
En marge du 7e forum sur la coopération des médias sino-africains, le ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a livré le 20 août 2026 à Beijing, en Chine, une communication sur le thème : « L’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples et de la coopération culturelle ». Il a plaidé pour une coopération médiatique et culturelle, entre l’Afrique et la Chine, davantage tournée vers la création, la jeunesse et l’innovation.
Le Burkina a été à l’honneur, dans l’après-midi du jeudi 20 août 2026 à Beijing lors du 7e forum sur la coopération des médias sino-africains. En effet, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, faisait partie du groupe des neuf panélistes, constitués de quatre ministres d’Afrique (Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie et Madagascar) et cinq responsables de médias chinois, ayant assuré des communications sur le thème : « L’innovation en matière de contenus au service du rapprochement entre les peuples et de la coopération culturelle ».
Ouvrant le bal des interventions, le ministre burkinabè en charge de la communication a d’abord évoqué les défis auxquels le pays est confronté, notamment la lutte contre le terrorisme et les campagnes de désinformation. Il a dénoncé la diffusion de « stéréotypes » et des « messages subversifs » qui visent, selon lui, a fragilisé les efforts de paix et la cohésion nationale. Face à ces défis, il a mis en exergue la résilience du peuple burkinabè à vaincre l’hydre terroriste et à assurer sa souveraineté.
Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a, en outre, salué la tenue du 7e forum sino-africain sur la coopération entre médias qu’il considère comme une opportunité de consolider les liens d’amitié et de solidarité entre la Chine et les pays africains. «Il permet aussi de promouvoir une compréhension mutuelle de nos réalités, de nos cultures, de nos valeurs et de nos aspirations », a-t-il ajouté. Sur le thème du forum, le ministre burkinabè a révélé qu’il pose une question essentielle : « comment faire de nos contenus un véritable pont entre la Chine et l’Afrique ? ».
Le moins que l’on puisse dire est qu’il a concentré ses propos sur l’avenir des contenus médiatiques et culturels. Surtout que ce 7e forum de Beijing intervient à l’heure où le numérique bouleverse les modes de production, de diffusion et de consommation des contenus. « Une histoire racontée à Ouagadougou peut désormais être découverte à Beijing en quelques secondes », a-t-il précisé.
Mais, pour Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette révolution technologique constitue autant une opportunité qu’une responsabilité. Les médias et les créateurs de contenus doivent désormais produire des œuvres permettant aux peuples de mieux se connaitre et davantage se comprendre. La coopération sino-africaine, a-t-il estimé, ne doit donc plus se limiter aux infrastructures, aux échanges économiques ou aux relations institutionnelles. Elle doit aussi investir le champ culturel.
Le Burkina veut jouer sa partition
Le ministre a ainsi appelé à développer davantage de documentaires, de films, de séries, de podcasts, de créations musicales et de productions numériques consacrés aux réalités, aux identités et aux expériences des sociétés chinoises et africaines. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’intégrer les langues nationales africaines et le Mandarin dans les contenus des médias, tout en s’appuyant sur les technologies de traduction et de sous-titrage.
« Ne soignons plus seulement consommateurs de contenus produits ailleurs, mais également producteurs de nos récits », a-t-il plaidé. Dans cette dynamique, le Burkina entend valoriser ses atouts. Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a énuméré plusieurs rendez-vous majeurs du pays des Hommes intègres, notamment la Semaine nationale de la culture (SNC), les Universités africaines de la communication (UACO), le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO).
L’intelligence artificielle au service de la diversité
Ces rencontres, a-t-il soutenu, constituent des cadres susceptibles de renforcer les échanges entre créateurs chinois et africains. Il a alors proposé de renforcer les échanges d’expertises, les formations conjointes, les programmes universitaires, les incubateurs de projets, les laboratoires d’innovation… L’objectif est de faire émerger une nouvelle génération de créateurs capables de produire des contenus compétitifs et de conquérir de nouveaux marchés.
Le ministre en charge de la communication a aussi indiqué la nécessité
d’accorder une place de choix à la jeunesse qu’il décrit comme « connectée, créative et particulièrement ouverte aux échanges interculturels ». Ainsi, pour cette jeunesse, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a préconisé plus d’ateliers, de concours, de festivals numériques et de formations dans les métiers du cinéma, de l’audiovisuel, du numérique ainsi que les industries culturelles et créatives. L’autre enjeu majeur évoqué à Beijing est celui de l’intelligence artificielle.
Le ministre burkinabè a reconnu les nouvelles possibilités qu’elle offre en matière de traduction, de doublage, de production et de diffusion de contenus entre les différents espaces linguistiques. Mais, il a appelé à la vigilance, parce que la technologie ne doit pas conduire à une uniformisation culturelle. « L’innovation ne doit pas uniformiser nos cultures.
Elle doit permettre à chacune d’elles de mieux faire entendre sa voix », a-t-il souligné. En clair, selon le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, la richesse culturelle de l’Afrique, sa jeunesse et ses industries créatives peuvent trouver dans l’expérience chinoise
en matière technologique et culturelle un puissant levier de développement.
Sié Simplice HIEN
depuis Beijing





