Valorisation du patrimoine artistique : le Musée national accueille l’exposition permanente « Rupture »

Les artistes dont les œuvres sont exposées ont animé un panel dans lequel chacun d’eux a apporté sa propre lecture de la notion de rupture.

Le Musée national a organisé le vernissage de l’exposition « Rupture », qui réunit les univers de quatre artistes, vendredi 18 septembre 2026 à Ouagadougou

Les œuvres de quatre artistes sont expo-sées au Musée natio-nal dans le cadre de l’exposition « Rupture ». Elles ont été dévoilées au public dans la soirée du vendredi 18 septembre 2026. Il s’agit des œuvres des sculpteurs Siriki Ky et Abou Traoré, du peintre Christophe Sawadogo et du photographe Nyaba Ouédraogo.

Le directeur général du Musée national, Sabari Dao, a expliqué que l’exposition « Rupture » traduit la volonté de questionner les habitudes, renouveler les regards et ouvrir de nouvelles perspectives. Il a soutenu que la mission d’un musée ne se limite pas à conserver les traces du passé. « Le musée doit rester vivant.

Il doit faire dialoguer patrimoine, création contemporaine, artistes et publics », a insisté Sabari Dao. Il a invité le public à venir découvrir cette exposition permanente pour laquelle le Musée national a emménagé une salle spéciale.Le représentant du mi-nistre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Allasane Ouango, a salué cette exposition qui met en lumière quatre figures de la création contemporaine burkinabè et africaine.

Il a relevé que les œuvres de ces artistes donnent à voir différentes manières de regarder, d’interroger et de représenter la société, la mémoire et les transformations du monde. « Rupture peut être comprise comme un changement, une remise en question, un déplacement du regard ou encore une ouverture vers de nouvelles possibilités », a-t-il déclaré. Cette conception du thème a trouvé un écho parti-culier, lors d’un panel animé par les artistes à l’honneur.

« Rupture » : entre continuité et questionnement

Le vernissage de l’exposition « rupture » a réuni acteurs de la culture et personnalités diplomatiques.

Christophe Sawadogo a confié que la rupture peut prendre la forme d’un retrait du tumulte quotidien. « Elle renvoie notamment à la recherche de ce qui a été perdu ou interrompu dans le parcours culturel et artistique.
La rupture évoque aussi l’existence de chaînons manquants, afin de permettre une expression plus authentique des personnalités et des identités », a-t-il affirmé.

De son côté, l’artiste-sculpteur Siriki Ky refuse d’associer automatiquement
la rupture à une cassure. Pour lui, elle constitue plutôt une interpellation.
« Il s’agit de montrer qu’il existe d’autres façons de fonctionner, travailler et s’exprimer dans l’art », a-t-il déclaré. Pour le sculpteur, Abou Traoré, la rupture n’est qu’une continuité.

Le photographe Nyaba Ouédraogo estime que la rupture se situe dans l’évolution des pratiques artistiques. « La photographie ne doit plus être réduite au simple fait de prendre une image. Elle implique désormais une démarche, une réflexion sur le sujet, le thème, la technique et l’esthétique », a-t-il expliqué. Pour lui, la rupture est donc aussi artistique, esthétique et intellectuelle.

Maria KAHOUN
(Stagiaire)

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