
A l’occasion de son entretien consacré au bilan des trois années de la Refondation, le Président de la République, chef de l’Etat, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a dressé, le samedi 25 juillet 2026, le bilan des deux premières années de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), mettant en exergue les acquis enregistrés dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement, tout en dégageant les perspectives de renforcement de cette organisation. Il a egalement revelé le rôle joué par la France et certains pays occidentaux pour destabiliser le Sahel.
Au cours de cet entretien, le président a dénoncé ce qu’il a présenté comme des manipulations ainsi que la complicité de certains pays africains voisins. Pour le chef de l’Etat, les populations ne devraient pas accepter ces différentes méthodes de diversion, notamment le jihad, rappelant que »le Niger est un pays à 99 % musulman ». «Il faut que nous soyons convaincus pour ne plus nous laisser manipuler et il faut que les gens se réveillent. Ceux qu’on manipule, réfléchissez. Sachez que la France est en train de nous manipuler pour ses intérêts et elle a perdu la soumission, le privilège de nous humilier sans qu’on puisse dire non », a-t-il déclaré, soulignant que « c’est ce que j’aimerais dire au peuple de la Confédération ».
Selon le chef de l’Etat, «les défis sont énormes, l’adversité est animale, irrationnelle », ajoutant que « il faut que les Africains comprennent que la France n’est l’amie de personne, De Gaulle l’a dit, la France n’a pas d’ami, elle n’a que des intérêts».
« Nous faisons face à une adversité et à un acharnement de l’Europe qui soutient de façon consciente Emmanuel Macron, puisque l’Europe voit ce qui se passe et ce qui est derrière tout ça, mais comme les intérêts sont convergeants et que, de toutes les façons, c’est des peuples africains qui seront massacrés, ça ne leur dit rien, pour eux, c’est juste perte et profit», a insisté le général Tiani.
« Mais nous avons dit que c’est fini, c’est ce que je dirais aux Nigériens, et de façon plus large, aux peuples de la Confédération, le combat que nous menons est de longue haleine, l’adversité à laquelle nous faisons face ne va pas s’estomper de si tôt ou par juste une prise de conscience de quelqu’un qui n’a pas de conscience», a-t-il martelé, appelant à continuer les prières, les invocations, à travailler de façon acharnée, à consentir d’autres sacrifices, parce que “nous n’avons pas d’autre choix. Si nous voulons rester libres, il n’y a pas d’autre voie. C’est la seule voie, celle de la victoire et cette victoire, nous verrons le bout du tunnel ».
L’implication de la France
A cette occasion, il a tenu à saluer le peuple nigérien en particulier et sahélien en général qui, malgré les menaces, continue à lutter pour sa souveraineté et sa dignité.
Il a également félicité le sacrifice des forces de défense qui ne cessent de se battre pour ramener la paix au Sahel, tout en rendant hommage à ceux qui sont tombés armes en mains pour la défense de leurs patries. Cette lutte, s’est réjoui le chef de l’Etat, «donne des résultats malgré l’adversité féroce et acharnée de certains pays occidentaux et des pays particulièrement européens’’. Il a réaffirmé l’implication de la France ainsi que d’autres pays occidentaux dans le sponsoring du terrorisme qui «endeuille le Sahel’’, en rappelant des faits ou des propos tenus par plusieurs dirigeants français avec à leur tête le Président Macron, affirmant leur volonté de perturber la stabilité au Sahel. Parmi ces tentatives, a t-il cité, le délai d’une semaine donné par la France au Niger après le renversement de l’ancien gouvernement, pour «rétablir Bazoum, au cas contraire, la foudre allait s’abattre sur nous’’. Pour ce faire, la France s’est servie de la CEDEAO ’’ qui, déjà le 30 juillet, à peine 4 jours après notre intervention, avait, dans le même sillage, intimé l’ordre de rétablir l’ordre constitutionnel, sans compter » l’engagement du peuple nigérien en particulier, et sahélien en général, à poursuivre ce combat «de ceux qui défendent leur dignité, ceux qui défendent leur statut tout simplement d’être humain sacré ayant des droits’’. Cependant, «certains Africains ont malheureusement perdu cet esprit de dignité, d’indépendance, et de souveraineté’’ a t-il déploré, précisant que ce combat, n’est pas que le combat d’Assimi Goïta, d’Ibrahim Traoré ou de Tiani, c’est un combat de toute l’Afrique, pas seulement des peuples du Sahel, que nous menons’’. Parlant des multiples attaques terroristes auxquelles le pays fait face notamment contre l’aéroport Diori Hamini de Niamey dont la dernière est intervenue le 18 juin dernier, «ceux qui sont venus à l’aéroport sont des marionnettes, et croire que ce sont des terroristes qui combattent pour une cause, c’est être extrêmement naïf et ne rien comprendre à ce que je viens de citer’’ a t-il fait savoir, rappelant que l’aéroport a été attaqué une deuxième fois et sera attaqué parce que c’est de la survie de la France qu’il s’agit’’.
