Libération de l’Afrique: une conférence interroge le rôle de la jeunesse

La ministre chargée de l’Emploi, Annick Lydie Djouma Pikbougoum : « la jeunesse n’est pas seulement l’avenir du continent, elle en est déjà le présent actif ».

Dans le cadre du séjour de la délégation d’Afro- descendants au Burkina, des conférences panafricaines sont prévues. La conférence inaugurale a eu lieu, le lundi 20 avril 2026, à Ouagadougou.

Présents au Burkina Faso pour deux semaines, le séjour de la délégation d’Afro-descendants sera essentiellement consacré à une série de rencontres d’échanges dénommées « conférences panafricaines » sur des thématiques diverses. La conférence inaugurale, qui a eu lieu, le lundi 20 avril 2026, à Ouagadougou, a été ponctuée par deux communications. La première, livrée par la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Lydie Djouma Pikbougoum, a porté sur le rôle de la jeunesse dans la libération de l’Afrique. Dès l’entame de son exposé, elle a souligné que la population burkinabè, à l’image de celle africaine est majoritairement jeune. 

De plus de 77,9% des Burkinabè ont moins de 35 ans. Pour elle, cette jeunesse constitue un atout majeur si elle est formée, encadrée et valorisée. Elle a noté que les jeunes constituent une force d’innovation et de transformation. « Ils sont au cœur de l’innovation technologique, du volontariat, de l’entrepreneuriat et de la culture. Ils portent également des initiatives communautaires favorisant la solidarité et la cohésion », a-t-elle apprécié.

La cheffe du département en charge de la jeunesse a estimé que cette frange de la population constitue un vecteur d’espoir et de renouveau. « Face aux divisions, la jeunesse peut incarner une nouvelle conscience africaine, au-delà des clivages ethniques, régionaux ou religieux », a-t-elle estimé.

Toutefois, elle a noté que plusieurs défis doivent être relevés afin de faire des jeunes de véritables piliers du développement de l’Afrique. Elle a cité, entre autres, le chômage, la pauvreté et les inégalités qui exposent certains jeunes à la manipulation, à la violence et à la radicalisation. Elle a également pointé du doigt la politisation excessive de la jeunesse, le repli communautaire et la désinformation sur les réseaux sociaux, qui affaiblissent le sentiment d’appartenance nationale. Annick Lydie Djouma Pikbougoum a également regretté le fait que beaucoup de jeunes n’ont pas accès aux espaces de dialogue, de décision et de responsabilisation civique.

S’engager de manière consciente

En réponse à ces défis, elle a formulé plusieurs recommandations axées principalement sur

Le président de l’IPN-Farafina, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, a estimé que chaque peuple doit être libre de choisir l’organisation qui lui convient.

la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes, ainsi que leur implication dans la gouvernance et la paix sociale. « La jeunesse africaine n’est pas seulement l’avenir du continent, elle en est déjà le présent actif. Sa capacité à s’organiser, à innover et à s’engager de manière consciente déterminera en grande partie le succès de la libération et de la renaissance de l’Afrique », a-t-elle conclu.

A sa suite, c’est le président de l’Institut des peuples noirs Farafina (IPN-Farafina), Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, qui s’est entretenu avec l’assistance sur la colonisation et la néocolonisation. Pour lui, la néocolonisation se nourrit d’un véritable formatage des esprits. « Le colon s’est retiré en apparence, mais il est resté dans le fond avec son système d’enseignement, ses méthodes et ses valeurs », a-t-il dénoncé.

L’une des méthodes qu’il a particulièrement indexées est la démocratie. « Le formatage des esprits est tellement prononcé qu’il est difficile de faire comprendre aux africains qu’il existe d’autres formes de démocratie que celle bourgeoise instituée par les pays européens. Pour eux, la seule voix de démocratie est de faire comme les occidentaux », a-t-il regretté. Pourtant, a-t-il estimé, chaque peuple doit être libre de choisir la forme d’organisation qui convient à son histoire et à sa culture.

L’autre point que l’ancien premier ministre a évoqué est celui des droits de l’Homme. Pour lui, ce concept est un levier utilisé par l’occident pour agir sur les sociétés africaines. Il en est de même, a-t-il estimé, de la liberté d’expression. Il est convaincu que ces éléments constituent les racines profondes auxquelles il est nécessaire de s’attaquer afin de vaincre le néocolonialisme. « Il est important que chaque africain apporte sa contribution afin que nous puissions nous défaire de ces liens et nous projeter vers l’avenir », a-t-il appelé.

L’ambassadeur du Burkina Faso aux Etats-Unis, le général de brigade Kassoum Coulibaly, pour sa part, est convaincu que la culture peut être d’un grand apport dans la lutte contre le néocolonialisme.

Nadège YAMEOGO

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