Faso Mêbo : Et, Ouagadougou devint plus belle !

Le nouveau visage du boulevard Thomas Sankara.

A Ouagadougou, le décor urbain change. Les ordures qui obstruaient les artères, les herbes « folles » qui colonisaient les trottoirs, les carcasses de véhicules oubliées au bord des voies, etc., disparaissent peu à peu. Depuis le lancement de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo devenue Agence Faso Mêbo, la capitale respire à nouveau. Les balais, les pelles et les camions-bennes s’activent chaque jour sous le regard bienveillant des habitants, heureux de redécouvrir une ville embellie, plus propre et plus accueillante.

Il est à peine 7 heures du matin, sur la voie, en quittant vers l’échangeur de l’Est, en passant vers le marché de Dassasgho, la Maison d’Arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) pour aller vers l’Université Joseph Ki-Zerbo. Sur ce tronçon autrefois envahi par les ordures, les herbes hautes et les carcasses de véhicules abandonnées, le décor a radicalement changé. Les balais raclent le sol. Les pelles chargent les camions-bennes et les ouvriers, gilets visibles, s’activent dans une ambiance de travail disciplinée. Là où régnait hier l’insalubrité, se dessine aujourd’hui un espace dégagé, propre, presque méconnaissable. « Avant, on évitait même de passer ici à cause des odeurs et des moustiques.

Aujour-d’hui, on respire », confie un riverain, visiblement soulagé. Cette scène, devenue familière dans plusieurs quartiers de la capitale, illustre la transformation progressive impulsée par Faso Mêbo qui signifie littéralement en langue mooré « construction de la patrie », lancée en octobre 2024. A Ouagadougou, les changements ne passent plus inaperçus. Les trottoirs libérés, les caniveaux curés et les ronds-points embellis redonnent un nouveau visage à des zones longtemps délaissées. Pour de nombreux Ouagavillois, l’initiative marque un tournant.

« On a l’impression de redécouvrir notre ville. C’est plus agréable de sortir, de travailler, même de recevoir des visiteurs », témoigne une commerçante du centre-ville. Entre souvenirs d’un passé marqué par l’insalubrité et espoir d’une capitale plus accueillante, Faso Mêbo s’impose désormais comme un symbole de renouveau urbain, salué par des habitants qui voient, jour après jour, leur cadre de vie se transformer sous leurs yeux. « L’objectif est d’ancrer une culture de la propreté, du respect de l’espace public et du bien commun », explique le directeur général de l’Agence Faso Mêbo, le commandant Zoodnoma Ahmed Sakandé. Pour lui, ce n’est pas seulement une opération de nettoyage, mais une révolution comportementale.

Un partenariat fort entre sécurité et citoyenneté

Selon lui, le programme s’articule autour de trois piliers : embellissement et pavage des villes, réorganisation des espaces, pavage stra-tégique, assainissement permanent. Il y a également les chantiers d’accès dans les quartiers en difficulté : interventions rapides dans les zones enclavées du Kadiogo et les aménagements structurants : chantiers de bitumage, entretien continu des voies. Le changement de mentalité est au cœur de cette dynamique : la Brigade Laabal, qui veut dire « droiture, probité » en langue fulfuldé, est un instrument de réhabilitation et de répression dans le besoin de maintien d’ordre.

Elle joue un rôle clé dans le respect, la propreté et la discipline des opé-rations d’embellissement de la capitale. Pour le commandant Wendpanga Franck Octave Kabré, à la tête de la brigade, l’unité a une mission à la fois citoyenne et patriotique. « La propreté urbaine, c’est aussi une question de sécurité. Une ville propre est une ville plus sûre, où chacun se sent responsable de l’ordre collectif.

Nos brigadiers encadrent les opérations, mais surtout, ils éduquent les populations à garder leurs quartiers propres», ajoute-t-il. Selon le commandant Kabré, la brigade fait des patrouilles mais aussi se déploie suite à des dénonciations.« Nous rencontrons, entre autres, des actes d’indiscipline ou d’incivisme, des cas d’insalubrité, d’occupation anarchique des espaces publics, de nuisance sonore, de vente et de consommation de stupé- fiants… », explique le chef de la Brigade Laabal.

Le soutien décisif des forces vives de la capitale

Le Premier ministre visite le chantier d’aménagement et d’embellissement le Monument des Héros Nationaux

L’initiative Faso Mêbo doit également sa réussite au soutien de plusieurs départements ministériels, dont le ministère de la Sécurité, des institutions, des organisations, des associations et des leaders. « Notre engagement est simple, il s’agit de garantir un cadre de vie digne et sécurisé pour chaque citoyen. Faso Mêbo traduit la volonté du gouvernement de replacer la discipline, la propreté et la solidarité au cœur du vivre-ensemble », confie le secrétaire général du ministère de la Sécurité, le commandant Hamed Ouédraogo.

Pour joindre l’acte à la parole, le commandant Ouédraogo conduit lui-même une délégation du ministère de la Sécurité pour faire un don composé d’un chèque de 7 millions de francs CFA et 5 tonnes de ciment à l’Agence Faso Mêbo. « Nous voulons que chaque participant à Faso Mêbo devienne un ambassadeur de la propreté et de la citoyenneté. C’est une façon de participer activement à la reconstruction morale de notre Nation », indique-t-il.

La construction du Burkina Faso est aussi une affaire de tous ceux qui desservent la capitale burkinabè dans le transport urbain. En effet, l’Association des retraités de la SOTRACO (ARSO), témoigne son patriotisme et son adhésion à l’Agence Faso Mêbo, avec une demi tonne de ciment. « L’initiative du président du Faso est noble. C’est pourquoi, nous sommes venus apporter notre pierre à la construction de la Nation », laisse entendre le secrétaire général de l’ARSO, Moumouni Zoungrana.

