens et d’autorités régionales, le secrétaire général a pu constater avec satisfaction l’exploitation de cette superficie jadis peuplée d’anacardiers « improductifs ».

Le 29 décembre 2023, le gouvernement burkinabè procédait à la réquisition de deux fermes fruitières dont une à Yendéré dans la province de la Comoé, région des Tannounyan, pour relancer la production agricole au profit des populations locales. Le 12 février 2026, un décret venait préciser davantage en déclarant d’utilité publique urgente la revalorisation de ces fermes. A Yendéré, cette superficie de 548 hectares (ha) jadis abandonnée en friche est de nouveau utile. Les anacardiers ont été taillés, la surface déblayée et plusieurs spéculations y ont été emblavées pour cette campagne agricole humide 2026-2027.

Une équipe du ministère en charge de l’agriculture conduite par le Secrétaire général (SG), Gaoussou Sanou, a visité ladite ferme dans sa nouvelle version, le lundi 12 octobre 2026. C’était dans le cadre du suivi de la campagne agricole humide. Selon le Directeur de l’Agropole de la Comoé (Ndlr : en référence au cours d’eau), Karim Dao, plusieurs spéculations y sont emblavées pour cette campagne humide. Ce sont entre autres, du maïs, du soja et du sésame, avec en partie de la semence améliorée, qui sont produits sur une superficie de 115 ha.
Karim Dao a indiqué qu’une partie, 45 ha, est exploitée par la population à travers 4 coopératives et l’autre, environ 70 ha, par la société Agropole.

527 000 tonnes de céréales attendues

La délégation a également visité une ferme piscicole propulsée par l’offensive agro-pastorale et halieutique.

La physionomie globale des cultures, à l’écouter, est satisfaisante. Plus de 215 tonnes, a-t-il dit, sont attendues pour cette campagne humide. Le porte-parole des coopératives, Haikayakou Héma, est optimiste quant aux récoltes attendues.
« Nous avons cultivé du maïs et nous sommes sûrs d’avoir une bonne récolte », s’est-il réjoui. Il a salué au passage la décision gouvernementale de réquisitionner cette ferme. « Ça vaut une vingtaine d’années que ce terrain chôme. Nous sommes fiers de la Révolution », a-t-il lancé. Le SG Sanou a fait escale dans une ferme piscicole à Niangoloko, appartement à « EDIBA groupe ». Boukari Nyampa, instituteur à la retraite, s’est réinvesti dans la pisciculture avec la création de cette ferme en 2018.

La ferme, a-t-il expliqué, intervient sur toute la chaîne du poisson de la production des alevins jusqu’à l’assiette en passant par l’élevage en cages flottantes. Actuellement la ferme produit 600 000 alevins tilapia et 300 000 alevins silures par an. « Nous avons actuellement 7 cages flottante sur le barrage de Niofila », a fait savoir le responsable de la ferme. Il a laissé entendre que c’est l’offensive agro-pastorale et halieutique qui a réellement propulsé sa ferme. « Nous faisions environ 5 000 alevins par an, mais avec l’arrivé de l’Offensive nous sommes partis directement à 100 000 alevins par an, puis actuellement 600 000 aujourd’hui », a-t-il raconté. Il a dit projeter la production de 1,2 million d’alevins par an d’ici à mi-2027.

Le Directeur régional en charge de l’Agriculture, Minyemba Souobou, a fait le point de la campagne et des réalisations du ministère dans la région. Nonobstant un démarrage difficile de saison, a-t-il dit, la région espère atteindre ses objectifs. 527 000 tonnes de céréales sont attendues pour cette campagne humide. Le monde rural des Tannounyan, à l’en croire a reçu d’appuis conséquents du ministère. Entre autres, 4 066 tonnes de fertilisants, plus de 1 800 tonnes de semences améliorées, 2 600 ha de labours subventionnés, 8 170 ha de bas-fonds aménagés et environ un million d’alevins pour les 158 cages flottantes que compte la région. En matière d’eau et d’assainissement, foi du directeur régional, ce sont entre autres, 10 adductions d’eau potable simplifiées (AEPS),
2 000 latrines et 39 kits communautaires qui ont été réalisés pour le bonheur des populations.

Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmail.com

Gestion des déchets dans les centres urbains : une stratégie plus efficace présentée

Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a organisé un atelier de présentation du document-cadre de gestion intégrée des déchets solides au Burkina Faso pour la période 2026-2028, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.

Avec une production annuelle d’environ 4 millions de tonnes de déchets par an, le Burkina Faso fait face à la problématique de gestion des déchets, qui se traduit par la prolifération de dépôts sauvages dans les centres urbains et la pollution de l’environnement par les
sachets plastiques. Pour relever ce défis à la fois environnemental et sanitaire, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques met les bouchée doubles. En effet, le département à travers la direction générale de l’environnement et du cadre de vie a élaboré une stratégie de gestion des déchets couvrant la période de la phase II de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique. Ce document- cadre qui couvre la période 2026-2028 a été présenté aux acteurs de la chaine de gestion des
déchets (groupements d’intérêt économique, associations, etc.), mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.

Selon le Directeur général (DG) de l’environnement et du cadre de vie, Abdoulaye Bazié, l’objectif de la mise en place de cette stratégie de gestion des déchets est de mener des actions pour éradiquer complètement la mauvaise gestion des
déchets et résoudre les questions liées à l’assainissement. « La stratégie présente les axes majeurs et actions prioritaires pour lutter contre l’insalubrité et assurer la gestion efficace des déchets dans les centres urbains », a-t-il appuyé.

Déploiement de poubelles dans les grandes villes

La première action, selon lui, va consister au déploiement de contenants (poubelles) dans les grandes villes du Burkina pour
recueillir les déchets dans les espaces publics. La deuxième, quant à elle, va porter sur l’acquisition d’équipements au profit des collectivités territoriales afin de leur permettre de gérer efficacement les déchets, a fait savoir Abdoulaye Bazié.
Pour le Secrétaire général adjoint (SGA) du ministère en charge de l’environnement, Yassia Kindo, la
stratégie vient donner un nouveau souffle, en mettant l’Etat au centre de la gestion des déchets aux cotés des communes qui ont l’exclusivité de ces opérations.

