
Praticienne au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo, Dr Bilguissa Rouamba/Sawadogo est spécialiste en médecine légale. Dans cette interview accordée à Sidwaya, la première femme médecin légiste du Burkina Faso lève le voile sur une discipline encore peu connue et souvent réduite, à tort, à la seule « médecine des morts ». Pourtant, les actes les plus fréquents en médecine légale touchent aux vivants, soutient-elle. De plus en plus demandée, la médecine légale joue un rôle essentiel dans l’élucidation des affaires criminelles et infractionnelles, contribuant ainsi à la manifestation de la vérité et à l’œuvre de justice.
Siwaya(S) : Qu’est-ce que la médecine légale ?
Bilguissa Sawadogo (B.S) : La médecine légale, c’est une discipline médicale qui est une discipline humaine, au service de la vérité et de la justice.
S : Comment est-ce que cette discipline a évolué au Burkina ?
B.S: La médecine légale a été introduite au Burkina Faso par notre maître le professeur Robert Soudré, actuellement à la retraite et qui continue de garder un œil bienveillant sur cette discipline. Après le professeur Robert Soudré, nous avons eu notre maitre, le docteur Ramdé Norbert. D’un seul médecin légiste dans les années 1983 qui partageait cette fonction et l’anatomie pathologique, nous sommes aujourd’hui à plus de 15 médecins légistes qui se déploient progressivement dans les régions du Burkina Faso. Une dizaine de jeunes collaborateurs sont actuellement en formation.
S : Qu’est ce qui vous a motivé à apprendre et à exercer la médecine légale ?
B.S: La médecine générale est une passion pour moi depuis mon enfance. Ce qui m’a attirée en médecine légale, c’est ce besoin d’aider les victimes de violence, les personnes vulnérables dans les situations de violence, contribuer à la manifestation de la vérité, de la justice où chaque détail compte pour reconstituer une histoire. C’est au cours de ma formation en médecine que j’ai fait la connaissance de mon maitre Dr Ramdé à l’université Joseph-Ki-Zerbo où, il nous a donné des cours de médecine légale. Avant de soutenir ma thèse en 2013, j’avais déjà un penchant pour la médecine légale et je suis allée le voir pour lui demander de m’encadrer. Il n’a pas posé d’objection. Il m’a encadrée jusqu’à ce que je soutienne ma thèse. A part la médecine, il y a le droit aussi qui me passionnait. Donc, c’était soit de faire la médecine ou les études de droit. Lorsque j’ai entendu parler de la médecine légale, j’ai compris une combinaison de la médecine à la justice. Donc, je me suis dis que j’ai les deux réunies et j’ai opté pour la médecine légale. En 2015, grâce à un concours lancé par le ministère de la Fonction publique, j’ai obtenu une bourse pour la spécialisation en médecine légale à Dakar.
S: Il y a combien de femmes parmi la quinzaine de legistes en fonction ?
B.S: Parmi la quinzaine de médecins légistes, il y a deux femmes.
S: Deux femmes sur 15, comment est-ce que vous vous sentez surtout que vous êtes la toute première ?
B.S: D’une part, c’est une fierté qui m’anime et d’autre part, c’est la peur aussi de décevoir mes jeunes sœurs qui sont en train de cheminer comme moi, pour devenir médecin légiste.
S: Est-ce qu’au début, les gens n’ont pas tenté de vous décourager?
B.S: Bien sûr. Au début, cela n’a pas été simple. Parce que quand j’ai exprimé ma volonté de faire la médecine légale, j’ai reçu beaucoup de préjugés. D’autres disaient que parmi toutes les spécialités, je n’ai pas d’autre choix que la médecine légale. Donc, il y avait le regard des autres. Mais malgré tout cela, j’ai pu surmonter. Avec l’encouragement de la famille, j’ai pu surmonter beaucoup de choses. Je ne regrette pas ce choix.
S: Quelle est la place des femmes dans cette profession au Burkina et en Afrique subsharienne ?
