Epilepsie : pourtant elle n’est qu’une maladie neurologique

Les crises d’épilepsie se manifestent généralement par une perte de conscience…

Au Burkina Faso comme partout en Afrique, l’épilepsie, cette maladie connue de longue date, reste encore entourée de croyances erronées et les épileptiques souvent victimes d’exclusion sociale. Pourtant, selon les spécialistes de la santé, elle n’est qu’une maladie neurologique chronique qui peut être diagnostiquée et traitée.

L’épilepsie est cette vieille maladie qui reste encore entourée de peur et de préjugés au Burkina et dans beaucoup de pays africains. Considérée tantôt comme une malédiction, les personnes épileptiques souffrent souvent d’une exclusion sociale. Au Burkina Faso, des voix s’élèvent de plus en plus pour défendre les droits des personnes atteintes d’épilepsie. La ligue burkinabè de lutte contre l’épilepsie, en organisant du 3 au 5 juin 2026 ses premières journées scientifiques, s’est engagée à promouvoir la dignité et les droits humains des personnes vivant avec l’épilepsie. Et pour y parvenir, elle compte intensifier la sensibilisation des communautés, renforcer les capacités des professionnels de santé sur le diagnostic et la prise en charge des patients.

Sur le plan mondial, la journée mondiale de l’épilepsie célébrée le 9 février vise à sensibiliser le public à cette maladie encore mal connue. Elle a en outre pour objectif de promouvoir l’information fiable et de rappeler l’importance du soutien aux personnes concernées. Une meilleure compréhension de l’épilepsie permet également de favoriser l’inclusion sociale, d’améliorer l’accès aux soins et d’encourager la recherche vers de nouvelles prises en charge. Informer et dédramatiser restent essentiel pour réduire les préjugés et améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec cette maladie. Être bien informé au sujet de l’épilepsie permet aussi d’appliquer les bons gestes de premiers secours à une personne en crise.

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique qui se caractérise par des décharges électriques anormales dans le cerveau. Ces anomalies provoquent des crises soudaines et imprévisibles. Les crises d’épilepsie se manifestent généralement par une perte de conscience, des mouvements involontaires et des crises toniques identifiées par des convulsions. Les crises d’épilepsie sont répétées et apparaissent de façon inopinée.

3e maladie neurologique chronique

L’épilepsie est la 3ᵉ maladie neurologique chronique la plus fréquente après la migraine et les démences. Elle peut être d’origine génétique, due à une séquelle de traumatisme crânien, à une infection cérébrale ou à une anomalie structurelle du cerveau.  Au-delà des crises, la recherche scientifique s’intéresse aujourd’hui aux troubles associés, notamment au Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), plus fréquemment observé chez les personnes épileptiques, en particulier chez l’enfant. Mieux comprendre ces liens permet d’améliorer le diagnostic, la prise en charge et la qualité de vie des patients.

Le risque de développer un TDAH est plus élevé chez les enfants atteints d’épilepsie. Ce risque s’explique notamment par les crises d’épilepsie, qui peuvent perturber les réseaux cérébraux et affecter le développement du cerveau. L’âge d’apparition de la maladie joue également un rôle, car plus l’épilepsie se déclare tôt, plus le développement cérébral peut être impacté et favoriser l’apparition de symptômes du TDAH. Par ailleurs, certains médicaments utilisés pour traiter l’épilepsie peuvent provoquer des effets similaires à ceux du TDAH, comme des troubles de l’attention.

La recherche progresse

La recherche sur l’épilepsie progresse rapidement, surtout pour les formes résistantes aux médicaments. Une avancée majeure concerne la thérapie génique, avec des essais cliniques sur des patients atteints d’épilepsie du lobe temporal résistants aux traitements. Les premières données montrent une réduction importante du nombre de crises sans effets secondaires graves, ouvrant de nouvelles perspectives.

D’autres recherches explorent l’implantation de cellules neuronales inhibitrices pour restaurer l’équilibre cérébral et réduire les crises. Parallèlement, l’intelligence artificielle appliquée à l’EEG (électroencéphalogramme) améliore la prédiction des crises, tandis que des biomarqueurs et des essais cliniques visent à mieux personnaliser les traitements. Ces travaux ouvrent la voie à des stratégies thérapeutiques plus ciblées et efficaces pour les personnes épileptiques.

Adama SEDGO

Source : Santésurlenet.com

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