« Nous devons travailler ensemble. Depuis les maillons de pré-collecte, collecte, transport, traitement et valorisation, il faut qu’il y ait l’intervention et l’organisation de l’Etat, avec les acteurs qui y travaillent déjà », a-t-il fait savoir. Par
ailleurs, Yassia Kindol a affirmé que l’une des ambitions est de bannir les moyens rudimentaires comme les charrettes utilisé par les femmes pour la collecte. Pour sa part, le directeur de la salubrité publique et de l’hygiène de la commune de Ouagadougou, Saïdou Nassouri, a salué cet appui de l’Etat aux municipalités dans la gestion des déchets.

Une initiative salutaire« Cette initiative est très salutaire étant donné que nous sommes actuellement à la croisée des chemins en
matière de gestion des déchets. La ville de Ouagadougou avec environ ses 4 millions d’habitants produit 800 000 tonnes de déchets par an et la gestion devient encore complexe avec l’incivisme environnemental », a-t-il déploré. Pour lui cette stratégie inclusive va permettre de réussir la gestion des déchets. « Cette stratégie nationale de gestion des déchets va favoriser un cadre de vie sain à la population du Burkina, particulièrement dans la ville de Ouagadougou », s’est réjoui Saïdou Nassouri. Une signature de convention
entre le ministère en charge de l’environnement et une structure associative et une implantation symbolique d’une poubelle ont mis fin à l’atelier de validation de la stratégie de gestion des déchets solides 2026-2028.

Kadi RABO

Négociations AES- CEDEAO: les experts du Mali, du Niger et du Burkina Faso harmonisent leurs vues

En prélude aux premières négociations formelles entre la Confédération des Etats du Sahel (AES) et la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO), des experts du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont tenu une rencontre préparatoire, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.

Les Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) veulent parler d’une même voix aux prochaines négo-
ciations formelles entre leur organisation et la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO) vont se tenir, dans les jours à venir, à Dakar au Sénégal.

Dans ce cadre, les membres de la Task-force de négociations AES-CEDEAO ont eu une rencontre préparatoire de la réunion des ministres des Affaires étrangères, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou. La cérémonie a été présidée par le chef de la délégation du Burkina Faso, Hermann Yirigouin Toé, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Il a expliqué qu’il s’agit pour les experts des trois pays de préparer une position rigoureuse, cohérente et pleinement conforme aux orientations du Collège des chefs d’Etat pour les négociations à venir.

« Nos travaux devront nous permettre d’harmoniser notre lecture des enjeux et notre compréhension des dispositions soumises à négociation, d’identifier les lignes rouges, les marges de flexibilité et les points qui nécessitent un arbitrage politique. Il s’agira de définir une stratégie, une méthode et une discipline commune de négociation », a-t-il souligné. Hermann Yirigouin Toé a ajouté qu’il s’agit de définir une stratégie, une méthode et une discipline commune de négociation.

Privilégier les intérêts des populations

Pour lui, les défis sécuritaires, les campagnes de désinformation et les tentatives de déstabilisation imposent vigilance, méthode et cohésion. « Ils ne doivent ni troubler notre discernement, ni nous détourner de notre objectif qui est d’obtenir un cadre de relations
respectueux et profitable à nos peuples », a-t-il précisé.

Le chef de la délégation du Mali, Mahamane Ahmadou Maïga, a expliqué que les premières négociations formelles entre l’AES et la CEDEAO qui vont s’ouvrir dans quelques jours sont importantes. Car, a-t-il soutenu, elles doivent jeter les bases politiques et le cadre juridique des relations avec la CEDEAO et définir des orientations stratégiques pour les négociations. Le chef de la délégation du Mali a précisé qu’il s’agit pour eux de déterminer un projet de programmes et la constitution de groupes thématiques devant acter la Task-force en fonction des thématiques en négociation avec la CEDEAO.

Le chef de la délégation du Niger, Ousmane Alhassane, pour sa part, a rappelé que les premières consultations ont eu lieu à Bamako le 22 mai 2025. Il a déclaré qu’il faudrait les capitaliser puisqu’elles avaient abouti à l’adoption d’un mémorandum d’entente qui fixe les lieux et le calendrier des négociations, l’architecture et les thématiques retenues pour ces négociations. Ousmane Alhassane a aussi rappelé que les échanges avaient également abouti à un communiqué conjoint dans lequel, les deux parties s’engagent à préserver les acquis de 50 ans d’intégration, privilégier les intérêts des populations ouest-africaines, notamment la libre circulation des personnes et des biens. Les négociations entre l’AES et la CEDEAO.

Wendyam Pascaline KALMOGO

Justice pénale : le Parlement adopte une réforme clé du travail d’intérêt général

Réunis en séance plénière le mercredi 14 octobre 2026, sous la présidence du chef du Parlement, le camarade Dr Ousmane BOUGOUMA, les 71 députés votants ont adopté à l’unanimité le projet de loi révisé portant administration du travail d’intérêt général (TIG) au Burkina Faso.
Bien qu’ayant enregistré des résultats encourageants, la loi n°035-2024/ALT du 8 novembre 2024 portant administration du travail d’intérêt général présentait plusieurs insuffisances qui ont rendu nécessaire sa révision.
Le nouveau texte vise à renforcer la réinsertion sociale des personnes condamnées et à contribuer au désengorgement des établissements pénitentiaires.
Parmi les principales innovations figurent le prononcé d’office du TIG pour certaines infractions mineures, l’élargissement des activités éligibles aux prestations intellectuelles et l’instauration d’un régime permanent de commutation des peines d’emprisonnement en travail d’intérêt général.
À travers cette adoption, l’Assemblée législative du peuple (ALP) contribue à l’évolution du dispositif pénal en faveur d’une justice qui privilégie la responsabilisation des personnes condamnées, leur réinsertion sociale et l’utilité collective.
Assemblée Législative du Peuple (ALP)

Soixante-troisième session du CDH : Le Burkina Faso défend ses positions

La soixante-troisième session ordinaire du Conseil des droits de l’homme (CDH) s’est tenue du 7 septembre au 7 octobre 2026. La délégation burkinabè, conduite par la Camarade Sabine BAKYONO KANZIE, Ambassadeur, Représentante permanente du Burkina Faso à Genève a défendu les positions nationales et celles de la Confédération des Etats du Sahel (AES) sur certains points de l’ordre du jour de ladite session.

A l’occasion du débat général sur la mise à jour orale du Haut-commissaire, la délégation nationale a rappelé que l’incrimination des pratiques homosexuelles et assimilées répond à la volonté du Peuple burkinabè de préserver les valeurs sociales, culturelles et familiales auxquelles il demeure profondément attaché.

