Offensive agropastorale : le Premier ministre inaugure une rizerie publique à Bagré

Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré, ce mardi 20 octobre 2026, la rizerie de Bagré, une unité industrielle gérée par la société d’État Faso Agropôles (SOFA). Troisième étape de sa visite de terrain, cette mise en service traduit la volonté du Gouvernement de renforcer la transformation locale des productions agricoles au service de la souveraineté alimentaire.
Portée par le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques et financée sur ressources propres de l’État, cette infrastructure s’inscrit dans le cadre de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028. Dotée d’une capacité de décorticage de 100 tonnes de riz paddy par jour, elle vient renforcer les capacités de transformation au profit des acteurs de la filière.
Guidé par les responsables techniques, le Chef du Gouvernement a découvert une chaîne de traitement allant du nettoyage du riz paddy au conditionnement du riz blanc. Les premiers équipements éliminent les impuretés, les pierres et les autres corps étrangers. La décortiqueuse retire ensuite l’enveloppe du grain, tandis qu’un séparateur par gravité distingue le riz décortiqué du paddy restant. Le blanchiment et le polissage à eau complètent ce traitement pour obtenir un riz blanc débarrassé des particules résiduelles de son.
L’unité dispose également d’une trieuse optique permettant d’écarter les grains de couleur indésirable et les corps étrangers, ainsi que d’une calibreuse séparant les grains entiers des brisures. Un dispositif de stockage, de pesée automatique et d’ensachage, complété par une machine de fermeture des sacs, assure le conditionnement du produit fini. Ces équipements doivent contribuer à améliorer la qualité et l’attractivité du riz burkinabè sur le marché.
Au-delà de ses performances techniques, la rizerie répond à un besoin stratégique : faciliter la transformation des stocks de riz paddy constitués par l’État dans le cadre des achats bord champ. Elle doit ainsi contribuer à lever les contraintes de décorticage, à mieux valoriser les récoltes et à consolider les débouchés des producteurs locaux.
S’adressant aux populations, le Premier ministre a souligné que la lutte contre l’impérialisme passe également par la conquête de l’autosuffisance alimentaire. Produire et transformer localement les ressources agricoles constitue, à ses yeux, une condition essentielle de la souveraineté nationale.
Il a rappelé, à cet effet, la vision du Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré : le développement agricole doit associer la production dans les champs à la transformation industrielle. Cette complémentarité doit permettre de créer davantage de valeur ajoutée à partir des récoltes nationales et de mieux répondre aux besoins alimentaires du pays.
Dans le prolongement de cette orientation, le Premier ministre a évoqué les agropôles implantés dans plusieurs régions et annoncé la poursuite de l’installation d’unités industrielles de transformation sur l’ensemble du territoire national.
Le Chef du Gouvernement a également appelé les populations à s’approprier la nouvelle rizerie, en s’impliquant dans sa gouvernance et sa préservation. Il a insisté sur cette responsabilité collective, indispensable au bon fonctionnement de l’unité et à sa pérennité. À la SOFA revient la responsabilité d’assurer une exploitation durable de cet investissement et de renforcer les liens avec les producteurs locaux.
À Bagré, l’enjeu est désormais de faire vivre cet investissement public pour mieux valoriser le travail des producteurs et renforcer la place du riz burkinabè dans l’alimentation des ménages. C’est dans cette continuité entre production, transformation et consommation locales que l’ambition de souveraineté alimentaire s’affirme et se consolide.
DCRP/Primature

Offensive agropastorale : le Premier ministre appelle les éleveurs à tirer pleinement profit des mesures d’accompagnement de l’État

Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a effectué, ce mardi 20 octobre 2026, une visite dans la province du Boulgou, région du Nakambé dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de l’offensive agropastorale. À Pouanga, commune rurale de Zoinsé, première étape de sa tournée, il s’est intéressé aux actions de renforcement de la santé animale et d’amélioration de la productivité du cheptel impulsée par le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré.

Sur place, les services vétérinaires ont présenté les campagnes de vaccination de la volaille, des petits et des grands ruminants, ainsi que les opérations d’insémination artificielle. Les explications ont également porté sur l’identification numérique du bétail, une technologie permettant d’assurer la traçabilité des animaux et de contribuer à la lutte contre le vol de bétail.

S’adressant aux populations, le Camarade Premier ministre a rappelé les ambitions de l’Offensive agrosylvopastorale : accroître les productions agricole et animale et renforcer la souveraineté alimentaire du Burkina Faso. Il a insisté sur les efforts financiers consentis par l’État pour rendre les services vétérinaires accessibles aux producteurs.

« Le coût de l’insémination artificielle des bovins est passé de 50 000 à 5 000 FCFA, grâce à la subvention de l’État », a indiqué le Chef du Gouvernement. Il a également souligné l’ampleur sans précédent des campagnes de vaccination engagées, dont le financement représente plusieurs milliards de FCFA.

Pour que ces investissements produisent pleinement les résultats attendus, le Camarade Premier ministre a invité les éleveurs à s’approprier les mesures d’accompagnement et les populations à relayer largement l’information, afin de permettre au plus grand nombre de producteurs de bénéficier de ces dispositifs et de contribuer à la réussite des initiatives gouvernementales.

Au-delà de l’amélioration de la production, le Chef du Gouvernement a abordé la question des débouchés. Il a exhorté les producteurs à privilégier le marché national pour l’écoulement de leurs produits, afin de mieux répondre aux besoins des populations et de contribuer à l’autosuffisance alimentaire.

Dans le prolongement de cette ambition, le Camarade Premier ministre a annoncé la construction d’abattoirs dans plusieurs localités du pays. Ces infrastructures permettront de renforcer les capacités nationales d’abattage, de soutenir la transformation locale de la production animale et de créer davantage de valeur ajoutée au profit de l’économie nationale.

L’enjeu est de traduire les efforts consentis par l’État en résultats concrets dans les élevages et sur les marchés. La mobilisation des producteurs sera déterminante pour accroître l’offre nationale, mieux nourrir les populations et donner corps à l’ambition de souveraineté alimentaire du Burkina Faso.

DCRP/Primature

 

Lutte contre la fraude et la contrebande : La Police saisit un camion chargé de riz importé frauduleusement à Banfora

Le Commissariat central de police de Banfora a animé un point de presse dans l’après-midi du lundi 19 octobre 2026. Une sortie au cours de laquelle le Commissaire central, Djakalia Ouattara, a annoncé la saisie de riz d’origine frauduleuse et l’interception et la prise en charge de 7 mineurs présumés victimes de trafic les 14 et 15 octobre derniers.

Dans le cadre de ses missions régaliennes, le Commissariat central de police de Banfora poursuit ses actions contre la fraude, la contrebande et le trafic des personnes. Dans ce sens, les agents ont intercepté respectivement les 14 et 15 octobre 2026, un camion chargé de riz étranger d’origine frauduleuse et 7 mineurs présumés victimes de trafic. Le Commissaire central de Police de Banfora, Djakalia Ouattara, a animé un point de presse dans l’après-midi du lundi 19 octobre dernier pour présenter les détails de ces deux opérations menées avec succès par ses hommes. Pour le riz, le camion intercepté transportait 15 tonnes d’une valeur estimée à 6 millions de F CFA. Selon le commissaire, c’est le 14 octobre 2026, aux environs de 14 heures que les policiers en service au poste de contrôle de Bounouna sur l’axe Banfora-Sidéradougou, ont intercepté ledit camion. Le véhicule, en provenance de Niangoloko et en partance pour un village du département de Tiéfora, a été soumis à un contrôle. Invité à présenter les documents justifiant l’importation de la marchandise, le conducteur n’a pas été en mesure de les fournir. Le camion et son chargement ont alors été conduits au service de police pour les vérifications nécessaires, et le propriétaire de la marchandise a été invité à se présenter aux enquêteurs. Après investigations, il est ressorti que le riz a été introduit frauduleusement depuis un pays voisin. Comment la marchandise a réussi à traverser la frontière ? Aux dires du conférencier, les éléments recueillis montrent que, comme mode opératoire, la marchandise était acheminée depuis le pays voisin en question à bord de tricycles, empruntant des pistes non officielles jusqu’à Niangoloko. De là, les sacs de riz sont rechargés dans des camions en vue de leur écoulement sur le marché national.

Le Commissaire Djakalia Ouattara a indiqué que le camion et sa cargaison seront mis à disposition des services des Douanes pour la poursuite de la procédure. Par ailleurs, dans la lutte contre la traite des personnes et la protection des mineurs, les hommes du commissaire Ouattara, précisément les agents du poste de contrôle de Nafona (Axe Banfora-Bobo-Dioulasso), ont intercepté dans la nuit du 15 octobre 2026, aux environs de 21 h 30, 7 mineurs en provenance de Bobo-Dioulasso, dans une situation présumée de trafic. Conduits au commissariat dans un premier temps, ces enfants ont été mis à la disposition de la Brigade régionale de protection de l’enfance (BRPE) des Tannounyan pour la suite des investigations et leur prise en charge conformément aux procédures en vigueur, foi de Djakalia Ouattara. Pour le Commissaire central, ces opérations illustrent la détermination des services de Police à lutter contre les circuits frauduleux qui fragilisent l’économie nationale, mais également à protéger les personnes vulnérables, notamment les enfants. Il a alors invité la population à poursuivre sa collaboration avec les services de police en dénonçant tout fait suspect.