B.S : La place de la femme en médecine légale particulièrement en Afrique subsaharienne et au Burkina Faso est en pleine mutation. De plus en plus de femmes médecins s’inscrivent en spécialisation de médecine légale et de victimologie. La médecine légale est la spécialité qui lutte contre les violences et la femme par essence est protectrice de la vie. Une femme médecin légiste est donc dans son rôle. La femme joue un rôle crucial dans la prise en charge de certaines victimes de violences physiques et ou sexuelles où la présence de la femme apaise et rassure la victime
S: Comment s’exerce la médecine légale ?
B.S: La médecine légale a deux volets. Il y a la médecine légale du vivant. Elle est axée sur les personnes vivantes, qu’on appelle la victimologie, qui est peu connue du grand public. Et, il y a la médecine légale des personnes décédées, qu’on appelle la thanatologie. Et, c’est généralement ces deux volets combinés qui font la médecine légale.
S: Concrètement qu’est ce que la victimologie ?
B.S: La victimologie concerne les personnes vivantes victimes de violences physiques, comme les coups et blessures qui peuvent être volontaires ou involontaires. Elle concerne aussi les violences sexuelles. En plus de cela, il y a d’autres activités que nous menons dans la victimologie, à savoir les expertises médico-légales, les certificats d’invalidité pour les invalides etc…
S: Qu’en est-il exactement de la thanatologie ?
B.S: En ce qui concerne la thanatologie, c’est essentiellement les examens de corps et l’autopsie. Lorsqu’on dit examen de corps, généralement, c’est l’examen externe du corps. Et l’autopsie combine l’examen externe et interne du corps.
S: L’examen interne du corps, de quoi s’agit-il ?
B.S: C’est ce qu’on appelle autopsie, ouvrir le corps. Mais pour faire une autopsie, on fait d’abord un examen externe. Et, l’examen interne veut dire qu’on va examiner tous les organes internes à la recherche d’indices ou de preuves scientifiques.
S: Entre victimologie et thanatologie, pour quel service êtes-vous le plus sollicité ?
B.S : Nous sommes plus sollicités par la victimologie (75% de nos interventions). Les victimes viennent souvent avec des réquisitions. C’est vrai que nous rédigeons des certificats à la demande, mais la plupart du temps, ce sont des réquisitions. Par exemple, une victime a reçu des coups ou une violence sexuelle, elle pourrait se rendre à la police, déposer sa plainte, et on lui donnera une réquisition qu’elle ramènera au service de

médecine légale pour la délivrance d’un certificat médical. Dès l’arrivée de la victime, nous vérifions que la réquisition est conforme avec une mission claire. Normalement, le médecin ne doit pas sortir de la mission confiée dans la réquisition. L’examen de la victime commence par l’accueil, ensuite vient l’interrogatoire et l’examen clinique à proprement dit. Après l’examen, s’il y a des conseils et traitements à faire, nous le faisons avant de rédiger notre rapport. La majorité de notre temps aussi, nous le passons devant nos machines, parce qu’il y a beaucoup de rapports à rédiger.
S: Et les autopsies ?
B.S : Pour une autopsie, il faudrait au préalable une réquisition. Cette réquisition peut émaner du procureur suite à une mort suspecte, ou d’un juge d’instruction. Lorsque la réquisition arrive, les autopsies se font de concert avec le magistrat et la police scientifique qui fait un travail préalable avant l’autopsie pour enquêter sur les circonstances de décès. L’autopsie est un examen minutieux et attentif de la personne décédée à la recherche des causes de sa mort. Cet examen est externe et interne. A la fin de nos travaux, les parents pourront disposer du corps.
S: Quelle est votre relation avec la chambre mortuaire ?
B.S: Il y a un responsable de la chambre mortuaire qui n’a rien à avoir avec le médecin légiste. Mais au Burkina Faso, nous travaillons à la chambre mortuaire parce que la salle d’autopsie s’y trouve. Lorsqu’ il y a une autopsie, c’est là-bas qu’on se déporte pour la faire. Et quand, il y a un examen de corps également. Donc, la gestion de la chambre mortuaire n’incombe pas au médecin légiste.
S: Comment s’est passé votre première autopsie et votre ressenti ?
B.S : C’était un mélange d’appréhension et de rigueur scientifique. Les gens ne savent pas. L’autopsie suit une rigueur scientifique. Au fil des années, cette peur s’est dissipée.
S: Quels sont les coûts des prestations ?