L’Agence lutte également contre le chômage

Le programme a déjà permis de créer plus d’emplois temporaires à Ouaga-dougou, principalement au profit de jeunes et de femmes. « Faso Mêbo est un réservoir d’opportunités pour la jeunesse dans la création d’emplois temporaires sur les chantiers, des équipes locales de travail communautaire et de l’intégration dans la logistique, la communication et la supervision », fait savoir Zoodnoma Ahmed Sakandé. Pour lui, l’une des grandes réussites du projet c’est qu’au-delà des emplois, il forge la discipline, l’éthique de travail et la maîtrise des techniques pour que chaque citoyen devienne acteur et bâtisseur de la Révolution progressiste populaire (RPP).

La mairie de Ouagadougou soulagée

Le chef du département des relations internationales et du protocole de la mairie de Ouagadougou, Adama Zerbo, salue lui aussi l’impact de l’initiative. Selon lui, Faso Mêbo oriente efficacement les actions de la municipalité en matière de gestion urbaine. « Nous avions des défis énormes à relever, à savoir, la gestion des déchets qui dépassait les capacités de la mairie. Avec Faso Mêbo, nous disposons enfin d’un cadre structuré, soutenu par l’Etat et les forces vives. Cela nous permet de coordonner les efforts et d’obtenir des résultats visibles », se réjouit M. Zerbo.

Le chef du département des relations internationales et du protocole de la mairie souligne également que plusieurs zones jadis insalubres ou sans aucune fioriture, ont été totalement réhabilitées, ornées ou débarrassées des ordures. Il soutient que les habitants redécouvrent le plaisir de vivre dans un environnement sain. Et surtout, ils prennent conscience que la propreté ne dépend pas seulement du gouvernement, mais de chaque Burkinabè. Adama Zerbo avise que Ouaga-dougou sera ce que les habitants veulent qu’elle soit. « Donc, si aujourd’hui, le président du Faso impulse le développement de la ville, il faut non seulement participer à sa construction, mais aussi à son entretien », déclare-t-il.

Un changement visible dans le quotidien des Ouagalais

Les effets de Faso Mêbo se remarquent déjà. Les avenues sont dégagées. Les marchés respirent mieux. Les espaces verts renaissent. Les ronds-points présentent un autre visage. L’Avenue Thomas-Sankara, un chef-d’œuvre, long de 4 kilomètres et large de 30 mètres, fait l’objet d’importants travaux d’embellissement entamés le 1er juillet 2025, avec un taux d’exécution de 33 %. Les travaux portent sur le pavage, l’engazonnement et le curage des caniveaux afin d’améliorer l’assainissement, la circulation et le paysage. Les travaux de Faso Mêbo concernent toute la ville de Ouagadougou, les abords de certains marchés et yaars, les quartiers réputés insalubres.

« Quand j’empruntais la voie en quittant vers l’échangeur de l’Est, en passant par le marché de Dassasgho, la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou, pour aller à l’université, il y avait de l’eau qui stagnait et barrait la voie pendant la saison pluvieuse. Avec le curage des caniveaux et le ramassage des ordures, la voie a été dégagée, rendant les lieux propres et la circulation agréable», confie l’étudiante à l’université Joseph-Ki-Zerbo, Djamilatou Ouédraogo.

Des défis à relever

Mais l’initiative n’est pas sans défis. Le coût logistique, la coordination entre les arrondissements, et surtout la pérennisation du comportement citoyen demeurent des enjeux majeurs. « Il ne faut pas que Faso Mêbo soit une campagne passagère. Il faut en faire une habitude nationale, une culture quotidienne », avertit le commandant Kabré. Le coordonnateur national abonde dans le même sens en disant que la véritable propreté, c’est celle qu’on maintient en travaillant pour renforcer les capa-cités locales et former des relais communautaires. Face aux résultats encourageants à Ouaga-dougou, le gouvernement a étendu Faso Mêbo à d’autres villes du pays. Et le commandant Hamed Ouédraogo y voit un pas important vers la cohésion nationale. « Nettoyer nos villes, c’est aussi reconstruire notre unité. Dans chaque coup de balai, il y a un acte d’amour pour le Burkina Faso », reconnaît-il.

Un symbole de résilience et d’espoir

Au-delà de l’aspect environnemental, Faso Mêbo incarne aujourd’hui une nouvelle forme de renaissance nationale. Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et économiques, cette mobilisation collective autour de la propreté symbolise la volonté du peuple burkinabè de se relever et de rebâtir un pays digne et fort. Les sourires retrouvés dans les quartiers de Ouagadougou témoignent d’un sentiment de fierté. Faso Mêbo n’est pas seulement un projet gouvernemental, mais une marque d’identité citoyen-ne qui unit, responsabilise et inspire.

Au regard des résultats atteints et l’adhésion des populations, le gouvernement adopte le 22 janvier 2026, un décret consacrant la création de l’Agence Faso Mêbo, issue de la transformation de l’Initiative présidentielle du même nom. Cette évolution vise à doter le programme d’un cadre institutionnel plus solide afin d’amé-liorer l’efficacité de la mise en œuvre des projets d’infrastructures. A travers Faso Mêbo, Ouagadougou redécouvre sa beauté, mais surtout sa force collective. L’initiative prouve qu’avec de la volonté politique, de la discipline et un engagement citoyen sincère, il est possible de transformer le visage d’une capitale. Au-delà de la propreté de la ville, c’est la mentalité des habitants de la capitale et des autres grandes villes du pays qui subit un changement, à travers des valeurs de civisme, de patriotisme et de responsabilité.

Hubert BADO

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