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lundi, 5 octobre 2026
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Consommons burkinabè !

Un pays ne devient pas souverain uniquement parce qu’il produit. Il le devient aussi lorsque ses propres citoyens choisissent de consommer ce qu’il produit. C’est tout le sens de la deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) qui, du 2 au 16 octobre, remet le « Consommer local » au cœur de l’action citoyenne. Au-delà de la campagne de promotion, ce rendez-vous constitue une invite à donner un contenu concret à la souveraineté économique du Burkina Faso.

La démarche s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années et continue à faire tache d’huile. En octobre 2019, les ministres en charge du commerce des Etats membres de l’UEMOA ont institué le mois d’octobre comme période dédiée à la promotion des produits locaux. La première édition communautaire a été organisée en 2020. Au Burkina Faso, cette initiative a prolongé le mot d’ordre « Consommons burkinabè » lancé quelques décennies auparavant pour encourager la production, la transformation et la consommation nationales.

Ainsi, en inscrivant le Consommer local dans la deuxième phase des JEPPC 2026, le Burkina Faso lui donne une portée citoyenne. Le « Produisons burkinabè, consommons burkinabè ! » exhorte ainsi chacun à changer de regard et de réflexe. Le produit fabriqué au Burkina Faso ne doit plus être perçu comme un choix par défaut. Lorsqu’il répond aux besoins et satisfait aux exigences de qualité, il mérite pleinement sa place dans nos habitudes. Car le Burkina Faso produit. Dans les ateliers, les unités industrielles, les exploitations agricoles, les laboratoires et les espaces d’innovation, des femmes et des hommes créent, expérimentent et transforment. Le textile côtoie l’agroalimentaire. La cosmétique avance aux côtés de la pharmacie. La mécanique, l’électronique et les technologies élargissent le champ de la production nationale.

Il ne suffit donc plus d’applaudir l’audace des entrepreneurs, le génie des innovateurs ou la créativité des transformateurs. Le meilleur encouragement reste d’opter pour leurs produits. Notons tout de même que le consommateur veut de la qualité, de la sécurité, de la disponibilité et des prix accessibles. La confiance se construit précisément sur ces exigences. Et le Burkina rassure. L’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) contribue à cette démarche par la normalisation, le contrôle et la certification. Elle conjugue cet effort avec celui d’autres structures publiques et privées. Dans le domaine pharmaceutique, les mécanismes de régulation et de contrôle participent également à la sécurité du consommateur. C’est dire que le « Made in Burkina » convainc par la qualité au-delà du simple chauvinisme.

De la Révolution démocratique et populaire (RDP) a la Révolution progressiste populaire (RPP), le contexte a changé, les technologies ont progressé, mais cette interpellation conserve une réelle actualité dans la dynamique de souveraineté économique.
Le Consommer local ne doit donc pas se limiter aux foires, expositions et vitrines promotionnelles. L’essentiel commence lorsque les cérémonies s’achèvent et que le citoyen intègre ses habitudes d’achat. Au marché, dans les boutiques, les restaurants, les pharmacies ou sur les plateformes numériques, chaque choix est un acte patriotique, en ce sens qu’il soutient une entreprise, préserve un emploi et renforce une chaîne de valeurs nationale.

Du 2 au 16 octobre, le patriotisme peut ainsi sortir des tribunes pour entrer dans nos paniers et y rester pour toujours.

 

Par Assetou BADOH

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