La France, a-t-il poursuivi, «va utiliser tous les moyens, comme Emmanuel Macron l’a dit, et je le cite, qu’il ne quittera pas le pouvoir avant de régler les comptes aux dirigeants du Niger prioritairement, ensuite ceux du Sahel, c’est-à-dire Assimi Goïta et Ibrahim Traoré’’.
C’est donc «la France qui a financé et nous avons des éléments de preuve’’ a t-il insisté, précisant qu’au cours de la dernière attaque contre l’aéroport, les mercenaires ont «reçu l’ordre de brûler intégralement l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, de tirer sur tous les passagers qui seraient présents à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey”.
L’attaque du 28 au 29, a souligné le chef de l’Etat, «avait regroupé des mercenaires du JINIM, de l’AIGS, de l’AKURAWA et d’autres ex ou anciens militaires. L’attaque du 18 juin 2026, quant à elle, était conduite par des mercenaires issus spécialement des rangs du JINIM, ce qu’ils appellent NUSRA et c’est les Français qui les ont regroupés, qui les ont entraînés et qui ont donné des consignes claires de détruire intégralement et totalement l’aéroport de Niamey”.
Après leur formation, a t-il expliqué, «ils ont commencé leur mouvement pour certains le vendredi, pour d’autres le samedi et pour certains le dimanche. L’attaque a été planifiée pour être conduite sur tois sites simultanément dont l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, le palais de la présidence et toutes les annexes et enfin le centre d’instruction et de formation des officiers’’.
Afin de mieux coordonner leurs actions, «ces mercenaires ont été dotés par les renseignements français, d’un moyen de communication, et chaque combattant avait reçu deux types de téléphones dont un Techno Spark et un IT 5606’’ s’est t-il indigné.
Face à cette situation, «nous avons méné une riposte qui nous a permi d’interpeller deux jours avant l’attaque, le commando qui était censé conduire l’attaque du Palais et du centre d’instruction de Tondibia. Pour ce qui est de l’autre commando, il a été reperé à 1km de l’aéroport de Niamey, nous connaissons sa composition exacte et nous connaissons ceux qui ont survecu à l’attaque du fait qu’ils ne soient pas neutralisés ou arretés tout simplement parce que c’était les plus intelligents qui donnaient les ordres à partir de certaines résidences à la periphérie de Niamey et qui ont eu le temps de fuire quand ils ont decouvert que l’attaque a échoué’’, a t-il fait savoir.
Cette attaque, a précisé le chef de l’Etat, «visait des objectifs dont la première raison, ayant conduit à cela, est l’expulsion des militaires occidentaux de la base aérienne de Niamey. Face à cette situation, la France voulait montrer par tous les moyens que notre sécurité est conditionnée à leur présence chez nous’’.
Le deuxième objectif à travers cette attaque, «c’est de donner une forme à leur guerre informationnelle qu’il avait devellopée à travers la cellule sahel de l’Elysée qu’ils avaient conçue et mise en place en août 2024 afin de montrer l’incapacité des Africains à s’auto-construire et s’auto-déterminer’’ a ajouté le chef de l’Etat. Aussi, l’un des objectifs‘’était de détruire l’aéroport de Niamey qui est le point stratégique qui relie le Niger au reste du monde compte tenu du désenclavement du pays et la fermeture pour des raisons bien précises de certaines voies qui relient le Niger aux autres pays’’ a t-il souligné, indiquant que cette attaque n’était pas du tout une surprise pour eux, craignant également qu’elle ne soit pas la dernière car «l’objectif visé par la France n’est toujours pas atteint et elle fera toujours face à notre détermination’’.
