
L’Institut des hautes écoles internationales (INHEI) a organisé son 5e panel scientifique, vendredi 24 juillet 2026 à Loumbila dans la région de Oubri sur le thème « médias et diplomatie : comprendre les enjeux diplomatiques du traitement de l’information par les médias burkinabè ». La rencontre s’est tenue sous le patronage du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Le pari de gagner la guerre de la communication dans ce contexte de crise sécuritaire et humanitaire se poursuit avec tous les acteurs. L’Institut des hautes écoles internationales (INHEI) apporte sa contribution en organisant un panel scientifique sur le thème « médias et diplomatie : comprendre les enjeux diplomatiques du traitement de l’information par les médias burkinabè ». C’était le 24 juillet 2026 à Loumbila sous le patronage du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Pour décortiquer ce thème, trois sous-thèmes ont été développés à savoir le « traitement de la crise sécuritaire au Sahel et ses implications diplomatiques » ; « la diplomatie numérique et les nouvelles dynamiques de communication : les médias burkinabè face aux enjeux diplomatiques » et « l’influence des médias, sur l’opinion publique en matière de politique étrangère ».
Selon le panéliste, Poussi Sawadogo, qui a décrypté le sous thème « traitement de la crise sécuritaire au Sahel et ses implications diplomatiques », face aux régimes sahéliens (AES) engagés dans la lutte contre le terrorisme et la dénonciation de l’impérialisme et du néocolonialisme, une campagne internationale de désinformation est entreprise par des médias occidentaux pour ternir l’image des trois pays. Leurs efforts diplomatiques de promotion de l’image internationale sont confrontés à l’action médiatique visant à convaincre l’opinion internationale du basculement de ces pays dans une « dictature » avec des actes de violation des droits humains.
« Ce récit de la presse occidentale porte de l’ombre aux efforts de lutte contre le terrorisme et aux actions de développement endogène pour la dignité et la souveraineté totale des Etats sahéliens. Si les médias sahéliens ont choisi de défendre la souveraineté, la dignité et la sécurité des Etats et des peuples, les médias occidentaux (RFI, France 24 et BBC), eux ont fait l’option d’engager une guerre de l’information contre les régimes et les peuples sahéliens », a-t-il expliqué.
Pour contrer cette volonté manifeste de ces médias occidentaux de démoralisation des populations et de déstabilisation des institutions, les autorités de l’AES ont déployé des mesures de protection de leur espace public à savoir le retrait des licences de diffusion des dits médias, a-t-il poursuivi, tout en modifiant les textes pour encadrer la diffusion d’informations militaires non officielles et éviter la propagation de rumeurs affaiblissant le moral des combattants. « Ainsi, le narratif va désormais au-delà du terrain militaire pour imposer un récit national et souverain. Les médias sahéliens, dans une offensive gagnante, ont pu imposer de nouveaux référentiels de légitimité diplomatique », a indiqué Poussi Sawadogo.
Les médias, les supports de la diplomatie
Cela se fait par la diplomatie numérique. Parlant de cette notion, le panéliste Cyriaque Paré, a expliqué à travers le sous-thème « la diplomatie numérique et les nouvelles dynamiques de communication : les médias burkinabè face aux enjeux diplomatiques », que la diplomatie numérique désigne l’utilisation des technologies numériques (Internet, réseaux sociaux, plateformes de contenu, outils d’intelligence artificielle) par les Etats ou les institutions pour conduire leurs relations internationales, influencer les opinions publiques étrangères et construire leur image sur la scène mondiale. Elle est apparue dans les années 2000.
« Les défis actuels pour réussir cette nouvelle diplomatie sont la désinformation, l’intelligence artificielle et la souveraineté informationnelle. Si la contribution des médias numériques à la diplomatie burkinabè est réelle, elle reste cependant insuffisante », a-t-il ajouté. Pour les relever, Cyriaque Paré a recommandé de doter chaque ambassade burkinabè d’un attaché de presse numérique, de créer un portail officiel multilingue du Burkina Faso à l’international, d’investir dans la formation des journalistes burkinabè à la diplomatie numérique et à la détection des contenus manipulés. Il a préconisé également, d’établir un partenariat structuré entre l’État et les médias numériques privés burkinabè et de renforcer la diplomatie numérique dans la stratégie de l’AES.
A l’issue de ce panel, le patron de la cérémonie, le porte-parole du gouvernement s’est dit satisfait. « on a eu des communications de très haut niveau et nous avons, à la faveur des échanges , pu prendre des engagements. Nous allons continuer à faire la promotion de l’information et de la communication et à accompagner les médias dans leur dynamique, parce que nous sommes dans une guerre informationnelle », a-t-il relevé. Pour lui, il faut engager tous les acteurs, car très prochainement, la victoire sur les ennemis du peuple sera célébrée. Et le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, de rassurer de la mise en œuvre des recommandations.
Fleur BIRBA





