Le 21 septembre à 10 h, heure d’Afrique de l’Ouest (WAT), CGTN Français vous a proposé sur BoomLive un live culturel consacré aux liens entre l’opéra chinois et les traditions musicales du monde. Depuis la scène historique de la Guilde de Huguang, à Beijing, l’animatrice Coco et l’artiste-compositeur originaire du Togo, D’mo, ont réuni des artistes et invités venus de Chine, du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo et d’Algérie autour d’une même question : qu’est-ce que l’opéra chinois peut nous inspirer ?
Un lieu chargé d’histoire
Pour cette rencontre, direction la Guilde de Huguang, dans le district de Xicheng, au cœur de l’un des quartiers historiques de Beijing. Ce lieu exceptionnel abrite notamment le Musée de l’opéra chinois et conserve l’une des rares scènes de théâtre traditionnelles encore présentes dans la capitale.
Restaurée et ouverte au public, la guilde a accueilli de grands maîtres de l’opéra chinois, parmi lesquels Tan Xinpei, Yu Shuyan et Mei Lanfang. Chargée d’histoire et réputée pour son acoustique, elle symbolise aussi la rencontre des cultures du Nord et du Sud de la Chine. Un cadre idéal pour faire dialoguer les arts de la scène. C’est aussi ici que le film Adieu ma concubine, de Chen Kaige, a été tourné.
Quand le rap rencontre l’opéra chinois
Avant de partir à la rencontre des invités, Coco et D’mo ont partagé une expérience originale : l’apprentissage de plusieurs formes d’opéra chinois, dont l’opéra de Pékin, l’opéra du Henan et l’opéra Huangmei.
Accompagnés par des maîtres de l’opéra chinois, ils ont appris plusieurs chants et gestes emblématiques, avant de les revisiter avec des éléments de rap. Une rencontre entre rythmes contemporains et tradition chinoise.
L’actrice de premier rang Li Hongyan, de la Troupe Mei Lanfang du Théâtre de Beijing, les a également initiés à un extrait de Mu Guiying prend le commandement, offrant aux participants un premier aperçu des exigences vocales et corporelles de l’opéra chinois.
Trois invités, trois histoires, une même découverte
Autour de la table, trois invités ont raconté leur rencontre avec l’opéra chinois, chacun à partir de sa propre culture.
Karim Badolo, du Burkina Faso, a évoqué son expérience du maquillage facial et du costume de Bao Gong. Les couleurs et les motifs du visage de l’opéra chinois lui ont rappelé la tradition des masques au Burkina Faso, où le port d’un masque peut transformer celui qui le porte en un personnage différent. Une première résonance entre deux traditions de représentation.
Maissa Benali Cherif, venue d’Algérie, s’est intéressée à l’opéra du Henan et à l’histoire de Hua Mulan. À travers ce personnage, elle a évoqué la force des femmes et les résonances possibles entre les traditions culturelles chinoises et nord-africaines. L’histoire de Mu Guiying, qui reprend le commandement à 53 ans, a notamment ouvert une réflexion sur la place des femmes expérimentées dans les récits héroïques.
Rocco Nkanga, de la République démocratique du Congo, a reconnu dans l’opéra chinois des éléments familiers de sa propre culture musicale : le rythme, l’expression corporelle et la narration par le chant. Le « chant en dialogue » de l’opéra Huangmei lui a rappelé le chant responsorial africain, où une voix chante et où d’autres lui répondent.
De l’opéra de Pékin à l’opéra occidental
L’un des temps forts de la rencontre a été consacré aux défis musicaux. D’mo a revisité un extrait de Hua Mulan en y apportant son univers rap, tandis que Coco a invité les participants à reconnaître plusieurs airs célèbres de l’opéra occidental.
Derrière leurs différences de langues, de costumes et de styles, ces traditions partagent une même vocation : raconter des histoires et faire vivre les émotions par la voix.
L’opéra de Pékin et l’opéra occidental, l’un trésor national de la Chine, l’autre classique de l’Occident, ont beaucoup de points communs dans l’art de « raconter une histoire avec la voix ».
Des aigus impressionnants aux vocalises, du souffle à l’expression des émotions, ces arts exigent une maîtrise vocale exceptionnelle. Mais ils ont surtout en commun cette capacité à faire entendre les joies, les peines, les colères et les espoirs humains.
Des traditions qui se répondent
Pour finir, Coco, D’mo et les invités ont partagé ce que l’opéra chinois leur évoque de leurs pays respectifs. Des masques burkinabè aux chants responsoriaux africains, chacun a retrouvé des échos de sa propre culture dans les traditions chinoises.
À travers ce live, nous souhaitons montrer que les arts traditionnels sont aussi des espaces de création, de dialogue et de découverte. À la Guilde de Huguang, les voix de plusieurs continents se sont réunies autour d’un même langage : celui de la musique et des émotions humaines.
Quand les cultures se rencontrent, les différences deviennent une source d’inspiration.
Synthèse de Nadège YAMEOGO
Source : CGTN Français






