L’un des plus gros défis qui s’imposent actuellement à la communauté internationale est de ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré les efforts diplomatiques déployés à l’échelle planétaire, la formule magique pour faire taire les armes, qui y crépitent depuis des décennies, n’est pas encore sortie des laboratoires. Si les différentes négociations peinent à produire l’effet escompté, le médiateur de l’Union africaine (UA), le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, ne baisse pas pour autant les bras.
Alors que les combats, entre l’armée régulière et les rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda voisin, se poursuivent sur le terrain et que les négociations semblent au point mort, le chef de l’exécutif togolais veut toujours croire à une sortie de crise. Aussi, a-t-il présidé, les 7 et 8 juin dernier à Lomé, une réunion consacrée à l’évaluation des activités menées dans le cadre de la médiation africaine au premier semestre de 2026.
En passant en revue la feuille de route de l’UA et les médiations du Qatar et des Etats-Unis, qui impliquent, entre autres, une cessation des hostilités, un dialogue politique inclusif et la prise en charge des personnes déplacées, les participants à la réunion ont noté avec regret les entraves au processus de paix en RDC. En l’absence d’un mécanisme contraignant pour les parties, aucune initiative de cessez-le-feu n’a tenu jusque-là. Il est difficile, voire impossible de briser la spirale de violence.
Les armes crépitent toujours dans l’Est de la RDC, où l’AFC/ M23 occupe plusieurs villes, avec une intention manifeste de garder ses positions. Ce mouvement politico-armé avait d’ailleurs l’ambition de marcher sur Kinshasa pour déloger le régime en place et Dieu sait s’il a véritablement renoncé à ce projet. Pour l’heure, le ciel ne laisse rien présager de bon. On assiste à un statu quo diplomatique dans la recherche de la paix, ce qui tue l’espoir d’un retour à la quiétude chez les populations de l’Est de la RDC.
Face à ce constat désolant, le médiateur de l’UA et toutes les autres personnalités mobilisées pour la quête de la paix en RDC ont pris, lors de la réunion de Lomé, des mesures en vue de consolider les actions de médiation. Ils ont convenu de renforcer la coordination entre les acteurs engagés, de mieux structurer la contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha.
Aussi, ont-ils invité les Etats et organisations impliqués dans les efforts de médiation à intensifier leur coopération et décidé d’un ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026. Les perspectives d’avenir ne semblent pas prometteuses, mais tout est mis en œuvre pour donner la chance à la diplomatie. Privilégier la voie du dialogue demeure la meilleure option, même si les rebelles de l’AFC/M23 éprouvent toujours du mal à calmer leurs nerfs.
Ils semblent, en dépit des signes d’ouverture affichés, préférer le langage des armes aux pourparlers. Cette attitude est de nature à saper les actions diplomatiques et à décourager ceux qui espèrent la fin de l’instabilité. En dépit de cet environnement empreint de pessimisme, le retour durable de la paix dans l’Est de la RDC reste possible, pour peu que l’intérêt supérieur du pays prime sur les considérations égoïstes.
Kader Patrick KARANTAO






