Résistance aux antimicrobiens: organiser la riposte à partir des savoirs endogènes

Le représentant du ministre de la Santé, Dr Amadou Dicko, (au milieu) : « la résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’une des menaces sanitaires les plus préoccupantes du XXIe siècle ».

Le ministère de la Santé a organisé la IIe édition du symposium national sur la résistance aux antimicrobiens, le vendredi 29 mai 2026, à Ouagadougou.

Le ministère de la Santé veut lutter contre la résistance aux antimicrobiens qui constitue une menace pour la sécurité alimentaire. En collaboration avec le Réseau de recherche et de lutte contre la résistance antimicrobienne au Bur-kina Faso (RAM), le département a organisé la IIe édition du symposium national sur la résistance aux antimicrobiens, du 28 au 30 mai 2026. La rencontre a été présidée par le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, représentant le ministre de la Santé.

Ce symposium a été marqué par la participation des acteurs du domaine de la santé et de la communauté universitaire.

Elle a eu pour thème : « Lutte contre la résistance aux antimicrobiens au Burkina Faso : valorisation des savoirs endogènes et de l’innovation pour une riposte durable ». Selon M. Dicko, la résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’une des menaces sanitaires les plus préoccupantes du XXIe siècle. « Elle compromet les progrès de la médecine moderne, fragilise nos systèmes de santé, menace la sécurité alimentaire et pèse lourdement sur nos économies », a-t-il relevé.

Selon l’Orga-nisation mondiale de la santé (OMS), la résistance aux antimicrobiens est responsable de millions de décès chaque année dans le monde. De l’avis de l’organisation, elle pourrait devenir à l’horizon 2050 l’une des principales causes de mortalité dans le monde si des mesures fortes ne sont pas prises. M. Dicko a souligné que de nombreux facteurs aggravent la situation. Il s’agit, a-t-il cité, de l’usage inapproprié des antibiotiques en santé humaine et animale, de l’insuffisance de contrôle de certains circuits de distribution et de la qualité inférieure des médicaments, ainsi que des défis liés à la surveillance microbiologique.

Promotion des savoirs endogènes

Selon le président de l’ANSAL-BF, Pr Arouna Ouédraogo, la résistance aux antimicrobiens est une pandémie silencieuse qui menace de réduire à néant des décennies de progrès médicaux.

Toutefois, il s’est réjoui que le Burkina Faso s’est doté d’un plan d’action nationale de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans le domaine du mécanisme multisectoriel de coordination. Le ministre délégué chargé des Ressources animales a signifié que le thème de la présente édition est une invite à la réflexion sur les enjeux scientifiques et réglementaires de la résistance aux antimicrobiens et la promotion des savoirs endogènes, l’innovation, locale la recherche scientifique, les phytomédicaments et la souveraineté pharmaceutique.

Il a précisé que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens ne peut être efficace sans une forte capacité nationale de recherche, de production et de régulation. Pour le président de l’Académie nationale des sciences, des arts et des lettres du Bur-kina Faso (ANSAL-BF), Pr Arouna Ouédraogo, la résistance aux antimicrobiens est une pandémie silencieuse qui menace de réduire à néant des décennies de progrès médicaux. « Elle transforme une infection banale en impasse thérapeutique mortelle », a-t-il alerté. M. Ouédraogo a aussi laissé entendre que l’académie encourage une recherche scientifique audacieuse qui intègre pleinement des savoirs endogènes.

« Notre riche patrimoine de pharmacopée traditionnelle constitue un réservoir de molécules bioactives encore sous exploré », a-t-il indiqué. De l’avis du directeur général de l’agence nationale de régulation pharmaceutique, Dr Issaka Soulama, le symposium sera marqué par des conférences thématiques, des tables rondes et des communications scientifiques, qui permettront aux différents acteurs qui interviennent dans la chaîne de résistance, de pouvoir communiquer et d’apporter leur contribution à la lutte, a soutenu Dr Soulama.

Viviane Wend-Daabo BOKOUM

(Collaboratrice)

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