Xizang, Région autonome du Tibet : Carnet de voyage d’un séjour sur le « le Toit du monde » 

 Dans le cadre du programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC), les participants africains ont séjourné au Xizang, la région autonome du Tibet, du 22 au 25 juin 2026.  

La période du 22 au 25 juin 2025 restera gravée dans les mémoires des journalistes africains participant au programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC). Pour cause, ils ont séjourné durant cette période au Xizang, la région autonome du Tibet surnommée « le Toit du monde » car située à plus de 3650 mètres d’altitude. Bien avant le départ, les consignes données aux participants par l’assistante chinoise donnaient déjà le ton sur la particularité du voyage qu’ils s’apprêtaient à entamer.  » A Lhassa, la température varie entre 15 et 25 °C, tandis qu’elle descend jusqu’à 5 à 8 °C la nuit.

Le temple de Jokhang a été le premier site touristique à recevoir les visiteurs

Le rayonnement ultraviolet est très intense et l’air est sec. Nous vous conseillons de vous munir d’une crème solaire indice 50+, de lunettes de soleil, d’un chapeau à large bord, d’un baume pour les lèvres et d’une crème hydratante. Portez des vêtements à manches longues respirants, associés à une doudoune légère coupe-vent ou une veste de ville décontractée, ainsi que des chaussures de marche confortables. En raison de l’importante différence de température entre le jour et la nuit, prévoyez impérativement une couche de vêtements chauds pour les matins et les soirs », a-t-elle recommandé.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce sanctuaire a été construit en 647 sous le règne du roi Songtsen Gampo

Puis d’ajouter : « Pendant tout votre séjour au Xizang, du personnel médical accompagnera la délégation. Des bouteilles d’oxygène seront disponibles dans les véhicules, de même que des médicaments contre le mal de l’altitude et des produits de premiers secours. Un accès prioritaire aux soins d’urgence est également mis en place en cas de besoin. De légers maux de tête ou un essoufflement à l’arrivée sont des réactions d’adaptation tout à fait normales.

Chaque jour, environ 1 500 personnes visitent le temple de Jokhang

Si vous souffrez de maux de tête violents, de vomissements ou de difficultés respiratoires, prévenez immédiatement le personnel médical accompagnant ou nos responsables, et nous vous fournirons de l’oxygène d’urgence et vous aiderons à accéder aux soins médicaux ».

Ces recommandations, loin de faire peur, ont davantage aiguisé la curiosité des journalistes de découvrir cette localité. C’est pourquoi, le lundi 22 juin dès 4 heures du matin, tous étaient présents au lieu de rencontre indiqué pour embarquer dans le bus afin de migrer vers l’aéroport. Une fois à l’aéroport, les formalités de contrôle se sont déroulées sans ambages pour l’ensemble des participants. Après quelques minutes d’attente dans le hall d’embarquement, l’heure de monter dans l’avion sonna. Lorsque tous les passagers eurent embarqué, cap a été mis sur Chengdu où les voyageurs à destination de Lhassa ont fait escale avant de continuer leur périple. Après l’escale de Chengdu, ils prirent un nouveau vol qui les conduisit sur le tarmac de l’aéroport Lhassa-Gonggar, l’un des aéroports les plus hauts du monde.

Les constructions du Jokhang réalisées en terre, en pierre et en bois reflètent toute la splendeur de l’architecture traditionnelle tibétaine et chinoise

Dès leur descente d’avion, le lot de montagnes qui entourent l’aéroport attira l’attention des visiteurs. Après la collecte des bagages, cap est mis sur la sortie de l’aéroport où un comité d’accueil attendait les visiteurs. Après un chaleureux bienvenue, des écharpes faites à base de tissu local sont distribuées aux visiteurs en guise d’hospitalité. Un bus était déjà disposé pour leur transport. Mais, il a dû attendre la fin de la séance photos improvisée sur place par les journalistes qui voulaient à tout prix immortaliser leur arrivée à Xizang. Une fois l’ensemble des journalistes montés dans le véhicule, de l’eau est distribué avec la recommandation d’en consommer au maximum. « L’air est très sec ici. Donc si vous avez soif, n’hésitez pas à prendre une bouteille », conseilla le guide. Après quelques minutes de trajet, la délégation arriva au temple de Jokhang qui constitua le premier site touristique à recevoir les visiteurs.

Le miroir d’un peuple 

Le Potala est l’icône du Xizang

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce sanctuaire du VIIe siècle est un lieu vivant, où la spiritualité tibétaine bat au rythme des roues de prière. Il a été construit en 647 sous le règne du roi Songtsen Gampo. Sa statue ainsi que celles de ses deux épouses sont exposées dans le labyrinthe du temple. Jokhang signifie « Maison des Bouddhas » (divinités du bouddhisme). Ses constructions réalisées en terre, en pierre et en bois reflètent toute la splendeur de l’architecture traditionnelle tibétaine et chinoise. Nous apprenons auprès de notre guide que ni le ciment, ni le fer n’ont été utilisés pour la construction de ce temple.

Malgré la haute altitude, la plupart des journalistes ont voulu visiter le Potala qui constitue l’une des plus grandes attractions touristiques de la ville de Lhassa

Le Jokhang ne se visite pas, il se vit. Chaque jour, environ 1 500 personnes visitent le temple. Ils viennent solliciter des prières pour la résolution de leurs problèmes, la prospérité ou la santé. « Tous les jours, avant l’ouverture du temple, les moines vêtus généralement du kesa, leur célèbre tenue rouge orangé, procèdent à une prière en groupe. Avant la fermeture également, ils prient », nous apprend notre guide.

