Jardins scolaires à Dori: un outil pédagogique au service du « consommons local »

La directrice de Wendou C, Olga Dicko, partage un plat de salade avec ses élèves.

Depuis quelques années, les écoles primaires et les établissements secondaires de Dori, chef-lieu de la région du Liptako, entretiennent des jardins scolaires où les élèves cultivent différents types de légumes et des plantes médicinales à des fins pédagogiques, éducatives et écologiques. Ces jardins servent ainsi de laboratoire pour enseigner la nature, le développement durable, la cohésion sociale et enrichir la cantine scolaire. Zoom sur ces outils pédagogiques aux multiples avantages !

Passionnée de l’agriculture et de l’environnement, Olga Dicko, directrice de l’école Wendou C de Dori, s’est donné les moyens de doter son école d’un jardin scolaire. C’était en 2024. Elle prend attache avec le projet Credo qui accède à sa requête. L’accompagnement a consisté à clôturer le site aménagé de grillage et à la remise de matériels tels que des brouettes, des arrosoirs et des semences de carottes, d’aubergines, de choux et de la laitue. Ainsi débute le jardin scolaire à l’école au secteur 7 de Dori. Trois ans après, l’école Wendou C bénéficie d’un deuxième jardin scolaire équipé de forage et d’un bassin de rétention d’eau grâce au soutien de l’association EDEL. Avec ces deux sites, l’école produit divers types de légumes, de la pomme de terre et des plantes médicinales à savoir le moringa, le baobab et le nimier.

Contrairement à l’école de Wendou C, celle de Petit Paris A a eu son jardin scolaire à la faveur de la construction de sa clôture en 2025 quand bien même le projet était inscrit dans le plan d’actions du conseil de l’école depuis trois ans. Selon son directeur, Boureima Diallo, le jardon scolaire a débuté par la mise en terre d’arbres fruitiers à savoir le papayer, le goyavier, citronnier, le jujubier amélioré, le figuier et le bananier. Par la suite, les légumes ont suivi.

Le chargé de l’agro-sylvo-pastoral du conseil d’école de Petit Paris A, Noufou Zoré, nous présente ici le jardin.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) soutient également la mise en place de jardins scolaires dans les écoles primaires de Dori.  Dans ce sens, les écoles primaires Sainte-Thérèse et Dori C ont bénéficié d’un accompagnement respectivement en 2018 et 2021 pour l’implantation de leurs jardins scolaires. Outre les jardins scolaires, un forage avec un système solaire, accompagné d’un dispositif de goutte à goutte pour faciliter l’arrosage des différents légumes a été installé. A en croire la directrice de l’école primaire Sainte-Thérèse de Dori, Brigitte Ouédraogo, dans le cadre de l’initiation aux métiers en 2025, son école a été ciblée. « Etant donné que nous avons déjà le jardin scolaire du PAM, nous avons décidé de poursuivre dans le jardinage, quitte à élargir l’espace. C’est pourquoi, nous avons demandé au conseil de l’école de nous aider avec la réalisation d’un bassin. Il a fait construire le bassin qui s’élève à 70 000 F CFA », nous apprend la directrice.

La contribution du conseil de l’école

Certains membres du conseil de l’école qui ont des compétences et des connaissances dans le maraichage accompagnent les encadreurs et les élèves dans l’entretien de leur jardin scolaire. C’est le cas du responsable de la production agro-sylvo-pastorale au sein du conseil de l’école Petit Paris A, Noufou Zoré. En effet, il s’est lui-même proposé à ce poste en vue d’apporter son expertise à l’école. Pour ce faire, son rôle consiste à tracer les planches, faire les pépinières, repiquer les plants en compagnie des élèves afin qu’ils puissent maitriser le processus du jardinage. Assurant le même rôle, son collègue de Dori C, Babou Bayala se dit fier d’accompagner les élèves et les enseignants pour l’entretien du jardin scolaire. « Il y a des plants qu’on écarte à 10, 40 ou 60 centimètres afin de faciliter leur évolution. Je leur apprends comment il faut aligner les plants. Je leur inculque toutes ces connaissances afin qu’ils puissent bien comprendre les différentes étapes du jardinage », explique-t-il.

