Première édition du festival Afro renai-science: Valoriser le patrimoine capillaire africain

Les invités ont visité les stands d’exposition des produits de soins capillaires.

La première édition du festival Afro renai-science s’est tenue du 4 au 5 juillet 2026, à Ouagadougou, sur le thème « Racines et renaissance : la science au service de l’identité africaine ».

Au Burkina Faso, les coiffures traditionnelles, comme les nattes, les tresses ancestrales, les locks contemporaines, ont toujours été un langage, un marqueur d’identité et un héritage transmis de génération en génération. Pourtant, une grande partie de ces savoirs, symboles et pratiques demeure encore peu documentée et insuffisamment valorisée. Face à ce constat, le festival Afro renai-science s’est donné pour ambition de préserver et promouvoir le patrimoine capillaire africain, en mettant un accent particulier sur les réalités culturelles du Burkina.

La première édition de ce festival s’est tenue du 4 au 5 juillet 2026, sur le thème « Racines et renaissance : la science au service de l’identité africaine ». Selon la Présidente du comité d’organisation (PCO) de l’évènement, Tiphaine Malika Soubeiga, le festival vise à valoriser le cheveu naturel africain, comme élément du patrimoine culturel et identitaire et favoriser le dialogue entre savoirs traditionnels et connaissances scientifiques autour du cheveu africain. « Le festival Afro Renai- science entend également sensibiliser le public aux bonnes pratiques d’entretien et santé capillaire et renforcer l’estime de soi et la fierté culturelle », a-t-elle poursuivi.

Le festival a été marqué par des panels scientifiques et culturels, des expositions des produits naturels et d’accessoires pour les soins des cheveux et un défilé de mode alliant tenue traditionnelle et coiffure africaine.

La chevelure, une mémoire biologique

Le représentant du ministre chargé de la Culture, Dramane Konaté : « avoir des cheveux crépus ne fait pas de nous des sous-humains ».

Pour le représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Dramane Konaté, la question de la chevelure africaine intéresse à plus d’un titre le département ministériel. « Nous savons qu’il y a toute une symbolique forte qui accompagne la chevelure africaine. Un texte a même été pris pour suspendre les concours de beauté Miss. Nous estimons que les critères qui honorent la femme africaine incluent naturellement la chevelure africaine.

Avoir des cheveux crépus ne fait pas de nous des sous-humains », a-t-il déclaré. Et de mentionner que les Amazones africaines portaient des chevelues longues parce qu’elles incarnent la force, mais aussi la fureur de vaincre. La marraine du festival, l’écrivaine Bernadette Dao, a ajouté que la chevelure est un univers mystique, en référence au mouvement rastafari, ou aux récits comme celui de Samson dans la Bible, dont la longue chevelure soigneusement entretenue constituait la source de sa puissance extraordinaire. « Il a été question, durant ces deux jours, des cheveux naturels, de leur entretien, de l’usage qui en est fait dans nos pratiques traditionnelles et même occultes », a-t-elle souligné.

Quant au parrain du festival, Hadj Ismaël Bolhlaly, par ailleurs chercheur en sciences spirituelles, il a expliqué que les cheveux représentent l’antenne première d’une vie. « C’est pourquoi, l’Africain avait pu faire la simulation entre les queues des animaux et les cheveux. Les queues sont tout simplement les chapelets pour communiquer avec les ancêtres ; parce que quand l’animal est mort, toute son énergie se retrouve dans la queue », a-t-il révélé. Et d’inviter les enfants à aimer leurs cheveux naturels, car ce sont, à son avis, des paratonnerres, des antennes, des satellites. L’ambassadeur du festival, Pr Jacques Mbambaï Houroupou, est diététicien nutritionniste et psychothérapeute.

Il a fait savoir que les cheveux sont une mémoire biologique de ce que le corps vit en profondeur. « Ils parlent de notre nutrition, de notre sommeil, de notre stress, de notre santé. Ils parlent parfois même de nos émotions », a-t-il précisé. Pour lui, le cheveu crépu n’a jamais eu besoin d’être corrigé, il a seulement eu besoin d’être compris. « La véritable science ne détruit pas l’identité, elle l’explique, elle la protège, elle la valorise. Que cette première édition soit le point de départ d’une Afrique qui assume pleinement son identité, produit sa propre science et offre au monde des solutions inspirées de son génie », a-t-il souhaité.

Adama SAWADOGO

Aude Frédérique ROUAMBA (Stagiaire)

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