Lors d’une conférence de presse sur les tarifs douaniers nuls organisée par l’Association chinoise de diplomatie publique (CPDA) le mardi 20 mai 2026 à Pékin, Chen Yusong, Sous-directeur général du Département des affaires de l’OMC du ministère du Commerce de la République populaire de Chine a partagé son point de vue sur cette mesure.
La mise en œuvre de la mesure de zéro droit de douane pour les pays africains marque un nouveau point de départ pour l’approfondissement de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique. C’est le point de vue de Chen Yusong, Sous-directeur général du Département des affaires de l’OMC du ministère du Commerce de la République populaire de Chine. Il a fait cette remarque lors d’une conférence de presse sur les tarifs douaniers nuls organisée par l’Association chinoise de diplomatie publique (CPDA) le mardi 20 mai 2026 à Pékin.

Pour lui, cette initiative témoigne de la volonté inébranlable de la Chine d’élargir son ouverture vers l’extérieur à un niveau élevé et de développer activement une ouverture autonome. Elle constitue, a-t-il poursuivi, une action concrète visant à mettre en œuvre les initiatives sur la gouvernance mondiale et le développement mondial, ainsi qu’une mesure innovante pour concrétiser les résultats du Forum sur la coopération sino-africaine et consolider la communauté de destin sino-africaine « tout temps » de la nouvelle ère, établissant ainsi une référence pour la coopération entre les pays en développement à l’échelle mondiale. Avec la mise en œuvre de cette initiative, a-t-il souligné, la Chine devient la première grande économie au monde à accorder un traitement tarifaire zéro unilatéral et global à tous les pays africains avec lesquels elle a établi des relations diplomatiques et à tous les pays les moins avancés.
A l’entendre, cette mesure, entrée en vigueur le 1er mai, vise à répondre concrètement aux difficultés réelles rencontrées par les pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine, qui ne sont pas en mesure de mener à bien les négociations avec la Chine dans un délai court, afin de leur permettre de bénéficier dès que possible des avantages de cette mesure et de les aider à faire face aux turbulences économiques mondiales actuelles.
Toutefois, il a noté que la Chine et les pays africains concernés doivent continuer à faire avancer les négociations et conclure les négociations sur les « premiers résultats » du CADEPA au cours de la période de mise en œuvre de deux ans de la mesure de zéro droit de douane, afin de garantir que l’Afrique puisse bénéficier d’un traitement de zéro droit de douane global de manière durable, stable et institutionnalisée, conformément aux règles de l’OMC.
Il a noté par ailleurs que la Chine est disposée à prendre la mise en œuvre de la mesure de zéro droit de douane comme nouveau point de départ pour continuer à faire avancer avec détermination les travaux de négociation et de signature de l’accord CADEPA, afin de tirer parti de la mise en œuvre de cette mesure pour propulser la coopération pragmatique sino-africaine sur la voie rapide. Il a dit espérer que la partie africaine tirera pleinement parti de la mesure de zéro droit de douane et saisira les nouvelles opportunités offertes par l’ouverture de l’immense marché chinois. Pour lui, cette mesure constitue une « opportunité en or » et une « opportunité historique » pour le développement de l’Afrique et sa modernisation.
Et ce, dans la mesure où le zéro droit de douane facilitera considérablement l’accès des produits africains à l’immense marché chinois et constituera un « super accélérateur » pour le commerce sino-africain. “Actuellement, le marché de consommation chinois connaît une profonde restructuration de la demande et est devenu un marché unique mondial de très grande envergure.
« Apprendre à pêcher plutôt qu’à donner du poisson »
Des rapports sectoriels indiquent qu’au cours des dix dernières années, la consommation de café en Chine a connu une croissance rapide, à un rythme annuel moyen de 15 %, dépassant de loin le taux de croissance mondial moyen d’environ 2 %. La consommation de café par habitant en Chine est bien inférieure à la moyenne mondiale, et le pays devrait bientôt devenir le plus grand importateur mondial de café. En 2025, la taille du marché chinois de la transformation du cacao dépassera les 40 milliards de yuans, représentant près d’un tiers du marché mondial. La suppression des droits de douane répond au vif désir des pays africains d’accroître leurs exportations vers la Chine. Elle réduira efficacement les coûts d’accès des produits africains au marché chinois, leur conférera un avantage concurrentiel sur ce marché et stimulera considérablement les exportations africaines vers la Chine”, a-t-il déclaré.
À moyen terme, Chen Yusong a noté que la suppression des droits de douane stimulera fortement la croissance des investissements en Afrique et constituera un « amplificateur de croissance » favorisant l’intégration du commerce et des investissements entre la Chine et l’Afrique. Elle stimulera également la modernisation et la mise à niveau des industries africaines, et deviendra le « pilier solide » d’une coopération de haut niveau entre la Chine et l’Afrique. “La mesure de zéro droit de douane n’est pas une simple réduction tarifaire isolée, mais s’inscrit dans une articulation étroite avec les différentes initiatives de coopération pragmatique définies par le Forum sur la coopération sino-africaine. La Chine a non seulement ouvert les portes d’un marché gigantesque aux produits typiquement africains, mais elle espère aussi, grâce à cette impulsion stratégique, favoriser le développement concerté de l’industrie de transformation, de la logistique et des infrastructures sur le continent africain”, a-t-il soutenu. A travers cette mesure, la Chine entend également écrire avec l’Afrique un nouveau chapitre de la coopération institutionnelle en matière économique et commerciale. “L’Afrique recèle un potentiel immense et la coopération sino-africaine repose sur des bases solides. L’Afrique dispose de riches ressources minérales, d’un dividende démographique florissant, d’une marge de manœuvre importante pour améliorer la structure économique et commerciale de la région, ainsi que d’un potentiel d’industrialisation considérable ; elle est appelée à devenir un nouveau moteur de la croissance mondiale. En tant que partenaire indéfectible sur la voie du développement de l’Afrique, la Chine s’attache à « apprendre à pêcher plutôt qu’à donner du poisson », en stimulant le développement économique et social de l’Afrique par le commerce et l’investissement, afin non seulement que les produits soient fabriqués en Afrique, mais aussi que la fabrication africaine génère de la prospérité locale et profite au bien-être de la population”, a-t-il mentionné.
Pour lui, la Chine et l’Afrique doivent unir leurs efforts pour promouvoir le développement et la modernisation de l’Afrique. Il a indiqué que la Chine est disposée, dans le cadre du CADEPA, à répondre activement aux préoccupations des pays africains, à promouvoir une réduction accrue des barrières non tarifaires, à améliorer la facilitation des échanges commerciaux, à attirer et à protéger les investissements, etc., afin de contribuer à la mise en place de garanties institutionnelles durables, stables et prévisibles pour la coopération sino-africaine en matière de commerce et d’investissement.
Nadège YAMEOGO
Depuis Pékin, en Chine






