La reprise en main

En décidant de porter sur les fonts baptismaux la société d’Etat CIM-SAHEL, lors du dernier Conseil des ministres, le gouvernement entend mettre fin aux dysfonctionnements savamment orchestrés au niveau de ce secteur stratégique qu’est la production de ciment. L’exécutif envoie dans le même temps un signal fort aux opérateurs économiques tous secteurs confondus : la désorganisation économique en gestation ne passera pas, et la puissance publique mettra tout en œuvre pour satisfaire les besoins fondamentaux des masses populaires conformément aux idéaux de la Révolution progressiste populaire.

Des tentatives de sabotage, osons le dire, si tant est que la production nationale couvre la demande ; ce qui explique difficilement ces pénuries récurrentes, toutes choses restant égales par ailleurs. Et, malgré les cris d’orfraie que l’on entend çà et là, il faut convenir que cette levée de boucliers « oublie » ce qu’est l’impérialisme, ce que sont les monopoles capitalistes, ce qu’est l’Etat en période révolutionnaire. Tout le monde parle de l’impérialisme en oubliant que celui-ci n’est rien d’autre que le capitalisme monopoliste auquel l’Etat révolutionnaire doit substituer l’Etat démocratique révolutionnaire, c’est-à-dire un Etat qui détruise tous privilèges quels qu’ils soient en optant dans un premier temps pour le capitalisme monopoliste d’Etat puis pour le socialisme.

Il n’y a pas de « milieu ». Dans l’histoire en général et surtout en temps de guerre, il faut avancer ou reculer, et, reculer serait trahir dans le cas du Burkina Faso. Et, n’en déplaise aux contempteurs du mouvement du 30 septembre 2022, d’autres mesures seront prises dans d’autres secteurs d’activités aussi bien marchands que financiers pour consolider les bases de cette nouvelle économie politique. La rénovation matérielle et économique du pays est donc liée à cette rénovation politique et spirituelle.

La fin de la guerre impérialiste est à ce prix et l’enthousiasme des masses populaires est l’indicateur probant de la victoire. Dans le Burkina actuel, seule une rupture conséquente, absolue avec les pratiques du passé aussi bien en politique intérieure qu’en politique extérieure, peut sauver notre révolution et notre pays pris dans l’étau de fer de l’impérialisme. Quitte à « soulever la poussière » pour cela comme disait le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré lors d’une rencontre avec les forces vives de la région de Oubri. Oser lutter savoir vaincre !

Boubakar SY

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