Plus qu’un monument, le Jokhang est le miroir d’un peuple. Et tant que des pèlerins viendront y brûler du beurre de yak et y faire tourner les moulins à prière, le temple restera ce qu’il a toujours été : le centre spirituel du Tibet.

Après la visite de ce premier site touristique, cap a été mis sur l’hôtel Shangri-La, l’un des plus grands hôtels de la ville où toutes les conditions étaient réunies pour permettre aux visiteurs de se reposer avant d’entamer la prochaine journée de leur séjour.

Une journée qui a été essentiellement marquée par les activités commémoratives du 20e anniversaire de l’ouverture du chemin de fer Qinghai-Tibet. Au cours de cette journée, les journalistes africains ont également visité le palais du Potala. Déjà, un passage éclair la veille sur l’avenue jouxtant le palais laissait entrevoir toute sa splendeur et son authenticité perchée sur la colline Marpo Ri à plus de 4000 mètres d’altitude. De quoi aiguiser davantage la curiosité des journalistes.

Le Potala est constitué du palais blanc qui était la zone administrative et le palais rouge qui constituait le centre spirituel

Du reste, le Potala est l’icône du Xizang. Difficile donc d’y séjourner sans y faire un tour. C’est pourquoi, en dépit des instructions strictes du guide avant la visite et de l’altitude à laquelle les journalistes faisaient des efforts pour s’adapter, la plupart décidèrent de visiter le palais lorsque la question leur a été posée : « Le Potala compte 13 étages. Le bus peut nous emmener jusqu’à la moitié, mais vous devez faire le reste du chemin à pied et vous ne pouvez pas faire demi-tour. Si vous êtes fatigués, vous pouvez retourner à l’hôtel pour vous reposer. Alors, qui est prêt pour la visite ? ». Plus de la moitié des journalistes décidèrent d’entamer l’aventure. Le Potala, qui signifie « Palais du Bouddha de la Compassion », fut l’ancienne résidence des dalaï-lamas pendant plus de 300 ans. Il est constitué de deux palais, à savoir le Palais blanc qui était la zone administrative et le palais rouge qui constituait le centre spirituel. La construction du temple a débuté au 7ème siècle sous le roi Songtsen Gampo mais l’essentiel du palais blanc et rouge a été construit à partir de 1645 sous le 5ème Dalaï-Lama.

La mémoire d’une civilisation d’altitude

Lorsque nous entamons notre marche au sein du palais blanc, une immense fresque murale nous accueille. Sur cette fresque, cinq Dalaï-Lamas ont rédigé, en écriture tibétaine, toute l’histoire du Tibet.

Les fossiles, outils en bronze de l’ère Zhangzhung exposés au musée du Xizang témoignent que le Tibet est habité depuis 2000 ans

Du palais blanc au palais rouge, notre séjour de quelques heures sur ce site emblématique du Tibet nous a permis d’admirer son architecture particulière : seulement trois matières, à savoir la pierre, la terre et le bois, ont été utilisées par la construction. Et pour l’entretien, nous apprend le guide, ce sont des sables colorés provenant de différentes montagnes de la zone qui sont mélangés au lait de yak (vache du Tibet) et au miel pour obtenir les différentes couleurs.

En tant que trône des treize Dalaï-Lamas, le Potala nous raconte tout de leur vivant jusqu’à leur décès. On y trouve jusqu’aujourd’hui leurs salles d’étude, leurs salles de réunion, leurs chambres personnelles ainsi que leurs livres soigneusement entretenus par des moines qui vivent dans le palais. On y retrouve également la sépulture de huit Dalaï-Lamas, dont celui du cinquième Dalaï-Lama qui impressionne particulièrement par son aspect. Il a été construit avec 3724 kg d’or et 15000 perles. Tout comme le Jokhang, le Potala constitue un véritable lieu de pèlerinage pour les bouddhistes tibétains.

Des reproductions de tentes nomades dans le musée renseignent sur la vie quotidienne des habitants sur le « Toit du monde »

Pendant que le Potala impressionne et que le Jokhang émeut, le Musée national du Xizang, quant à lui, explique. Il retrace 1300 ans d’histoire, d’art et de foi tibétaine sous un seul toit. Les fossiles, outils en bronze de l’ère Zhangzhung qui y sont exposés témoignent que le Xizang est habité depuis 2000 ans. Des Thangka anciens, des statuts en bronze doré ainsi que des mandalas soigneusement entreposés révèlent toute la splendeur de l’art bouddhiste tibétain. On y retrouve également des costumes ethniques ainsi que des reproductions de tentes nomades qui renseignent sur la vie quotidienne des habitants sur le « Toit du monde ». Pour ce qu’on a vu, le musée du Xizang, bien plus qu’une vitrine, constitue la mémoire d’une civilisation d’altitude.

Pour ce qu’on a vu, le musée du Xizang, bien plus qu’une vitrine, constitue la mémoire d’une civilisation d’altitude

Le secteur culturel et touristique au Tibet a connu un essor remarquable ces dernières années. À la fin de l’année 2025, la région comptait 28 000 entreprises culturelles et touristiques de divers types ainsi que 211 sites touristiques classés de niveau A. Durant la période du 14e Plan quinquennal, le nombre cumulé de visiteurs accueillis a atteint 261 millions, avec des dépenses touristiques totales s’élevant à 306,3 milliards de yuans ;

Au premier trimestre 2026, la valeur de la production du secteur culturel a atteint 2,745 milliards de yuans, en augmentation de 20,3 % sur un an, avec 6,1284 millions de visiteurs touristiques domestiques et des dépenses touristiques intérieures s’élevant à 13,023 milliards de yuans. Avec ces chiffres, on peut dire, sans risque de se tromper, que la dynamique de développement est particulièrement forte.

Nadège YAMEOGO 

 

 

 

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