𝐄𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 : 𝐥𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐀𝐄𝐒 𝐞𝐭 𝐝𝐮 𝐓𝐨𝐠𝐨
NEEMBA Burkina :« Environ 99 % de nos collaborateurs sont burkinabè », Emir SANOH, Directeur Pays de Neemba Burkina
Partenaire de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) couplé à la 1ère Semaine de l’Energies des Mines et de l’Hydrocarbure de l’AES (SEMH AES), Neemba Burkina, filiale du Groupe NEEMBA, a pris part à l’édition 2026 afin de présenter ses solutions aux acteurs du secteur minier. Dans cette interview accordée à Sidwaya le vendredi 18 septembre 2026, son Directeur Pays, Emir SANOH, présente l’implantation de Neemba Burkina dans le pays et son rôle dans l’accompagnement des grands projets miniers, industriels, énergétiques et d’infrastructures.
Sidwaya (S.) : Pouvez-vous présenter brièvement NEEMBA Burkina et ses principales activités dans le pays ?
Emir SANOH (E.S.) : NEEMBA Burkina est une filiale du groupe NEEMBA, qui est le concessionnaire officiel de Caterpillar dans onze pays d’Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau et la Gambie.
Le groupe bénéficie de plus de 90 ans d’expérience et intervient principalement dans les secteurs des mines, de l’énergie, de la construction et des infrastructures, ainsi que dans l’industrie.
Notre rôle va toutefois bien au-delà de la simple distribution d’équipements. Nous nous positionnons comme un véritable apporteur de solutions. Cela signifie que nous accompagnons nos clients depuis le choix et la fourniture de leurs équipements jusqu’à leur maintenance et leur suivi tout au long de leur durée de vie.
L’objectif est de pouvoir accompagner nos clients sur l’ensemble du cycle de leurs projets et de leur apporter des solutions adaptées à leurs besoins, au-delà de la seule fourniture de machines.
(S.) : Pourquoi Neemba a-t-elle choisi d’être partenaire de cette édition de la SAMAO, et que représente cet engagement pour le Groupe ?
(E.S.) : Nous accompagnons la SAMAO depuis plusieurs années, et souhaitons naturellement inscrire cette participation dans la continuité de cet accompagnement.
La SAMAO nous permet de rencontrer les différents acteurs du secteur minier et les institutions, d’échanger avec eux et de mieux comprendre leurs projets, leurs enjeux et leurs besoins. Cela nous permet ensuite de mobiliser efficacement l’ensemble des capacités et des expertises dont nous disposons au Burkina Faso.
C’est donc pour nous un véritable lieu de rencontres et d’échanges, où nous pouvons à la fois écouter, présenter notre savoir-faire, partager notre expérience et surtout travailler ensemble. C’est une réelle fierté pour nous de pouvoir participer à cet événement, et nous avons l’ambition de poursuivre cet accompagnement encore longtemps.
(S.) : Quels sont aujourd’hui les principaux besoins des acteurs du secteur minier au Burkina Faso et comment NEEMBA y répond-elle ?
(E.S.) : Les principaux besoins des acteurs miniers au Burkina et on le retrouve dans les autres pays de l’AES, sont principalement la disponibilité de leurs équipements, qui est leur outil de production. Cette disponibilité est importante pour leur permettre de maîtriser leur planification et de réaliser leurs projets. Un autre enjeu important est la maîtrise des coûts. Ce n’est pas uniquement le prix des équipements, mais l’ensemble des composantes à savoir la consommation, la productivité, la valeur de revente des machines en question. Il existe également un besoin de flexibilité dans les solutions proposées. C’est précisément sur ces différents enjeux que nous intervenons. Cela passe notamment par le développement d’infrastructures locales qui nous permettent d’assurer la disponibilité des machines dans la durée.
Nous avons aussi un centre de reconditionnement de composants qui permet de donner une deuxième, voire une troisième vie aux matériels et des ateliers disponibles un peu partout dans le pays comme à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et bientôt à Banfora. Cela permet aux clients d’avoir un service de proximité.
(S.) : Comment NEEMBA contribue-t-elle au développement du contenu local et à la création de valeur au Burkina Faso ?
(E.S.) : Notre contribution au contenu local passe d’abord par l’emploi. Chez NEEMBA Burkina, environ 99 % de nos effectifs sont burkinabè : sur 502 collaborateurs, 497 sont des Burkinabè, employés sur nos deux sites de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Nous prévoyons également d’ouvrir prochainement un troisième site à Banfora, afin de pouvoir mieux mailler l’ensemble du territoire.
Notre contribution au développement du contenu local passe également par la formation de nos équipes techniques, pour leur permettre d’appréhender et de piloter notre outil industriel. Ce sont ainsi près de 175 techniciens qui sont formés. À cela s’ajoute la création de valeur locale, notamment à travers la reconstruction des équipements, puisque nous avons aujourd’hui récupéré un maillon de la chaîne de valeur qui nous manquait.
Avant, lorsqu’il y avait des défaillances, nous avions l’habitude d’importer de nouveaux équipements ou composants. Une grande partie des opérations peut désormais être réalisée localement conformément aux spécifications du constructeur, ce qui réduit les délais logistiques et l’immobilisation des équipements.
(S.) : Quelles actions mène le Groupe NEEMBA pour renforcer les compétences techniques et former les jeunes aux métiers des mines, de l’industrie et des infrastructures ?
(E.S.) : La formation fait véritablement partie de l’ADN de NEEMBA. Chaque année, nous consacrons des moyens importants à la formation de nos effectifs, aussi bien pour les techniciens que pour les non-techniciens. Cela représente plus de 10 000 heures de formation par an. Ce n’est pas négligeable, parce que nous sommes convaincus que c’est par la formation que nous pouvons faire grandir nos équipes et, avec elles, faire grandir notre groupe, sans compter l’impact que cela peut avoir sur le pays et sa population.
Au-delà de cela, les jeunes occupent également une place importante dans cette démarche. Nous avons un centre de formation sur lequel nous misons tout particulièrement, puisque nous avons recruté près de 70 jeunes depuis 2023. Et nous avons pour ambition de poursuivre sur cette lancée, dans une dynamique de développement d’un personnel local, qualifié et bien formé.
Les femmes ne sont pas en reste. Elles restent encore sous-représentées dans les métiers techniques. NEEMBA a donc décidé d’octroyer des bourses à de jeunes filles engagées dans des filières techniques. Environ une cinquantaine de bourses ont ainsi été attribuées depuis 2022. Nous poursuivons cette initiative et avons pour ambition d’augmenter progressivement cette dotation afin de permettre à davantage de jeunes filles d’accéder à ces métiers.
Interview réalisée par Fleur BIRBA
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 : 𝐥’𝐀𝐑𝐂𝐎𝐏 𝐫𝐞𝐦𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐚𝐧𝐧𝐮𝐞𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟓 𝐚𝐮 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞
Archidiocèse de Ouagadougou: La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces ouvre officiellement
La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin a ouvert ses portes, dimanche 11 octobre 2026, à Ouagadougou. A l’occasion, le premier curé de la paroisse a été installé.