En plus des écoles primaires, les établissements secondaires de Dori ont également des jardins scolaires. Dans le cadre de l’initiation des élèves aux métiers, le chargé de la production agro-sylvo-pastorale et de la promotion de la cantine endogène du conseil de

Le jardin scolaire de Dori C est constitué de divers légumes et de moringa.

l’école du lycée municipal Dr Salifou-Diallo de Dori, Adama Ouédraogo, a été retenu comme la personne ressource pour former et encadrer les apprenants en matière de jardinage. En plus d’entretenir le jardin scolaire, il dit partager ses connaissances acquises au fil des années avec les élèves qui ont l’amour du jardinage.

Une organisation pour l’entretien

Concernant l’arrosage des jardins scolaires au niveau des écoles primaires, une organisation est mise en place en impliquant toutes les classes. Ainsi, les élèves refugiés, les Elèves déplacés internes (EDI) et ceux issus de la population hôte de Dori apprennent à travailler en équipe pour renforcer le brassage et la cohésion sociale entre ces enfants issus de diverses communautés. Selon la directrice de Wendou C, Olga Dicko, les enseignants sont informés du passage de leur classe pour l’arrosage et cela se fait pendant les heures d’Activités pratiques de production (APP) soit de 7 h à 7 h 45 mn ou de 16 heures à 16 heures 45 minutes. Au lycée municipal de Dori, le proviseur Aboubacar Ag Sorafi a trouvé une ingénieuse idée de faire arroser le jardin scolaire par les élèves retardataires. « Ils arrosent jusqu’à ce qu’ils restent une dizaine de minutes pour aller chercher un billet d’entrée à la vie scolaire pour pouvoir accéder à la classe. Notons que ce système contribue à dissuader les élèves qui ont l’habitude d’être toujours en retard », révèle-t-il. Pour les autres établissements, l’arrosage se fait pendant la récréation et les heures ‘’creuses’’ par les élèves.

Un autre point essentiel dans l’entretien des jardins scolaires est l’utilisation de la fumure organique. A ce sujet, les parents sont sollicités afin de permettent aux élèves d’en apporter chaque fois qu’il y a le besoin. « Nous n’utilisons pas d’engrais chimiques, les élèves apportent de la fumure organique que nous transformons en compost pour accroitre le développement des plants », indique le directeur de l’école de Petit Paris A, Boureima Diallo. L’objectif visé par les écoles primaires et les établissements secondaires est de produire et de consommer des aliments biologiques.

Un laboratoire vivant

L’un des membres du conseil d’école de Sainte Thérèse appliquant la fumure organique aux plantes.

Selon le proviseur du lycée municipal Dr. Salifou -Diallo de Dori, Bakary Drabo, le jardin scolaire est un lieu d’apprentissage parce qu’il permet d’appliquer les connaissances théoriques apprises par les élèves en classe. Hormis cet aspect, il signifie qu’il est un outil pédagogique utilisé pour sensibiliser à la protection de l’environnement, à la biodiversité et à l’agriculture durable. Mieux, dit-il, le jardin scolaire est considéré comme étant un laboratoire vivant. De son avis, les élèves, qu’ils soient du primaire ou du secondaire, s’imprègnent des différentes étapes du processus de développement d’une plante à savoir la germination, la levée, la croissance végétative, la floraison, la pollinisation ou la fécondation, la fructification et la maturation.

Abondant dans le même, le directeur de l’école de Dori C, Alfred Bacyé, affirme que certains de ses collègues amènent les élèves dans le jardin scolaire pour étudier et faire une leçon sur certaines plantes. « Le cours porte sur les plantes comestibles telles que la laitue et le chou que les enfants voient à la maison mais ne savent pas comment elles évoluent et ignorent également leurs différentes parties. Lorsque l’enseignant arrache un pied de chou ou de laitue, il le donne aux élèves qui découvrent ses facettes », explique-t-il. Au-delà de l’aspect pédagogique, M. Bacyé a salué l’initiative de ses collègues qui permet d’inculquer aux élèves la vision des plus hautes autorités du Burkina Faso, celle de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons.