Alpha Sékou BARRY

alphasekoubarry@gmail.com

 

 

Dengue : « Les gens meurent surtout parce que la maladie a été reconnue trop tard », Dr Lassané Kafando, épidémiologiste

La dengue est une maladie virale transmise principalement par la piqûre de la femelle du moustique Aedes. Elle reste une préoccupation de santé publique au Burkina Faso. Comment se transmet-elle ? Comment évolue le virus dans l’organisme du moustique ? Quels sont les signes de la maladie et les moyens de prévention ? Le médecin
épidémiologiste, chef de service surveillance épidémiologique du Burkina Faso, Dr Lassané Kafando, apporte dans cette interview des éléments de réponse à ces différentes questions.

Sidwaya (S) : Qu’est-ce que la dengue et comment se transmet-elle ?

Dr Lassané Kafando (LK) : La dengue est une maladie tropicale négligée réémergente due à un virus qui est transmis à l’Homme par la piqure du moustique femelle du genre Aedes aegypti dit moustique tigre. Ces moustiques piquent surtout le jour, mais aussi la nuit et prolifèrent dans les eaux stagnantes (bidons, pneus, pots de fleurs).

S : Quels sont les principaux signes qui doivent faire penser à une dengue ?

LK : Les principaux symptômes qui doivent faire penser à une dengue sont, entre autres, une fièvre souvent supérieure à 39°C, des maux de tête surtout derrière les yeux, des douleurs articulaires et musculaires, une fatigue importante, des nausées, des vomissements et des éruptions cutanées. Parfois, l’on constate des manifestations hémorragiques, telles que des pétéchies et des épistaxis qui peuvent survenir. Les pétéchies sont de petites taches rouge vif ou violacées, qui correspondent à la présence de lésions hémorragiques sous la peau. Les épistaxis sont des saignements du nez.

S : Comment distinguer la dengue d’un simple paludisme, notamment au début de la maladie ?

LK : Les signes orientent, mais ne permettent pas de trancher. Les deux maladies débutent par un syndrome fébrile aigu non spécifique et la co-infection est possible. Quand nous avons une fièvre qui survient brutalement associée à des céphalées rétro-orbitaires, des douleurs intenses ou éruption cutanée on peut penser à la dengue. Lorsque la fièvre est souvent ondulante ou intermittente avec des frissons intenses et des sueurs, on peut penser au paludisme. Mais il est toujours recommandé, en cas de fièvre, de se rendre dans le centre de santé proche.

S : Quels sont les signes de gravité qui doivent pousser le malade à consulter rapidement ?

LK : Nous ne devons pas attendre l’existence de signes de gravité pour aller consulter. Dès le premier signe qui est la fièvre de survenue brutale pouvant atteindre 39°C associé ou non à des maux de tête surtout derrière les yeux, il faudra aller consulter dans le centre de santé le plus proche.

S : Existe-t-il différents types ou sérotypes du virus de la dengue ? Si oui, que faut-il comprendre par-là ?

LK : Il existe quatre sérotypes du virus de la dengue (DENV), il s’agit de DENV-1, -2, -3 et -4. Nous devons comprendre ici qu’il existe quatre types de virus de la dengue, qui donnent les mêmes symptômes et sont transmis par les mêmes moustiques Aedes. Une personne peut être infectée par les quatre sérotypes de façon distincte. Il est possible qu’une personne soit infectée par deux sérotypes, au moins.

S : Pourquoi certaines formes de dengue peuvent-elles être mortelles ?

LK : La dengue devient mortelle surtout lorsqu’elle évolue vers une des complications c’est-à-dire la dengue sévère (hémorragique ou avec choc). Les gens meurent surtout, parce que la maladie a été reconnue trop tard. Si on va vite au centre de santé, on peut presque toujours les sauver. La surveillance des signes d’alerte et l’orientation rapide vers un centre de santé sont essentielles pour sauver des vies.

S : Quelles sont les zones ou les périodes qui présentent le plus de risques ?

LK : Lors de l’épidémie de 2023, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso concentraient plus de 80%. Plusieurs autres zones ont notifié des cas. Nous pouvons citer, entre autres, les villes de Koudougou, Banfora, Ouahigouya, Fada N’Gourma, Kaya, Ziniaré etc. La saison des pluies (août-octobre) est la période la plus propice pour la prolifération des moustiques Aedes, donc une augmentation de la transmission. Durant la période de septembre à novembre nous notons une hausse de cas de dengue et de mortalité liée à la consultation tardive.

S : Une personne qui a déjà contracté la dengue peut-elle l’attraper à nouveau ?

LK : Oui. Avoir eu la dengue protège contre le sérotype qui a causé l’infection, mais pas contre les trois autres.

S : Qui sont les personnes les plus vulnérables face aux formes graves ?

LK : Certaines personnes sont plus vulnérables. Il s’agit des nourrissons et des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées, des personnes qui ont une maladie chronique (diabète, hypertension, drépanocytose, malade immunodéprimé) et celles qui ont déjà eu la dengue.

S : Quels examens permettent de confirmer une dengue ?

LK : Les Tests de diagnostics rapides (TDR) sont utilisés en première ligne pour la confirmation de la maladie au Burkina Faso. Des examens plus spécifiques sont réalisés par le laboratoire national de référence fièvre hémorra-gique (LNR-FHV) pour déterminer le sérotype.

S : Quel est le traitement recommandé pour une personne atteinte de dengue ?

LK : A ce jour, il n’existe pas de traitement qui soit spécifique contre le virus de la dengue. La prise en charge repose sur le traitement des symptômes, une bonne hydratation, le repos et la surveillance de l’évolution de la maladie. Dans les formes graves, une hospitalisation et une prise en charge médicale spécialisée peuvent être nécessaires. Aussi, la détection rapide de la maladie permet de traiter les symptômes et mieux réajuster les traitements pour ceux qui en prennent pour d’autres maladies. Dès les premiers signes, il est recommandé de se rendre dans une formation sanitaire et éviter l’automédication.

S : Quels médicaments faut-il éviter en cas de suspicion de dengue ?

LK : Il y a certains médicaments notamment les anti-inflammatoires qui ne sont pas compatibles avec
cette maladie, car, ça augmente les risques de complications par des saignements (complications souvent très mortelles). Pour cela, il faut se rendre dans une formation sanitaire dès les premiers signes.

S : Pourquoi l’automédication peut-elle être particulièrement dangereuse dans ce cas ?

LK : L’automédication dans le traitement de la dengue est fortement déconseillée en raison des contre-indications liées à certains médicaments évoquées précédemment. La prise en charge par un professionnel de santé permet également d’assurer une surveillance adéquate des symptômes, de détecter précocement les signes de complication et d’instaurer rapidement les soins appropriés, y compris le recours à d’autres spécialités lorsque cela est nécessaire.Il est recommandé de consulter les services d’un professionnel de santé afin de bénéficier d’un examen clinique et si nécessaire de réaliser les tests appropriés avant toute prise de médicaments.

S : Combien de temps dure généralement la maladie ?

LK : La durée de la maladie ou de la convalescence dépend de l’organisme de tout un chacun. La dengue est souvent brève mais intense. Le danger survient surtout au moment de la phase critique qui peut se situer entre le 3e et 7e journée de convalescence, c’est pourquoi les signes de gravité doivent être surveillés de près.

S : A partir de quel moment le malade n’est plus considéré comme présentant un risque important ?

LK : Il n’y a pas de période fixe : le risque diminue nettement quand la phase critique est terminée. On considère le patient hors de danger, lorsqu’il a passé 48 à 72 heures sans fièvre (sans antipyrétique), avec une amélioration clinique des signes et des paramètres stables, C’est-à-dire quand la fièvre est tombée depuis 2 ou 3 jours, que vous mangez de nouveau, que vous vous sentez mieux et qu’aucun signe d’alerte n’est apparu, le plus grand danger est passé. Il faudra raisonner à partir de la fièvre et de l’état du patient, pas à partir du calendrier.

S : Peut-on guérir complètement de la dengue ?

LK : Oui, dans la majorité des cas, la dengue est une infection virale aiguë, le virus est éliminé par l’organisme et il n’existe pas de portage chronique.

S : Quelles complications peuvent survenir dans les formes sévères ?

LK : La dengue sévère regroupe plusieurs types de complications. Il s’agit notamment de la fuite plasmatique avec choc ou détresse respiratoire, les hémorragies graves, la déshydratation sévère et les atteintes d’organes sévères. Elles peuvent s’associer entre elles.

S : Existe-t-il aujourd’hui un vaccin contre la dengue et quelle est sa place dans la prévention ?

LK : Au Burkina Faso le vaccin contre la dengue n’est pas introduit dans le programme de vaccination.

S : Comment la population peut-elle contribuer à la lutte contre la maladie ?