L’église de kamboinsin a été transformée en paroisse en juin 2026. Dénommée paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin, elle s’inscrit dans la dynamique de la célébration des 125 ans de l’évangélisation à Ouagadougou. La paroisse a ouvert officiellement ses portes, dimanche 11 octobre 2026, au cours d’une célébration solennelle présidée par l’archevêque métropolitain de Ouagadougou, Mgr Prosper Kontiébo. A cette occasion, l’abbé François de Sales Naré a été installé comme premier curé. « C’est Dieu qui se rend visible, proche de son peuple. A travers cette ouverture, les fidèles de cette portion de l’Église peuvent recevoir facilement les sacrements de l’Eucharistie et les confessions », a expliqué Mgr Prosper Kontiébo. Il a rappelé que depuis sa visite pastorale les fidèles de Kamboinsin lui avaient exprimé leur désir de devenir une paroisse. Il les a ainsi invités à travailler aux côtés du curé et du vicaire pour que cette paroisse puisse se consolider dans la foi, dans l’espérance et dans la charité. « Ce qui est important, c’est bâtir une communauté d’amour, fraternelle où chacun se sent en famille», a-t-il insisté.
Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer, avec diligence et une préoccupation pastorale les biens ecclésiastiques de la paroisse conformément au droit canonique, aux normes particulières et aux coutumes légitimes du diocèse, sans partialité ni faveur.

Il a également promis de respecter la confidentialité des délibérations et des décisions du conseil pour les affaires économiques. Il s’est en outre engagé à respecter les obligations liées à sa fonction conformément aux prescriptions du livre V du Code de droit canonique et à agir dans les limites des pouvoirs qui lui sont confiés. À l’issue de la célébration, l’abbé François de Sales Naré a exprimé sa joie et rendu grâce à Dieu pour cette nouvelle mission. Pour le fidèle catholique Abel Lompo, cette nouvelle paroisse vient couronner plusieurs années d’attente. Selon lui, elle est une source de joie pour l’ensemble des chrétiens. Il a rendu grâce à Dieu et témoigné sa reconnaissance à Mgr Prosper Kontiébo pour avoir donné suite à leur demande. Pour terminer, il a assuré la disponibilité des fidèles à accompagner le curé dans sa mission pastorale et à accomplir les tâches qui leur seront confiées.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Crédit photo : Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Initiative présidentielle pour la Relève et la Promotion de l’Élite sportive : Nouvelles mesures fortes pour le sport burkinabè: thérapie de choc pour un grand corps malade
Pr Christian Napon, neurologue, neurophysiologiste au CHU de Bogodogo : « Face à un AVC, il ne faut surtout pas attendre »
L’Accident vasculaire cérébral (AVC) constitue une urgence médicale dont chaque minute peut peser sur le devenir du patient. Au Burkina Faso, les données nationales restent parcellaires, mais les services de neurologie enregistrent une forte proportion de patients hospitalisés pour cette pathologie, qui demeure une cause majeure de décès et de handicap. Dans cet entretien, le Pr Christian Napon, neurologue et neurophysiologiste au CHU de Bogodogo, explique les signes d’alerte, les facteurs de risques, l’importance d’une prise en charge précoce, mais aussi les difficultés liées au coût des soins et au suivi des patients après l’hospitalisation.
Sidwaya (S.) : Un AVC survient toutes les minutes dans le monde. A-t-on une estimation de l’ampleur du phénomène ici au Burkina Faso, où les données restent encore parcellaires ?
Christian Napon (C.N.) : Pour avoir une idée précise de l’ampleur du phénomène, il faudrait disposer d’un registre national exhaustif enregistrant tous les cas d’AVC. Pour le moment, nous ne l’avons pas. Ce dont nous
disposons, ce sont des données hospitalières provenant des différents services de neurologie, qui montrent qu’environ 70 à 80 % des patients hospitalisés le sont pour des cas d’AVC, qu’ils soient ischémiques ou hémorragiques. C’est une cause majeure de décès et la première cause de handicap, entraînant des dépenses lourdes pour les familles en matière de prise en charge.
S. : Qu’est-ce qu’un AVC exactement, en des termes simples pour le lecteur ?
C.N. : Un AVC (Accident vasculaire cérébral) survient lorsqu’une partie du cerveau manque d’oxygène. C’est le sang qui apporte l’oxygène au cerveau. S’il y a un obstacle au passage du sang dans une région cérébrale, les cellules en aval souffrent et peuvent mourir, ce qui entraîne une paralysie, des troubles du langage ou de la vision. L’AVC se manifeste donc soit par un obstacle (artère bouchée), soit par une rupture de vaisseau. On distingue ainsi l’AVC ischémique (obstacle empêchant le sang de bien irriguer) et l’AVC hémorragique (rupture d’une artère provoquant un saignement dans le cerveau).
S. : Y a-t-il une tranche d’âge particulièrement touchée ? Observe-t-on un rajeunissement des patients ?
C.N. : Les statistiques montrent que les personnes les plus exposées ont dépassé 45 ans chez les hommes et 50 ans chez les femmes, la survenue étant plus fréquente surtout après la ménopause. Cependant, il n’y a pas d’âge absolu : par exemple, les patients drépanocytaires (formes SS ou SC) peuvent faire des AVC dès l’enfance ou dans leur jeunesse. On constate effectivement un rajeunissement des patients, principalement en raison de l’exposition à des facteurs de risque tels que le tabagisme et l’utilisation de substances psychoactives ou de produits prohibés pour stimuler la performance au travail (comme dans les sites d’orpaillage).
S. : Quels sont les principaux facteurs de risque, qu’ils soient généraux ou spécifiques au contexte burkinabè ?
C.N. : Il existe d’une part des facteurs non modifiables : l’âge, l’appartenance à la race noire, le sexe masculin et des antécédents familiaux d’AVC.
D’autre part, il existe des facteurs modifiables : l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol, l’obésité, la sédentarité, la prise de contraceptifs oestro-progestatifs chez la femme, le stress et, de plus en plus, la pollution atmosphérique. Dans notre contexte, les habitudes de consommation riche en sel augmentent particulièrement cette vulnérabilité.
S. : Vous soulignez que les hommes et les personnes noires sont plus exposés au risque d’AVC. Qu’est-ce qui explique cette vulnérabilité ?
C.N. : Comme nous l’avons vu à propos des facteurs de risque, le stress joue un rôle important. Les hommes, en tant que chefs de famille, sont très sollicités, ce qui les expose davantage.
Ensuite, la femme en âge de procréer est protégée par ses hormones. C’est pourquoi l’homme est considéré comme exposé dès 45 ans, alors que la femme ne rejoint son niveau de risque qu’à partir de 50 ans, c’est-à-dire à la ménopause.
Concernant les personnes noires, on a constaté qu’elles éliminent moins bien le sel que les personnes blanches. Or le sel est associé à l’hypertension artérielle, et dans nos sociétés, la consommation de sel est souvent élevée : beaucoup d’aliments se conservent grâce au sel. Tout cela fait que, sur le plan génétique, nous sommes plus exposés que les personnes blanches.
S. : Quels sont les tout premiers signes qui doivent alerter pour soi-même ou pour un proche ?
C.N. : Pour le grand public, on utilise l’acronyme « VITE » : Visage (déformation de la bouche) ; Incapacité (incapacité soudaine à lever ou bouger un bras, engourdissement d’un membre) ; Trouble du langage (difficulté soudaine à s’exprimer) ; Extrême urgence.