Au cours du dialogue interactif avec le Groupe de travail sur les droits des paysans, la Camarade Sabine BAKYONO KANZIE a indiqué que les déplacements forcés des populations, la destruction des banques communautaires de semences du fait des attaques terroristes, ainsi que le changement climatique mettent en danger la diversité génétique des semences paysannes au Burkina Faso.

Face à ces défis, des mesures telles que la création de la Banque nationale de gènes, le lancement respectivement en 2023 et 2024 de l’Offensive agropastorale et halieutique et de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire sont mises en œuvre afin de soutenir la production locale, sauvegarder les semences locales et les variétés traditionnelles et garantir la souveraineté alimentaire.

Lors du dialogue interactif avec le Mécanisme d’expert sur les droits des peuples autochtones la délégation burkinabè a, au nom de la Confédération souligné que les mesures anti-terroristes prises par les pays de l’AES ont exclusivement pour objectifs de garantir aux communautés du Sahel, l’exercice sans discrimination aucune, de leurs droits et libertés.

La délégation a également relevé à titre national que le Burkina Faso compte une diversité d’ethnies et de religions qui cohabitent harmonieusement, constituant ainsi le socle essentiel de son unité nationale et d’autre part que les opérations antiterroristes menées par les Forces de défense et de sécurité et les Volontaires pour la défense de la patrie visent à restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire et protéger les populations et leurs biens.

La délégation s’est également exprimée sur d’autres points inscrits à l’ordre du jour de cette 63e session du CDH.

 

Ambassade, Mission permanente du Burkina Faso à Genève

𝗝𝗘𝗣𝗣𝗖 𝟮𝟬𝟮𝟲 : 𝗹𝗲 𝗕𝘂𝗿𝗸𝗶𝗻𝗮 𝗙𝗮𝘀𝗼 𝗿𝗲𝗻𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗳 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗣𝗼𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝘂𝗿𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗵𝗮𝘂𝘁𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻

Le Camarade ministre de la Sécurité, Mahamadou SANA, a présidé, ce mercredi 14 octobre 2026, la cérémonie officielle de lancement du Poste de contrôle et de surveillance à haute protection sur la Route nationale n°3 (RN3), situé au rond-point du contournement Ouaga–Loumbila.
Organisée dans le cadre de la deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), cette initiative traduit la volonté du Gouvernement de moderniser les dispositifs de sécurité, de renforcer la surveillance des axes routiers stratégiques et d’améliorer la qualité du service public de sécurité.
Doté d’équipements modernes et adaptés, ce poste permettra d’optimiser le contrôle des usagers, de renforcer la lutte contre la criminalité et l’insécurité routière, tout en offrant de meilleures conditions de travail aux forces de police.
À travers cette réalisation, le ministère de la Sécurité réaffirme son engagement à bâtir un système de sécurité plus performant, plus proche des citoyens et davantage adapté aux défis actuels, dans l’esprit de patriotisme, de civisme et de participation citoyenne promu par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
DCRP-MSECU

Enseignement supérieur dans l’espace AES : vers une harmonisation de la formation et de la recherche

La deuxième conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche de la Confédération des Etats du Sahel et Togo s’est tenue, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.

Les pays de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et le Togo entendent faire de l’éducation un levier d’intégration et de souveraineté stratégique. Pour y parvenir, les ministères en charge de l’enseignement supérieur du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Togo ont jeté les bases d’une harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, à l’occasion de la deuxième conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, tenue le mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Le président de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, Pr Antoine Béré, par ailleurs, président du collège des experts, a salué, au nom de ces derniers, la tenue de cette deuxième conférence, après celle organisée les 12 et 13 juin 2025 au Mali.

Selon lui, le comité des experts a soumis à la validation des documents portant sur l’état des lieux des régimes d’études et l’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur de l’espace confédéral. Cette convergence des architectures de formation ouvre des perspectives en matière d’interopérabilité des institutions, ainsi que de mobilité des étudiants et des enseignants, a-t-il précisé. Face à l’ampleur des défis, cinq axes de coopération scientifique ont été définis en tenant compte de critères essentiels, des besoins identifiés, des capacités opérationnelles et de la valeur ajoutée d’une action conjointe. Sur le plan académique, six domaines prioritaires sont proposés à l’harmonisation, afin de favoriser la mobilité universitaire, la délivrance conjointe de diplômes et la reconnaissance des parcours.

Un gage de souveraineté

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, représentant le chef du gouvernement, a souligné la nécessité pour les institutions de répondre aux préoccupations des populations. « Nos institutions d’enseignement supérieur et de recherche doivent produire des solutions concrètes aux défis qui structurent le quotidien de nos populations : sécurité alimentaire, santé publi-que, changement climatique, gestion de l’eau, transformation des produits locaux et énergies renouvelables », a-t-il déclaré. Pour Adjima Thiombiano, les programmes de formation envisagés doivent permettre aux Etats de disposer des ressources humaines nécessaires à la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeurs de leurs ressources extractives et énergétiques.

Selon le ministre malien chargé de l’Enseignement supérieur, Bouréma Kansaye, aucun peuple ne peut prétendre à une souveraineté réelle s’il dépend entièrement des savoirs, des technologies et des modèles de formation produits ailleurs. « L’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation est un levier stratégique pour renforcer les capacités des pays de l’AES et favoriser la maîtrise de leurs propres ressources humaines, scientifiques et technologiques », a-t-il soutenu. Le président de la Confédération de l’AES, Bassolma Bazié, a félicité les ministres chargés de l’Enseignement supérieur de l’espace AES pour ce cadre de réflexion de haut niveau. Il a ensuite rendu hommage au Togo, représenté par son ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur. Pour Bassolma Bazié, la mutualisation des compétences et des initiatives entre les Etats membres doit permettre de valoriser les ressources nationales et promouvoir un développement harmonieux, fondé sur l’innovation et la
coopération scientifique, ainsi que
de créer des pôles d’excellence régionaux.

Emmanuel BICABA

Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028 : Consolider la victoire et bâtir des acquis durables

L’OAPH 2026-2028 traduit la vision du camarade Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, de transformer les résultats obtenus en une souveraineté alimentaire durable, soutenue par la maîtrise de l’eau, la transformation locale et la création de richesses nationales. Après la conquête de la souveraineté alimentaire, place à sa consolidation. Le cap est donné : produire davantage, transformer localement et renforcer durablement l’indépendance économique du Burkina Faso.

