
Le 7e forum sur la coopération des médias sino-africains se tient du 19 au 21 août 2026 à Beijing, en Chine, en présence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. La Chine et l’Afrique affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat audiovisuel.
La Chine et l’Afrique veulent franchir un cap dans leur partenariat médiatique. C’est dans cet optique que se tient le 7e forum sur la coopération des médias sino-africains du 19 au 21 août 2026 à Beijing, dans la capitale de la République populaire de Chine, sur le thème :
« Partager de nouvelles opportunités de développement, bâtir conjointement un nouvel avenir audiovisuel ». Il est co-organisé par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine (NRTA), le gouvernement populaire municipal de Beijing et l’Union africaine de radiodiffusion. Pendant la cérémonie d’ouverture du forum intervenue le 20 août, tous les intervenants ont relevé et insisté sur la nécessité pour la Chine et l’Afrique d’adapter leur coopération sur les médias aux mutations technologiques de l’heure.
La vice-ministre du département de la communication et ministre de l’Administration nationale de la radiotélévision, Cao Shumin, a souligné que ce 7e forum est historique, car 2026 marque l’année du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains, ainsi que l’année des échanges humains et culturels sino-africains. La coopération entre médias apparait dès lors comme un instrument privilégié pour renforcer la compréhension entre les peuples. « L’amitié sino-africaine traverse les temps et se transmet de génération en génération », a lancé la vice-ministre Cao.
Elle s’est par ailleurs réjouie des avancées enregistrées depuis le dernier forum sur la coopération des médias sino-africains de 2024, notamment dans les contenus, la diffusion, les technologies et la formation. Cao Shumin a cité par exemple la diffusion
de plus de 80 œuvres audiovisuelles chinoises dans plusieurs pays africains et, en retour, de plus de 80 productions issues de 29 pays africains sur les chaines et plateformes chinoises. Près de 50 co-productions sino-africaines, a-t-elle soutenu, ont également vu le jour. Cependant, au-delà des contenus, c’est l’Intelligence artificielle (IA) qui devrait profondément transformer la coopération entre les deux entités.
Cao Shumin a relevé que l’IA intervient désormais dans l’ensemble de la chaine audiovisuelle chinoise, de la création à la traduction, en passant par la production et la diffusion. Elle a toutefois appelé à conjuguer innovation et responsabilité, notamment face aux fausses informations, aux dérives éthiques et aux questions liées à la propriété intellectuelle. « La technologie doit être au service de l’humain », a-t-elle martelé.
Pour une circulation plus équilibrée des contenus
Quant au directeur général de l’Union africaine de la radiodiffusion, le camerounais Grégoire Ndjaka, il a aussi salué les résultats déjà atteints par l’Afrique grâce à son partenariat avec la Chine, principalement dans la modernisation des infrastructures de radiodiffusion. Il n’a pas occulté la formation des journalistes africains au cours de cette année 2026 sur des modules tels que l’IA, la vérification des faits, la détection des deepfakes, la pratique journalistique, avec la participation d’experts chinois et africains. Mais pour Grégoire Ndjaka, l’enjeu ne saurait se limiter aux équipements. « Ce qui compte le plus, c’est l’investissement dans les ressources humaines », a-t-il affirmé.
A ce sujet, la Chine indique avoir organisé cette année 2026, jusqu’en août, 21 programmes de formations impliquant 479 professionnels africains issus de 31 pays pour le renforcement de leurs compétences en production audiovisuelle, ultra haute définition et en création assistée par l’IA. Le directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion a surtout plaidé pour une circulation plus équilibrée des récits entre l’Afrique et la Chine. Car, a-t-il- poursuivi, si les productions chinoises gagnent progressivement les
audiences africaines, les contenus venant d’Afrique doivent eux aussi trouver davantage de place auprès du public chinois.
Il a estimé qu’un tel équilibre permettrait à « l’Afrique de raconter sa propre histoire » et au public chinois de découvrir le continent « sous un jour « africain ». Chinois et Africains sont convaincus et s’accordent donc sur le fait que la coopération des médias sino-africains doit désormais conjuguer technologie, créativité, formation et réciprocité. Pour ce faire, « une déclaration commune du 7e forum sur la coopération sino-africaine dans les médias » a été adoptée. Environ 40 pays africains, dont le Burkina Faso, prennent part à cette biennale sur la coopération des médias sino-africains. Le forum prend fin ce 21 août avec des visites des participants de certaines entreprises audiovisuelles chinoises.
Sié Simplice HIEN
depuis Beijing, en Chine