D’autres signes brutaux peuvent également alerter, comme la perte de la
vision d’un œil ou des vertiges
accompagnés de chutes. Devant ces signes d’apparition brutale, il ne faut surtout pas faire de massages ni de traitements à la maison, mais se rendre directement aux urgences.
S. : Mais à ce sujet, une rumeur circule : on entend dire que certaines personnes font rouler le patient. Qu’en est-il ?
C.N. : Non, c’est faux. L’AVC est un phénomène qui se produit à l’intérieur du cerveau. Ces manipulations ne peuvent en aucun cas en modifier l’évolution.
S. : Existe-t-il un moyen simple ou un test à retenir pour reconnaître rapidement un AVC dans l’urgence ?
C.N. : Oui, c’est précisément l’acronyme « VITE » (Visage déformé, Incapacité à lever le bras, Trouble de la parole, Extrême urgence). Face à l’un de ces signes, il faut amener immédiatement le patient à l’hôpital.
S. : On dit souvent que chaque minute compte, au point de parler de « temps cerveau ». Qu’est que cela signifie-t-il concrètement pour le patient ?
C.N. : C’est une situation d’urgence absolue, car, plus on tarde, plus les cellules en souffrance dans le cerveau meurent. Si le patient arrive à l’hôpital dans un délai de 4h30, on peut pratiquer une « thrombolyse intraveineuse » (technique pour dissoudre le caillot). Dans les 6 heures, on peut parfois réaliser une « thrombectomie mécanique ». Cela permet de sauver de grandes zones cérébrales et de permettre au patient de récupérer de sa paralysie ou de ses troubles du langage. Plus la lésion est étendue, moins la récupération est bonne.
S. : Ces derniers temps, on constate de personnes retrouvées mortes dans leur douche. Comment l’expliquer ? Pourquoi ces décès surviennent-ils si souvent à ce moment-là ?
C.N. : Il ne faut pas conclure trop vite à un AVC : il peut s’agir d’autre chose, et c’est la cause du décès qu’il faut rechercher. Il peut s’agir d’un problème cardiaque, ou d’une anoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène. C’est pourquoi il faut éviter de rester longtemps dans un espace totalement clos et mal aéré.
Il peut aussi s’agir d’un phénomène réflexe : lorsqu’on se sent mal à l’aise dans un environnement, cela peut perturber le système nerveux végétatif, ce qui peut également entraîner la mort.
S. : Quel est le délai critique au-delà duquel les chances de récupération diminuent fortement ?

C.N. : Les délais sont utiles lorsque tous les moyens sont réunis. Dans les pays dotés de systèmes performants, on peut pratiquer la thrombolyse
intraveineuse et la thrombectomie, dans une fenêtre de 4 h 30 à 6 heures. Mais le délai compte moins que
l’étendue des dégâts.
Lorsqu’une grosse artère est bouchée, une large partie du cerveau peut être touchée. Plus la lésion est étendue, plus les paralysies sont importantes, parfois associées à des troubles du langage, et moins la récupération est bonne. A l’inverse, lorsqu’un petit vaisseau, qui irrigue un petit territoire du cerveau, est bouché, les paralysies et les manifestations cliniques sont moindres, et la récupération est plus facile.
Il faut donc retenir que les chances de récupération dépendent de l’étendue des lésions : plus elles sont importantes, moins les chances sont grandes.
S. : Concrètement, comment prend-on en charge un patient victime d’AVC ?
C N : Cela dépend du type d’AVC. Il existe aussi une forme qui se résorbe en quelques minutes, l’accident ischémique transitoire. C’est un signal d’alarme : si la personne récupère mais ne consulte pas, il peut annoncer un AVC constitué par la suite.
Dans un premier temps, on stabilise le patient en contrôlant sa conscience, sa tension artérielle et ses paramètres sanguins. On recherche ensuite la cause de l’AVC, qui peut venir du cœur, des vaisseaux ou du sang, puis on
propose un traitement adapté. Selon le déficit, on prescrit de la rééducation en cas de paralysie, ou de l’orthophonie en cas de perte du langage.Dans les structures très bien équipées, on peut pratiquer une thrombolyse intraveineuse ou une thrombectomie si le patient est vu assez tôt, entre 4 h 30 et 6 heures.
Le diagnostic repose d’abord sur le scanner, qui permet de distinguer une hémorragie d’une ischémie, et tout part de là. On ne peut donc pas parler d’AVC sans imagerie cérébrale : le scanner est le minimum, l’IRM étant l’autre option.
Dans les cas transitoires (AIT), où les signes disparaissent rapidement, une prise en charge urgente reste indispensable pour éviter la survenue d’un AVC constitué dans les 30 jours.
S. : Pouvez vous nous dire ce qu’est l’ischémie ?
C.N. : L’ischémie survient lorsqu’un caillot bloque un vaisseau dans le cerveau. En aval de l’obstacle, le sang ne passe plus, et les régions du cerveau concernées souffrent. Si rien n’est fait, elles finissent par se nécroser.
S. : Peut-on assimiler l’AVC silencieux à l’accident ischémique transitoire dont vous venez de parler ?
C.N. : Non, ce sont deux choses différentes. Un AVC silencieux ne s’accompagne d’aucun signe. Il est découvert par hasard, le plus souvent après coup : à l’occasion d’un scanner ou d’une IRM réalisée pour une autre raison, on constate que la personne a eu une lésion.
Dans l’accident ischémique transitoire, au contraire, il y a des signes : perte de la parole, perte de la vision, paralysie, voire chute. Ces symptômes durent moins d’une heure, puis tout revient à la normale.
Mais c’est un signal d’alarme. Si rien n’est fait, un AVC constitué peut
survenir dans les 30 jours qui suivent, et cette fois, les séquelles ne seront pas transitoires : elles vont s’installer.
S. : Vous avez évoqué le coût de l’AVC. Combien coûte-t-il réellement au patient et à sa famille ?
C.N. : Le coût de l’AVC est difficile à estimer, car, il comprend de nombreux postes. Il y a d’abord le transport jusqu’à l’hôpital, puis les urgences et les examens prescrits. Le scanner coûte au moins 25 000 à 50 000 francs, et l’IRM entre 50 000 et un peu plus de 100 000 francs. A cela s’ajoutent les frais d’hospitalisation et d’autres examens : examens cardiaques (échographie, électrocardiogramme) et analyses de sang pour rechercher les facteurs de risque vasculaires.
Il faut aussi compter la rééducation : une séance coûte environ 5 000 francs, et l’on en demande au minimum 30. Au total, la facture se chiffre en centaines de milliers de francs. Elle peut atteindre plusieurs millions si l’on envisage une thrombolyse, qui coûte autour d’un million de francs. Nous sommes en train de mettre ce traitement en place, mais il faudrait qu’il soit subventionné, car, le coût est vraiment considérable. Tout dépend du type d’AVC et des moyens de traitement adaptés à chaque patient.
S. : Qu’est-ce qui est prévu pour accompagner ces patients ? Quand on sait que la prise en charge dure longtemps. Et souvent, on a l’impression qu’ils sont abandonnés, oubliés. Que fait-on concrètement pour eux ?