B.S: Généralement, nos prestations ne sont pas payantes directement par la victime, car la plupart viennent avec des réquisitions. Actuellement, je pense que les autorités sont en train de préparer un texte sur les tarifications des actes de justice criminelle de façon générale.
S: Un citoyen peut-il venir directement vous demander d’autopsier le corps de son parent ?
B.S: Il y a deux types d’autopsies. L’autopsie médico-légale qui nous concerne, est un acte de justice. Elle est ordonnée par une autorité judiciaire et s’impose à tous, sans que le consentement de la famille du défunt ne soit requis. Par conséquent, un citoyen ne peut directement nous demander une autopsie de son parent.
S: Quels sont ces deux types ?
B.S: Il y a l’autopsie médico-légale qui relève de la justice et l’autopsie scientifique (qui vise à comprendre une maladie sur une mort d’origine naturelle) réalisée à des fins purement médicales, de recherche et d’enseignement.
S: Dans quelle condition cette autopsie scientifique est-elle réalisée ?
B.S : La condition sine qua non, c’est l’absence d’obstacle médico-légal. La mort doit être exclusivement de cause naturelle. S’il y a le moindre doute du rôle d’une tierce personne dans la survenue du décès, l’autopsie scientifique est impossible et le corps relève de la justice. La deuxième condition, c’est le consentement des ayant droits sans une notion d’avis contraire exprimé par la victime de son vivant.
S: Par an, quel est le nombre ou le pourcentage d’autopsies ou d’actes de vitimologie que vous réalisez ?
B.S : Depuis le début de cette année 2026, nous avons réalisé au moins 18 autopsies. Il faut dire que le nombre d’autopsie augmente au fil des années. La demande est de plus en plus forte. Pour la victimologie, le nombre augmente également. Nous recevons plus de 400 à 500 victimes vivantes par an.
S: Qu’est-ce qui explique cette forte sollicitation ?
B.S: Cela s’explique par l’augmentation des violences urbaines et des morts suspectes en milieu urbain, une prise de conscience croissante de la population de leurs droits. Le recours à la justice en cas de faute médicale commence à entrer dans les mœurs poussant les magistrats à demander des expertises médico-légales et le recul progressif de certains tabous culturels. Les populations comprennent de mieux en mieux que l’autopsie est une condition essentielle pour que justice soit rendue.
S: Dans la pratique, vous avez dit qu’il y a plus d’interventions au niveau de la victimologie. A combien peut-on évaluer le pourcentage ?
B.S: La victimologie représente environ 75% de nos activités et la thanatologie 25%.
S: Pour un cas d’agression sexuelle ou de coups et blessures qu’est-ce que vous avez à prouver à la justice ?
B.S : En cas d’agression sexuelle et ou de coups et blessures, la médecine légale doit apporter des preuves ou des indices objectifs à la justice. Le médecin légiste ne cherche pas à déterminer la culpabilité de l’auteur, mais à matérialiser les faits, décrire les lésions et prélever les indices. Dans le cas de coups et blessures, l’objectif est de dater, mesurer et expliquer le mécanisme des blessures, rechercher la compatibilité entre le récit de la victime, les objets utilisés et les lésions observées. A l’issue de cela, nous fixons l’incapacité totale de travail qui est une unité de mesure juridique de la gravité des lésions, capitale pour le reste de la procédure. En cas d’agression sexuelle, le médecin légiste recherche des lésions traumatiques génitales et extra-génitales. L’absence de lésions ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de pénétration sexuelle. Il recherche des preuves biologiques et génétique (recherche de sperme, de sang, de salive permettant de rechercher l’ADN de l’agresseur). Il recherche une substance de soumission chimique (somnifère ou autres sédatifs par exemple).
S: Pour les cas de viols, ou la victime persiste que c’est un viol et l’auteur parle de consentement, comment est-ce que vous arrivez à conclure que c’est un viol ?
B.S : Je rappelle que le rôle du médecin légiste n’est pas de déterminer la culpabilité de l’auteur. Le médecin légiste ne peut pas conclure à un viol, car le terme viol est une qualification juridique et non un diagnostic médical. C’est le magistrat qui qualifie l’infraction. C’est à la justice et à elle seule qui prend les constatations du médecin, les croisent avec les témoignages, les interrogatoires et les enquêtes policières pour dire si, oui ou non, les éléments constitutifs du viol sont réunis.
