Nouveau Code du travail: le ministre Mathias Traoré présente les innovations

Le ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré, a présenté les principales innovations du nouveau Code du travail adopté par l’Assemblée législative du peuple, au cours d’une conférence de presse, vendredi 22 mai 2026, à Ouagadougou.

Les députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP) ont adopté à l’unanimité, mercredi 6 mai 2026, le nouveau Code du travail qui remplace celui de 2008, pour mieux encadrer les relations professionnelles, limiter les abus et adapter le monde du travail aux nouvelles réalités économiques et technologiques. Pour présenter les principales innovations de la nouvelle loi, le ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré, a animé une conférence de presse, vendredi 22 mai 2026, à Ouagadougou.

Il a indiqué que le nouveau Code du travail permet au Burkina Faso de disposer d’un instrument juridique favorable à la création d’emplois, la valorisation du capital humain et la compétitivité des entreprises, pour la promotion du travail décent. Le ministre Traoré a rappelé que ce nouveau Code du travail est le résultat d’un processus de relecture engagé depuis 2015, pour adapter la législation burkinabè aux mutations du marché de l’emploi, en intégrant les valeurs socioculturelles nationales et des normes internationales jugées compatibles avec les réalités du Burkina Faso. Renforcer la protection des travailleurs Il a précisé que l’Exécutif veut aussi renforcer la protection des travailleurs et améliorer la compétitivité des entreprises, à travers le nouveau texte, structuré en 10 titres, 30 chapitres et 441 articles, avec plusieurs changements majeurs dans les relations entre employeurs et employés.

« Il y a la limitation du nombre de renouvellements du contrat de travail à durée déterminée à deux, l’encadrement de l’exercice des activités de travail temporaire à travers, entre autres, la limitation de la durée de mise à disposition d’un travailleur temporaire à un an, la fixation du principe d’égalité de rémunération entre le travailleur temporaire ou intérimaire et celui de l’entreprise utilisatrice ayant la même qualification professionnelle et occupant le même emploi, la limitation des cas dans lesquels une entreprise utilisatrice peut recourir au travail temporaire », a mentionné Mathias Traoré.

Parmi les innovations majeures, figurent également, a-t-il ajouté, l’institution et l’encadrement du télétravail pour tenir compte des nouvelles formes d’organisation du travail et de l’évolution des nouvelles technologies, le relèvement du montant des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif de 18 mois à 24 mois de salaire pour les travailleurs afin de limiter les abus en matière de licenciement, le relèvement du seuil pour faire appel en cas de jugement de 200 000 FCFA à 1 000 000 FCFA pour limiter les abus en matière d’appel, etc.

A la question de la presse de savoir quelles sont concrètement les avantages de ce nouveau Code du travail, le ministre des Serviteurs du Peuple a laissé entendre qu’il renforce aussi les droits des travailleurs en cas de licenciement abusif. Il a, en outre, évoqué le Contrat à durée déterminée (CDD) qui ne pourra être renouvelé que deux fois et un même travailleur ne pourra signer plus de trois CDD avec une même entreprise, même de manière discontinue. Au cours de la conférence de presse, les dispositions spécifiques relatives à l’emploi des travailleurs étrangers non résidents, entre autres, ont été aussi présentés. Les autorités ont été, par ailleurs, reconnaissantes aux partenaires sociaux, aux ministères concernés pour leur contribution et au Bureau international du travail (BIT) pour sa part dans l’élaboration du texte.

Boukary BONKOUNGOU

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