LK : Afin d’éviter de contracter la dengue, nous invitons la population à adopter deux types de précautions ou préventions. Les mesures de prévention contre la dengue sont les mêmes que celles du paludisme. Il s’agit de la prévention individuelle et la prévention collective. La prévention individuelle, c’est l’application de mesures sur soi-même afin de réduire le risque de contracter la maladie. Il s’agit de se protéger des piqûres de moustiques par l’utilisation : de vêtements qui couvrent autant que possible le corps, de moustiquaires idéalement imprégnées d’insecticides à longue durée d’action, si vous dormez même pendant la journée, d’écrans anti-insectes sur les fenêtres et l’équipement des portes et fenêtres en grilles antimoustiques, de répulsifs contre les moustiques, de serpentins fumigènes et de vaporisateurs.

La prévention collective, elle est l’application de mesures visant à limiter la population de moustiques à travers l’assainissement de l’environnement. Sous l’impulsion du président du Faso, des activités d’assainissement ont été lancées par le gouvernement et c’est l’occasion d’appeler une fois de plus le vaillant peuple à y adhérer pour se protéger et poursuivre sainement le combat, à travers la couverture des récipients de stockage de l’eau, la pulvérisation spatiale (utilisée surtout en période de flambée), la pulvérisation intra domiciliaire (PID). Il convient de faire un petit rappel. Tout cas suspect, probable ou confirmé de dengue doit obligatoirement dormir sous une moustiquaire, afin de rompre la chaine de transmission.

S : Quelles insuffisances ou mauvaises pratiques observez-vous encore fréquemment dans les ménages ?

LK : Ce qu’il faut éviter, c’est la conservation d’eau dans des bidons, bassines ou jarres sans couvercle, l’abandon de pneus, des boîtes de conserve ou de vieux récipients qui accumulent l’eau de pluie, l’automédication ainsi que le retard de consultation, la non-utilisation de répulsifs ou de vêtements couvrants en journée…

S : Quel message essentiel adressez-vous à la population pendant les périodes de forte circulation de la maladie ?

LK : Il faut surtout éliminer les gîtes larvaires, se protéger contre les moustiques la journée comme la nuit, consulter rapidement en cas de fièvre brutale, éviter l’automédication et participer aux actions communautaires.

 Samira Alida KAMBOU

Diaspora AES résidant au Sénégal : forte mobilisation pour réaffirmer le soutien aux autorités

La délégation de la Confédération des Etats du Sahel présente dans la capitale sénégalaise dans le cadre des premières négociations formelles avec la CEDEAO, a rencontré les communautés burkinabè, malienne et nigérienne installées au pays de la Teranga, dans la soirée du dimanche 18 octobre 2026.

Ce cadre d’échanges directs a permis aux ministres de la Confédération AES, de présenter à leurs compa-triotes fortement mobi-lisés, le sens de leur parti-cipation à la réunion avec la CEDEAO, et leur apporter les nouvelles de leurs pays respectifs et de l’espace confédéral de façon plus globale.

Et puisque ce cadre se veut surtout un moment pour les ministres chargés de la Diaspora d’écouter celle-ci, la parole a été donnée aux communautés des trois pays. Dans leurs interventions, les membres de la diaspora burkinabè malienne et nigérienne ont exprimé leurs félicitations aux présidents des Etats de la Confédération AES, pour les victoires engrangées au quotidien sur le terrorisme et pour les avancées sur les plans du développement et de la diplomatie.

Ils ont encouragé les dirigeants des trois pays dont ils saluent le leadership et la clairvoyance, à maintenir le cap, dans une démarche de solidarité et en mettant toujours les peuples de l’espace confédéral au cœur de leurs initiatives.
En ce qui concerne les doléances et les préoccupations, les communautés de la Confédération AES résidant au Sénégal ont sollicité des démarches de la part de leurs dirigeants, pour une reconnaissance de leurs documents d’identité par les services admi-nistratifs et sécuritaires du pays d’accueil.

Ils ont également souligné la nécessité de trouver une solution urgente et définitive, aux tracasseries et aux raquettes constatées lors des déplacements routiers dans les trois pays de la Confédération AES, tout en encourageant le dévelop-pement du transport aérien dans cet espace.

La préservation des biens et privilèges (notamment dans le foncier et l’enseignement) des ressortissants de l’AES après la sortie de la CEDEAO, et la prise en compte de l’expertise de la diaspora dans les politiques publiques, ont également été soulignées par les intervenants.
Autre point d’intérêt, les membres de la diaspora AES souhaitent une harmonisation des politiques et réformes des trois pays dans des secteurs clés tels que l’éducation et l’enseignement supérieur, tout en encourageant les autorités de l’AES à accorder une place de choix à la formation professionnelle et aux initiatives d’autonomisation des femmes.

Les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont échangé avec leurs compatriotes vivant au Sénégal à l’issue des premières négociations
formelles avec la CEDEAO.

En réaction, le camarade ministre Karamoko Jean Marie Traoré qui a présidé la rencontre et ses homologues, ont remercié leurs compatriotes pour les encouragements et pour la sincérité dans l’expression de leurs préoccupations. Ils les ont rassurés que les préoccupations en lien avec la reconnaissance des documents d’identité et les difficultés d’accès à certains services dans le pays d’accueil, sont déjà prises en compte dans le processus de négociations entamé avec la CEDEAO.

Par ailleurs, la question des tracasseries routières est, selon le ministre Traoré, déjà bien connue des autorités de l’espace confédéral, qui y travaillent dans le cadre de la promotion d’une gouvernance vertueuse dans les trois pays. Il a cependant invité les usagers à jouer leur part de responsabilité, en dénonçant ou en refusant d’être acteurs de ce phénomène car, dit-il, « sans la participation des populations ce cycle de raquettes ne saurait pas perdurer ».

Les ministres ont félicité les ambassadeurs et les responsables des communautés burkinabè malienne et nigérienne, pour le travail qu’ils abattent en termes de mobilisation de la diaspora AES au Sénégal. Ils ont invité les membres de la diaspora à s’impliquer davantage dans la construction de leur pays, sans forcément attendre que des cadres soient créés pour cela. Un appel a été lancé aux ressortissants maliens, burkinabè et nigériens vivant au Sénégal, à l’unité et au respect des lois et règlements du pays d’accueil, pour ainsi véhiculer une image digne et intègre de la Confédération AES.

DCRP/MAE

Lutte contre le paludisme : le ministère de la Santé s’assure du bon déroulement de la campagne de chimio-prévention

Le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Joël Arthur Kiendrébéogo, a effectué, le vendredi 16 octobre 2026, une visite de supervision du quatrième et dernier passage de la Campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier plus (CPS+) à Laye, dans la province du Kourwéogo. A cette occasion, le major du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS), Issouf Sawadogo, a fait état d’une baisse des cas de paludisme.

Le ministère de la Santé veut s’assurer du bon déroulement du 4e et dernier passage de la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier qui a été faite du 15 au 18 octobre 2026. C’est pourquoi le secrétaire général, Dr Joël Arthur
Kiendrébéogo était au CSPS de Laye, le vendredi 16 octobre 2026. Accompagné du haut-commissaire ainsi que des autorités administratives, sanitaires et coutumières, il s’est entretenu avec les acteurs de santé sur la mise en œuvre de cette quatrième campagne de CPS+ et les indicateurs de performance de la structure sanitaire.

Cette campagne, a-t-il rappelé, cible environ 5,5 millions d’enfants à l’échelle nationale. Elle vise, selon lui, à renforcer leur protection contre le paludisme à travers l’administration de médicaments préventifs, mais aussi d’autres interventions sanitaires. Au cours des échanges, Dr Joël Arthur Kiendrébéogo a rappelé que la CPS+ ne se limite pas à la prise de médicaments. Elle comprend également le dépistage de la malnutrition, la prise en charge des enfants présentant de la fièvre et la sensibilisation des familles à l’élimination des gîtes larvaires, a-t-il précisé. Il a invité les parents à adhérer pleinement aux interventions et à maintenir leur vigilance au-delà de la saison des pluies. « La lutte contre le paludisme, c’est une lutte de tous les jours », a-t-il insisté, réaffirmant l’engagement du ministère à poursuivre les efforts pour l’élimination de la maladie à l’horizon 2030.

Une baisse de 85 % des cas en deux ans

Présentant la situation épidémiologique de la localité, le major du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Laye, Issouf Sawadogo, a indiqué que les cas de palu-disme enregistrés à la semaine épidémiologique 41 sont passés de 96 en 2024 à 25 en 2025, puis à 14 en 2026. Entre 2024 et 2026, cette évolution représente une diminution d’environ 85 % des cas rapportés par la structure sanitaire sur la période considérée. Ces chiffres constituent, pour lui, un signal encourageant dans un contexte de renforcement des interventions de prévention et de prise en charge du paludisme. La CPS+ contribue à cette dynamique en associant la chimio-prévention à d’autres actions visant à protéger les enfants et à améliorer leur état de santé. Toutefois, a-t-il interpelé, la vigilance demeure essentielle. La prévention, le recours rapide aux soins en cas de fièvre et la participation des familles aux campagnes restent indispensables pour consolider les acquis et protéger durablement les enfants, a-t-il estimé.

