Nous vivons une période de profonds bouleversements démographiques. Certains pays comptent historiquement une population jeune importante. D’autres connaissent un vieillissement rapide de leur population. Et beaucoup doivent composer avec ces deux réalités. Les sociétés et les économies sont remodelées par des crises convergentes, des inégalités croissantes et des technologies de rupture. Parallèlement, l’information et la désinformation redéfinissent notre perception du monde qui nous entoure.
Comment les jeunes adultes envisagent-ils leur vie, leurs ambitions et leur avenir dans un monde en perpétuelle mutation ? C’est la question au cœur de la récente enquête démographique et prospective de l’UNFPA. Cette enquête constitue l’un des plus vastes ensembles de données à ce jour sur les objectifs de vie des jeunes en matière de relations et de famille.
Nous avons constaté que la plupart aspirent encore à fonder une famille et à devenir parents, mais que beaucoup craignent de ne jamais voir ces rêves se réaliser. Aujourd’hui, la fragilité du marché du travail, le creusement des inégalités et la persistance des conflits font que de nombreux jeunes peinent à imaginer comment construire la famille et l’avenir qu’ils souhaitent.
Certains pensent que les jeunes générations ont complètement renoncé au mariage et aux enfants. Notre enquête révèle une réalité différente. La plupart des personnes interrogées affirment que leur relation idéale passe par le mariage. Pourtant, parmi celles qui souhaitent avoir un partenaire, nombreuses sont celles qui sont célibataires et ne fréquentent personne. Les contraintes économiques et de logement sont les obstacles les plus fréquemment cités à la vie en couple. La plupart des personnes interrogées désirent également des enfants – et dans la plupart des régions, la famille idéale se compose généralement de deux enfants. Mais beaucoup s’interrogent sur leur capacité à assurer leur logement et leur éducation.
En bref, c’est l’incertitude, et non le manque de volonté, qui pousse les jeunes à se demander s’ils peuvent fonder la famille dont ils rêvent.
Face à l’évolution des tendances démographiques, notamment le vieillissement et la baisse de la fécondité, les gouvernements explorent un large éventail de politiques. Cependant, ces politiques seront vouées à l’échec si elles contraignent les individus à faire certains choix ou si elles ne s’attaquent pas aux obstacles que les jeunes eux-mêmes identifient.
Comme nous l’a confié un jeune leader communautaire : « Il ne s’agit pas seulement de choisir d’avoir moins d’enfants. Il s’agit d’avoir moins de choix. »
Le message des jeunes est clair : ils ont besoin de sécurité pour construire leur avenir et de moyens pour le réaliser. Il incombe aux dirigeants du monde entier de soutenir ces aspirations.
Grâce à des investissements judicieux et novateurs dans leurs droits et leurs choix – du logement et des soins de santé au congé parental et à la garde d’enfants –, les jeunes peuvent exercer leur autonomie sur leur corps et leur vie et construire l’avenir qu’ils souhaitent. Ils peuvent ainsi réaliser leur droit de prendre les décisions les plus intimes et les plus importantes de leur existence.
Le monde d’aujourd’hui regorge d’opportunités, et pas seulement de défis. Les communautés et les économies innoveront, développeront leur résilience et prospéreront lorsque les jeunes pourront eux aussi y contribuer.
Les jeunes – du Nord au Sud, d’Est en Ouest – se sont exprimés. Il est temps de les écouter. Et il est temps de contribuer à créer les conditions qui leur permettent de faire de véritables choix, de fonder la famille qu’ils souhaitent et de réaliser leurs espoirs et leurs aspirations.