Avec un taux de couverture des besoins céréaliers de 124,6 %, le Burkina Faso a franchi une étape historique dans
sa marche vers la souveraineté alimentaire, grâce à la première phase de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) 2023-2025. Pour
le camarade Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, cette performance constitue toutefois un point de départ, et non un aboutissement.

Il a ainsi instruit la mise en œuvre d’une deuxième phase, dénommée Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique (OAPH) 2026-2028, afin de consolider les acquis, d’accroître durablement les productions et de renforcer la maîtrise des ressources en eau. Sous la conduite du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le camarade commandant Ismaël Sombié, cette orientation a été traduite en un cadre opérationnel adopté par le Conseil des ministres le 30 juillet 2026.

Des acquis solides pour franchir un nouveau palier

Entre 2023 et 2025, l’OAPH a permis de dépasser le million de tonnes de riz paddy, d’améliorer la production céréalière et de contribuer à la création de plus de 91 000 emplois, dont 26 000 permanents. Elle a également favorisé la mise en place d’instruments structurants, notamment le Fonds Dumu Ka Fa, l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH), la Société burkinabè d’intrants et de matériels agropastoraux (SOBIMAP) et les Brigades de mécanisation agricole. La nouvelle phase vise à consolider ces acquis, en cohérence avec les politiques sectorielles nationales et le plan RELANCE 2026-2030.

L’eau, pilier stratégique de la souveraineté alimentaire

L’intégration de l’hydraulique marque une évolution majeure de l’Offensive. A l’horizon 2028, le gouvernement prévoit d’assurer l’accès à l’eau potable à plus de 4,3 millions de personnes supplémentaires, de construire cinq barrages, de réhabiliter 200 barrages dégradés, de réaliser 200 systèmes d’adduction d’eau potable simplifiée et trois centres de production d’eau.
L’ambition englobe également l’amélioration du cadre de vie, avec 4 500 kilomètres de plantations d’alignement, 300 espaces verts, 150 ronds-points aménagés, dix stations de traitement des boues de vidange et deux unités intégrées de gestion des déchets solides.

Produire plus, transformer localement et créer des emplois

L’OAPH 2026-2028 cible les filières stratégiques du riz, du maïs, de la pomme de terre, du blé, du manioc, des oléagineux, du poisson, de la volaille, du bétail-viande, du lait, du karité et de la mangue. Six filières émergentes sont également retenues : l’ananas, le cacao, le palmier à huile, la banane plantain, le tournesol et la cuniculture.
Les objectifs sont ambitieux : couvrir 120 % des besoins en riz et en maïs, 25 % des besoins en blé, 65 % des besoins en poisson, 40 % des besoins en huiles alimentaires et 100 % des besoins en chair de poulet. Le gouvernement vise aussi
l’approvisionnement des abattoirs à hauteur de 300 000 bovins par an.

Huit initiatives et douze opérations pour des résultats concrets

La mise en œuvre repose sur huit initiatives et douze opérations spéciales. Les principales ambitions comprennent la production de
1,5 million de tonnes de riz paddy, grâce à l’aménagement de 100 000 hectares de bas-fonds et de 16 000 hectares de périmètres irrigués, ainsi que la production de trois millions de tonnes de maïs. Dans la filière lait, l’objectif est de transformer 75 millions de litres, avec l’insémination de plus de 100 000 vaches et l’introduction de 1 200 vaches laitières performantes.
Les opérations spéciales prévoient notamment la relance du blé sur 25 000 hectares, le développement du manioc grâce à 179 forages à gros débit et l’opération « Zéro exportation de bovins sur pied ». Celle-ci prévoit la construction de sept abattoirs modernes dotés d’unités de surgélation et la mise aux normes de cinq abattoirs existants. L’opération « Poulet bicyclette » ambitionne, quant à elle, l’autonomie en œufs à couver et en poussins, grâce à l’instal-lation de 1 325 fermes avicoles.

Des réformes et des investissements à la hauteur des ambitions

Pour pérenniser les acquis, des réformes institutionnelles sont prévues, notamment l’évolution de l’Agence Faso Abattoirs vers le statut de société d’Etat, l’encadrement de l’exploitation des zones pastorales et l’élargissement des attributions de la Centrale d’achat de médicaments vétérinaires à la production de vaccins et de médicaments vétérinaires.
Le coût global de l’Offensive est estimé à 839,99 milliards de francs CFA sur trois ans. A ce jour, 719,67 milliards, soit près de 86 % du budget, sont sécurisés. Le financement restant à mobiliser s’élève à 120,31 milliards de francs CFA. A l’horizon 2028, le gouvernement ambitionne une hausse de 40 % des productions agropastorales et halieutiques, la création
d’environ 125 000 emplois, une progression de 14,5 % du PIB agricole et une réduction de 20 % du nombre de ménages pauvres par rapport à 2024.

DCRPP/Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques

 

Pose de pavés à Ouagadougou : les stagiaires de l’école nationale de police apportent leur aide

Les stagiaires de la 56e promotion de l’école nationale de police ont confectionné et posé des pavés, respectivement au siège de l’Agence Faso Mêbo et sur l’avenue Thomas Sankara, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.

La pose de pavés dans la ville de Ouagadougou continue de bénéficier du soutien des Burkinabè. En effet, les élèves-stagiaires sous-officiers de police ont apporté leur aide en confectionnant et posant des pavés respectivement au siège de l’Agence Faso Mêbo, au lycée Philippe Zinda Kaboré et sur l’avenue Thomas Sankara, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Avec des pelles et moules de pavés en mains, la 56e promotion de l’Ecole nationale de police (ENP) s’est activée sur ces différents sites. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase de la IIIe édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) sur instructions du ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana. Elle vise, selon les organisateurs, à traduire l’engagement citoyen des stagiaires de l’ENP à contribuer activement à la construction du Burkina Faso. L’élève sous-officier de police de la première année, Issa Belemou, par ailleurs, délégué général de la promotion, a indiqué que lui et ses camarades sont fiers de prendre part à la fabrication de pavés sur le site de l’Agence Faso Mêbo et à la pose de pavés sur l’avenue Thomas Sankara.

Construire le Burkina Faso

… avant de les poser sur l’avenue Thomas Sankara.