Julien ZOUNGRANA

Cette démocratie-là !

Lorsque le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré ne cesse de clamer que nous n’avons que faire de la démocratie parlementaire bourgeoise et s’attire de ce fait le courroux des exégètes de cette « dévolution exemplaire » du pouvoir, la situation politique sociale et sécuritaire dans laquelle se trouve actuellement la France, vient corroborer ses propos, sur ce qu’il est convenu d’appeler plutôt un leurre, non seulement dans son acceptation première mais surtout dans son mode de gestion qui exclut une grande partie du peuple, principalement les couches défavorisées.

Faut-il le rappeler, ce système de gouvernance a été inventé dans la Grèce et la Rome antique par l’aristocratie militaire et civile ainsi que les praticiens pour prétendument défendre les intérêts de la plèbe, alors qu’il servait plutôt à maintenir leurs privilèges et à les enrichir par le biais des fiefs et des domaines qu’ils se taillaient dans ces agoras démagogiques. Plus tard, l’instauration de la royauté dans l’Europe du « deep âge », a accentué cette tyrannie et cette exploitation par le biais du servage qui a duré jusqu’au siècle dit des lumières, lumière qui soit dit en passant est venue d’Afrique avec les Maures (des noirs en fait) qui avaient apporté la science en Espagne et au Portugal, faisant de ces deux pays les premières puissances occidentales de l’époque.

Un leurre démocratique que les révolutionnaires européens puis leurs successeurs républicains ont perfectionné d’abord à travers le suffrage censitaire (seuls les riches avaient le droit de vote) puis universel (?) toujours dans le but de défendre leurs « droits acquis. » Les banquiers avaient entre-temps remplacé les féodaux et les aristocrates dans le rôle de garants de ce système prédateur. Et comme l’appétit vient en mangeant, l’ultralibéra-lisme a fini par prendre le pas sur ces démocraties chrétiennes qui prétendaient prôner un libéra-lisme-progressiste (sic).

Deux notions antagonistes qui ne pouvaient qu’aboutir au chaos actuel un peu partout en Occident étant donné que partout où il y a oppression, il y a résistance et lutte. Implémentée chez nous, cette démocratie parlementaire s’est muée en ploutocratie ou en kleptocratie avec les masses populaires au centre de cette duperie où les voix s’échangeaient contre du riz gras, des billets bleus et divers gadgets. Un trompe-œil… que le peuple burkinabè a censuré à maintes reprises à travers des insurrections et des grèves générales très suivies. Héritier de cette longue tradition de lutte et bien au fait de l’ADN burkinabè, le président du Faso peut donc dire à bon droit que ce système est inadapté sous nos cieux. Ce que le peuple veut, c’est du pain, de l’eau, de la santé et de l’éducation. Et à tous les moments de son histoire il a reconnu les siens. Le reste relève des élucubrations et des thèses libres des pseudos démocrates. Et, Macron qui a plongé son pays dans un marasme économique et social sans nom sera bientôt payé pour le savoir.

Boubakar SY

Dr Hyacinthe Ouédraogo : « Ces manifestations prouvent que la France a échoué dans sa gouvernance sociale et économique »

Dans cet entretien, l’analyste politique, Dr Hyacinthe Ouédraogo, par ailleurs enseignant-chercheur, donne des précisions sur les violences qui secouent la France, à travers des vagues de manifestations dans des villes françaises.

Sidwaya (S) : Quelle analyse faites-vous de la situation qui prévaut actuellement en France ?

Hyacinthe Ouédraogo (H. O) : C’est une situation très critique. C’est la manifestation d’une crise latente depuis longtemps qui finit donc par éclater au grand jour. Tous les analystes savaient que tôt ou tard, ce genre de crise allait éclater en France. La crise est liée à beaucoup d’in-conséquences de la politique française, que ce soit à l’interne comme au niveau diplomatique international.
Il faut reconnaître que c’est l’une des grandes crises de l’histoire con-temporaine de la France. Depuis les années 70 jusqu’à nos jours, nous voyons souvent des crises, dont les vecteurs sont les syndicats, les partis politiques ou les gilets jaunes, c’est-à-dire l’ensemble des jeunes, des travailleurs. Mais que des enfants, des élèves, une jeunesse, des adolescents se soulèvent contre des institutions, la gouvernance, tout le gouvernement et fassent autant de casse, c’est une première. Et cela montre que la crise est vraiment profonde.

S : Et comment est-ce que la France est arrivée à cette violence ?

H.O : Premièrement, c’est une suite logique de l’inconséquence des politiques internes même de la France. Deuxièmement, c’est le résultat de l’ inconséquence de la diplomatie ou des relations de la France avec les autres pays dans le monde. Si la jeunesse se comporte comme ça aujourd’hui, c’est d’abord le résultat d’une mauvaise éducation. Parce qu’un enfant, c’est comme un ordinateur vide. Donc, si aujourd’hui, les jeunes ne sont pas, à mon sens contrôlables, c’est parce qu’eux-mêmes, ils n’ont pas reçu une éducation en phase avec leurs attentes. Le système éducatif français étant lui-même en panne. Je pense la France est aujourd’hui déconnectée des réalités sociales, des réalités humaines.

La France veut actuellement promouvoir une politique qui repose, à tout le moins, sur une vision mondialiste, qui ne prend pas en compte les préoccupations des masses, mais entend défendre des valeurs universelles. Or, un pays se gouverne et une jeunesse se dirige en se focalisant sur les besoins internes du peuple. Voilà pourquoi, de plus en plus, la gauche et l’extrême droite prennent de l’ampleur. C’est comme si la gouvernance de Emmanuel Macron visait les intérêts de l’Europe et ceux de la mondialisation, plutôt que ceux des Français. L’éducation est donc un échec. Sur le plan extérieur, c’est parce que la France, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’a pas réinventé son modèle économique et social. En effet, depuis longtemps, l’Etat français, comme la plupart des Etats européens, a toujours vécu de l’exploitation d’autres pays du monde. L’Europe a exploité l’Amérique et l’Asie. Quant à l’Afrique, il n’y a même pas lieu d’en parler.

Cependant, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays ont réinventé leur modèle économique, à l’exemple du Portugal, de l’Allemagne, de l’Espagne et même de la Grande-Bretagne. Ces pays ne vivent plus de l’exploitation d’autres pays dans le monde. Ils ont noué de nouveaux partenariats avec leurs anciennes colonies et d’autres pays, en établissant ce que l’on appelle des relations gagnant-gagnant. Mais la France veut toujours maintenir l’exploitation de l’Afrique. Au lieu d’établir des relations gagnant-gagnant, elle privilégie des rapports d’exploitation et d’écrasement. Aujourd’hui, l’Afrique se réveille et commence de plus en plus à avoir un œil sur ces questions. Cela provoque des crises à tous les niveaux, notamment sur les plans économique et social. Tous ces aspects sont amplifiés par la crise politique.

S : Pensez-vous que ces manifestations peuvent avoir un impact sur la présidentielle de 2027 ?

H.O : Oui, c’est sûr que, les élections étant prévues au premier semestre de 2027, on assistera forcément à une poussée de la gauche ou de l’extrême droite. Je serais étonné que, lors des prochaines élections, les Républicains dirigés par Macron ou ceux qui prônent les valeurs républicaines parviennent à se maintenir au pouvoir. Je mise plutôt sur la gauche ou l’extrême droite, avec le Front national. Cependant, je ne pense pas que cette situation puisse, dans l’immédiat, pousser Macron à démissionner. Si Macron était un président démocrate, comme il le prétend et était véritablement au service du peuple, il aurait dû démissionner dès 2024 ou 2025, lorsque plusieurs gouvernements qu’il avait mis en place sont tombés successivement. Mais il a toujours refusé de le faire. Si Macron était un président démocrate et consciencieux, soucieux du bien-être du peuple français, il aurait dû démissionner à la suite des crises survenues ces dernières semaines. Mais il ne l’a pas fait. Il bénéficie du soutien de son parti. Ce n’est donc pas l’échec d’un individu, mais celui de tout un système, de tout un parti. Nous pourrions ainsi assister, dans les semaines à venir, à une aggravation de la situation et continuer à avancer tant bien que mal jusqu’aux élections.

S : Cette révolte traduit-elle un rejet du système politique français et de la classe politique ?

H. O : Oui, c’est un rejet parce qu’au niveau de la gouvernance sociale, économique, les dirigeants actuels, la classe politique française même ont échoué. Ils n’ont pas su réinventer leur système économique. Aussi, ce qu’ils proposent au peuple français n’a pas d’avenir. Quand on regarde dans le tableau, la France va continuer à s’endetter. Et les problèmes de chômage vont continuer à s’accentuer. La question des retraités va continuer à s’accentuer et la crise de l’éducation aussi va perdurer. Donc, en fait, il n’y a pas de bonnes perspectives dans le viseur. Ce qui montre que les Français ont compris et rejettent la politique même française à l’interne, au niveau économique, au niveau social. Et il faut changer de paradigme. Il faut une nouvelle classe politique qui va instaurer un nouveau contrat social ou un nouveau projet social pour la société française.