C’est dans cette logique que le professeur d’histoire-géographie et d’éducation civique au lycée municipal de Dori, Assicanedirou Zefté Dao, a fait du jardin scolaire, une matière dans ses classes de 5e et 2nd C. Ainsi, il a scindé chacune de ses classes en quatre groupes équivalant à une planche au jardin scolaire. « Chaque groupe d’élèves décide de la spéculation qu’il va semer et s’en occupe de la semi jusqu’à la récolte qu’il partage. A la fin du trimestre, chaque groupe est noté sur 10 pour l’entretien du jardin et 10 autres points pour les compétences théoriques en classe. C’est une initiative personnelle dont l’objectif est de susciter l’engouement auprès des élèves pour le jardin scolaire. Du coup, ils prennent les cours en classe et s’occupent également du jardin. Toute chose qui contribue à former des apprenants qui seront polyvalents dans le future », soutient M Dao. C’est pourquoi, il envisage lors de la prochaine année scolaire harmoniser cette initiative avec ses collègues de la cellule histoire-géographie et éducation civique de son établissement. Cde Dao entend ainsi créer une saine émulation entre les classes concernant l’entretien du jardin.

« Mes leçons de Sciences sont devenues faciles »

L’un des membres du conseil d’école de Sainte Thérèse appliquant la fumure organique aux plantes.

Il est indéniable que le jardin scolaire est un outil interdisciplinaire qui relie la théorie à la pratique tout en éduquant les élèves à la citoyenneté. En tant les bénéficiaires privilégiés, les élèves sont motivés et enthousiastes à apprendre de nouvelles connaissances relatives au jardinage et partant à l’agriculture et l’environnement. A l’image de Stéphane Tamini de la classe de 4e au collège Suudu Andal, les élèves disent avoir été formés à semer et repiquer différents types de légumes. Dans la même lancée, Fadila Maiga en classe de CM2 à l’école primaire de Dori C indique qu’à force de fréquenter le jardin scolaire, elle a appris que l’arrosage des plants se fait soit le matin, soit dans l’après-midi. « Avec le jardin, mes leçons de Sciences sont devenues faciles puisque j’ai découvert le nom de certaines plantes que je ne connaissais pas », confie l’élève. Pour Cheick Abiddine Diallo en classe de CM2 A à l’école de Petit Paris A, sa passion pour le jardin lui a permis de mieux assimiler les cours de géométrie et de calcul. Pour faire les planches, raconte-t-il, il faut prendre les dimensions et bien calculer de sorte que les plantes soient bien alignées. Hormis les connaissances pédagogiques, Komlan Amétépé Sobgo de la classe de 1re A au lycée municipal de Dori a joint l’acte à la parole en possédant ses propres planches de laitue et de tomate. Formé sur le tas, ses récoltes sont consommées en famille et il n’hésite pas à partager ses savoirs avec les autres élèves.

Pour le parent d’élève Hamed Maiga, le jardin scolaire est un outil pédagogique concret qui permet à ses enfants d’apprendre autrement. A l’écouter, il favorise la réussite scolaire en rendant les leçons de Sciences plus vivantes, encourage l’éducation à l’environnement et améliore directement la qualité des repas à la cantine. « C’est un laboratoire grandeur nature qu’illustre de manière pratique des concepts théoriques comme le cycle de vie des plantes, la biodiversité ou l’importance de l’eau. En prenant soin des plantes, les enfants développent de la patience, le sens de la responsabilité et une conscience environnementale », avance-t-il.

Enrichir les cantines scolaires

Les retardataires du lycée municipal de Dori purgent leur punition en arrosant le jardin.