« Nous invitons la population à mettre la main à la pâte afin de construire notre pays, car, personne ne viendra d’ailleurs pour le faire. Comme le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré l’a si bien dit, c’est nous-mêmes qui devons construire notre pays et nous ne devons compter que sur nous-mêmes », a-t-il déclaré. Présent aux côtés des élèves-stagiaires de l’ENP, le lieutenant de police, Nohité Kambou, a soutenu que cette activité est menée avec l’accompagnement de la Direction générale de la police nationale (DGPN).
« Nous le faisons avec fierté et patriotisme. La Police nationale est engagée dans l’édification d’un Burkina Faso prospère avec abnégation. Donc, en notre geste vient renforcer ce que nous avons l’habitude de faire comme travail », a-t-il fait savoir. Pour Nohité Kambou, il faut encourager des moyens endogènes pour le développement de la Patrie. Il a invité les Burkinabè à s’unir pour soutenir l’Agence Faso Mêbo dans sa marche. « Si nous restons dans nos couloirs à brandir le patriotisme sans accompagner, cela ne sert à rien. Par conséquent, il faut qu’on se déplace sur le terrain aussi pour manifester notre apport », a-t-il conclu.

Pingdebwoaga Urielle Lauryn KABORE
Rasmatou OUEDRAOGO
(Stagiaire)

 

Passeports biométriques : le centre d’enrôlement de Ziniaré opérationnel

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a officiellement lancé, le mardi 13 octobre 2026 à Ziniaré,
la production des passeports biométriques au sein de la direction régionale de la Police nationale de Oubri.

Les populations de Oubri peuvent désormais effectuer les formalités pour l’obtention de leurs passeports biométriques à Ziniaré, sans devoir se rendre à Ouagadougou. Depuis le mardi 13 octobre 2026, un service d’enrôlement est opérationnel au sein de la Direction régionale de la Police nationale de Oubri, sise à Ziniaré. Le dispositif a été lancé par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, en présence des autorités administratives et coutumières de la région. Selon les autorités, cette décentralisation vise à rapprocher l’administration publique des citoyens et à faciliter leur accès aux documents de voyage.

Pour le ministre Sana, le déploiement des kits mobiles d’enrôlement dans les régions va garantir un accès équitable aux services publics. Jusqu’à présent, les citoyens-résidents en région et désireux d’obtenir un passeport étaient contraints de se rendre à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso pour accomplir les formalités. A l’en croire, ces déplacements occasionnaient des dépenses supplémentaires, des pertes de temps et des contraintes liées à la distance.

« Grâce au déploiement de kits mobiles d’enrôlement dans les régions, nos compatriotes pourront désormais effectuer les formalités nécessaires à l’obtention de leur passeport au plus près de leur lieu de résidence », a indiqué le ministre Mahamadou Sana. Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique de modernisation de l’administration publique, engagée notamment avec la mise en service, en 2024, du nouveau plateau technique d’émission des passeports de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Au-delà de la simplification des démarches, Mahamadou Sana a souligné les enjeux de souveraineté et de sécurité liés à la fiabilité des documents officiels. La sécurisation de l’identité, a-t-il indiqué, contribue à renforcer les capacités de l’Etat et à faciliter la mobilité des ressortissants burkinabè au sein de l’espace confédéral et à l’international. Le passeport biométrique burkinabè de l’AES coûte 50 000 F CFA, pour un délai de traitement de deux semaines. Le ministre de la Sécurité a exhorté les équipes techniques à garantir un accueil de qualité et à respecter les exigences de célérité, de transparence et de sécurité.

Réduire les distances et les dépenses

Le directeur général de la Police nationale, l’inspecteur général de police Thierry Dofizouho Tuina a, pour sa part, insisté sur le fait que cette opération est en droite ligne avec les objectifs de la Révolution populaire progressiste (RPP) qui veulent que l’administration soit plus proche et plus accessible aux populations.

« Aujourd’hui, il n’est plus question que les citoyens fassent 30, 40 ou 400 kilomètres pour se faire enrôlés à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso », a-t-il affirmé, soulignant que le nouveau dispositif permet désormais d’effectuer les démarches en région. Pour le DG, la mesure s’inscrit aussi dans le cadre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne. La gouverneure de la région de Oubri, Sy Assetou Barry, a salué une « vision politique forte ». Pour elle, cette initiative constitue une avancée dans le rapprochement des services publics des citoyens. Elle va notamment permettre aux populations de consacrer moins de ressources aux déplacements nécessaires à l’accomplissement de leurs formalités administratives.

Même satisfecit chez les populations. Le chef coutumier de Ziniaré, Naaba Saneem, a félicité les autorités pour cette initiative qui facilite l’accès aux documents d’identité et réduit les contraintes de déplacement des habitants. Il a aussi salué les efforts entrepris pour rapprocher davantage l’administration des citoyens.
L’ouverture du service à Ziniaré s’inscrit dans un programme d’extension de l’enrôlement des passeports biométriques dans toutes les régions du Burkina Faso.

 Djakaridia SIRIBIE

Orpaillage à Dassa: l’or ne brille pas pour tout le monde

A Dassa, chaque jour, des dizaines de jeunes désertent les champs familiaux pour rejoindre les sites d’orpaillage, attirés par l’espoir d’un enrichissement rapide. Si cette activité a permis à de nombreuses familles de construire des maisons, d’investir dans le commerce et d’améliorer leurs conditions de vie, elle bouleverse également les équilibres sociaux, économiques et environnementaux de la commune. Conséquences : agriculture fragilisée, hausse du coût de la vie, abandon scolaire, dégradation des terres et dépendance croissante à une ressource épuisable. Reportage à Dassa, dans la province du Sanguié, région de Nando ou la course à l’or menace la survie du village.

A Nébia et Divolet, villages situés à quelques kilomètres du chef-lieu de la commune de Dassa, le calme des champs cède progres-sivement au vacarme des marteaux, des motopompes et des concasseurs. Mardi 14 juillet 2026, le soleil est déjà dans sa course ap-parente, mais n’était pas encore au zénith sur les sites d’orpaillage. A Dassa, les sites aurifères s’imposent comme de nouveaux pôles d’attraction de la jeunesse. Dans les villages de Divolet, Nébia et plusieurs autres localités, les jeunes affluent vers les puits aurifères avec un rêve commun : “trouver la pierre précieuse qui changera leur vie”.

