Ali Khamenei, mort et plus vivant !

La République islamique d’Iran a rendu un hommage record à son défunt Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, du 4 au 8 juillet 2026. Plus que des funérailles, c’était une véritable démonstration de force et un pied de nez à la face du monde occidental, avec en première loge les Etats-Unis et Israël. Assassiné le 28 février 2026, suite à des frappes aériennes lors d’une opération conjointe américano-israélien, sa mort a exacerbé la crise avec des conséquences historiques sur l’économie mondiale.

Plus de 10 millions d’Iraniens sont sortis pour célébrer un homme dont l’aura refuse de mourir dans la mémoire collective de son peuple. Il suffit de voir les images pour se raviser et reconnaitre que le guide n’était pas le malaimé que certains ont toujours brandi. Le guide était plus célèbre et plus aimé que ses détracteurs que seule la tête de Khamenei hantait dans un entêtement à assujettir un peuple dont l’acception de la liberté n’est pas celle d’un Occident captif de ses intérêts. En éliminant le Guide Khamenei, les Etats-Unis pensaient couper la tête d’une bête noire aux allures de défiance. Mais aussitôt après la décapitation du guide, une autre tête a poussé sans la moindre vague de résistance ou de réticence au sein du cercle des « révolutionnaires barbus ».

L’Iran est resté debout et visiblement plus fort malgré le coup de massue reçu. En rendant un hommage aux contours démesurés à son défunt guide, l’Iran veut réaffirmer son engagement à défendre sa cause au prix du sang. Par ce symbolisme au superlatif, il veut montrer à ses détracteurs qu’il est déterminé à poursuivre l’œuvre du guide. Et la révolution iranienne n’est pas un folklore de légèretés démocratiques teinté de pagaille à la sauce Epstein. La révolution en Iran est un héritage déjà téléchargé dans le cœur de générations de patriotes et rien ne sert de s’en prendre à l’arbre qui a déjà poussé des branches. De plus, le projet nucléaire iranien est loin d’être éteint.

Il serait donc illusoire de penser que Mojtaba Khamenei, le fils et successeur d’Ali Khamenei se laissera tirer par le bout de la barbe par la coalition occidentale antinucléaire. En prenant le contrôle du détroit d’Ormuz, l’Iran a fini de montrer qu’il tient en main les manettes du jeu et qu’on ne peut que composer avec lui, dans le sens de ses intérêts. Le Guide Khamenei s’en est allé droit dans ses bottes d’insoumis et les Etats-Unis ont quitté l’arène avec la leçon selon laquelle même le plus fort n’est pas suffisamment fort pour le rester. Et sur cette planète de non-droit déguisé en démocratie, seule la force dissuade le prétendu plus fort qui se fourvoie.

Il n’y a plus de plus fort, il n’y a que des mastodontes silencieux qui se côtoient avec respect au nom de leur capacité mutuelle à s’autodétruire. Pendant ce temps, l’Afrique est allée s’incliner à Téhéran sur la dépouille mortelle du guide vivant sans se sentir effacer de la dynamique d’un monde de défis et de prédation. En regardant ce vaillant peuple d’Iran sortir en masse pour honorer un seul homme, on peut avec curiosité se poser cette question : combien de pays d’Afrique peuvent se mobiliser autant pour un idéal non négociable au nom d’une cause plus sacrée que la vie ?

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr

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