Ce projet doit être réaliste et ne doit pas compter encore sur l’exploitation des pays africains ou du tiers monde, mais consister à construire une économie auto-centrée qui s’appuie soit sur l’industrialisation
ou les atouts de la France. Je donne un seul exemple au niveau de l’éducation. Aujourd’hui, quand vous prenez en France, qu’est-ce qu’on enseigne aux enfants ? Ce sont des contre-valeurs. On va enseigner l’homosexualité, un droit qui déracine même l’enfant de son environnement social. On va jusqu’à dire qu’on ne naît pas avec son sexe. On naît et après, on choisit l’orientation sexuelle. Et aujourd’hui, la jeunesse est désorientée. Et récemment, ils ont adopté ce qu’on appelle l’euthanasie. Donc, il faudra que la France revienne aux valeurs humaines. Sinon la société française ira de délitement en délitement et de crise en crise.

S : Pensez-vous qu’une partie du problème est liée à la perte des ressources naturelles que la France se procurait auprès de ses anciennes colonies ?

H. O : Oui, évidemment. La France a un système économique basé sur l’exploitation et le pillage des anciennes colonies. Aujourd’hui, il est vrai que plusieurs pays sont toujours rattachés à la France, mais, si l’on considère uniquement les pays de l’AES, c’est une grande manne financière qui ne tombe plus dans l’escarcelle française. La question des transactions se pose également. Celles de l’AES ne passent plus nécessairement par le franc CFA. Puisqu’on a voulu nous verrouiller sur le plan des transactions, nous avons développé un système fondé sur la vente directe de notre or à nos partenaires. D’autres pays, comme le Mali et le Niger, ont également emboîté le pas. N’oubliez pas que l’uranium du Niger n’est plus accessible. Toutes les ressources minières et autres ressources du Burkina Faso ne sont plus accessibles non plus. Il faut également prendre en compte la dénonciation de la convention de non-double imposition des entreprises françaises au Burkina Faso.

Tout cela a des répercussions sur le budget français. Aujourd’hui, voilà pourquoi nous estimons que cette situation explique le déficit et l’endettement croissant de la France. Pour un pays comme la France, si la croissance n’atteint pas deux chiffres, c’est que la crise ne fait que s’aggraver. Je crois donc que le réveil africain et le rejet, par les Africains, de la politique française en Afrique constituent l’une des causes de cette crise. Les Français disent qu’il s’agit d’un sentiment anti-français. Or, ce n’est pas un sentiment anti-français, mais un refus légitime. Vous savez que, depuis l’histoire et pas seulement depuis la conquête coloniale, mais aussi depuis l’esclavage, la traite négrière et la déportation, la France vit du pillage et de l’exploitation de l’Afrique et d’autres continents. Aujourd’hui, les portes sont en train de se fermer.

De nombreux pays, même s’ils entretiennent toujours des relations avec la France, ont commencé à tirer les leçons de cette situation et à se repositionner. Forcément, cela a des répercussions sur le budget français et constitue l’une des causes de cette crise. Cela signifie que cette situation résulte également d’une crise éco-nomique. Pourquoi les élèves se plaingnent-ils ? Ils se plaignent parce qu’ils ne bénéficient plus d’un encadrement suffisant ni de l’accompagnement nécessaire dans le domaine de l’éducation. Tout d’abord, il y a eu de nombreux départs d’enseignants. Pourquoi ces enseignants sont-ils partis ? Parce qu’il y a des attentes et des promesses qui n’ont pas été satisfaites. Les infrastructures, les équipements et les commodités nécessaires ne suivent pas.

Même chez nous, vous constatez que nous progressons. Nous sommes un peuple résilient et nous savons nous adapter. En France, en revanche, les établissements devraient disposer de tous les équipements nécessaires : tableaux numériques, salles de classe et commodités adaptées à l’éducation. Chez nous, aujourd’hui, on peut avoir sans difficulté 60, 70, voire 80 élèves dans une classe. En France, les effectifs étaient de 25 élèves par classe. Dès lors que l’Etat décide de passer à 30 ou 35 élèves par classe, cela pose problème. Pour eux, 35 élèves constituent déjà un effectif pléthorique. Cela montre que la France n’a plus les moyens d’injecter suffisamment de fonds dans l’éducation. Cette situation résulte donc d’une crise économique qui affecte le système éducatif en raison d’un financement insuffisant et discontinu.

S : Après les manifestations, quelle sera, selon vous, la place de la France dans le concert des nations ?

H. O : Je pense que cette crise peut ne pas avoir des résultats immédiats. Tout va dépendre de la suite. Mais ce qui est sûr, cette crise n’est que l’une des manifestations du malaise profond, du marasme économique que vit la France. Si la France ne se réinvente pas, ne trouve pas un nouveau modèle économique qui soit en phase avec les réalités du 21e siècle, la France qu’on appelle grande puissance, qui d’ailleurs ne l’est pas, c’est juste un géant aux pieds d’argile, n’aura plus sa place dans le G7 dans les années à venir. Ensuite, dans le G20, la France sera déclassée. Peut-être, il faudra parler de G100, parce que tout le monde sait que la France n’a pas de ressources. Un pays comme le Japon n’a pas de ressources, mais il a su, de par l’industrialisation, la vente des technologies, le génie des Japonais, avoir un système économique puissant. Le Japon est aujourd’hui la quatrième, voire la troisième puissance économique après les Etats-Unis, la Chine. C’est ce que la France aussi doit faire. Sinon, ça sera donc la chute, la descente aux enfers.

S : Et en fonction de toutes ces conditions que vous venez de décrire, que pensez-vous de l’après-Macron pour la France ?

H.O : Je pense que Macron ira au terme de son mandat. Mais ce n’est pas exclu aussi que la pression de part et d’autre l’emmène à partir pour conserver le peu de dignité qui puisse lui rester. Mais tout compte fait, il est fort probable que Macron reste au pouvoir jusqu’en avril, mai 2027. Pour l’après-Macron, je vois une autre formation politique émerger et tenter des réformes profondes à tous les niveaux. Parce que ce pouvoir, d’ailleurs, ne sera élu que sur la base de grandes promesses électorales. Il faudra que la France devienne une nation réaliste. La France a des cerveaux, des compétences qu’elle doit valoriser. Mais il faudra aussi que cette politique réaliste conduise la France à revoir son niveau de vie. Parce qu’aujourd’hui, sincèrement, ce pays vit au-dessus de ses moyens. Le luxe que les Français se permettent découle du sang et de la sueur des Africains. Elle n’aura pas d’autres options que de revoir son niveau de vie pour progressivement réinventer un modèle économique qui puisse la mettre en partenariat avec les Africains. Nous, à l’AES, ne sommes pas contre la France. Nous pouvons collaborer si nous avons nos intérêts et la France les siens. Mais vouloir collaborer pendant qu’elle gagne 90%, nous avons 10%, nous disons non. Et la France peut encore se redéployer en Afrique et ailleurs dans le monde, dans des partenariats qui soient gagnant-gagnant pour se reconstruire. Voilà Réinventer, refonder l’Etat français au niveau de l’éduca-tion, de l’économie et même de la vision politique.

Wanlé Gérard COULIBALY
Galedie Kétoura SIMPORE
Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Entreprises à caractère stratégique: la privatisation désormais interdite par la loi

En plénière ce lundi 19 octobre 2026, à l’Assemblée législative du peuple (ALP), les députés ont voté à l’unanimité la loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique.

Malgré l’existence de la loi n° 53 du 20 décembre 1993, portant définition et détermination des sociétés et entreprises à caractère stratégique, qui visait à préserver les entreprises dont la privatisation pourrait menacer l’équilibre social, de nombreuses sociétés publiques ont été privatisées au cours des années 1993 et 1994. Aujourd’hui, dans le cadre de la vision souverainiste de la Révolution populaire progressiste (RPP), les autorités entendent mettre un terme à cette situation. C’est dans cette perspective que l’Assemblée législative du peuple (ALP) a procédé à la relecture de ladite loi qui a été adoptée à l’unanimité par les députés en séance plénière, le lundi 19 octobre 2026.

Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Gnaniodem Serge Poda, il est désormais interdit de privatiser les entreprises à caractère stratégique. « Cette loi vise à protéger toutes les entités considérées comme stratégiques, qu’elles soient publiques ou privées. Désormais, toute privatisation, totale ou partielle de ces structures est interdite. Pour être qualifiée de stratégique, une entité doit présenter un lien avec la souveraineté nationale, contribuer à la sûreté nationale face aux menaces intérieures et extérieures et avoir une incidence sur l’équilibre social et économique du pays », a-t-il expliqué.

…ont voté la loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique.

A travers cette loi, l’Etat a désormais toutes les prérogatives d’encadrer, de contrôler, de suivre les entités non seulement publiques à caractère stratégique, mais a aussi la possibilité de prendre des parts ou de renforcer sa participation dans des entités privées qui seront jugées stratégiques dans le pays, a poursuivi le ministre. « Il s’est agi d’un texte qui vient sonner le renouveau de la création et de la protection d’outils importants stratégiques de transformation, de production commerciale, industrielle, économique en visant donc la souveraineté du pays », a ajouté Serge Poda.

