Ecole nationale d’administration et de magistrature : Sylvain Compaoré donne le top départ des soutenances de la promotion 2024-2026

L’impétrant, Sylvain Compaoré (2e à gauche) a obtenu la moyenne de 18/20, à l’issue de la soutenance inaugurale de la promotion 2024-2026 de l’ENAM.

L’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) a lancé officiellement les soutenances des stagiaires des cycles A et P de la promotion 2024-2026, mardi 1er septembre 2026 à Ouagadougou. L’impétrant Sylvain Compaoré a été le premier à présenter les résultats de ses recherches.

Dans le cadre de leur formation, les stagiaires des cycles A et P de la promotion 2024-2026 de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) soutiennent leur mémoire de fin de cycle du 1er au 7 septembre 2026. Le lancement officiel de cette série de soutenances a été présidé par le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré. Le directeur général de l’ENAM, Dr Jacob Yarabatioula, a indiqué que cette session concerne 486 impétrants avec 1458 membres de jury mobilisés pour apprécier les efforts de recherches des stagiaires. « Le processus va coûter au budget de l’Etat plus de 82 millions
F CFA qui prend en compte les frais d’encadrement, les frais de recherche et les honoraires des membres donc de jury », a-t-il précisé.

Le ministre des Serviteurs du Peuple a appelé les impétrants à contribuer à l’amélioration de l’action administrative. « A travers vos travaux, vous êtes appelés à démontrer votre capacité à mobiliser des connaissances acquises, à analyser des problématiques professionnelles concrètes et à formuler des propositions susceptibles de contribuer à l’amélioration continue de l’action administrative », a-t-il déclaré.

La JCT, une mesure correctrice de l’équité religieuse

L’honneur est revenu au stagiaire conseiller en gestion du patrimoine
culturel cycle P, Sylvain Compaoré, de défendre le fruit de ses recherches au cours de la soutenance inaugurale. Son thème porte sur : « Contribution de la journée des coutumes et traditions à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel immatériel au Burkina Faso : cas de la commune de Ouagadougou ». Sylvain Compaoré a indiqué que la problématique de la recherche réside dans le fait que la mondialisation et l’urbanisation, surtout dans les centres urbains, comme la commune de Ouagadougou, fragilisent la transmission intergénérationnelle du patrimoine culturel immatériel et menacent sa pérennité.

L’impétrant a émis l’hypothèse selon laquelle la Journée des coutumes et traditions (JCT) contribue à la valorisation et à la sauvegarde du patrimoine
culturel immatériel au Burkina Faso. Il a relevé que la journée des coutumes et traditions est perçue comme une reconnaissance institutionnelle du culte ancestral, une mesure correctrice de l’équité religieuse et une occasion de retour aux fondamentaux culturels. Toutefois, Sylvain Compaoré a mis en exergue certaines limites, notamment les contraintes financières et organisationnelles, l’absence de mécanismes formels de suivi et évaluation, les risques de folklorisation de certaines pratiques et la persistance d’une stigmatisation religieuse à l’égard des adeptes de cultes ancestraux.

En termes de solution, il a préconisé de compléter l’action ponctuelle de la journée des coutumes et traditions par des dispositifs permanents de transmission et de sauvegarde. Ses travaux ont été sanctionnés par la mention très bien (18/20), par le jury composé de
Bassolma Bazié le président, Vincent Sedogo, le directeur de mémoire et Nadimi Jocéline Boleané, la représentante de l’administration. Le président du jury, Bassolma Bazié, a salué l’actualité du sujet et loué le courage de l’étudiant. « Là où on évoque les coutumes et traditions, les gens ont peur d’y avancer. Il est le premier et cela indique qu’il a du courage », a-t-il déclaré. Les chefs coutumiers présents à la soutenance ont exprimé leur joie de savoir que des stagiaires s’intéressent à la thématique.

Wendyam Pascaline KALMOGO Ina Mariama KINDA
(Stagiaire)

 

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