A travers une interview, le ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur, Robert Dussey, fait le bilan de la première Stratégie pour le Sahel et parle de la Nouvelle Stratégie.
Le Sahel est un espace à soutenir face au terrorisme. C’est pour cette raison, selon le ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur, Robert Dussey, le Togo a mis en place une Stratégie pour le Sahel sous le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna GNASSINGBE. Les autorités togolaises ont pris conscience que les menaces sécuritaires du Sahel ne s’arrêteraient pas aux frontières sahéliennes. Pour le Togo, si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée. « C’est dans cette perspective que nous avons conçu cette première stratégie, articulée autour de quatre piliers majeurs, clairs et complémentaires », a expliqué le ministre Dussey. Le premier pilier met l’accent sur l’importance capitale de la coopération régionale et interrégionale au service de la paix et de la stabilité, le deuxième pilier repose sur la diffusion de la vision togolaise de la paix positive qui consiste à apporter une contribution active à la construction de la paix en Afrique. Le troisième pilier est consacré au soutien aux processus de normalisation politique, de transition démocratique et d’efforts de réconciliation par la médiation. « Vous conviendrez avec moi que les périodes de transition, souvent porteuses d’enjeux multiples et de défis complexes, constituent à la fois des moments d’incertitude et des opportunités de transformation sociopolitique profonde. Notre responsabilité collective est d’anticiper et de prévenir la survenance des désordres constitutionnels et démocratiques. S’ils surviennent tout de même, il apparaît essentiel d’accompagner et de soutenir les efforts de normalisation politique, de transition démocratique et de réconciliation nationale. La diplomatie togolaise travaille par la médiation, la culture de l’entente et la promotion de la compréhension mutuelle », a-t-il affirmé. Quant au dernier pilier de la première stratégie, il s’inscrit dans une dynamique visant à appuyer une gouvernance responsable pour plus d’inclusion sociale et économique dans les États de la région du Sahel.
Le bilan de la première Stratégie
En termes de bilan, le ministre a évoqué plusieurs initiatives de paix dans la sous-région. La médiation togolaise s’est notamment illustrée dans la résolution de la crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali, ayant abouti à la libération, le 04 janvier 2023, des soldats ivoiriens. Dans le même esprit de solidarité et de fraternité africaine, Lomé est demeurée aux côtés du peuple et du gouvernement burkinabè durant les heures délicates de sa transition politique. Le Togo a joué un rôle de médiation pour la libération de certains VDP (Volontaire pour la dépense de la patrie) du Faso en échange de certains soldats ivoiriens détenus dans chacun des pays en 2024. « Le bilan que nous dressons aujourd’hui est celui d’un engagement constant, d’une diplomatie proactive et d’une volonté inébranlable de promouvoir la paix et la stabilité dans notre région. Le Togo, fidèle à son identité de terre de médiation, continue de se tenir aux côtés de ses frères africains pour bâtir un avenir commun fondé sur la solidarité, la sécurité et la prospérité partagée Dans le cadre de la première stratégie pour le Sahel, notre pays a contribué à la stabilité régionale et à la coopération multilatérale de trois manières essentielles : D’abord, par la médiation et le dialogue, qui ont permis de désamorcer des crises sensibles et de rétablir la confiance entre États voisins. Ensuite, par l’accompagnement des transitions politiques, où le Togo a joué un rôle de facilitateur, en maintenant ouverts les canaux de communication avec la communauté internationale même dans les moments de vive tension. Enfin, par la coopération sécuritaire et multilatérale, en renforçant la solidarité face au terrorisme », a-t-il ajouté. En lançant la Nouvelle Stratégie pour le Sahel, il s’agit pour le Togo d’intégrer dans son action régionale les évolutions des dernières années qui sont très significatives pour l’Afrique de l’Ouest. « Notre ligne est claire et constante : coopérer sans dépendre, dialoguer sans renoncer à notre souveraineté. Le Togo entretient des relations constructives avec ses partenaires internationaux, qu’il s’agisse des partenaires traditionnels ou les nouveaux venus, mais toujours dans le respect de nos intérêts nationaux. En nous rapprochant des États de l’AES, nous affirmons notre volonté de maintenir une coopération pragmatique face aux menaces communes », a-t-il dit.
La rédaction
(Source :https://x.com/maeiacte_togo/status/2044321943336124505?s=48)