Les innovations de cette loi sont entre autres, l’affirmation du droit pour l‘Etat d’entrer dans le capital de toute entreprise à caractère stratégique, l’encadrement du pouvoir de décision des entités à travers l’interdiction de certaines opérations sans autorisation préalable du Conseil des ministres et la prise en compte d’une clause d’insaisissabilité des biens et des comptes des entités. Le ministre a enfin salué le travail accompli par les députés tout au long du processus d’élaboration et d’adoption de cette loi. Selon lui, son adoption permettra à l’Etat de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie et la dynamique engagée depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.

Fleur BIRBA

IXe édition du Forum national de l’intégration: pour une Afrique unie, souveraine et solidaire

Le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a présidé, le lundi 19 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, la cérémonie d’ouverture de la IXe édition du Forum national de l’intégration. A cette occasion, elle a appelé à une intégration africaine fondée sur la souveraineté des Etats et les aspirations des peuples.

La IXe édition du Forum national de l’intégration se tient du 19 au 22 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, sur le thème : « L’intégration africaine à l’ère de la Révolution progressiste populaire ». Les travaux portent notamment sur le bilan des activités menées en faveur des communautés étrangères vivant au Burkina Faso. Il s’agit de dresser l’état des lieux, de relever les insuffisances et de dégager de nouvelles perspectives pour renforcer la cohésion sociale. S’exprimant au nom du ministre des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a rappelé que l’intégration ne saurait se limiter aux accords et aux rencontres institutionnelles.

Elle doit, selon elle, répondre aux aspirations des peuples et contribuer à leur bien-être. Le ministre délégué a évoqué les sanctions imposées aux populations du Sahel, estimant que cette expérience avait révélé les contradictions possibles entre les mécanismes institutionnels et les intérêts des citoyens. Dans cette perspective, Stella Eldine Kabré a présenté la Confédération des Etats du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme un cadre de renforcement de la coopération entre les trois pays. « L’AES ne doit pas être une intégration de façade ni un simple cadre de rencontres », a-t-elle soutenu.

Pour elle, cette dynamique doit se traduire par des avancées concrètes dans les domaines de la sécurité collective, de la coopération économique et culturelle, de la mobilité des jeunes et des travailleurs, ainsi que de la solidarité entre les territoires. Stella Eldine Kabré a également établi un lien entre la Révolution démocratique et populaire (RDP) portée par le capitaine Thomas Sankara et la Révolution progressiste populaire (RPP) conduite par le Président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré. Elle a notamment mis en avant la volonté des peuples africains de décider par eux-mêmes, de défendre leur dignité et de faire de l’unité africaine une force de développement. Avant de souligner que l’indépendance politique ne pouvait être pleinement accomplie sans l’indépendance économique, la maîtrise des ressources, la confiance dans les capacités propres des peuples et la solidarité entre les pays africains.

L’hospitalité du Burkina Faso saluée

Pour la ministre déléguée, Stella Eldine Kabré, l’intégration africaine doit se construire avec les peuples et pour eux.

Par ailleurs, le ministre délégué a indiqué que les communautés africaines établies au Burkina Faso devaient prendre toute leur place dans l’effort national, dans le respect des lois, des valeurs et de la souveraineté du pays. Elle a rappelé que l’intégration africaine ne se construit pas uniquement dans les chancelleries diplomatiques ou lors des réunions institutionnelles, mais aussi dans les marchés, les établissements d’enseignement, les entreprises, les familles et les espaces culturels et sportifs. Prenant la parole au nom des communautés africaines vivant au Burkina Faso, Saliou Dokpema a, lui aussi, insisté sur la nécessité de faire de l’unité africaine une réalité. Selon lui, cette unité ne doit pas rester un simple slogan, mais constituer un projet de dignité et de souveraineté que les générations actuelles ont le devoir de concrétiser.

Par ailleurs, il a salué la place accordée aux communautés africaines dans le processus d’intégration au Burkina Faso, qu’il a présenté comme une terre d’accueil, d’hospitalité et de fraternité. Parmi les initiatives qu’il a mises en avant, le représentant des communautés africaines a cité la gratuité des visas pour les ressortissants africains, effective depuis 2025. Pour Saliou Dokpema, cette mesure de décision est « courageuse et visionnaire ». Elle facilite, à ses dires, la circulation des personnes et encourage les échanges commerciaux, culturels et universitaires. Selon lui, cette initiative donne un contenu concret à l’ambition d’une Afrique où les frontières ne constituent pas des obstacles artificiels au rapprochement des peuples. Saliou Dokpema a également affirmé que l’expérience du Burkina Faso en matière d’accueil et d’intégration des communautés africaines devrait inspirer les autres pays du continent.

Composées, entre autres, de commerçants, d’étudiants, d’enseignants, d’artisans, d’entrepreneurs, d’agriculteurs, d’agents de santé, de chercheurs et d’ouvriers, les communautés africaines vivant au Burkina Faso entendent contribuer au développement du pays, foi de M. Dokpema. Il a également assuré que ces communautés entendent soutenir les initiatives en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la solidarité entre les peuples. En rappel, durant ces quatre jours, plusieurs activités sont prévues à savoir des panels, des dialogues, une table ronde, un festival de l’intégration et des activités sportives, dont le tir à l’arc et l’aérobic, pour renforcer la cohésion sociale. Des séances de dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein sont également prévues. Les participants
effectueront aussi une visite touristique du site de Loropéni.

 

Boudayinga J-M THIENON

VIIIe édition de rencontre annuelle du BIC-UEMOA : des structures financières récompensées

Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) a tenu
la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026, à Ouagadougou.

Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) veut faire
de la qualité des données, un socle incontournable. C’est pourquoi, il a tenu la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026 à Ouagadougou autour du thème, « Une donnée fiable pour un crédit fiable, faire de la qualité des données le socle incontournable du dispositif BIC-UEMOA ». Les deux jours de rencontre se sont achevés par un dîner de gala Awards. Ce fut l’occasion de récompenser des structures financières. Dans la catégorie Banque, la BOA Burkina Faso s’est illustrée pour la mise à jour des contrats et le respect des délais, tandis que Vital Finance a été distinguée dans la microfinance. Le groupe ivoirien Compagnie ivoirienne d’électricité et la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (CIE/SODECI) a reçu le trophée du meilleur facturier et le Mali a remporté le prix du meilleur consommateur grâce à UBA Mali.

Cette rencontre d’envergure régionale entend relever le défi de la qualité des données transmises au Bureau, selon le directeur général de Crédit Info West Africa, Sidy Kounta. Il a fait savoir que les données sur le crédit favorisent une meilleure allocation des ressources financières et renforce la confiance entre prêteurs et emprunteurs. « La rencontre nous a permis de partager nos expériences, d’échanger sur les meilleures pratiques, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et surtout de définir ensemble des solutions concrètes pour améliorer durablement la qualité des données », a-t-il déclaré.

Le représentant de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Dame Thiam a expliqué que le taux de consultation du BIC est passé de 45 % en 2016 à 68 % en 2026. Une progression qu’il a jugée importante. Toutefois, a-t-il regretté, des difficultés persistent en matière de couverture, d’exhaustivité et d’exactitude des données. Il a notamment relevé que 22,7 % des contrats ne sont pas actualisés dans la base de données du BIC. Pour renforcer la fiabilité du dispositif, la Banque centrale a entrepris des actions que sont le renforcement des contrôles, la mise en place des cadres de concertation avec les acteurs et l’élaboration d’un projet de gouvernance des données, a déclaré Thiam.

Inclure les PME dans la base de données du BIC

10 prix ont été remis aux meilleures structures financières pour récompenser leur rigueur opérationnelle

Sur 18 millions de clients enregistrés sur le dispositif pour une population régionale d’environ 151 millions de personnes, les entreprises ne représentent que 2 % des entités. Pour le représentant du ministre en charge de l’économie du Burkina, Boukaré Zoanga, ces chiffres laissent voir une couverture insuffisante de la population adulte et une présence limitée des entreprises, notamment des Petites et moyennes entreprises (PME) dans le dispositif. Il a donc préconisé le renforcement de leur intégration dans le système de données du BIC. « Ce sont précisément ces acteurs qui portent une part essentielle de l’activité économique. Lorsqu’ils demeurent insuffisamment connus des systèmes financiers, leur accès au crédit peut s’en trouver entravé », a-t-il affirmé.

Un panel consacré au thème principal de la rencontre était au menu des échanges.
A cet effet, le panéliste Franck Medje a rappelé que la fiabilité des données est une condition essentielle au financement de l’économie. Selon lui, les banques, dans leurs missions de financer les économies à travers l’octroi de crédits, ont besoin de données fiables sur le comportement des emprunteurs pour évaluer leur capacité de remboursement. La disponibilité d’informations fiables est donc indispensable pour éviter la dégradation des portefeuilles de crédit, qui pourraient à terme, fragiliser les établissements financiers.