C.N : Normalement, le séjour hospitalier après un AVC sert à identifier le problème et sa cause, puis à initier les premiers traitements. Ensuite, le traitement se poursuit au long cours. La récupération n’est pas immédiate : certains patients récupèrent vite, mais le plus souvent cela prend plusieurs mois, parfois plusieurs années, et la rééducation peut durer plus d’un an, voire plus de deux ans.
Nous donnons donc des rendez-vous de suivi : dans les deux semaines qui suivent la sortie, puis chaque mois, puis tous les trois ou six mois si la récupération s’annonce longue.
Mais à la longue, les patients négligent souvent le suivi, voire l’abandonnent. Certains se disent : « A quoi bon ? », surtout lorsque les moyens manquent. La rééducation est épuisante, certains médicaments, comme ceux qui aident l’attention, coûtent très cher, et un traitement anticoagulant est parfois nécessaire. Les accompagnants aussi peuvent s’épuiser, surtout s’il n’y a pas de système pour se relayer auprès du patient. Ceux qui sont très paralysés doivent être transportés en fauteuil roulant. Le coût est à la fois financier, humain et social, ce qui explique qu’à la longue, patients et accompagnants se relâchent.
S. : Quels conseils donneriez-vous pour assurer le suivi de ces patients ?
C. N. : D’abord, il faut que nous, praticiens, expliquions ce qu’est l’AVC. L’AVC survient brutalement, mais sa prise en charge s’étend sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Il faut le comprendre et savoir se mettre à la place du patient.
Si l’on a les moyens, on peut organiser la prise en charge à domicile :
un soignant qui passe vérifier que le patient prend bien ses médicaments, une rééducation à domicile. Cela permet de faire durer la prise en charge, car, c’est au bout de ce long parcours que le patient peut récupérer et retrouver un peu d’autonomie.
S. : Certains patients mettent plusieurs mois à retrouver la parole ou l’usage de leurs mains, ce qui décourage souvent la famille. Comment vivent-ils cette situation ?
C. N. : Quand l’expression est perdue mais que la compréhension est préservée, une communication reste possible. Mais certains ont perdu les deux : ils ne comprennent plus ce qu’on leur dit et ne peuvent plus parler. C’est un vrai problème. Le patient est irritable, il ne parvient pas à se faire comprendre, et c’est très difficile à vivre, pour lui comme pour son entourage.
Je pense à une patiente qui a perdu l’usage de la parole : lorsqu’elle est heureuse, elle se met souvent à pleurer. Ce n’est pas simple.
Il faut aussi savoir que la dépression touche environ 40 % des patients victimes d’AVC. Du jour au lendemain, ils se sentent inutiles : ceux qui travaillaient ne peuvent plus le faire ni apporter de l’argent à la famille, et ont le sentiment d’être une charge. Cela engendre un découragement profond.
S. : Pourquoi les praticiens n’organisent-ils pas de visites à domicile, comme c’est le cas pour le SIDA, afin d’encourager les patients ?
C N : Je pense que c’est une dynamique qui peut se mettre en place et qui aiderait vraiment les patients. Cela dépendra aussi de l’augmentation du nombre de praticiens : pour le moment, nous ne sommes pas très nombreux, et la charge de travail dans le domaine de la santé est déjà importante.
S. : Quels sont les principaux défis dans le suivi à long terme de ces patients, et quels conseils donner ?
C.N. : La rééducation s’étale souvent sur plusieurs mois, voire années, ce qui conduit parfois à l’épuisement des patients et des accompagnants, ainsi qu’à l’abandon des soins par manque de moyens financiers. De plus, près de 40 % des patients développent une dépression liée à la perte soudaine de leur autonomie et de leur rôle socio-économique. Il est donc essentiel de maintenir un suivi régulier, de sensibiliser l’entourage, d’accompagner le plan psychologique et, idéalement, de développer à l’avenir des structures de soins et de visites à domicile pour soutenir les familles.
Entretien réalisé par
Wamini Micheline OUEDRAOGO
Appui aux populations vulnérables à Dédougou : des initiatives pour reconstruire des vies et renforcer l’autonomie
Les services techniques régionaux de Bankui du ministère de la Famille et de la Solidarité, ont visité le Centre d’accueil et de formation Notre-Dame de la Visitation, l’atelier du tapissier en situation de handicap, Mamadou Ilboudo et le champ collectif des femmes déplacées internes et hôtes de Moundasso, le mardi 6 octobre 2026, à Dédougou. Ces structures bénéficient d’initiatives visant à renforcer l’autonomisation et la résilience des populations vulnérables.
Dans la cour du Centre d’accueil et de formation des jeunes filles Notre-Dame de la Visitation, situé aux abords du stade régional de Dédougou, des voix d’adolescentes se mêlent aux grincements des machines à coudre et à tisser. Certaines ont trouvé refuge dans ce centre après avoir fui un mariage précoce ou forcé. D’autres sont des filles-mères célibataires issues de familles démunies ou des rangs des personnes déplacées internes (PDI). Des personnes vivant avec un handicap, on y trouve également. Créé en 2004, le centre a progressivement élargi ses missions. D’espace d’accueil et d’accompagnement, il est devenu aujourd’hui un cadre de formation et de reconstruction personnelle. Pour l’année scolaire 2025-2026, au moins 292 filles y ont été accompagnées. « Nos cibles, ce sont les filles en situation de difficulté », explique la responsable du centre, Nathalie Dakio.
Deux internats permettent de prendre en charge les pensionnaires selon leurs situations. L’un accueille les filles-mères célibataires ou enceintes, tandis que l’autre est destiné aux jeunes filles en difficulté qui ont besoin de protection et d’accompagnement. Au-delà de l’hébergement, le centre entend surtout donner aux pensionnaires les moyens de subvenir à leurs besoins. La coupe-couture, la teinture et le tissage, la coiffure-esthétique, la transformation des produits locaux et le secrétariat-bureautique figurent parmi les filières proposées. « Pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome », résume Nathalie Dakio. Les bénéficiaires reconnaissent que leur passage dans ce centre ouvre une nouvelle page de leur vie. Elles apprennent un métier, acquièrent des compétences et retrouvent progressivement confiance en elles. Le centre leur donne les moyens de construire leur avenir et de saisir de nouvelles opportunités. L’établissement s’investit également dans le maintien des filles à l’école.
« Beaucoup abandonnent leur cursus scolaire par manque de moyens financiers, malgré leur volonté de poursuivre leurs études », déplore la responsable. Une trentaine de jeunes filles ont bénéficié donc d’un soutien scolaire au cours de l’année écoulée. Une dizaine a obtenu des diplômes, dont trois au baccalauréat et sept au Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Le centre bénéficie de l’appui de la direction provinciale de la Famille et de la Solidarité du Mouhoun, notamment à travers la mise à disposition d’un agent d’accompagnement.
« Pour avoir étudié la situation des groupes vulnérables, il sait comment s’y prendre et nous donne des conseils avisés », apprécie dame Dakio. Le Fonds national de solidarité et d’assistance sociale contribue également à la prise en charge des pensionnaires en fournissant des vivres. Ces soutiens participent à la prévention de la marginalisation et à la reconstruction de personnes victimes de Violences basées sur le genre (VBG), en leur donnant des moyens d’envisager l’avenir avec
espoir, poursuit-elle.
