Aujourd’hui 11 juin 2026 s’ouvre sur le continent nord-américain, la 23e édition de la coupe du monde de football. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le football-business n’aura autant bien porté son nom que lors de cette édition, avec Donald Trump et Gianni Infantino dans le rôle d’adeptes invétérés de Mercure, le premier portant en sus la casquette de « père fouettard » principalement pour les équipes et supporters du Sud global suspectés de délit de faciès et d’accointances plus ou moins avérées avec les « cercles terroristes ».
Un mondial des riches, voire de très riches où, record Guinness, quatre billets de la finale ont été mis en vente par la FIFA au prix invraisemblable de 2,3 millions de dollars. Et si d’aventure (ce qui ne devrait pas manquer) certains excentriques milliardaires du Golfe persique ou de la jet-set californienne venaient à se les approprier, la FIFA « palperait » sur chaque billet la bagatelle somme de 690 000 dollars.
A l’instar des billets des finales NBA qui sont mis à l’encan avec des prix-plancher oscillant entre 100 000 et 200 000 dollars, ou des tournois de golf floridiens où il faut casquer lourd pour avoir accès au green, ce mondial américain sera un défilé de stars et de cover girls qui viendront s’y montrer juste pour le fun.
Les classes populaires ne sont pas oubliées pour autant, même s’il faudra débourser plus de 1 000 dollars pour un match de poule alors que le prix d’entrée minimum de la finale est de 2 790 dollars. En ajoutant le prix des navettes entre les hôtels et les stades (90 dollars minimum), celui du visa (15 000 dollars) sans oublier le coût du séjour, on comprend que les « Mba Goama » et les Gorguis ne seront pas les bienvenus au pays de l’oncle Sam. Ce d’autant que Trump a durci les conditions d’entrée aux USA, allant jusqu’à exclure certains officiels, notamment l’arbitre somalien, Omar Artan, dont le passé a été jugé « sulfureux » par les services d’immigration US.
Quand on pense que Infantino a récemment accordé le prix FIFA de la paix au président américain, on en arrive à se dire que les deux hommes sont de mèche dans cet « assassinat » de ce jeu populaire qu’est le football. En fait de spectacle inclusif promis par Infantino, on assistera à un tournoi fermé au grand dam des hôteliers qui peinent à faire le plein. Côtés droits de retransmission « Don » Gianni Infantino a, là aussi, monté le curseur avec un peu plus d’un milliard de nos francs à débourser par les télévisions du Sud pour nous offrir le spectacle.
L’ultralibéralisme, fille aînée de la mondialisation marchande et financière, touche donc le football ainsi que le prédisaient les orthodoxes de la vieille école comme feu Issa Hayatou qui a longtemps plaidé dans le désert pour une modération des envies boulimiques des hommes d’affaires et des avocats qui ont fait main basse sur le sport roi.
Vivement que les dieux du football balisent le chemin de Samuel Eto’o fils dans sa quête du fauteuil présidentiel. Le football aux footballeurs et les « vaches » seront mieux gardées.
Boubakar SY