Galedie Kétoura SIMPORE
Pingdebwoaga Urielle Lauryn KABORE

52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI : un appel collectif à renforcer la solidarité entre Etats membres

La 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a pris fin ce dimanche 18 octobre 2026 à Bagdad, en République d’Irak, avec une volonté commune de renforcer la solidarité entre Etats membres pour mieux faire face aux défis régionaux et internationaux.

Deux jours durant, les représentants des Etats membres ont examiné les grands enjeux politiques, économiques, humanitaires et
socioculturels du monde islamique. La session a également été marquée par l’élection d’un nouveau secrétaire général adjoint aux affaires financières et des neuf membres de la Commission permanente indépendante des droits de l’homme (CPIDH).

La délégation burkinabè, conduite par l’ambassadeur du Burkina Faso auprès du Royaume d’Arabie saoudite, le camarade Boukary Savadogo, a activement participé aux travaux aux côtés des délégations malienne et nigérienne. En synergie, les trois délégations ont porté la voix de la Confédération des Etats du Sahel axée notamment sur le renforcement du Bureau régional de l’OCI au Niger et une meilleure prise en compte des
résolutions de l’AES.

DCRP/MAE

L’Hexagone va mal

La gouvernance du Président français, Emmanuel Macron, qui boucle un second mandat en mai 2027, fait l’objet de vives critiques, voire d’une désapprobation quasi-générale. Au cœur de la polémique depuis les législatives anticipées de 2024, qui ont plongé l’Hexagone dans une instabilité politique et institutionnelle, le chef de l’Etat fait désormais face à une fronde sociale sans précédent. Des centaines de milliers de ses compatriotes ont battu le pavé dans plusieurs villes du pays, le 17 octobre 2026, pour dénoncer, entre autres, la « vie chère », la baisse du pouvoir d’achat, les mauvaises conditions d’enseignement et la casse des institutions.

Cette mobilisation, qui a rassemblé des gilets jaunes, des salariés, des syndicalistes, des étudiants, a dégénéré en affrontements, pillages et dégradations de biens publics et privés. S’il a dénoncé la violence et assuré que les casseurs et les pilleurs vont être poursuivis et punis, le Président Macron aura du mal à tempérer les ardeurs. Même les arrestations qui ont été opérées durant ces manifestations ne suffiront pas à maitriser les nerfs des Français, qui n’en peuvent plus de vivoter. En effet, la grande majorité de la population française rumine la hausse significative des produits de première nécessité, des factures d’électricité et de gaz et la revalo- risation des coûts d’assurance et des tarifs des mutuelles de santé.

Certains projets comme la réforme des retraites ou de l’assurance-chômage passent mal aussi dans l’opinion, en ce qu’ils sont perçus comme étant injustes. Pratiquement sous perfusion financière avec le renchérissement du coût de la vie, une bonne partie des Français crient leur ras-le-bol auprès de l’autorité, dans l’espoir d’obtenir un soulagement. Macron fait face à une pression politique qui ne va pas baisser de sitôt, tant que des solutions ne seront pas apportées aux revendications sociales. Une grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle est d’ailleurs prévue pour le 5 novembre prochain.

La rue est plus que jamais déterminée à faire bouger les lignes. Si la conjoncture économique mondiale, les politiques structurelles et la fragilité macro-économique de la France apparaissent comme des facteurs explicatifs de la vie chère, c’est surtout l’autoritarisme de Macron, prêt à snober les partenaires sociaux et les élus pour faire passer des mesures impopulaires qui fâchent dans l’Hexagone. Le chef de l’Etat français affiche actuellement une côte de popularité historiquement basse de 15 %. Impopulaire auprès de ses compatriotes et même dans son propre camp, Macron a emporté avec lui, dans sa dégringolade, l’image de la France, dont l’influence en Afrique de l’Ouest est réduite pratiquement au néant, avec les politiques souverainistes menées par la Confédération des Etats du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Que peut-on retenir concrètement de l’action de Macron, dont la fin de règne n’est pas enviable ?
Le locataire du palais de l’Elysée est en passe de léguer à la postérité, un pays politiquement, socialement et économiquement instable, avec une dette et un déficit qui mettent les agences de notation en alerte permanente. Sur le plan diplomatique, l’histoire retiendra, que c’est sous sa présidence, que la politique française en Afrique faite de paternalisme et de prédation des ressources naturelles, a connu ses plus grands revers. Les Africains dignes entendent désormais s’accommoder de relations décomplexées avec l’ancienne puissance coloniale, qui ne peut plus dicter sa loi partout. La France va mal. Son président, acculé de toutes parts, ne s’en porte pas mieux. A l’allure où vont les protestations, le départ du pouvoir de Macron sera synonyme de soulagement pour bon nombre de Français.

Kader Patrick KARANTAO

Coupe communale de la relève sportive: les trophées au RCB et au secteur 15

La IIe édition de la coupe communale de la relève sportive s’est achevée, le samedi 17 octobre 2026 au stade wobi de Bobo-Dioulasso. Les trophées de cette compétition organisée par la commune de Bobo-Dioulasso sont revenus au Racing club de Bobo (RCB) en dame et au secteur 15 dans l’arrondissement 4 en homme.

Les finales en football de la IIe édition de la coupe communale de la relève sportive se sont jouées les 16 octobre 2026 pour les dames et le 17 octobre pour les hommes. Chez les dames, le Racing club de Bobo (RCB) est venu à bout de son adversaire, l’Association des lionnes du Houet (ALH) par le score de 1 but à 0.

Elle remporte la somme de 500 000 F CFA, un trophée, un jeu de maillots, des médailles et des ballons. Classée 2e, L’ALH a reçu 300 000 F CFA, un jeu de maillots, des médailles en argent et deux ballons. La 3e et la 4e équipe ont reçu respectivement 200 000 F CFA, et 100 000 F CFA ainsi que des jeux de maillots, des médailles en argent et deux ballons. En football masculin, le secteur 15 qui a battu le secteur 26 aux tirs au but est reparti avec une enveloppe d’un million de francs CFA, un trophée, un jeu de maillots, des médailles en or et deux ballons. Le secteur 26 a reçu 750 000 F CFA, un jeu de maillots, des médailles en argent et deux ballons.

…et le Racing club de Bobo sont les vainqueurs en football de la coupe communale de la relève sportive.

Les autres équipes participantes ont également bénéficié des prix en nature et en espèces. En remettant les prix aux différents champions, le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom, a exprimé sa satisfaction de voir les jeunes de 15 à 20 ans, et les pensionnaires des clubs féminins se frotter dans la solidarité, la fraternité. Il s’est dit satisfait que cette compétition donne écho à la politique gouvernementale de promouvoir la relève sportive. « Nous sommes heureux que cette compétition prenne de l’envergure et qu’elle devienne une institution de la commune.

Nous sommes surtout heureux d’avoir offert à des jeunes non licenciés dans les clubs de football, l’opportunité de s’exprimer et aux clubs l’occasion de piocher dans le vivier des jeunes pour étoffer leurs équipes », a laissé entendre Laurent Koutoukou Kontogom. Pour le PDS, les différentes réformes et innovations apportées au football, la ligue de l’espoir et bientôt la ligue de la souveraineté et la coupe communale de la relève offrent des opportunités qui vont permettre d’avoir des joueurs compétitifs à l’échelle nationale et internationale à moyen et long terme.

Débutée en juillet dernier, la IIe édition de la coupe communale de la relève sportive s’est jouée sur le thème « Jeune, développe ton talent pour faire briller ta patrie demain ». Cette IIe édition vise à offrir aux jeunes un cadre d’expression de leurs talents, tout en encourageant la pratique sportive, la discipline et l’esprit d’équipe. La finale jouée les 16 et 17 octobre et marquant la clôture de la coupe communale de la relève s’est déroulée en présence des autorités administratives, militaires et sportives et de nombreux partenaires qui ont accompagné cette initiative de la commune de Bobo-Dioulasso. A cette occasion, des hommages ont été rendus à des acteurs sportifs de la commune décédés au cours de cette année.

Adaman DRABO

Programme de reconversion des diplômés du système universitaire : 1000 bénéficiaires à former

Le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, à travers « Burkina suudu bawdè » (BSB), a lancé la IIe édition du programme de reconversion des diplômés du système, le lundi 19 octobre 2026 à Ouagadougou.

Le gouvernement entend adapter son système éducatif aux réalités économiques et sociales du Burkina. De ce fait, le Programme de reconversion des diplômés du système universitaire (PRDSU) s’inscrit dans la dynamique des réformes et des innovations engagées dans le secteur de l’enseignement. Le lancement de la IIe édition du PRDSU a été présidé par le ministre de l’Enseignement secon- daire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, lundi 19 octobre 2026 à Ouagadougou. Il a expliqué que le capitaine Ibrahim Traoré veut que l’école burkinabè soit un lieu où l’on sort, transformé de la bonne manière et qui réconcilie les Burkinabè avec leur histoire.

