En décidant de porter sur les fonts baptismaux un institut supérieur de technologie et d’y affecter dès cette année nos élèves les plus brillants, le gouvernement burkinabè sous la houlette du capitaine, Ibrahim Traoré vise non seulement à accélérer le développement scientifique et technologique du pays, mais surtout de transformer notre intelligentsia en une élite révolutionnaire dont les intérêts avec ceux du peuple. Une superstructure idéologique et culturelle au service d’une technopole burkinabè productive fondée sur la science et le développement des hautes technologies, à l’instar de la Silicone Valley de la côte ouest-américaine.
Si, nous voulons adapter le Burkina Faso, pays agricole aux exigences du monde technique moderne, il nous faut ces institutions techniques qui garantissent la vie d’une nation moderne. Institut de physique et de chimie nucléaire, institut d’électronique, institut de chimie appliquée à l’industrie et à l’agriculture, institut de biochimie et agronomie tropicale… autant de pôles d’excellence seuls à même de permettre l’émergence du pays grâce et par des burkinabè techniquement compétents et politiquement conscients.
Une œuvre que le grand capital national aurait dû initier depuis belle lurette, mais face à laquelle, elle s’est dérobée à l’injonction du centre impérialiste se contentant de son rôle d’importateur-exportateur (vente de ciment, de riz et diverses marchandises) et de prêteurs sur gages à travers des banques axées essentiellement sur des prêts à des taux exorbitants.
Nous sommes de ce fait à des années lumière des pays développés où des élèves du secondaire fabriquent eux-mêmes leurs téléphones portables (Chine et Asie en général) pendant que leurs parents assurent leur autosuffisance alimentaire en entretenant des rizières au bas de leurs immeubles. L’Afrique étant le centre énergétique du monde, cette initiative disions-nous va hâter la transformation de nos matières premières et créer subséquemment de l’emploi, mais aussi de priver le centre impérialiste de l’exploitation prédatrice de celles-ci.
La science pénètre tous les aspects de la vie actuelle, et seules les nations armées de « connaissances jusqu’au dents » tireront leur épingle du jeu. Derrière cet « acte banal » de création d’un institut de technologie se cache donc un enjeu capital à savoir, l’émancipation pleine et entière, l’indépendance nationale véritable. Il faudrait aller plus loin, en mutualisant les efforts au sein de l’AES pour se donner plus de force dans cette quête rédemptrice.
L’an II de la Confédération étant basé sur la consolidation des acquis à travers des politiques plus intégrées dans tous les domaines suscite d’ores et déjà des motifs d’espoir. Attaquons nous, donc aux vieilles habitudes coloniales et aux clichés sur l’Occident « d’abondance » en entreprenant hic et nunc, la lutte immédiate, énergétique pour accéder à cette indépendance.
A la coalition impérialiste, opposons donc notre coalition en inculquant à notre jeunesse le savoir et le sentiment de fierté nationale chez nous en relation avec les partenaires dénués de tous aprioris négatifs. Devenir maîtres des évènements chez nous, c’est cela le développement clés en tête cher au professeur Joseph-Ki- Zerbo. De l’en-soi au pour- soi, il n’y a que la vision, la volonté et la détermination.
Boubakar SY






