
La rencontre de finalisation du plan d’actions du cadre de concertation transfrontalier entre le Burkina et le Ghana s’est tenue les 6 et 7 juillet 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô. Réunissant gouverneurs, ministres régionaux du Ghana, autorités coutumières, cette rencontre a permis d’examiner et d’adopter une feuille de route commune destinée à renforcer la coopération entre les deux pays. L’objectif est d’améliorer la sécurité, la cohésion sociale et les conditions de vie des populations vivant de part et d’autre de la frontière.
Faire des frontières un levier d’intégration plutôt qu’une ligne de séparation. C’est dans cette dynamique que les autorités des régions frontalières du Burkina Faso et du Ghana se sont retrouvées à Gaoua, dans la région du Djôrô, pour finaliser leur plan d’actions commun, appelé à guider leur coopération. Ont pris part, ensemble à cette rencontre, les gouverneurs des régions burkinabè du Djôrô, du Nando et du Nakambé, ainsi que les ministres régionaux ghanéens du Upper East, du Upper West et de la Savannah Region, pour examiner une feuille de route destinée à renforcer la coopération, la sécurité et le développement des communautés vivant de part et d’autre de la frontière.
Le gouverneur de la région du Djôrô, Siaka Barro, a indiqué que la rencontre de Gaoua s’inscrit dans le prolongement des travaux engagés à Pô. A cette occasion, les gouverneurs des régions frontalières du Burkina Faso et les ministres régionaux du Ghana avaient signé une convention instituant un cadre permanent de concertation transfrontalière. Si cette étape a permis de mettre en place ce cadre de coopération, elle n’avait pas abouti à la finalisation du plan d’actions. Selon lui, les travaux de Gaoua visent à examiner le document élaboré par les techniciens afin d’aboutir à un plan d’actions réaliste, consensuel et facilement applicable sur le terrain.
Il a insisté sur la nécessité d’une participation active des différentes parties prenantes pour que ce document réponde aux réalités des zones frontalières. Pour le gouverneur, cette coopération doit contribuer à améliorer les conditions de vie des populations tout en renforçant la paix, la sécurité et la cohésion sociale. Il a également rappelé que les plus hautes autorités des deux Etats ont fait de la coopération transfrontalière une priorité, d’où la volonté d’institutionnaliser des rencontres annuelles entre gouverneurs et ministres régionaux.Pour sa part, le chef de la délégation ghanéenne, le ministre régional du Upper East, Donatus Akamugri Atanga, a expliqué que sa délégation est venue à Gaoua pour achever le travail entamé à Pô.
Une coopération fondée sur des liens historiques et culturels
Il a précisé que le Ghana avait demandé un délai afin de consulter un plus grand nombre d’acteurs, notamment les services de sécurité, les institutions concernées et les communautés locales, en vue d’élaborer un plan d’actions consensuel et facilement exécutable. L’objectif, a-t-il expliqué, est de garantir une mise en œuvre efficace de la convention de coopération transfrontalière.
Selon lui, ce document devra renforcer les relations entre le Burkina Faso et le Ghana, faciliter le travail des services de sécurité, promouvoir la collaboration entre les autorités administratives et traditionnelles et améliorer les conditions de vie des populations frontalières. Le chef de la délégation ghanéenne a également insisté sur les liens historiques et culturels qui unissent les deux peuples. Avant de rappeler que des communautés telles que les Dagara, Frafra, Bissa, Kassena et Birifor vivent de part et d’autre de la frontière, partageant les mêmes langues, les mêmes traditions et des liens familiaux anciens.
Pour lui, la frontière ne doit pas être un facteur de division, mais un espace de coopération. Enfin, Donatus Akamugri Atanga a salué l’engagement des Présidents Ibrahim Traoré et John Dramani Mahama en faveur du renforcement de la coopération entre les deux pays. Par ailleurs, il s’est dit convaincu que l’adoption du plan d’actions va permettre de consolider la paix, de favoriser les échanges économiques et culturels, et d’accélérer le développement des communautés vivant le long de la frontière commune.
Boudayinga J.-M. THIENON