Selon lui, les réformes entreprises vont bénéficier aux prochaines générations. Moumouni Zoungrana a indiqué aux étudiants que leur participation et assiduité aux formations ne sont pas des options mais des obligations.
La secrétaire générale du BSB, Edwige Bako, représentant le directeur général de la structure a soutenu que la phase pilote du programme, conduite du 20 octobre 2025 au 30 janvier 2026, a mobilisé 260 étudiants et diplômés de niveaux d’études variés,
allant du Baccalauréat au Master II.

Huit packs de métiers

Elle a aussi fait savoir que ces bénéficiaires ont été formés dans six packs de métiers intégrés, associant des apprentissages techniques à des modules transversaux, notamment le marketing digital, le civisme et le patriotisme. « Les plans d’affaires élaborés par les bénéficiaires à l’issue de leur formation sont en cours de prise en charge par le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) sur le plan financier », a-t-elle ajouté.

Pour cette IIe édition, la secrétaire générale a indiqué que le programme se poursuit avec une ambition renforcée qui est de former
1 000 diplômés du système universitaire, dans huit packs de métiers intégrés et dans 13 régions. Les packs de métiers concernés, selon Edwige Bako, sont aviculteur polyvalent, pisciculteur polyvalent, maintenancier des terminaux TIC et sécurité électronique, entrepreneur en communication digitale, entrepreneur en arts culinaires, référent digital, artisan boulanger et pâtissier polyvalent et transformateur polyvalent de tubercules.

Le représentant des formateurs, Daniel Ilboudo, a révélé que pour eux, cette mission dépasse la simple transmission de connaissances. Elle entend contribuer à la transformation des aptitudes des apprenants en compétences réellement mobilisables dans le monde professionnel, a-t-il soutenu. De son côté, le représentant des apprenants, Abdoulaye Belem, a traduit leur volonté de saisir cette opportunité de formation, pour élargir leurs compétences et mieux préparer leur avenir professionnel.

Wendyam Pascaline KALMOGO

Commémoration des batailles d’octobre 1896 : Kiidiga, un symbole de résistance à la conquête coloniale

Le Dima de Boussouma et les différents cantons ont mené une résistance courageuse à la pénétration coloniale, en octobre 1896 à travers la bataille de Kiidiga, dans la commune rurale de Mané. Cette résistance à la conquête coloniale a été commémorée, le dimanche 18 octobre 2026, à Kiidiga, dans la région des Koulsé.

Le peuple burkinabè, depuis des lustres, jaloux de ses valeurs souverainistes et de sa dignité, a livré des batailles contre l’invasion impérialiste de la colonne militaire française, dirigée par les lieutenants Paul Voulet et Julien Chanoine. En effet, la bataille de Kiidiga, dans la commune rurale de Mané, est un cas d’école. Mieux, elle marque un tournant majeur pour la résistance locale du Dima de Boussouma et des différents cantons face à la soumission progressive des grands royaumes mossi. Ainsi, pour conter la réalité des faits et restaurer l’histoire, le gouvernement, à travers le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, a commémoré le 130e anniversaire des batailles de Kiidiga du 18 octobre 1896, dimanche 18 octobre 2026, dans la commune rurale de Mané. La conquête coloniale française dans les différents royaumes au Pays des hommes intègres a été le théâtre d’affrontements meurtriers.

Il est conté qu’après la conquête de Ouagadougou en septembre 1896, au prix d’une haute lutte, la colonne militaire française menée par Voulet et Chanoine a progressé vers le Nord et l’Est de la capitale, s’efforçant de faire plier les royaumes, de détrôner les souverains et d’imposer des traités d’asservissement et de protectorat. A son arrivée à Mané le 18 octobre 1896, avant d’atteindre et d’engager le territoire de Boussouma le 21 octobre 1896, le Riungu de Boussouma a opposé un refus catégorique et intransigeant. Sous l’autorité morale et politique du Dîma Naaba Koom (1890-1908), en alliance fraternelle avec le Mogho Naaba Wôbga de Ouagadougou, une résolution fut prise, plutôt la mort que la servitude. Pour commémorer la bataille de Kiidiga, le 18 octobre 2026, une foule des grands jours s’est rassemblée. Le président de la délégation spéciale de la commune de Mané, Wendinconté Alain Kiemtoré, a salué la vision du gouvernement de restaurer la vraie histoire des vaillants devanciers. « De cette reconstitution des faits, vrais, nous valorisons nos soldats, défenseurs de notre dignité face aux oppresseurs », a-t-il informé.

Restauration de la vérité

Le Yadnaaba Tuissé, au nom des notabilités de Kiidiga, s’est réjoui et a expliqué que le premier choc d’une violence inouïe a eu lieu le 18 octobre 1896. Le nom même de ce site, « Kiidiga », porte le souvenir de cet affrontement titanesque. « En langue nationale mooré, Kiidiga désigne le lieu où il y a eu trop de morts », a confié Yadnaaba Tuissé. Quant au ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, il a relevé que la résistance de Boussouma n’était pas un fait isolé,
mais un réseau structuré, un paysage mémoriel cohérent s’étendant sur 15 sites majeurs répartis dans neuf localités. Pour lui, Kiidiga est un exemple patent de résistance patriotique. « Pendant des décennies, l’idéologie coloniale et néocoloniale a tenté de nous amputer la mémoire. Elle a voulu nous faire croire que notre histoire avait commencé avec l’arrivée de l’envahisseur.

Cette idéologie coloniale a expressément laissé dans l’oubli et dans l’abandon les hauts lieux de nos luttes anticoloniales pour étouffer en nous, la fierté nationale et l’esprit de résistance », a précisé le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Il a souligné que l’époque d’amnésie organisée est définitivement révolue.
« Sous l’impulsion éclairée du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, nous avons adopté, avec l’ensemble des Burkinabè, une vision salutaire de décolonisation des esprits et de réappropriation de notre patrimoine mémoriel », a
déclaré le ministre chargé de la Culture.

Emmanuel BICABA

9e Forum national de l’intégration : les Camarades Bassolma BAZIE et Stella Eldine KABRE/KABORE présentent leurs civilités à Sa Majesté Bifaté II ‎ ‎

Le Président de la Commission nationale de l’Alliance des États du Sahel, le Camarade Bassolma BAZIE et la Camarade ministre déléguée auprès du ministère des Affaires étrangères ont rendu une visite de courtoisie, ce lundi 19 octobre au Chef de Canton de Gaoua, Sa Majesté Bifaté II.

Cette démarche, empreinte de considération, traduit l’attachement des autorités burkinabè aux valeurs traditionnelles et coutumières, piliers de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.

‎À travers cette visite, les autorités ont également réaffirmé l’importance du dialogue avec les autorités coutumières, dont le rôle demeure essentiel dans la préservation de la paix, la consolidation de l’unité nationale et la promotion d’une intégration fondée sur le respect des identités culturelles.

‎Cette rencontre chez le chef de canton s’inscrit dans la dynamique du 9e Forum national de l’intégration, qui met en avant les valeurs de solidarité, de fraternité et de cohésion entre les communautés, éléments essentiels des idéaux de la Révolution progressiste populaire.

Avant la visite chez le chef de Canton, la Camarade ministre déléguée a pris part à la cérémonie de montée des couleurs nationales au Gouvernorat de la région du Djôrô.

‎DCRP/MAE ‎

Affaire Lionel Bilgo : Le dossier renvoyé au 16 novembre dans l’attente d’une décision de la Cour d’appel

Le procès de l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Lionel Bilgo, et de Vincent de Paul Kaboré, respectivement gérant et directeur exécutif de la Société immobilière Traoré et Frères (SITRAF), a été renvoyé au 16 novembre 2026 par le Pôle économique et financier (ECOFI) du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso.

La décision a été prise à l’audience du lundi 19 octobre 2026, dans l’attente de la décision de la Cour d’appel sur le dessaisissement de la chambre correctionnelle au profit du Pôle économique et financier (ECOFI). À l’ouverture du dossier, le ministère public a sollicité un renvoi au 2 novembre 2026, le temps que la Cour d’appel se prononce sur la juridiction compétente pour connaître de l’affaire. Les avocats de la défense ne se sont pas opposés à cette demande. Ils ont toutefois souhaité que le dossier soit renvoyé à une date plus éloignée ou inscrit au rôle général, afin de s’assurer que la décision de la Cour d’appel soit rendue avant la prochaine audience. À l’issue des échanges, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 16 novembre prochain, toujours dans l’attente de la décision de la juridiction d’appel. Pour rappel, Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré ont bénéficié d’une liberté provisoire sous caution, le mercredi 14 octobre 2026, à la suite d’une décision favorable de la Cour d’appel. Chacun des deux prévenus a versé une caution de 20 millions de francs CFA pour bénéficier de cette mesure. Le dossier porte notamment sur des faits présumés liés à l’exercice d’activités foncières et à la promotion immobilière, dont la vente de places nues sans autorisation préalable. Le volet relatif au blanchiment de capitaux avait conduit la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso à se dessaisir du dossier au profit du Pôle ECOFI. La défense ayant contesté cette décision, la Cour d’appel doit se prononcer sur le dessaisissement. L’examen de l’affaire au fond reste ainsi suspendu à l’évolution de cette procédure.

Noufou NEBIE