Le mardi 23 juin 2026 restera gravé dans la mémoire des habitants de Houndé dans la région du Guiriko. De fortes pluies se sont abattues sur la ville, provoquant des inondations meurtrières qui ont coûté la vie à onze personnes et endeuillé plusieurs familles. Les images de cette catastrophe rappellent que les effets du changement climatique doivent nous amener à revoir nos habitudes si nous voulons éviter ou du moins réduire considérablement de tels drames.
Les images des inondations spectaculaires observées dans plusieurs pays côtiers de la sous-région donnent froid dans le dos avec des routes englouties, des maisons emportées et des populations déplacées. Le Burkina Faso n’est pas épargné. Chaque hivernage apporte son lot de dégâts matériels et parfois de pertes en vies humaines. Les onze vies perdues le mardi 23 juin 2026 à Houndé dans la région du Guiriko des suites des inondations constituent un rappel important de notre vulnérabilité face aux catastrophes climatiques.
Derrière l’inondation de Houndé se cache une question essentielle : pouvions-nous éviter un tel drame ? La réponse est certainement oui, au moins en partie. Nous ne pouvons pas empêcher la pluie de tomber, mais nous pouvons réduire les risques et limiter les dégâts par des comportements responsables et une meilleure organisation de nos villes. Certes, l’Etat a entrepris plusieurs actions visant à limiter les risques d’inondation. A Ouagadougou comme dans d’autres localités, des travaux de curage des caniveaux et des barrages sont engagés afin de faciliter l’écoulement des eaux de pluie. Ces initiatives méritent d’être saluées, car elles participent à la prévention des inondations et à la protection des populations.
Des vies exposées à chaque saison des pluies
Mais il faut reconnaître que les infrastructures seules ne suffiront pas si les comportements ne changent pas. La lutte contre les inondations doit être une responsabilité collective. Trop souvent, des comportements humains aggravent les conséquences des fortes pluies.

Les caniveaux transformés en dépotoirs d’ordures empêchent l’eau de circuler normalement. Les constructions anarchiques dans les zones inondables exposent inutilement des familles entières au danger. Souvent par nécessité ou faute de moyens, des familles s’installent dans des espaces dangereux, exposant ainsi leur vie à chaque saison des pluies. A cela s’ajoute parfois le manque d’entretien des ouvrages d’assainissement dans certains quartiers.
Il devient donc urgent d’opérer un véritable changement de mentalité. Chacun doit comprendre que jeter des déchets dans les caniveaux, obstruer les voies d’évacuation des eaux ou occuper des espaces à risque peut avoir des conséquences dramatiques. Le curage régulier des caniveaux, le respect des règles d’urbanisme, la sensibilisation des populations et la vigilance communautaire doivent devenir des réflexes citoyens, car, les mesures de répression de l’autorité ne suffisent pas. Les collectivités locales, les associations et les leaders communautaires doivent également renforcer la sensibilisation des populations.
La lutte contre les inondations commence d’abord par une prise de conscience collective. Il ne suffit plus d’attendre les secours après les drames ; il faut agir avant qu’ils ne surviennent. Les drames liés aux inondations ne sont pas toujours une fatalité. Beaucoup peuvent être réduits, voire évités, si les bonnes décisions sont prises à temps et si chaque citoyen accepte de jouer sa partition. La douleur vécue à Houndé doit servir d’électrochoc national. Parce que derrière chaque saison des pluies se cache une question essentielle : sommes-nous réellement prêts à protéger des vies humaines ? Le défi climatique est immense, mais il commence aussi par de petits gestes quotidiens. Sauver des vies passe parfois simplement par un caniveau propre et une conscience citoyenne éveillée.
Paténéma Oumar OUEDRAOGO