Le responsable communal de l’agriculture Naba Kambiré : « aujourd’hui, l’agriculture est devenue presqu’une affaire de femmes ».

Sur le site aurifère de Divolet, Rachide Bado, ressortissant d’un village voisin, incarne cette nouvelle génération séduite par l’or. Employé auprès d’un patron, il raconte que ce dernier extrait régulièrement entre 10 et 20 grammes d’or. Le gramme est vendu entre 50 000 et 80 000 F CFA. Son ambition est claire : « Je veux construire des maisons, acheter des motos et des taxis », affirme le jeune orpailleur. Comme lui, des centaines de jeunes suivent désormais les filons aurifères dans d’autres régions minières du Burkina, mais aussi jusqu’au Mali et en Guinée. « Nous suivons les traces de l’or. Là où il y a de l’or, nous irons », soutient l’orpailleur Idrissa Ouédraogo, arrivé récemment à Nébia après avoir entendu parler d’un nouveau filon promet-teur. Même s’il n’a encore gagné que quelques dizaines de milliers de francs CFA, il reste convaincu que « le trou promet».

Les champs perdent leurs bras valides

Mais pendant que les sites se remplissent, les champs, eux, se vident. Le constat est partagé par plusieurs acteurs locaux. Le responsable communal de l’agriculture, Naba Kambiré, observe une baisse continue de la présence des jeunes dans les activités agricoles.
« Aujourd’hui, l’agriculture est devenue presque une affaire de femmes. Les jeunes hommes préfèrent les gains immédiats de l’orpaillage », explique l’agent d’agriculture. Pour lui, les bras valides indispensables aux travaux agricoles sont désormais absorbés par les sites aurifères. Même les projets d’aménagement agricole souffrent de cette pénurie de main-d’œuvre. « Nous voulions aménager certains bas-fonds, mais, il était difficile de mobiliser suffisamment de jeunes pour les travaux », laisse-t-il entendre avec mécontente-ment. Pourtant, l’orpaillage et l’agriculture ne sont pas nécessairement incom-patibles, selon Yacouba Bakouan, président de l’association des orpailleurs de Dassa.

« Nous avons commencé la recherche de l’or depuis 2004. Nous n’exploitons pas seulement l’or. Pendant l’hivernage, nous pratiquons également l’agriculture », révèle-t-il. Selon lui, opposer agri-culture et orpaillage serait une erreur. Il estime que les deux activités peuvent

Le chef du CEB de Dassa, Piboué Bationo : « la moyenne des effectifs dans les petites classes, est entre 85 élèves à 90 élèves mais, surtout au CM2 la moyenne est d’environ 50 élèves ».

coexister, même si les revenus qu’elles procurent sont incomparables. Le président de l’association rappelle également que les orpailleurs participent au développement local. Les exploitants cotisent notam-ment pour offrir une ambulance flambant neuve à la commune, à la demande du chef du village. Son coût dépasse 45 millions de F CFA. A ce jour, plus de 30 millions auraient déjà été mobilisés.

La contre-saison agricole “fragilisée”

Pourtant, Dassa était autrefois une fierté pour la province du Sanguié dans les cultures maraîchères. Traditionnellement, la contre-saison permettait aux exploitants de valoriser les bas-fonds et les points d’eau à travers la culture de légumes, de maïs, d’oignons, de choux, d’aubergines ou encore de tomates. Ces activités constituaient une importante source de revenus pour les ménages pendant la saison sèche, tout en renforçant la sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, l’expansion des sites d’orpaillage fait craindre un recul de cette activité agricole. Pour le directeur régional de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques de la région de Nando, Antoine Zorma, il est possible de restaurer certains sols, mais uniquement si les anciens sites bénéficient d’un accompagnement technique. « Le sol renferme les éléments organiques et les minéraux indispensables à la croissance des plantes. Lorsqu’il est profondément retourné ou dégradé, sa fertilité peut être fortement affectée », explique-t-il. La restauration de ces terres nécessite, selon lui, un accompagnement technique afin de mettre en œuvre des pratiques agricoles adaptées et de favoriser leur ré-habilitation.

Dans le cas contraire, il serait difficile de réaliser une bonne production agricole sur les sites d’orpaillage abandonnés. Sur la question environ-nementale, à Nébia, le président du CVD, Balima Bazié, fait un constat beaucoup plus amer. « Ici, il y avait beaucoup d’arbres. Aujourd’hui, la nature a été détruite », affirme le président du CVD Bazié. Il soutient que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites. Pour le préfet et Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, les risques environnementaux sont incontestables. « Les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval », déplore le PDS de Dassa. Il signale également que la coupe intensive du bois frais alimente les activités minières.

L’inquiétude des acteurs de l’éducation

Le président du CVD de Nébia, Balima Bazié, indique que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites d’orpaillage.

Les conséquences de la ruée vers l’or ne se limitent pas aux champs. Elles touchent également le milieu scolaire. L’inspecteur de l’enseigne-ment du premier degré, chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Dassa, Piboué Bationo, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences scolaires. « Les effectifs dans les petites classes, la moyenne est au minimum 85 à 90 élèves mais, quand on se retrouve dans les grandes classes, surtout au CM2, la moyenne est d’environ cinquante. Où sont passés les autres ? », s’interroge l’inspecteur Bationo. Il précise que le phénomène, à visage masculin, affecte davantage les classes de CM. A l’examen du CEP de l’année scolaire 2025-2026, sur les 466 candidats présents, il n’y avait que 164 garçons contre 302 filles, constate le chef de la CEB de Dassa. Plusieurs enfants quittent progressivement l’école, convaincus que les études offrent moins de perspectives financières que les puits aurifères.

L’inflation s’installe

L’orpaillage ne produit pas uniquement des effets négatifs. Dans plusieurs familles, les revenus tirés de l’exploitation aurifère contribuent à améliorer les conditions de vie. Moumouni Bado, père de plusieurs jeunes orpailleurs, reconnaît que ses fils l’aidaient auparavant aux champs. Aujourd’hui, certains travail-lent sur les sites de Dassa tandis que d’autres sont partis dans les pays voisins. « Ils m’envoient de l’argent pour financer les travaux agricoles et payer la scolarité des plus jeunes », confie-t-il. Faute d’alterna-tives, il dit préférer bénir ses enfants plutôt que de s’opposer à leur choix. Cette solidarité familiale explique en partie pourquoi de nombreux parents acceptent désormais le départ de leurs enfants vers les sites miniers. A Divolet, le président du Conseil villageois de dévelop-pement (CVD), Kouarbié Bado, reconnaît également que l’or a profondément modernisé le village.