Le jardin scolaire est un espace qui combine éducation et sécurité alimentaire. A ce titre, il permet aux élèves d’apprendre autrement tout en approvisionnant les cantines scolaires en produits frais, locaux et riches en nutriments. De façon générale ses bénéfices pour la cantine scolaire sont multiples. Dans un premier temps, le jardin scolaire favorise la diversification et la qualité nutritionnelle des récoltes (légumes, fruits, condiments) qui viennent compléter la ration de base des élèves qui est composée de céréales avec des vitamines, protéines et des minéraux essentiels. A cela s’ajoute la disponibilité des aliments dans la mesure où les produits du jardin pallient les ruptures d’approvisionnement et réduisent considérablement les coûts d’achat des denrées fraîches. Enfin, notons la valorisation des mets du terroir favorisant la consommation locale, fraîche et saine, sans l’usage de produits chimiques. C’est pourquoi, la directrice de Wendou C, Olga Dicko, atteste que les produits de ses deux jardins scolaires sont utilisés pour enrichir l’alimentation des élèves. En plus de la dotation du PAM constituée de riz, de haricot et d’huile dans les écoles primaires, celles-ci varient l’alimentation des élèves avec les produits du jardin scolaire. « Après avoir servi le haricot avec le riz habituel, on ajoute la salade. Parfois, si on ne veut pas leur distribuer individuellement, pour leur inculquer le sens du partage, de solidarité et de cohésion sociale, on met dans des grands plateaux et ils mangent par petits groupes », témoigne Mme Dicko. Outre la salade servi en dessert, il y a des plats de résistance tels que le couscous de riz accompagné de feuilles de moringa et de chou.

A en croire la directrice de l’école primaire Sainte Thérèse de Dori, Brigitte Ouédraogo, la diversification de l’alimentation à la cantine scolaire a été faite par l’introduction du riz au gras depuis huit ans. « Nous utilisons les tomates, choux, aubergines et oignons produits dans nos jardins scolaires pour cuisiner du riz au gras pour nos élèves. Du coup, ils consomment les légumes qu’ils ont eux-mêmes semés et entretenus jusqu’à la récolte », renseigne-t-elle.

Le directeur provincial de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Séno, Damien Tiendrebéogo : « le jardin scolaire contribue à approfondir certaines leçons ».

En sus du riz au gras au collège notre Dame Suudu Andal, la directrice Clarisse Yaméogo affirme que ses élèves ont droit à un menu composé de « babenda » accompagné de to. Et de nous rassurer que tous les légumes utilisés à la cantine scolaire sont issus des deux jardins de l’établissement. En cas de récolte abondante et un approvisionnement suffisant de la cantine scolaire, relate la directrice, une partie est vendue. Selon ses dires, un prix préférentiel est appliqué au personnel et aux élèves qui achètent pour leur famille. Lorsqu’il en reste toujours, les vendeuses de la ville sont sollicitées. Clarisse Yaméogo a fait savoir que la somme collectée sert à acheter du poisson, de la viande et bien d’autres choses pour le fonctionnement de la cantine scolaire parce que son établissement n’a pas d’appui extérieur.

A l’instar du collège Suudu Andal, les autres écoles primaires et établissements commercialisent le surplus de leur production en vue de renflouer leurs caisses afin de faire face à certaines dépenses, notamment l’achat de semences et la réparation des forages.

Le directeur provincial de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle du Séno, Amadou Boureima Dicko, a rappelé que la mise en œuvre du jardin scolaire est le cinquième des 11 axes majeures des réformes éducatives du ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales. Il a également souligné que son objectif est de promouvoir une alimentation scolaire endogène durable et autosuffisante. Quant au directeur provincial de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Séno, Damien Tiendrebéogo, il a précisé que le jardin scolaire est encadré par l’arrêté interministériel N°2025-010/MEEA/MESFPT/MESRI portant création de clubs écologiques au sein des lycées et collèges, des institutions d’enseignement supérieur et de recherche et des centres de formation professionnelle. Pour les deux responsables de l’éducation, la mise en œuvre de cette réforme se fait sans difficulté majeure.

Souaibou NOMBRE

snombre29@yahoo.fr


Du jardin au champ scolaire

Avec une expérience de 8 ans dans le jardin scolaire, l’école primaire Sainte Thérèse de Dori a initié un champ scolaire lors des vacances écoulées. Sur instruction de sa hiérarchie, la directrice Brigitte Ouédraogo dit avoir fait labourer, à l’aide d’un tracteur, une superficie d’un hectare au sein de l’école. Du semis jusqu’à la récolte en passant par le désherbage du champ de sésame et du niébé, elle a sollicité des particuliers ou des parents d’élèves qui travaillent toute la journée et ce, moyennant une rémunération soit de 5 000 F CFA, soit de 10 000 F CFA de la caisse du jardin. « Pour cette première expérience, nous avons récolté un sac de 100 kilogrammes de sésame et autant pour le niébé. Avec la conservation des feuilles de niébé et de sésame, nous avons décidé d’entamer l’élevage en achetant trois chères et un bouc », a-t-elle décrit l’exploit.

