Les pas de géant de l’AES

La Confédération des Etats du Sahel (AES) entame sa troisième année d’existence, alors que ses détracteurs ne pariaient pas un sou sur sa survie. Sous la forme d’une alliance au départ, avant son passage au statut de Confédération, cette jeune organisation est née de la volonté du Burkina, du Niger et du Mali, de mutualiser leurs forces pour lutter contre le terrorisme et promouvoir un espace socioéconomique commun prospère. S’ils se sont engagés à libérer totalement leurs pays de l’hydre terroriste et à en faire des havres de paix, les Présidents Ibrahim Traoré, Abdourahamane Tiani et Assimi Goïta sont encore plus déterminés à conquérir la souveraineté de leurs Etats.

Ces dirigeants, dont le patriotisme et le courage séduisent au-delà des frontières de l’AES, ont décidé de bousculer l’ordre établi et d’assumer la trajectoire empruntée, peu importe le prix à payer. En tournant le dos à la France, puissance occidentale qui a longtemps gardé la mainmise sur ses anciennes colonies, les Etats de l’AES ont donné un signal fort aux impérialistes et à leurs relais sur le continent. Il n’est plus question de maintenir leurs pays dans les chaines du néocolonialisme, mais de les mettre sur le chemin de l’émancipation vraie et du développement endogène. En l’espace de deux ans, l’AES, qui fait permanemment l’objet d’une campagne de déstabilisation et de désinformation à cause de ses choix souverains, a fait des progrès remarquables. Dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la politique, de la diplomatie, de l’économie, des finances, de la culture, pour ne citer que ceux-ci, les pays de l’AES témoignent d’une coopération savamment planifiée et fructueuse qui se mesure à l’aune de nombreuses avancées.

On dénombre, parmi les acquis, l’instauration d’une carte biométrique et d’un passeport, la constitution d’une force unifiée de 5000 hommes pour combattre les groupes armés terroristes, la création d’un Parlement confédéral, d’une Banque d’investissement, d’une Cour de justice et de médias pour contrecarrer la propagande impérialiste et déconstruire les narratifs infondés sur les pays de l’AES et l’Afrique en général. Malgré les défis sécuritaires et les pressions néocolonialistes, l’institution sahélienne est inébranlable et avance à pas de géant. Avec les réalisations obtenues en si peu de temps, l’AES s’affiche désormais comme un modèle d’intégration politique et économique inspirant. La voix de l’organisation porte de plus en plus, dans un monde où il faut s’affirmer ou disparaitre.

Les plus forts ont toujours travaillé à imposer leur volonté aux plus faibles qui doivent redoubler d’ingéniosité et de détermination pour rester présents dans le concert des nations. Militant pour une Afrique qui assume pleinement son destin, les dirigeants de l’AES veulent changer les mentalités dans ce sens et n’entendent pas abandonner de sitôt leur combat. Dans un message relatif au 2e anniversaire de l’AES, son président en exercice, le chef de l’Etat burkinabè, a annoncé la consolidation de l’organisation à travers divers aspects. Entre autres, l’accent sera mis sur l’autodéfense collective de l’espace confédéral, l’intégration économique et la cohésion sociale, l’industrialisation, la souveraineté énergétique et alimentaire, la transformation locale des richesses des peuples du Sahel et la mutualisation des capacités scientifiques et technologiques.

Le maitre-mot est « renforcer l’architecture AES », mais cela ne saurait se faire dans le relâchement. La vigilance et l’ardeur au travail s’imposent comme l’a signifié le capitaine Ibrahim Traoré. Dans un contexte où les forces impérialistes multiplient les plans de déstabilisation sans succès, les peuples du Sahel doivent rester en alerte maximale et être prêts à contrer toute menace contre l’AES et ses nobles ambitions. Ils doivent également faire montre d’engagement sans faille, aux côtés des guides éclairés pour la réalisation des projets structurants et impactants. Rien ne doit entraver la dynamique enclenchée. Il faut coûte que coûte gagner ce combat pour la liberté et la dignité…

Kader Patrick KARANTAO

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