Le handicap n’est pas une fatalité

à tisser…
Après ce centre, cap sur l’atelier de Mamadou Ilboudo, artisan tapissier vivant avec un handicap moteur. En cette période hivernale, le calme contraste avec l’animation habituelle du lieu. Les commandes se font rares. Pour le propriétaire, cette accalmie n’est que temporaire, car, il espère que les activités vont reprendre plus intensément dans les prochains mois. Depuis 1999, il exerce son métier et confectionne des fauteuils, des sièges de véhicules et des selles de motos. Il s’est également essayé à la menuiserie. Appuyé sur ses béquilles, il évoque son parcours avec sérénité et détermination. Pour lui, le handicap ne constitue pas une fatalité.
« J’arrive à maîtriser mon handicap. Mon travail et mon handicap vont ensemble », affirme-t-il. Il déplore cependant les préjugés auxquels les personnes handicapées sont confrontées dans le milieu professionnel. « Quand tu te présentes devant un partenaire avec des béquilles, il y a un rejet qui ne dit pas son nom », regrette-t-il. L’artisan dit répondre à ces préjugés par la qualité de son travail. La police, la gendarmerie et le Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou figurent parmi ses clients. « Ces structures apprécient positivement la qualité de mes œuvres », soutient-il. Son activité lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, d’assurer la scolarité de ses enfants, de faire face aux dépenses de santé et de couvrir les charges courantes.
Mais Mamadou Ilboudo voit plus loin que sa propre réussite. Il a déjà formé deux personnes vivant avec un handicap, qui se sont installées à leur compte et gagnent désormais leur vie. Président et coordonnateur provincial des personnes handicapées du Mouhoun, il encourage

régulièrement ses pairs à apprendre un métier. « Cela permet de garder sa dignité », martèle-t-il. En collaboration avec la direction provinciale, lui et ses camarades bénéficient d’appuis financiers et techniques. Ils souhaitent toutefois que des formations et de moyens soient consacrés aux personnes handicapées afin de leur permettre de développer des Activités génératrices de revenus (AGR).
A Moundasso, le « champ de la paix » renforce la solidarité
Le périple se poursuit à Moundasso, un quartier périphérique situé à la sortie Est de Dédougou. Là-bas, la solidarité prend la forme d’une exploitation agricole collective. Sur le « champ de la paix », des femmes déplacées internes et des femmes issues des communautés hôtes cultivent ensemble du haricot, de l’arachide et surtout de l’oseille. Le choix de ces spéculations répond à une préoccupation quotidienne qui est d’améliorer l’alimentation des ménages. La coordonnatrice des femmes productrices, Clotilde Sawadogo, rappelle que les participantes éprouvaient des difficultés à se procurer les condiments.
Près de 80 femmes prenaient part à l’initiative au départ. Elles sont aujourd’hui une quarantaine, la plupart des autres ayant regagné leurs

localités d’origine grâce aux efforts de reconquête du territoire national. Celles qui sont restées poursuivent l’exploitation du champ. D’autres parcelles exploitées par ces communautés sont consacrées à la production du mil, du sorgho et du maïs. Les légumineuses occupent également une place importante dans la stratégie agricole des productrices. La direction provinciale de la Famille et de la Solidarité est leur principal partenaire technique. Des semences améliorées de niébé leur ont été gratuitement fournies et des agents leur prodiguent régulièrement des conseils.
« Au début de l’hivernage, des vivres ont également été distribués aux femmes. Pour cultiver, il faut manger », foi de Clotilde Sawadogo. Pour elle, sans cet appui, certaines auraient été contraintes de multiplier les petits travaux pour assurer leur alimentation quotidienne, au risque de compromettre leurs activités agricoles. Bien plus qu’un espace de production, le « champ de la paix » est devenu un lieu de rencontre entre femmes déplacées et populations hôtes. Les différences liées à leurs parcours s’effacent progressivement au profit d’un objectif commun qui est de produire et reconstruire ensemble.
Des équipements pour favoriser l’autonomie

Pour le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, l’initiative de Moundasso s’inscrit dans une approche plus large d’accompagnement des personnes déplacées internes vers le retour et la réinsertion socioéconomique. Dans cette dynamique, plusieurs équipements ont été mis à la disposition de groupes bénéficiaires, notamment des motopompes, des charrettes et des moulins. Il rassure que du matériel, dont un tracteur, était en cours d’acheminement vers la commune rurale de Di, dans la région du Sourou, au profit d’une coopérative regroupant des femmes déplacées réinstallées. En juin et juillet 2026, plusieurs communes ayant bénéficié de moulins avaient déjà fait l’objet de visites de suivi, précise-t-il.
Ces équipements contribuent à alléger les tâches quotidiennes des bénéficiaires, en particulier celles des femmes. L’objectif, selon Gaston Nassouri, est de créer les conditions favorables à l’autonomie des bénéficiaires. A travers ses structures techniques déconcentrées, le ministère de la Famille et de la Solidarité apporte une assistance alimentaire, des appuis financiers et met à la disposition des personnes vulnérables, des semences et des équipements. Dans la ville de Dédougou comme à Moundasso, la solidarité se traduit ainsi par des actions concrètes. Elle se manifeste à travers une jeune fille qui retrouve le chemin de l’école et apprend un métier, un artisan qui refuse de laisser son handicap limiter ses ambitions ou encore des femmes qui cultivent la terre pour nourrir leurs familles. Des parcours différents, mais une même aspiration. Il s’agit de préserver la dignité et participer pleinement à la reconstruction de la communauté.
Yacouba BELEM
Coopération Burkina Faso-AGRA : la nouvelle directrice-Pays de AGRA se présente au ministre des Affaires étrangères
Le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné de la camarade ministre déléguée, Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré, a reçu en audience, le lundi 12 octobre 2026, une délégation de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA), conduite par la nouvelle directrice-Pays, Dr Asseta Diallo.
Nouvellement désignée à la tête de cette organisation, la Directrice-Pays dit être venue se présenter officiellement au chef de la diplomatie burkinabè. Elle dit avoir saisi l’occasion offerte pour échanger avec le ministre des Affaires étrangères, sur les actions menées par AGRA au Burkina Faso, conformément aux priorités définies par les autorités nationales à travers notamment le ministère chargé de l’agriculture et le bureau national des grands projets. De ces actions au Burkina Faso, on peut retenir notamment le développement et la promotion de l’agriculture, depuis la formation des sélectionneurs des semences à la distribution des intrants de qualité, en passant
par l’accompagnement des semenciers, selon Dr Asseta Diallo.
« Nous avons travaillé avec l’INERA pour développer des engrais spécifiques et développer des spéculations comme le riz et le maïs, qui portent fruit sur le terrain et c’est vraiment apprécié par les producteurs », a-t-elle soutenu.
Les engagements de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique au Burkina, vise aussi à renforcer l’employabilité des jeunes à travers la création d’emplois décents, dans les domaines de la maraicher culture et de l’élevage de la volaille, selon la directrice exécutive. Le camarade ministre des Affaires étrangères a félicité la nouvelle équipe Pays de AGRA, et l’a encouragée à tirer leçon de ce qui n’a pas marché dans le passé dans la collaboration entre cette institution et les acteurs étatiques, et à œuvrer dans un esprit d’ouverture et de dialogue régulier avec les autorités compétentes du Burkina Faso, pour des actions concrètes et impactantes dans la durée, sur la vie des populations bénéficiaires. Il a rassuré que les services du ministère des Affaires étrangères joueront leur partition, pour créer les conditions d’un partenariat fructueux entre le Burkina Faso et AGRA, au regard de l’importance du pilier dans lequel cette structure intervient, à savoir l’agriculture, l’un des secteurs prioritaires pour les autorités burkinabè. Crée en 2006, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est une organisation panafricaine, avec pour mission la transformation de l’agriculture de substance en une activité économique viable et durable pour les petits exploitants.
