Initiative pour la Civilisation Globale: La mission des médias décryptée lors d’un colloque à Beijing

A l’occasion de la Journée internationale du dialogue entre les civilisations, l’Université de Communication de Chine (UCCh) a organisé un colloque sur la mission des médias dans le cadre de l’Initiative pour la Civilisation Globale le vendredi 5 juin 2026 à Beijing en Chine. 

Le 7 juin 2024, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 78/286, déclarant le 10 juin Journée internationale pour le dialogue entre les civilisations. A l’occasion de cette célébration, l’Université de Communication de Chine (UCCh) a organisé un colloque sur la mission des médias dans le cadre de l’Initiative pour la Civilisation Globale vendredi 5 juin 2026 à Beijing en Chine. Rassemblant des professionnels des médias venus de plus de cinquante pays et régions d’Asie-Pacifique, d’Afrique et d’Eurasie, cet événement a permis de mettre en lumière le rôle des médias dans le cadre de l’Initiative pour la Civilisation Globale.

Au regard des nombreuses mutations qu’il traverse, Ren Mengshan, Vice-président de l’UCCh a noté que le monde a plus que jamais besoin d’échanges, de compréhension et de collaboration. Dans ce contexte, a-t-il indiqué, il est impératif que les médias assument leur rôle crucial de passerelle pour interconnecter les nations et fédérer les consensus. « Les professionnels des médias ne sont pas de simples vecteurs d’information ; ils sont les chroniqueurs des civilisations, les transmetteurs de valeurs et les bâtisseurs des agendas publics. Dans un paysage informationnel mondialisé et interconnecté, un seul reportage, une séquence vidéo ou une interview transfrontalière possèdent le pouvoir de redéfinir la perception mutuelle entre les peuples et d’infléchir la trajectoire de l’opinion publique internationale », a-t-il soutenu.

Il a résumé la mission des médias en trois rôles essentiels. Premièrement, a-t-il estimé, ils doivent être les « bâtisseurs de ponts » du dialogue inter civilisationnel. Pour lui, les civilisations se distinguent par leurs caractéristiques propres et leurs singularités, mais aucune n’est intrinsèquement supérieure ou inférieure à une autre. Les médias se doivent donc, a-t-il insisté, de dépasser les préjugés et les stéréotypes afin de restituer les trajectoires de développement et les aspirations de chaque culture à travers un journalisme professionnel, objectif et rigoureux. En veillant à ce que davantage de voix soient entendues et de perspectives partagées, les médias favorisent selon lui la compréhension, le respect et l’appréciation mutuels.

Ren Mengshan, Vice-président de l’Université de la Communication de Chine : « Un seul reportage, une séquence vidéo ou une interview transfrontalière possèdent le pouvoir de redéfinir la perception mutuelle entre les peuples »

Le deuxième rôle qu’il a mentionné est que les médias doivent être les « fédérateurs » du consensus mondial. Face aux défis planétaires et aux préoccupations majeures de l’humanité tels que le changement climatique, la gouvernance de l’intelligence artificielle ou la santé publique, les journalistes ne doivent pas seulement à son avis relater les faits, mais aussi susciter des débats constructifs.

 

Etre les « gardiens » de la vérité factuelle

Plutôt que de mettre en exergue les clivages, a t il soutenu, les médias doivent s’attacher à identifier le plus grand dénominateur commun. « Par une communication internationale ouverte, équilibrée et inclusive, nous pouvons approfondir la coopération sur les grands enjeux publics mondiaux », a-t-il déclaré.

En troisième position, Ren Mengshan a appelé les journalistes à être les « gardiens » de la vérité factuelle. À une époque saturée par la surinformation et l’emprise des algorithmes, la vérité, la rationalité et la responsabilité sont de son point de vue des vertus d’une valeur inestimable. Les professionnels des médias doivent, a-t-il dit, demeurer les gardiens inflexibles de la déontologie, s’en tenir scrupuleusement aux faits, préserver la confiance publique par leur professionnalisme et promouvoir le progrès social par une communication constructive, favorisant ainsi une convergence profonde des esprits et des cœurs.

Pour conclure, il a appelé les médias à mettre pleinement à profit leur influence et leur expertise pour devenir les artisans des échanges culturels, les messagers de l’amitié entre les peuples et les bâtisseurs de la paix mondiale. Abondant dans le même sens, Long Xiaonong, Doyen de l’Ecole de communication internationale a rappelé aux journalistes que leurs objectifs et plumes ont le pouvoir de briser les stéréotypes et jeter des ponts de compréhension. Il les a de ce fait appelé à devenir une force modératrice qui s’oppose aux récits simplistes et combat le sentiment de supériorité civilisationnelle. Il a particulièrement encouragé les médias des pays du Sud à mettre en avant les initiatives de leurs pays en matière de réduction de la pauvreté, d’éducation, de santé et de préservation des traditions, et montrer la transformation créative des différentes civilisations dans la société moderne, afin que le monde puisse voir le dynamisme et la sagesse de l’Afrique et de l’Asie-Pacifique.

Prenant le présent dialogue comme point de départ, il a dit espérer que chacun des journalistes présents, une fois de retour à son poste, fera de la civilisation une valeur suprême, améliorera la compréhension et favorisera la communication entre les régions du monde pour surmonter les différences. « Faisons en sorte que nos reportages soient responsables et qu’ils contribuent à une véritable interaction entre les peuples », a-t-il appelé de tous ses vœux.

Nadège YAMEOGO

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