Le vendredi 26 juin 2026, le Burkina Faso a pris la décision historique de rompre ses relations diplomatiques avec la France. Un acte qui n’est pas uniquement politique, mais aussi profondément symbolique parce que depuis les indépendances africaines, très peu de pays francophones ont osé franchir un tel pas avec leur ancienne puissance coloniale. Aussi surprenante qu’elle puisse paraitre, cette rupture n’est pourtant pas un fait du hasard. En effet, elle est la résultante de plusieurs années de tensions entre Paris et Ouagadougou qui, depuis 2022, a dénoncé à plusieurs reprises des ingérences et expulsé des diplomates français. Les autorités burkinabè se sont également passé des accords de coopération et d’assistance militaire conclus avec la France, actant le départ des troupes françaises (Force Sabre) en 2023.
Le dernier incident qui a provoqué la rupture, c’est certainement cette résolution votée au Parlement européen et portée par un ancien militaire français devenu eurodéputé. En somme, le Burkina Faso indexe l’activisme incessant du régime en place en France contre ses intérêts, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent le pays et le Sahel, la perfidie et la partialité des discours et des opinions sur notre pays pour en faire un paria de la communauté internationale. Contrairement à ce que certains prédisent sur un isolement du pays, la réalité est tout autre. La veille de cette rupture, huit nouveaux ambassadeurs de pays amis ont présenté leurs lettres de créance au capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, symbole que le Burkina Faso est bien fréquentable.
La preuve est aussi faite par tous ces rendez-vous sportifs et culturels tenus régulièrement et drainant du monde. Le message est donc limpide : le Burkina Faso continue d’attirer la confiance d’autres nations de tous les continents. Sauf que sa diplomatie s’inscrit dans une logique de diversification des partenaires à travers le monde, de respect mutuel, de confiance réciproque, de respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de souveraineté nationale. C’est la leçon la plus importante à retenir. Pendant que le Burkina Faso met fin à ses relations diplomatiques avec un pays, il ouvre ses portes à huit autres nations qui ont choisi de marcher à ses côtés.
Ce divorce avec la France ressemble moins à un repli sur soi qu’à l’affirmation d’une ligne de conduite dans des alliances débarrassées de suspicions, de procès d’intention, de campagnes de dénigrement, de paternalisme et de déséquilibres hérités du passé. Au final, le 26 juin 2026 marque une affirmation d’un peuple qui veut être respecté, d’un Etat qui revendique le droit de choisir ses partenaires, d’une nation qui préfère assumer sa souveraineté plutôt que de la négocier. C’est dans cette vérité que réside tout le sens de cette rupture souveraine qui, rassure le gouvernement burkinabè, ne vise pas le peuple français. Les liens humains, culturels et sociaux entre Burkinabè et Français restent intacts et le pays des Hommes intègres exprime sa volonté et son engagement à assurer la protection des ressortissants français et des autres expatriés auxquels il réaffirme son hospitalité ainsi que la préservation de leurs intérêts. C’est aussi cela, la grandeur d’une Nation.
Par Assetou BADOH