DCRP/MAE
Bénin : les « héritiers » de Yayi Boni
Au Bénin, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, se réorganise, après la démission de son fondateur, l’ancien président, Yayi Boni, en mars dernier, pour des raisons de santé. Cette formation a, entre autres, renouvelé ses instances, à la faveur de son 2e congrès ordinaire, tenu les 10 et 11 septembre 2026, à Porto-Novo. Les militants ont élu l’ex-député et président de groupe parlementaire, Nourénou Atchadé, à la tête du parti pour cinq ans. Ce fidèle parmi les fidèles de Yayi Boni, qui assurait l’intérim jusque-là, se voit désormais confier pleinement les rênes du parti, Les Démocrates. En plaçant son action dans l’unité, comme l’a toujours souhaité son maitre à penser, Nourénou Atchadé va devoir travailler à rassembler sa famille politique qui a connu des divergences et des désertions. Aussi devra-t-il s’accommoder de la trêve politique imposée par la nouvelle Constitution durant le mandat présidentiel désormais établi à sept ans. Cette disposition suspend pendant six ans toute activité politique partisane à finalité compétitive. Autrement dit, les campagnes électorales permanentes, qui paralysent l’action publique, sont interdites jusqu’à l’orée des prochaines élections.
Le parti, Les Démocrates, doit se conformer à cette exigence, sans pour autant végéter dans le silence. « Nous sommes un parti d’opposition et nous allons continuer d’animer la vie politique. On doit pouvoir faire des propositions alternatives. La trêve ne veut pas dire absence d’activités politiques », a du reste prévenu son nouveau président. S’il est tenu de se montrer républicain, le parti de Yayi Boni a surtout fort à faire pour rebondir politiquement, après sa mésaventure aux élections générales de 2026. Alors qu’il disposait de 29 élus sur les 109 de l’ancien Hémicycle, ce parti n’a obtenu aucun siège aux législatives de janvier. Si le parti a échoué aux législatives, il n’a pas non plus eu la chance de participer aux communales couplées et à la présidentielle du 12 avril, respectivement pour dossier incomplet et déficit d’un seul parrainage.
Nourénou Atchadé arrive à un moment critique de l’histoire du parti, Les Démocrates, appelé à se battre pour retrouver ses assises politiques. Passer de plus d’une vingtaine de députés à zéro élu est un véritable naufrage pour le principal parti de l’opposition béninoise, qui n’a quasiment plus d’armes. La mission de Nourénou Atchadé se veut donc herculéenne, puisqu’il doit impérativement reconstruire l’image du parti et travailler à le repositionner comme une alternative aux prochaines élections générales prévues en 2033. C’est une longue période d’attente pour Les Démocrates, dans un environnement politique loin d’être favorable. Les Béninois ont manifestement tourné la page de Yayi Boni et des affidés. Du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), qu’il a créé et quitté pour fonder celui de Les Démocrates, l’ex-chef de l’Etat béninois ne brille plus politiquement, après son départ du pouvoir. Ses héritiers politiques, à l’instar de Nourénou Atchadé, pourront-il inverser la tendance ? Le sort actuel de Les Démocrates interroge sur son avenir, s’il n’incite pas au pessimisme. Pour autant on ne saurait enterrer de si tôt le parti de Yayi Boni. Tout est possible en politique.
Kader Patrick KARANTAO
Adjima Thiombiano, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation: « Notre vision est de faire de l’enseignement supérieur un levier de souveraineté »
Depuis 2022, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation est engagé dans une série de réformes visant à faire de l’enseignement supérieur un levier de souveraineté et de développement socio-économique. A l’orée de la rentrée universitaire 2026-2027, le ministre Adjima Thiombiano, invité de la rédaction de Sidwaya revient sur les acquis de son département, les innovations de cette nouvelle année académique, la réforme du régime des études, la gestion des bourses ainsi que les filières prioritaires. Dans cet entretien, il présente également les ambitions du gouvernement pour renforcer la qualité de la formation et rapprocher davantage l’université des besoins du pays.
Lire la suite de L’invité de la Rédaction en cliquant sur le lien ci-dessous:
Coordination nationale de lutte contre la fraude : plus de 55 millions F CFA de marchandises saisies en 48 heures
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a présenté, lundi 12 octobre 2026 à Ouagadougou, des marchandises frauduleuses saisies, d’une valeur de 55,2 millions F CFA.
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) poursuit son combat contre le commerce illicite. Elle a présenté des marchandises frauduleuses composées de cyanures, de cigarettes, d’une citerne de gasoil et des huiles de vidange, lundi 12 octobre 2026, à Ouagadougou. Ces produits saisis sont issus des opérations menées les 30 septembre et 1er octobre 2026. Le premier coup de filet mené le 30 septembre, dans la commune de Loumbila, selon le coordonnateur, Mohamadi Compaoré, a permis de saisir un camion-citerne qui venait d’achever le dépotage de 10 000 litres de gasoil dans les cuves d’une unité de production industrielle. « Pourtant, le bon de commande présenté était destiné à la consommation ordinaire dans les stations-services.
Conformément à l’arrêté conjoint n°2026-007/MICA/MEF du 7 août 2026 portant composition des structures de prix des hydrocarbures. Ce carburant subventionné par l’Etat est formellement interdit d’utilisation aux mines, carrières et entreprises industrielles », a-t-il précisé. Les investigations complémentaires, a-t-il poursuivi, ont révélé une pratique minutieusement préméditée. Ce sont au total 59 000 litres de gasoil subventionné d’une valeur de 31 683 000 F CFA qui ont été fournis illégalement à cette entreprise par une société de droit burkinabè. « Il s’agit d’un véritable détournement des ressources destinées à soulager les ménages au profit d’intérêts industriels privés », a-t-il renchérit.
Sur l’axe Ouaga-Koupéla, l’opération du 1er octobre a permis de découvrir 50 sacs de 50 kg de cyanure d’une valeur de 7 500 000 F CFA et 15 colis de cigarettes de contrebande, estimés à 3 450 000 F CFA. Le coût global de cette saisie est estimé à 10 950 000 FCFA.
« Une alerte a ciblé un camion sous bâche, censé transporter du clinker. La fouille minutieuse effectuée par nos agents a permis de découvrir une cargaison camouflée particulièrement dangereuse », a indiqué le coordonnateur. La troisième opération s’est déroulée le même jour à la Patte d’Oie, à Ouagadougou, à la suite d’une nouvelle alerte citoyenne. « L’interception d’un véhicule suspect a permis la saisie 267 cartons d’huile lubrifiante contrefaite importés en contrebande. Cette pratique nuit à l’entretien de nos engins et sape l’effort de développement des entreprises citoyennes », a-t-il déploré. La valeur de la marchandise illicite s’élève à 12 600 000 F CFA. Le coût global de ces opérations s’élève à 55 233 000 F CFA.