« Avant, ici, c’était la brousse mais aujourd’hui, la zone est bien animée et on trouve tout ce qu’on veut sur place. Beaucoup de villas ont été construites et de nombreuses familles dorment dans des maisons solides », affirme le président du CVD. Selon lui, les revenus de l’or ont favorisé l’émergence de commerces et d’activités économiques jusque-là inexistantes. La prospérité générée par l’orpaillage a également son revers. Kouarbié Bado reconnaît que les sites attirent de nombreux étrangers. « Cela peut créer des problèmes d’insécurité

Le PDS de Dassa, Ali Zerbo : « les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval ».

», reconnaît-il. Un autre phénomène est l’inflation alimentée par l’or. Le représentant du chef de Dassa, Boureima Bacye, partage ce constat. Il indique que l’arrivée massive de liquidités issues de l’orpail-lage a provoqué une hausse généralisée des prix des produits, notamment le pain, l’eau, la viande et les vivres. « Avant, une baguette de pain coûtait 150 francs CFA. Aujourd’hui, il est vendu à 200 F CFA », regrette Boureima Bacye. Le représentant du chef du village soutient également qu’un coq se vend désormais entre 10 000 et 12 500 F CFA.

Préparer l’après or

Même les produits alimen-taires les plus courants deviennent difficilement accessibles aux familles qui ne bénéficient pas directe-ment des revenus de l’or. Cette inflation accentue les inégalités entre les ménages impliqués dans l’orpaillage et ceux qui vivent uniquement de l’agriculture.
Malgré l’euphorie actuelle, plusieurs responsables mettent en garde contre une dépendance excessive à cette ressource. Le responsable de l’agriculture, Naba Kambiré, rappelle que l’or est une richesse non renouvelable. « Les jeunes doivent investir leurs revenus dans l’agriculture et l’élevage, car l’or finira un jour », conseille-t-il.

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, l’a reconnu dans son discours prononcé à Ouahigouya : il faut organiser le secteur afin d’amorcer une gestion efficiente et profitable à tous. Pour le Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, le véritable défi pour Dassa ne réside donc pas dans le choix entre l’or et l’agriculture. Il consiste plutôt à transformer les revenus de l’orpaillage en investissements capables de préparer l’après or. Sans cette transition, les pépites qui font aujourd’hui la ‘’fortune’’ de certains pourraient demain laisser place à des terres dégradées, des champs abandonnés et une jeunesse privée de perspectives durables.

Hubert BADO


 

L’urgence d’un retour des jeunes sur les bancs de l’école

Dans la commune de Dassa, plus largement dans la province du Sanguié, l’essor de l’orpaillage artisanal favorise un phénomène préoccupant : l’abandon scolaire. Attirés par la perspective de gains rapides, de nombreux élèves délaissent les salles de classe pour rejoindre les sites d’exploitation aurifère, persuadés que l’or offre davantage d’opportunités que les longues années d’études. « L’école est lente et incertaine », selon certains miniers. Cette perception est alimentée par le manque de débouchés professionnels de certains. Sur certains sites d’orpaillage, des titulaires de diplômes universitaires exercent comme « peintres » ou prestataires de services auprès des orpailleurs. Une réalité qui renforce le scepticisme de nombreux jeunes quant à l’utilité des diplômes. Les témoignages recueillis illustrent ce changement de mentalité. Un orpailleur raconte avoir déconseillé à son petit frère, admis au concours de l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP), de poursuivre sa formation. Pour les responsables de l’éducation, cette vision à court terme est lourde de conséquences. L’abandon des études prive les jeunes de compétences durables et les expose à une activité précaire, risquée et dépendante d’une ressource épuisable. Face à cette situation, plusieurs acteurs appellent à renforcer les mesures de maintien des élèves à l’école, à créer davantage de débouchés pour les diplômés et à mieux encadrer l’orpaillage afin que la quête de l’or ne compromette pas l’avenir de toute une génération dans le Sanguié.

H.B.

 

Harmonisation des curricula de formation: les ministres de l’enseignement supérieur de l’AES signent un accord

Les ministres chargés de l’Enseignement supérieur et de la recherche des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont signé un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Cet accord vise à harmoniser les curricula de formation.

Les Trois Etats de la Confédération des Etats du Sahel (AES) que sont le Burkina, le Mali et le Niger entendent harmoniser leurs curricula de formation dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette volonté s’est concrétisée par la signature d’un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.

En effet, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano et ses homologues du Mali, Bourèma Kansaye et du Niger, Mamadou Saïdou, ont signé un accord visant à harmoniser et endogénéiser les curricula de formation au sein des Institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR). La cérémonie s’est tenue en marge de la 2e conférence des responsables des IESR.
Pour Adjima Thiombiano, la nécessité d’harmoniser les curricula de formation est justifiée par le fait que l’enseignement supérieur doit mieux répondre aux réalités et besoins des populations. Il a souligné l’importance d’intégrer des savoirs endogènes africains dans la formation universitaire.

« Aujourd’hui, nous voulons que ces IESR s’imprègnent parfaitement des besoins des populations afin que chaque citoyen de l’AES puisse s’identifier à eux, à travers les thématiques qui sont abordées dans ces différentes structures », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a expliqué que la recherche scientifique devrait davantage être mise au service du développement.

« Aujourd’hui, on a d’excellents chercheurs, d’excellents enseignants-chercheurs qui font des travaux formidables et qui ont des carrières internationales sans reproche. Mais la question que nous devons nous poser : qu’est-ce que le citoyen de l’AES tire de cette performance des chercheurs et des enseignants-chercheurs ?

En quoi l’étudiant peut-il être directement utile à notre société ? », s’est-t-il interrogé. Adjima Thiombiano a également estimé que l’accord de coopération permettra aux trois Etats de parler le même langage et d’éradiquer les défis qui se présentent à eux. Toutefois, le chef du département en charge de l’enseignement supérieur a souligné que l’harmonisation et l’endogénéisation des formations ne signifient pas uniformisation totale des systèmes éducatifs. Chaque pays devra préserver ses spécificités et sa diversité culturelle.

