La contre-révolution

Augmentation exponentielle des prix des produits de consommation courante, pénuries artificielles créées, calomnies, mensonges et rumeurs contre la Révolution progressiste populaire. La contre-révolution est passée à la vitesse supérieure au Burkina Faso, décidée à mener « l’assaut final » contre notre jeune Révolution. Une situation qui exige non seulement de combattre cette désorganisation économique en gestation, de faire pièce à cette propagande toxique mais surtout de garder toute la sérénité pour examiner l’enchaînement historique de ces événements et leur signification politique, c’est-à-dire la signification de classe des péripéties actuelles.

Il faut avoir à l’esprit que ce « front armé » s’est constitué dès le lendemain du triomphe de la révolution. Il intervient quelques mois après que le capitaine Ibrahim Traoré ait clarifié l’orientation politique et économique du pays, pour après, livrer aux masses populaires sa plateforme programmatique à travers le Manifeste du mouvement de septembre 2022. Quand, dès le 1er avril 2025, le président du Faso réaffirmait l’orientation idéologique du mouvement populaire du 30 septembre 2022, les commentaires peu flatteurs sur une « pseudo révolution » ont commencé à envahir les réseaux sociaux, alors que la presse impérialiste émettait des « réserves » quant à la réussite d’un processus révolutionnaire au Sahel, en raison de l’imbrication des économies locales et surtout de l’option « universelle » de la démocratie libérale.

Or, la réalité du terrain a prouvé que les masses africaines sont de plus en plus mécontentes de la politique bourgeoise suivie par les régimes issus de cette démocratie parlementaire. C’est dire que le mouvement du 30 septembre avait des causes économiques et politiques profondes, exacerbées par la guerre impérialiste qui nous est imposée. La cause générale de cette révolution est bel et bien connue et, il est absurde de croire qu’elle a été artificiellement créée. Mécontentement général et irrépressible des masses, surexcitation contre la bourgeoisie et son gouvernement, quiconque oublie ce fond des choses et le passe sous silence, renie les principes fondamentaux du socialisme concernant la lutte des classes.

Lutte des classes et classes en lutte donc. Voilà le schéma auquel nous faisons face, chacun utilisant les armes en sa possession pour défaire l’autre camp. Un tournant capital qui passe par davantage d’organisation des masses populaires et par leur éducation idéologique ainsi que par la réorientation de l’économie nationale pour faire triompher les idéaux de la RPP. Du pain, de l’eau, des idées et de la vigilance : voilà le mot d’ordre actuel. Il nous faut oser lutter et savoir vaincre cette nébuleuse politique, économique et terroriste. La lutte continue donc !

Boubakar SY

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