Pour Mohamadi Compaoré, ces résultats sont issus de la vigilance CNLF et de la précieuse collaboration des concitoyens. A la question de savoir la nationalité du propriétaire de la citerne au regard de son immatriculation étrangère, le coordonnateur a laissé entendre qu’elle n’empêche pas l’application des mesures réglementaires en vigueur au Burkina. « Dès lors que l’infraction est commise dans notre pays, nous sommes compétents pour trancher la question, fixer les amendes et saisir le clinquer s’il y a lieu », a-t-il insisté.
Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Déborah Bénédicte YAMEOGO
(Stagiaire)
Archidiocèse de Ouagadougou : La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces ouvre officiellement
La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin a ouvert ses portes, dimanche 11 octobre 2026, à Ouagadougou. A l’occasion, le premier curé de la paroisse a été installé.
L’église de kamboinsin a été transformée en paroisse en juin 2026. Dénommée paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin, elle s’inscrit dans la dynamique de la célébration des 125 ans de l’évangélisation à Ouagadougou. La paroisse a ouvert officiellement ses portes, dimanche 11 octobre 2026, au cours d’une célébration solennelle présidée par l’archevêque métropolitain de Ouagadougou, Mgr Prosper Kontiébo. A cette occasion, l’abbé François de Sales Naré a été installé comme premier curé. « C’est Dieu qui se rend visible, proche de son peuple. A travers cette ouverture, les fidèles de cette portion de l’Église peuvent recevoir facilement les sacrements de l’Eucharistie et les confessions », a expliqué Mgr Prosper Kontiébo. Il a rappelé que depuis sa visite pastorale les fidèles de Kamboinsin lui avaient exprimé leur désir de devenir une paroisse. Il les a ainsi invités à travailler aux côtés du curé et du vicaire pour que cette paroisse puisse se consolider dans la foi, dans l’espérance et dans la charité. « Ce qui est important, c’est bâtir une communauté d’amour, fraternelle où chacun se sent en famille», a-t-il insisté.

Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer, avec diligence et une préoccupation pastorale les biens ecclésiastiques de la paroisse conformément au droit canonique, aux normes particulières et aux coutumes légitimes du diocèse, sans partialité ni faveur.

Il a également promis de respecter la confidentialité des délibérations et des décisions du conseil pour les affaires économiques. Il s’est en outre engagé à respecter les obligations liées à sa fonction conformément aux prescriptions du livre V du Code de droit canonique et à agir dans les limites des pouvoirs qui lui sont confiés. À l’issue de la célébration, l’abbé François de Sales Naré a exprimé sa joie et rendu grâce à Dieu pour cette nouvelle mission. Pour le fidèle catholique Abel Lompo, cette nouvelle paroisse vient couronner plusieurs années d’attente. Selon lui, elle est une source de joie pour l’ensemble des chrétiens. Il a rendu grâce à Dieu et témoigné sa reconnaissance à Mgr Prosper Kontiébo pour avoir donné suite à leur demande. Pour terminer, il a assuré la disponibilité des fidèles à accompagner le curé dans sa mission pastorale et à accomplir les tâches qui leur seront confiées.
Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Crédit photo : Wendaabo Cathérine KOURAOGO
𝐄́𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ : 𝐥𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐚𝐮𝐠𝐮𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐞𝐱𝐞 𝐬𝐜𝐨𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐅𝐚𝐬𝐨-𝐊𝐞́𝐨𝐨𝐠𝐨 𝐝𝐞 𝐁𝐨𝐧𝐡𝐞𝐮𝐫-𝐕𝐢𝐥𝐥𝐞
Accès à l’eau potable à Bobo Dioulasso : de nouveaux travaux pour renforcer la desserte de 132 000 personnes
Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a lancé, le samedi 10 octobre 2026, à Bobo-Dioulasso, des travaux de réalisation d’infrastructures hydrauliques. Le projet vise à améliorer l’approvisionnement en eau potable de plusieurs quartiers de la ville et à renforcer la desserte de près de 132 000 personnes supplémentaires.
L’amélioration de l’accès à l’eau potable constitue une priorité des autorités burkinabè, conformément aux orientations du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations. C’est dans cette perspective que le gouvernement poursuit ses investissements dans le renforcement des infrastructures hydrauliques.
A Bobo-Dioulasso, les secteurs 17, 18, 26 et 27 figurent parmi les zones concernées par ces travaux en ce sens que les populations de ces quartiers font face à des difficultés d’approvisionnement, liées notamment à une demande en eau supérieure aux capacités actuelles du réseau. Pour apporter une réponse à cette problématique, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a procédé, au lancement des travaux de réalisation d’infrastructures hydrauliques, le samedi 10 octobre 2026, à Bobo-Dioulasso.
Le projet entend ainsi renforcer les dispositifs de pompage, de stockage et de distribution pour améliorer la disponibilité de l’eau dans les ménages. Les travaux prévus portent notamment sur la réalisation d’une station de pompage d’une capacité de 300 m³ par heure, la

construction d’un château d’eau de 2 000 m³ et la pose d’environ 7 000 mètres linéaires de conduite.
A terme, ces infrastructures devraient permettre d’améliorer l’accès à l’eau potable pour quelques 132 000 personnes supplémentaires. Le délai d’exécution du chantier est fixé à dix mois. Pour le ministre d’Etat, la particularité de Bobo-Dioulasso est que la ressource en eau est disponible, mais les infrastructures pour faciliter la distribution faisaient défaut. « Avec ces investissements, ce problème sera réglé et les quartiers qui n’étaient pas autrefois desservis en eau potable le seront dès fin avril, début mai 2027 », a-t-il déclaré.
Le ministre chargé de l’Eau a indiqué que le projet s’inscrit dans la volonté des autorités de répondre aux préoccupations quotidiennes des Burkinabè et qu’il traduit également les orientations du chef de l’Etat, qui fait de l’amélioration des conditions de vie des populations un axe majeur de l’action gouvernementale. Au-delà de Bobo-Dioulasso, il a rappelé que cette dynamique concerne également d’autres villes du pays. Des travaux de renforcement de l’approvisionnement en eau potable sont prévus ou en cours à Ouahigouya, Koudougou, Fada N’Gourma et Dédougou.
Ces investissements a-t-il insisté, visent à accroître les capacités des infrastructures existantes et à mieux
répondre aux besoins croissants des populations. Le ministre d’Etat a encouragé l’entreprise chargée de l’exécution du chantier, à livrer des infrastructures de qualité, tout en l’invitant à mettre du sérieux pour réaliser ces travaux dans le délai. Il
a également exhorté les structures techniques et les équipes responsables du suivi à rester mobilisées afin d’assurer une exécution rigoureuse du projet et
l’atteinte des résultats
attendus.