S: Est-ce qu’il y a une affaire qui vous a particulièrement touchée dans l’exercice de votre fonction ?
B.S : En médecine légale, nous rencontrons beaucoup de violences que ce soit physiques, sexuelles et même les décès. Ce sont souvent celles impliquant des victimes particulièrement vulnérables. Permettez-moi de ne pas en dire plus pour préserver le secret médical. En plus de cela, certains dossiers sont toujours en cours de jugement et méritent le respect du secret d’instruction.
S: Comment arrivez-vous à gérer toute cette charge émotionnelle ?
B.S : Par la grâce de Dieu, j’ai dû apprendre à construire une distance professionnelle, une forme de « bouclier » qui permet d’analyser sans être submergée par l’émotion, et il y a également le soutien des collègues. Nous avons une belle équipe conviviale au CHU de Bogodogo.
S: Quelle place la médecine légale occupe-t-elle dans le paysage médical ou judiciaire en Afrique subsaharienne et en particulier au Burkina Faso ?
B.S : Bien qu’elle soit le garant de la preuve scientifique, sa place reste contrastée par moments. La médecine légale est une discipline qui se fait connaître de plus en plus dans le paysage judiciaire et médical grâce aux différentes formations et ateliers à l’endroit de certains acteurs du monde judiciaire et même médical. C’est une discipline d’avenir, car toute population a besoin d’une bonne justice.
S: Quels conseils vous donneriez à une femme qui a envie d’être une professionnelle de la medecine légale comme vous ?
B.S : Il faut s’armer de courage et avoir confiance en soi.
S: Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien dans l’exercice de cette profession ?
B.S : Le déficit en ressources humaines : peu de médecins légistes avec une demande qui devient de plus en plus forte, La rareté du matériel de protection et d’équipements, l’absence de laboratoire de toxicologie spécialisée sur place pour nous accompagner dans nos recherches scientifiques.
S: A quoi doit s’attendre une femme qui désirait apprendre et exercer, comme vous, la medecine légale dans notre contexte ?
B.S : Il faut s’armer de courage, car c’est un parcours académique rigoureux avec une immersion dans le droit et les sciences criminelles. Il faut être également polyvalente et prête à affronter le regard des autres. Il faut aimer la justice et la rigueur scientifique.
S: Quels sont les atouts ou les avantages qu’ont les femmes pour apprendre et exercer ce métier ?

B.S : Les femmes disposent de plusieurs atouts importants pour apprendre et exercer la médecine légale dans nos régions, malgré certaines difficultés socioculturelles ou structurelles qui peuvent exister. Elles ont une grande capacité d’écoute, plus empathique avec une approche plus rassurante et humaine. La médecine légale implique souvent des situations sensibles à savoir les violences sexuelles, violences conjugales, décès d’enfants, traumatismes psychologiques, etc. Cela facilite parfois la prise en charge des personnes vulnérables, notamment des femmes et des enfants victimes de violences. La femme joue donc un rôle crucial dans la prise en charge de certaines victimes de violences sexuelles où la présence de la femme apaise et rassure la victime. Certaines victimes même demandent systématiquement à rencontrer uniquement un médecin femme et également elle joue souvent le rôle de consolatrice dans certaines situations de deuil.
S: Aujourd’hui, quels sont les défis de la profession ?
B.S: Le défi de cette profession est de concilier la pratique médico-légale à nos réalités africaines et particulièrement aux défis sécuritaires que traverse notre pays
S: Quels sont vos projets ?
B.S: Mes projets sont, le développement de l’imagerie post-mortem et cela permettra de respecter certaines sensibilités dans les cas où les familles ne voudraient pas l’autopsie et aimeraient avoir justice. Il y’a la création de centres de prise en charge où les femmes médecins légistes travailleront main dans la main avec d’autres spécialistes femmes et assistantes sociales pour la prise en charge de certaines victimes. Mon projet, c’est de contribuer au développement de la médecine légale au Burkina.
S : Quelle peut être la contribution de la medecine légale dans le developpement des pays d’Afrique subsaharienne ?