S.N


El hadji Ousmane Badji, chef de bureau terrain du PAM/Dori

« Notre action s’inscrit pleinement dans la promotion de la cantine endogène »

Sidwaya (S) : Le Programme alimentaire mondial (PAM) accompagne les écoles primaires de Dori dans la mise en œuvre de leurs jardins scolaires. Quel est l’objectif de cet appui ?

Ousmane Badji (OB) : L’objectif principal est d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des élèves. Les jardins scolaires permettent de diversifier et enrichir les repas servis à la cantine. Ils contribuent aussi à renforcer l’éducation alimentaire et les compétences pratiques des élèves. Ces jardins contribuent à l’éducation pratique des enfants et à la résilience des communautés scolaires. Ces derniers renforcent le lien entre l’école, les parents et la communauté environnante.

S : En quoi consiste exactement votre accompagnement ?

O.B : L’accompagnement du PAM repose sur une approche intégrée et porte principalement sur l’appui technique à la mise en place et à la gestion des jardins scolaires, la fourniture d’intrants de base (semences, outils, parfois équipements d’irrigation simples). Selon les contextes, il y a le renforcement des capacités des enseignants, des gestionnaires de cantines, des cantinières et des conseils de l’école, l’intégration des produits issus des jardins dans l’alimentation scolaire, lorsque cela est possible et l’’appui à la formulation de menus et mets locaux régionaux. Cet appui se fait en étroite collaboration avec les services techniques déconcentrés et les communautés locales.

S : Comment se fait le suivi des jardins scolaires ?

O.B : Le suivi est assuré à travers des visites régulières des équipes techniques du PAM bureaux-pays et terrains et de ses partenaires, l’implication des enseignants et des conseils d’école, la coordination avec les services déconcentrés de l’éducation et de l’agriculture et, dans certains cas, le recours à des partenaires externes de suivi et d’évaluation. Ce dispositif permet d’identifier rapidement les difficultés et d’apporter des solutions adaptées.

S : Quel bilan global faites-vous de votre appui et quelles sont vos perspectives ?

OB : Le bilan de cet appui est globalement positif. Les jardins scolaires ont permis d’améliorer la disponibilité de produits frais pour les cantines, de renforcer les capacités locales et de sensibiliser les élèves aux enjeux de l’agriculture, de la nutrition et de la protection de l’environnement. L’appropriation progressive par les écoles est encourageante. Les perspectives visent à consolider ces acquis, notamment en améliorant la durabilité des jardins scolaires à travers un meilleur accès à l’eau, une organisation communautaire renforcée et une articulation accrue avec les cantines endogènes. Plus largement, ce soutien s’inscrit dans la finalité du programme d’alimentation scolaire, fondée sur une approche nexus articulant développement et urgence. A long terme, le programme vise à améliorer durablement la nutrition et la fréquentation scolaire des enfants, à renforcer les capacités nationales et locales et à soutenir les petits producteurs ainsi que les systèmes alimentaires locaux. En contexte de crise, il contribue également à la réduction immédiate de la faim, au maintien des enfants à l’école et à la protection indirecte des moyens d’existence des ménages vulnérables.

S : Les plus hautes autorités du Burkina Faso prônent une souveraineté alimentaire. Comment le PAM envisage-t-il accompagner cette initiative ?

OB : A travers la promotion de la production locale et le renforcement des capacités communautaires, le PAM accompagne les efforts du Burkina Faso pour construire des systèmes alimentaires plus autonomes, durables et résilients. Les cantines scolaires sont un levier stratégique. Les actions du PAM à cette initiative se résument au soutien à la production et la consommation de denrées locales, la promotion des systèmes alimentaires durables, le renforcement des capacités nationales et communautaires et à l’alignement de ses programmes sur les politiques nationales. L’objectif est de contribuer à une autonomie progressive, tout en répondant aux besoins immédiats des populations vulnérables.

N.S

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