Paténéma Oumar OUEDRAOGO
Ismaël Sombié visite le chantier du château d’eau de Orodara
Dans le cadre du renforcement de l’approvisionnement en eau potable dans la province du Kénédougou, le ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a visité le chantier du château d’eau de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) à Orodara, dans l’après-midi du samedi 10 octobre 2026. Cette infrastructure s’inscrit dans un programme d’investissements visant à améliorer durablement la desserte en eau potable des populations de la localité et de la province. A l’issue de sa visite, le ministre a précisé que la réalisation du château d’eau constitue la première phase d’un ensemble de travaux destinés à répondre aux besoins en eau potable de la zone de Orodara. « C’est la première phase d’un ensemble d’investissements qui sont prévus et qui visent à régler la question de l’approvisionnement en eau potable de la zone de Orodara », a-t-il expliqué. Selon le commandant Ismaël Sombié, les travaux engagés comprennent plusieurs composantes complémentaires. Après la réalisation du château d’eau, la construction d’une bâche de stockage est prévue, suivie de la pose des conduites destinées à renforcer le réseau de distribution. Le ministre a indiqué que les dispositions nécessaires ont déjà été prises pour le démarrage de cette dernière phase. L’entreprise chargée de l’exécution des travaux a été recrutée et le lancement du chantier est annoncé dans les prochains jours. Le financement de ces investissements est assuré par l’ONEA.
POO
Burkina Faso-Etats-Unis d’Amérique : un nouveau cadre de dialogue pour renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays
Ce jeudi 8 octobre 2026, le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré et le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour l’Afrique de l’Ouest du département d’Etat américain, Richard Michaels, ont co-présidé à Ouagadougou,
la session inaugurale du groupe de travail conjoint entre le Burkina Faso et les Etats-Unis d’Amérique.
Il s’agit d’un nouveau cadre de concertation et de dialogue permanent qui permettra aux experts des deux pays d’identifier les axes de coopération mutuellement bénéfiques, offrant ainsi de nouvelles perspectives de renforcement des liens d’amitiés et de coopération entre Ouagadougou et Washington.
Pour Richard Michaels, à la tête d’une forte délégation à Ouagadougou, ce groupe de travail est une tribune qui
va offrir l’opportunité de repenser le partenariat entre les deux pays, basé sur le respect mutuel, le respect de la souveraineté de chaque partie et les intérêts communs, à travers notamment l’écoute mutuel. Pour sa première visite au Pays des Hommes intègres, le chef de la délégation américaine a salué l’ouverture et la disponibilité des autorités nationales, donnant ainsi l’occasion à son pays de s’engager sur la voie de la redynamisation de sa coopération avec le Burkina Faso.
Pour le chef de la diplomatie burkinabè, la cérémonie inaugurale du groupe de travail conjoint Burkina Faso-Etats-Unis, marque une étape majeure dans la collaboration entre les deux pays, et c’est le fruit d’une volonté partagée de redéfinir une nouvelle base de coopération, fondée sur un dialogue ouvert et la sincérité, en vue d’identifier les problèmes avec objectivité et de construire des solutions communes.
« Ce cadre de dialogue permettra de reconfigurer les rapports, pas seulement avec le Burkina Faso, mais aussi avec la Confédération des Etats du Sahel et faire en sorte que nous soyons désormais dans une coopération où les deux entités se
sentent valorisées », soutient le ministre des Affaires étrangères.
A noter qu’avant la rencontre inaugurale, le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour l’Afrique de l’Ouest du Département d’Etat américain, Richard Michaels et sa délégation accompagnés par l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Joann Lockard ont été reçus en audience par le patron de la diplomatie burkinabè, le camarade Karamoko Jean Marie Traoré. Une autre concertation s’est tenue par la suite dans un
format plus élargi, avec la présence du ministre d’Etat, ministre de la Guerre
et de la Défense patriotique, le camarade Célestin Simporé.
DCRP/MAE
UACO 2026: Un appel à intensifier la lutte contre la désinformation
La 15e édition des Universités africaine de la communication de Ouagadougou (UACO) a pris fin, le vendredi
9 octobre 2026.
Après trois jours d’échanges, la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) a pris fin, le vendredi 9 octobre 2026. Placé sur le thème : « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique ? », cette rencontre a réuni des chercheurs, des communicateurs, des journalistes, des étudiants et des responsables institutionnelles venus de plusieurs pays d’Afrique.
Les participants ont formulé plusieurs recommandations. Ils ont appelé à intensifier la lutte contre la désinformation et les manipulations informationnelles, à travers la promotion du journalisme de vérification des faits, le développement des mécanismes de veille et d’alerte et la généralisation de l’éducation aux médias auprès des populations. La 2e recommandation formulée par les participants concerne le développement des compétences numériques, technologiques et éditoriales des professionnels de l’information et de la communication.
Et ce dans les domaines de l’intelligence artificielle, la production multimédia, la vérification numérique, la gestion des données, la cyber sécurité et les nouveaux formats éditoriaux. Les participants à la 15e édition des UACO ont plaidé pour la mise en place de programmes réguliers de formation et de perfectionnement, afin de permettre aux professionnels africains de s’adapter aux mutations technologiques, tout en préservant les principes d’éthique, de responsabilité et de qualité de l’information.
Le soutien à la production de contenus africains crédible et souverains a été aussi l’une des recommandations des UACO 2026. Il s’agit pour les participants d’encourager la production de contenus mettant en valeur les réalités, les cultures, les langues, les savoirs, les initiatives et les aspirations des peuples africains.
La dernière recommandation consiste à encourager les médias et les acteurs de la communication à développer davantage de contenus contribuant à la prévention des conflits, au dialogue entre les communautés, à la sensibilisation des populations et au
renforcement de la solidarité, particulièrement dans le contexte de crise. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Consolider la paix
Il a salué la mobilisation et la qualité des réflexions qui ont marqué cette rencontre. « Il est ressorti de nos travaux que les
attitudes attendues des acteurs de l’information et de la communication sont notamment la vigilance, le sens du devoir, l’esprit critique, le respect de la vérité, la capacité d’écoute, le courage intellectuel et l’engagement patriotique », a confié Pingdwendé
Gilbert Ouédraogo. En outre, le ministre chargé de la Communication a relevé que les aptitudes nécessaires pour une bonne communication incluent la maîtrise des outils numériques, l’analyse des contenus, la vérification des faits, l’adaptation aux nouveaux canaux de diffusion, ainsi que la capacité à produire une information crédible, équilibrée et utile au développement.
« Dans un environnement où les frontières entre le vrai et le faux deviennent parfois floues, où les opinions se propagent à une vitesse fulgurante et où les perceptions peuvent être orientées en quelques instants, il revient aux professionnels de l’information et de la communication de demeurer des repères, des sentinelles et des bâtisseurs de confiance »,
a-t-il soutenu.
Le ministre chargé de la Communication a insisté sur le rôle du journalisme qui est, selon lui, de préserver la cohésion sociale, consolider la paix, éclairer le débat public et accompagner la construction d’une Afrique plus informée, plus résiliente et plus souveraine. Il a fait savoir que la fin de ces travaux ne marque pas pour autant celle de la réflexion, mais plutôt le commencement de l’action. « C’est dans cette perspective que les résultats de ces UACO prendront tout leur sens et produiront les effets attendus », a-t-il laissé entendre. La 15e édition des UACO s’est tenue du 7 au 9 octobre 2026. Elle a accueilli les experts venus du Mali, du Niger, de la Guinée-Bissau et du Cameroun ainsi que des acteurs d’autres pays africains.
Mariama Claire MANDOMBA LOMPO
Déborah Bénédicte YAMEOGO
(Stagiaire)


























