Les jours se suivent et se ressemblent pour les fraudeurs et les contrefacteurs qui tombent les uns après les autres dans les mailles du filet de la Douane burkinabè. Pour preuve, le 23 juillet 2026 à Tenkodogo, un car transportant de faux billets de banque d’une valeur de 60 millions F CFA et des marchandises prohibées a été intercepté. Les exemples récents ne manquent pas. A Koudougou, des marchandises frauduleuses ont été dissimulées dans un corbillard, tandis qu’à Pouytenga, les services de contrôle ont mis au jour d’importantes cargaisons de produits prohibés.
Médicaments, cigarettes, produits chimiques, denrées alimentaires, textiles et produits contrefaits sont autant de secteurs investis par les fraudeurs, à travers des réseaux spécialisés dans le trafic et le stockage frauduleux.
Cette réalité montre que la lutte contre la fraude ne peut plus être statique. Elle exige du renseignement, de l’anticipation, de la coordination et surtout des agents intègres, courageux et patriotes. La Douane, la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF), la Brigade mobile de contrôle et de répression de la fraude (BMCRF), la Brigade Laabal et toutes les structures spécialisées conjuguent leurs efforts avec les autres forces de sécurité intérieure pour assainir les échanges commerciaux et protéger l’économie nationale. Cette bataille se joue également sur le terrain de la probité. Aucun dispositif de contrôle ne saurait être efficace si ceux qui sont à la manette ne font pas preuve d’intégrité.
La probité des agents constitue donc une frontière aussi importante que les postes de contrôle eux-mêmes. En la matière, la Douane s’est déjà brillamment illustrée dans le refus de pots de vin lorsque des gabelous ont préféré servir l’Etat que sacrifier ses recettes et leur honneur en refusant 100 millions F CFA pour leurs propres poches. Derrière chaque fraude stoppée, ce sont des recettes publiques préservées.
En 2025, la Douane a mobilisé environ 1 231 milliards F CFA, confirmant son rôle majeur dans le financement de l’action publique. Pour 2026, l’objectif s’établit à plus de 1 360 milliards de nos francs. Cette progression traduit l’importance croissante, mais surtout l’efficacité de cette régie financière dans la mobilisation des ressources nationales.
Dans un Burkina Faso en guerre, chaque franc compte. L’argent soustrait au Trésor public est autant de moyens perdus pour financer la sécurité, la santé, l’éducation, les infrastructures et les autres priorités nationales. La fraude changera encore de méthodes. Elle se réinventera et empruntera des chemins toujours plus insolites pour contourner les dispositifs de contrôle.
Mais cette imagination débordante des hors la loi va devoir affronter une administration douanière vigilante, offensive et résolument engagée dans la défense de l’intérêt général. Il faut donc compter avec ces hommes et ces femmes qui, sur les routes, dans les marchés et aux frontières, veillent au grain. Parce que combattre la fraude aujourd’hui, c’est défendre la souveraineté, assainir l’économie, protéger la santé des populations et contribuer à la quiétude de toute une Nation.
Par Assetou BADOH






