L’étudiant Daouda Sina a soutenu les 3 et 4 juillet 2026, à Casablanca, au Maroc, ses mémoires pour l’obtention des diplômes d’ingenieur d’Etat et son master en architecture urbaine.
Daouda Sina est désormais titulaire d’un diplôme d’ingenieur d’Etat du Groupe Hautes études des sciences et techniques de l’ingénierie et du management (HESTI) du Maroc et d’un master en architecture urbaine de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de France. Fruits de 5 années de durs labeurs, il a soutenu ses mémoires respectivement, les 3 et 4 juillet 2026, à Casablanca, au Maroc devant amis, étudiants et parents venus de Ouagadougou pour lui temoigner leur soutien.
Le premier mémoire, réalisé au sein du bureau d’études BET NZ, à l’issue de 6 mois de stage a porté sur “l’étude complète d’un parc industriel mixte en deux blocs : hangar métallique et une zone bureautique en béton armé”. Concrètement, lors de ses travaux de terrain, Daouda Sina s’est brillamment illustré dans la maitrise des techniques de construction, à savoir, de la première esquisse jusqu’au dossier remis aux entreprises de construction.
Pour la charpente métallique, il a calculé la résistance de l’ouvrage face au poids, à l’usage et surtout au vent, en croisant calculs manuels et modélisation 3D sur logiciel spécialisé. Pour le bloc en béton, il a poussé l’analyse jusqu’à la tenue du bâtiment aux séismes et au feu. “Un travail d’ingénieur qui allie sécurité, respect des normes et maîtrise des coûts : le triple impératif de tout concepteur”, a-t-il expliqué. Après quelques heures d’échanges avec le candidat, le jury a apprecié son travail. Il lui a decerné le diplôme d’ingenieur d’Etat de l’HESTI avec les félicitations du jury. 4 juillet 2026, c’est très confiant que M. Sina s’est présenté à nouveau au jury. Cette fois-ci c’était pour défendre son mémoire de master en architecture urbaine décerné par l’INSA.
Pour l’obtention de ce diplôme, son theme a porté sur : “La main-d’œuvre marocaine dans le domaine des BTP”. Devant le jury, il a fait le diagnostic de la main-d’œuvre marocaine du BTP. Ce second mémoire, présenté en binôme, quitte le chantier pour se pencher sur ceux qui le font tenir debout : les travailleurs du Bâtiment et des travaux publics (BTP) au Maroc. “ C’est un secteur qui pèse près de 12,7 % de l’emploi national, soit environ 1,3 million de personnes”, a-t-il rappelé au jury. Selon les explication de M. Sina, derrière les grands chantiers, il existe des fragilités profondes : une main-d’œuvre souvent rurale et peu qualifiée, formée « sur le tas », un secteur miné par l’informel, un recrutement qui se fait encore au coin de la rue chaque matin, et une hémorragie de talents vers l’Europe et les pays du Golfe.
A cela, a-t-il dit, s’y ajoutent des conditions difficiles, des contrats fragiles, la couverture sociale insuffisante, les accidents de travail fréquents. Les compétences au service du Burkina “C’est un problème réel dans presque tous les pays africains”, a-t-il precisé. Face à ce constat, Daouda Sina a proposé des pistes concrètes de solutions pour remedier à cette situation. Il a preconisé la structuration et la modernisation de la gestion des ressources humaines, la valorisation de l’expérience acquise par les ouvriers et de redorer l’image du secteur auprès des jeunes générations.
De ses analyses, M. Sina voit enfin dans la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, une occasion historique : des centaines de milliers d’emplois à créer et une vitrine pour hisser la construction marocaine aux standards mondiaux à condition de miser sur un secteur plus numérique et plus industrialisé. A l’issue de sa soutenance, le jury l’a jugé digne d’obtenir le diplôme de master en architecture urbaine. Très heureux, il a confié qu’il mettra désormais ses compétences aux services de la nation burkinabè. “Après 5 ans d’études, j’ai eu des opportunités de travailler ici. Mais, l’idéal pour moi c’est de revenir au Burkina pour mettre mes compétences, mon expérience au service de la construction de mon pays”, a affirmé fièrement, Daouda Sina.
Aux félicitations des jurys, s’est ajoutée l’émotion des proches, présents pour couronner un parcours exigeant et emprunt d’excellence. Venu de Ouagadougou, El hadj Boukary Sawadogo a dit être fier de son neveu (Daouda Sina). “Nous sommes très fiers de lui et nous souhaitons qu’il mette ses compétences au service de notre pays”, a affirmé M. Sawadogo.
Aristide NIKIEMA (Correspondance particulière)