Galedie Kétoura SIMPORE

Cour d’appel de Fada N’Gourma : 53 personnes à la barre, des audiences foraines délocalisées à Tenkodogo

Du 12 au 16 octobre 2026, la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N’Gourma tient des audiences foraines au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. 22 dossiers impliquant 53 mis en cause sont au programme.

53 personnes impliquées dans 22 dossiers sont à la barre de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, délocalisée au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. Ces audiences foraines ouvertes, le lundi 12 octobre 2026, se déroulent jusqu’au 16 octobre prochain. Au cours de cette session, la cour va examiner des affaires déjà jugées en première instance par le
Tribunal de grande instance de Tenkodogo, mais dont les décisions ont été contestées en appel. Pour le ministère public, la délocalisation de ces audiences répond à un double but. « L’objectif est de rapprocher la justice du justiciable ; accélérer le traitement des procédures judiciaires », a expliqué le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, Amidou Banhoro.
Les faits, qui sont réexaminés par cette juridiction de second degré suivant les règles de procédures, sont variés et portent notamment sur des infractions contre des personnes, comme les coups et blessures volontaires ou les menaces de mort. La Cour va aussi examiner des atteintes aux biens, en l’occurrence des destructions volontaires de biens mobiliers ou immobiliers. Des infractions contre des biens publiques, dont le faux et l’usage de faux, figurent également au programme.

Un procès équitable

Le substitut du procureur a expliqué qu’au-delà du nombre de dossiers, les audiences doivent garantir les droits de toutes les parties. « Chacun doit pouvoir présenter ses arguments, répondre aux faits qui lui sont reprochés ou contester la décision rendue en première instance », a-t-il déclaré. Pour lui, un procès équitable repose notamment sur la possibilité de s’exprimer et d’être assisté par un avocat. « L’équité, c’est le droit donné à chaque acteur, poursuivant comme poursuivi, de se faire assister par des professionnels du droit qu’on appelle les avocats », a-t-il souligné. Selon l’homme de droit, l’accès à un avocat ne doit pas dépendre uniquement des moyens financiers. C’est pourquoi, Amidou Banhoro a rappelé l’existence de l’assistance judiciaire qui permet aux personnes qui remplissent les conditions requises de bénéficier d’un avocat, pris en charge par l’’Etat. Le substitut du procureur général a soutenu que cette garantie est essentielle pour les justiciables qui ne peuvent pas financer leur défense en ce sens qu’elle contribue à rendre effectifs les droits de la défense et les garanties d’un procès équitable. Amidou Banhoro a également ajouté que le caractère public des audiences permet aux populations de mieux comprendre le fonctionnement de la justice, dans les limites prévues par la loi. Pour lui, l’examen en appel ne signifie toutefois pas que les personnes mises en cause sont reconnues coupables. « La Cour doit se prononcer après les débats, sur la base des éléments du dossier et conformément à la loi. Les décisions rendues pourront, si les textes le permettent, faire l’objet d’autres recours jusqu’au vendredi 16 octobre 2026 », a-t-il précisé.

Anselme KAMBIRE

Commande publique: l’ARCOP remet son rapport annuel 2025 au Premier ministre

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Le camarade Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), conduite par le président de son Conseil de régulation, le camarade Abdallah Youssef Chahine Traoré. A cette occasion, la délégation lui a officiellement remis le rapport annuel d’activités 2025 de l’institution.

Le document présente les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les recommandations formulées pour améliorer la gouvernance de la commande publique au Burkina Faso. Il rend notamment compte de la mise en œuvre de la réforme adoptée en 2024, du renforcement des capacités des acteurs et du règlement des différends. Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Conseil de régulation et l’a encouragé à poursuivre sa mission en plaçant l’intérêt suprême des citoyens au cœur de son action. Il a appelé à renforcer la formation pour surmonter les difficultés qui entravent le processus de la commande publique. Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’intensifier la communication afin de rassurer les acteurs, de lever leurs appréhensions et de favoriser une plus grande célérité des procédures. Sur le plan statistique, le rapport fait état de 5 316 contrats conclus en 2025, pour un montant global de 574,75 milliards francs CFA, par les 35 structures centrales couvertes.

Sur ce périmètre, le nombre de contrats a progressé de 18 % par rapport à 2024, tandis que leur valeur globale a diminué de 7 %. Ces données concernent uniquement les structures recensées et ne constituent donc pas un total national. Concernant la mise en œuvre de la réforme de la commande publique, le Conseil de régulation a tenu six sessions, dont quatre extraordinaires. L’ARCOP a procédé à la relecture de neuf arrêtés, élaboré trois nouveaux arrêtés et émis un avis favorable sur cinq projets de textes. La révision des dossiers standards nationaux d’acquisition a également permis d’adapter les outils de gestion au nouveau cadre réglementaire. Pour accompagner l’application de ce cadre, l’ARCOP a renforcé les capacités des acteurs, notamment par la constitution d’un vivier d’une cinquantaine d’auditeurs de la commande publique. Les formations organisées par l’institution ont concerné 1 520 participants, dont 488 dans le cadre de
formations certifiantes. Elle a également engagé l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption dans les marchés publics.

En matière de règlement des différends, l’ARCOP a traité 1 149 recours en 2025, contre 988 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Ce total comprend 746 plaintes, 177 conciliations et 226 dossiers disciplinaires. Selon le président du Conseil de régulation, cette évolution ne traduit pas nécessairement une aggravation des difficultés, mais pourrait témoigner d’une participation accrue
des acteurs au fonctionnement du système. Au-delà du traitement des recours, le suivi de l’application des décisions demeure un enjeu. Sur 197 décisions suivies, 119 ont été exécutées, soit un taux de 60,41 %. Ce constat souligne la nécessité de renforcer le suivi afin de mieux apprécier l’application effective des décisions de régulation.

Au regard de ce bilan, l’ARCOP recommande de poursuivre la formation et la sensibilisation des différents intervenants pour assurer une meilleure application des textes. Elle préconise également le renforcement de ses ressources humaines afin d’accroître ses capacités opérationnelles. A travers ce rapport, l’ARCOP rend compte de l’exercice de sa mission de régulation de la commande publique. Après sa remise au Premier ministre, le document sera diffusé auprès du grand public. Cette démarche d’information contribue à la transparence de l’action du régulateur et donne tout son sens à son devoir de redevabilité.

DCRP/Primature