
Une semaine après l’opérationnalisation de la boutique témoin de Kaya de la phase pilote de Faso Yaar, une équipe de Sidwaya est allée faire le constat de l’engouement des populations, le jeudi 26 février 2026.
Soumaïla Ouédraogo alias Fils Oubri, membre de la veille citoyenne, vient de s’acheter huit kilogrammes (kg) de sucre en poudre à 5600 F CFA, soit 700 francs le kg pour la rupture du jeûne. Au regard de la qualité du sucre (SN SOSUCO), je pense que le prix est abordable et surtout que les produits sont accessibles », a félicité le Fils Oubri. Pour lui, l’ouverture des boutiques témoins permettra de stabiliser les prix des produits de première nécessité sur le marché. Sayouba Ouédraogo, commerçant de profession s’est aussi ravitaillé en sucre. Il a acheté un carton de sucre en carreau au prix de 21 000 F CFA. « Le prix est très abordable par rapport au marché.
C’est la raison pour laquelle, nous sommes venus ici », s’est-il réjoui. M. Ouédraogo a positivement apprécié la démarche du gouvernement de « disponibiliser » les produits de première nécessité durant le mois de jeûne et carême. « L’initiative est venue pour soulager les populations, surtout nous les musulmans parce que c’est en cette période que nous consommons beaucoup de sucre », a indiqué Sayouba Ouédraogo. Cependant, il a estimé que la procédure de vente est longue. « Si on peut vendre seulement sans les cartes d’identité, cela faciliterait la tâche …Pour payer, il faut aller dans un endroit pour se faire enregistrer, payer l’argent et prendre un ticket et revenir dans un autre endroit pour remettre le ticket et prendre le produit.
Avec cette distance, c’est difficile pour les vieux, les vieilles, les handicapés…», a déploré Sayouba Ouédraogo. Zakaria Sawadogo, animateur dans les ONG, a pris sept kg de sucre pour sa mère au prix de 700 F CFA l’unité. « Avec le mois de jeûne, j’ai pris un peu de sucre pour le mois afin de soulager un peu ma maman qui jeûne », a-t-il indiqué. Contrairement à Sayouba, Zakaria s’est dit satisfait de la procédure de vente. « Sincèrement, c’est la meilleure manière. Il n’y a même pas de débat là-dessus, a-t-il affirmé. En termes de suggestion, l’animateur de projets a exhorté le gouvernement à envisager la vente des motos dans les boutiques témoins.
« Nous voulons que les motos soient vendues de la même manière, surtout avec les nouveaux fonctionnaires sortants. Ce n’est pas aisé d’avoir une moto qui se vendait à 800 000 F CFA qui se retrouve à 1 300 000 F CFA. Ça sera un atout pour nous. Que l’Etat songe à cela », a sollicité Zakaria Sawadogo. Alida Kafando est volontaire-caissière au profit de Faso Yaar. Selon elle, le paiement se fait en inscrivant le client sur la plate-forme avec les références de sa CNIB. « Nous renseignons les données du client. Ensuite, on sélectionne les produits souhaités par le client. Le montant s’affiche. On lui dit et il effectue le paiement. Après on lui donne un reçu et il part au magasin prendre ses produits », a expliqué la volontaire Kafando.
La revente des produits strictement interdite
A l’entendre, ils reçoivent en moyenne 100 clients par jour et après une semaine de vente, ils sont à environ 400 clients hormis samedi et dimanche. Des difficultés sont rencontrées par ces caissiers. « Parfois, la plateforme est inaccessible. Ce qui empêche la vente ou nous oblige à enregistrer sur les registres pour reporter sur la plateforme après. Nous avons parfois des problèmes de réseau pour ouvrir la plateforme et effectuer la vente des produits », a déploré la caissière Kafando. L’une des difficultés est le plafonnage des produits à payer par client. Selon elle, chaque client a droit à un carton de carreau de sucre ou un sac de sucre granulé, un carton de jus et un bidon de 20 litres d’huile.
Pour le directeur régional en charge du commerce des Koulsé, Sidiki Koné, deux boutiques témoins ont été ouvertes à Kaya et à Kongoussi avec un approvisionnement de trois produits comme le sucre SN SOSUCO en carreau et granulé, l’huile SN CITEC et les jus Dafani et Malia. En termes de quantité pour le sucre qui est le produit phare, pour la ville de Kaya, 10 tonnes de sucre en carreau ont été réceptionnées sur une prévision de 62 tonnes et 30 tonnes de sucre granulé sur une prévision de 38 tonnes attendues. « Nous avons aussi eu des jus et de l’huile. C’est le savon que nous attendons », a indiqué le DR Koné. Après une semaine de vente, il s’est dit satisfait, en ce sens que les 10 tonnes de sucre en carreau sont finies après seulement cinq jours de vente. Selon lui, l’opération pilote dans les boutiques de Kaya et Kongoussi se déroule du 20 février au 25 mars 2026. Sidiki Koné a indiqué qu’il est strictement interdit de revendre les produits achetés dans les boutiques témoins.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
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