B.S: La médecine légale ne se limite pas à l’autopsie ou aux enquêtes criminelles, elle peut jouer un rôle majeur dans le développement de notre pays et de l’Afrique subsaharienne à plusieurs niveaux : sanitaire, judiciaire, sécuritaire, social et scientifique. Au plan judiciaire, la médecine légale permet d’apporter des preuves scientifiques objectives dans les affaires judiciaires : homicides, violences sexuelles, coups et blessures, décès suspects, accidents, infanticides, intoxications, etc. Elle contribue ainsi à lutter contre l’impunité, améliorer la qualité des décisions judiciaires, protéger les droits des victimes et garantir des procès plus équitables. Au plan sécuritaire, elle contribue à renforcer la sécurité publique grâce aux autopsies, expertises toxicologiques et analyses médico-légales. Elle aide à identifier les causes réelles des décès, de détecter certaines formes de criminalité, de documenter les violences communautaires ou terroristes et améliorer les politiques de sécurité et de prévention. Au plan sanitaire notamment au niveau de la santé publique, elle fournit des données importantes qui permettent aux autorités sanitaires de mettre en place des stratégies de prévention adaptées aux réalités locales (les accidents de la route, les suicides, les violences basées sur le genre, les intoxications, les morts maternelles ou infantiles).
Au plan social, économique et des droits humains, dans les contextes de conflits, de terrorisme, elle participe à l’identification des victimes, la documentation des violations des droits humains, la lutte contre la torture et les mauvais traitements, la dignité des morts et le soutien aux familles, la confiance des populations dans les institutions, la stabilité sociale, l’attractivité économique du pays, la prévention des conflits sociaux et judiciaires coûteux. Pour le développement scientifique et universitaire, elle contribue à la recherche scientifique, la formation spécialisée des professionnels, le développement des laboratoires et technologies médico-légales, facilite la coopération internationale et le renforcement des capacités scientifiques africaines. Elle contribue à la modernisation des systèmes de santé et de justice en Afrique subsaharienne à travers la création d’instituts médico-légaux modernes, la formation de spécialistes africains, l’intégration de nouvelles technologies (ADN, toxicologie, anthropologie médico-légale, imagerie) et l’harmonisation des pratiques avec les standards internationaux. En Afrique subsaharienne, son renforcement représente un enjeu stratégique pour construire des institutions plus fortes, plus crédibles et plus humaines.
S: Dans vos explications, vous avez parlé des pesanteurs sociales. Comment lever ces barrières pour que les gens consultent régulièrement ?
B.S : C’est la sensibilisation. C’est ce que l’on fait régulièrement pour une prise de conscience de la population de leurs droits et que les populations comprennent mieux que l’autopsie est une condition essentielle pour que justice soit rendue. Sans l’autopsie, on peut accuser à tort une personne.
S: Est-ce que vous avez l’équipement nécessaire pour travailler ?
B.S: Nous en avons mais ce n’est pas suffisant. On avait un partenaire et c’est grâce à ce dernier qu’on a eu beaucoup de matériels. C’était un appui qui concernait l’hôpital de Bogodogo et l’hôpital de Ouahigouya. Malheureusement, le partenariat a pris fin, car le projet a pris fin.
S: Quels sont vos besoins actuels ?
B.S: Les besoins actuels sont à plusieurs niveaux. C’est un besoin de matériels d’équipements, de matériels de protection, même d’infrastructures.
S: A cours ou long termes, un projet d’institut de formation est-il envisagé ?
B.S: Nous avons un projet d’institut de médecine légale qui devrait être implanté à Ouagadougou. Il pourra permettre un meilleur accueil des victimes, d’intégrer la prise en charge et d’optimiser la formation des futurs médecins légistes.
Abdel Aziz NABALOUM
Légende
1. Selon la première femme médecin légiste du Burkina, Bilguissa Sawadogo, les femmes disposent de plusieurs atouts importants pour apprendre et exercer la médecine légale.
2. Bilguissa Sawadogo, médecin légiste : « les populations comprennent de mieux en mieux que l’autopsie est une condition essentielle pour que justice soit rendue ».
3. Bilguissa Sawadogo, médecin légiste : « depuis le début de cette année 2026, nous avons réalisé au moins 18 autopsies ».
VOIR PH Carnet santé medecine légale…………….MAC ZANGO





