Pour le pari de la transformation du Burkina Faso

A quelques jours de la date anniversaire de son accession au pouvoir, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a dressé le bilan de l’action engagée depuis quatre ans. De la défense à l’économie, en passant par l’agriculture, l’industrialisation, l’énergie et la diplomatie, le chef de l’Etat a présenté les grandes orientations d’une politique dont la souveraineté constitue le principal fil conducteur. Au-delà du bilan sectoriel, l’entretien fait apparaître une ambition globale qui est de construire un Burkina Faso capable de décider par lui-même, de produire davantage et de créer les conditions d’un développement harmonieux. En premier lieu, cette ambition passe par la sécurité.

Dans un pays confronté à la menace terroriste, aucune transformation durable ne saurait être envisagée sans la restauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Le renforcement des capacités opérationnelles des forces combattantes, l’amélioration de leurs équipements, leur aguerrissement ainsi que leur capacité de déploiement constituent, à cet égard, des éléments mis en avant par le président du Faso.

La reconquête de plusieurs localités et la réinstallation progressive de populations déplacées s’inscrivent dans cette dynamique. L’objectif est ainsi de faire de la reconquête territoriale le point de départ d’une reprise de la vie économique et sociale. Par ailleurs, la souveraineté ne se limite pas au domaine militaire. Elle s’étend à l’économie et à la capacité de l’Etat à mobiliser ses propres ressources, à protéger la production nationale et à réduire les dépendances extérieures qui sont des acquis dont le chef de l’Etat s’est félicité. C’est pourquoi, l’assainissement du milieu des affaires, l’amélioration de la mobilisation des recettes et la lutte contre la fraude qui participent au renforcement de l’autonomie économique du pays tient à cœur le capitaine Traoré.

C’est dans cette dynamique que l’Offensive agropastorale et halieutique a permis d’accroître les capacités productives du pays. En effet, les aménagements hydrauliques, la disponibilité des intrants et la modernisation de l’irrigation doivent permettre d’exploiter davantage de superficies et de produire sur une plus grande partie de l’année. L’objectif annoncé de quintupler les superficies exploitées traduit ainsi l’ambition de faire de l’agriculture un pilier de la souveraineté alimentaire.

Dans un contexte marqué par les fluctuations des marchés internationaux, les mécanismes de régulation, notamment Faso Yaar, doivent ainsi renforcer la capacité d’intervention de l’Etat sur les produits importés. Parallèlement, l’industrialisation apparaît comme un autre levier majeur pour le développement du Burkina. Produire et transformer localement les ressources agricoles et minières permet de conserver davantage de valeur ajoutée , tout en favorisant la création d’emplois.

Cette logique, à juste titre, rejoint la volonté de renforcer la souveraineté énergétique. Le développement des infrastructures énergétiques, la formation de compétences nationales et la perspective d’une production nucléaire conduite par des Burkinabè s’inscrivent dans une vision de long terme pour un Burkina prospère. Ce qu’il faut retenir est que sur le plan diplomatique, la volonté d’autonomie trouve enfin une traduction dans le renforcement de l’Alliance des Etats du Sahel. L’opérationnalisation de la force unifiée, la constitution des ressources de la Banque confédérale et la mise en œuvre de projets communs traduisant la recherche d’une plus grande mutualisation des moyens entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger en sont des exemples éloquents.

Au total, l’entretien du président du Faso met en lumière une orientation plaçant la souveraineté au cœur de l’action publique. La souveraineté sécuritaire pour défendre le territoire, alimentaire pour nourrir la population, économique pour mobiliser les ressources, énergétique pour soutenir l’industrialisation et diplomatique pour défendre les intérêts nationaux et confédéraux. Le véritable défi demeure toutefois la transformation des ambitions en résultats durables et perceptibles. Le pari est donc désormais celui d’une souveraineté comme le socle d’un développement économique et social harmonieux du Burkina Faso.

Soumaïla BONKOUNGOU

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