Qu’as-tu fait pour tes parents ?

Ton père vit toujours ? Ah, comme tu as de la chance ! Mais dis-moi, qu’as-tu fait pour lui de grand depuis que tu travailles ? Rien ? Non, arrête ! Tu ne sais pas ce que tu as fait de grand pour lui ? Tu ne gagnes pas assez pour faire de grandes choses ? Ah, je vois ; pour toi, il suffit d’avoir assez pour donner beaucoup. Et ta mère, elle vit toujours ? Quelle aubaine inestimable d’avoir une mère vivante ! Penses-tu qu’elle en a assez reçu de toi ? Ecoute-moi, on a tous quelque chose à donner même quand on n’a plus un sou vaillant ; on a tous une chose à partager avec un père ou une mère.

On peut tout donner et rester heureux. Lui, il n’a pas toujours été attentif à ses géniteurs. Il a fini par les enterrer vivants. Tes amis comptaient plus que tes deux parents. Tes « deuxièmes bureaux » avaient des couronnes et du culot, ta mère qui marmonnait ne valait même pas un kilo. Chaque soir, tu voletais de bar en bar, entre « poulets flambés au rabilé » et « kolokolo sauté au soumbala ». Tu frimais à hauteur de milliers de francs avec des « femmes pimentées ». Pour la cataracte du père, ça pouvait attendre. Malade, il a fini par périr seul, il a eu droit à des funérailles digne de ce nom.

Nous avons tous un père et une mère, vivants ou morts. Mais ces deux êtres ne sont pas toujours traités à l’aune de leurs sacrifices pour nous. Chacun de nous est coupable ou fier d’être le fils de son père ou la fille de sa mère « par action ou par omission ». Qu’est-ce qu’un grand homme, s’il n’a pas les bénédictions de son père ou de sa mère ? Qu’est-ce qu’une grande dame, si elle renie les entrailles qui l’ont couvée et crache sur le sein qui l’a nourrie ? Il y en a même qui ont troqué leur père avec du beurre, juste pour être plus prospères que leurs pairs. Combien ont poignardé leur seule mère en plein cœur sur l’autel maléfique de l’opulence, juste pour être la plus riche, le plus puissant ?

Voyez comme un père rapporte ! Voyez combien vaut une mère ! De l’argent, plus que de l’argent. Où allons-nous, quand nous pouvons sacrifier celui ou celle qui s’est sacrifié pour nous ? Comment peut-on dormir avec une telle poutre dans l’œil ? Il y en a qui liront cette chronique en pensant à une fiction, nous comprenons leur naïve innocence. Il y a longtemps que nous nous méfions de l’Homme.

Alors si tu as encore un père et une mère, fais-en ce que tu veux. Laisse tomber ton père, oublie ta mère et cours vers le paradis sur terre. Après tout, la vie est toujours ponctuée de choix parfois cornéliens. Malheureusement, entre le devoir et l’amour, le cœur des hommes bat de moins en moins pour leur père et leur mère. En attendant l’érection des fameux asiles « débiles » pour nos pauvres vieillards emmerdeurs, je pleure déjà pour mes cent ans. Mais gare à mon fils !

Clément ZONGO

clmenzongo@yahoo.fr

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