Bilan des deux ans de la Confédération et les perspectives de son renforcement
Répondant à une question relative au deuxième anniversaire de la Confédération de l’AES, célébré le 6 juillet dernier, le chef de l’Etat a indiqué que «les deux premières années de cette organisation ont été marquées par de nombreux défis et tentatives de déstabilisation, mais également par des avancées importantes dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement ‘’. Le Président Tiani a rappelé la rencontre des chefs d’Etat de la Confédération tenue à Bamako, les 22 et 23 décembre 2025, au cours de laquelle les réalisations enregistrées durant les deux premières années de l’organisation ont été présentées. «Tout le monde a suivi, ceux qui n’ont pas eu la chance d’être à Bamako, ils ont vu les réalisations de la Confédération, et ça, c’est en deux ans, deux ans de défi, deux ans de déstabilisation acharnée, deux ans de guerre ‘’, a-t-il déclaré. Abordant le volet sécuritaire, le président de la République a souligné que la Confédération a réussi à mettre en place une force unifiée de 5.000 hommes, dont l’Etat-major opérationnel est installé à Niamey. «Nous avons réussi dans le domaine des 3D, défense, diplomatie, développement, à réaliser la force unifiée de 5.000 hommes dont l’Etat-major est à Niamey ‘’, a-t-il indiqué, annonçant que les ministres de la Défense des trois pays ont décidé de porter progressivement l’effectif de cette force à 18.000 hommes. ‘’ C’est une planification dans les années à venir. Nous voulons atteindre 18 000 hommes parce que nous avons conscience des défis auxquels nous faisons face ‘’, a-t-il expliqué. Selon le chef de l’Etat, cette force, composée de contingents du Niger, du Mali et du Burkina Faso, a déjà conduit plusieurs opérations, tout en précisant que les questions militaires relèvent de la discrétion opérationnelle. «Nous sommes des spécialistes de la défense et du secret. Il ne faut pas que les gens s’attendent à ce que nous sortions pour dire que nous avons planifié des opérations sur différents sites ‘’. a-t-il fait savoir. Sur le plan du développement économique, le président de la République a rappelé la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement, qu’il a qualifiée d’acquis majeur de la Confédération. Selon lui, «cette institution financière est alimentée, dans une première phase, par les contributions des trois Etats membres et constitue un instrument destiné à soutenir les projets de développement de l’espace confédéral ‘’. Le général d’armée Abdourahamane Tiani s’est félicité des avancées enregistrées sur le plan diplomatique, estimant que les trois Etats parlent désormais d’une même voix sur les grandes questions internationales. «Nous avons réussi dans le domaine de la diplomatie à parler d’une même voix face à des puissances qui riaient sous cape lorsque nous nous présentions comme une Confédération. Aujourd’hui, elles ont cessé de rire parce qu’elles savent que la Confédération est une réalité », a-t-il soutenu. Le chef de l’Etat a, par ailleurs, réaffirmé la solidarité entre les trois pays membres de l’AES. «Aucun pays de la Confédération ne sera pris de côté pour être opposé aux deux autres ‘’ a-t-il assuré, rappelant que le principe d’« un peuple, un espace, un destin constitue le fondement de la vision portée par les dirigeants du Niger, du Mali et du Burkina Faso ‘’.
Evoquant les campagnes de désinformation visant la Confédération, le Président Tiani a assuré que »les tentatives de division ne remettront pas en cause la détermination des trois Etats à poursuivre leur projet commun ‘’.
Enfin, le chef de l’Etat a plaidé en faveur d’une «plus grande autonomie financière des Etats africains afin qu’ils puissent financer eux-mêmes leurs projets de développement et défendre leurs intérêts sur la scène internationale ‘’.
«Finançons nos projets et nos programmes par nous-mêmes et nous serons réellement libres ‘’, a-t-il déclaré.
Créée en juillet 2024 par le Niger, le Mali et le Burkina Faso, la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) constitue un cadre d’intégration politique, sécuritaire, diplomatique et économique des trois pays. Son action repose sur les trois piliers de la Confédération, à savoir la Défense, la Diplomatie et le Développement, avec pour objectif de renforcer la souveraineté, la sécurité collective et l’intégration des Etats membres.
Agence nigerienne de presse





